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Le retour des barrages

Article publié le 22 décembre 2008

Le retour des barrages

J’ai eu l’occasion de vous signaler dans un article récent de mes Bravos le démarrage d’un barrage prévu fournir l’équivalent de la production d’électricité de deux EPR au Brésil sur le fleuve Madeira par le français GDF Suez.

Sachez que, partout dans le monde, on assiste à une floraison de projets de barrages hydroélectriques, en particulier dans les pays émergents. C’est le résultat de l’émergence économique de ces pays qui ont désormais les moyens techniques et financiers de construire de tels équipements et du soucis, qui se répand, de l’innocuité environnementale de leur production électrique.

Il y aurait dans le monde, d’après l’AIA, Agence Internationale de l’Energie, pas moins de 1200 ouvrages de plus de 15 mètres de haut dont 600 sont des "grands barrages" de 60 mètres de haut. D’après la CIGB, Commission Internationale des Grands Barrages, c’est en Inde qu’il y a le plus de projets avec 467 sites, suivi de la Chine avec 120 projets, de la Turquie, du Brésil et du Japon avec 70 projets chacun. En France, malheureusement rien de significatif pour la bonne raison que notre pays, sans ressources énergétiques, s’est consacré très tôt à saturer son potentiel hydroélectrique et ne dispose donc aujourd’hui que de très peu de sites non équipés.

Après un succès initial, les barrages se sont heurtés très vite aux écologistes du fait des déplacements de populations qu’ils ont provoqués et d’un impact négatif (?) sur l’environnement. Le barrage des Trois Gorges en Chine, dernier en date, s’est effectivement accompagné de déplacements considérables de population et on n’est pas sur qu’il ne produisent pas de dégâts collatéraux importants sur l’environnement. Ils nécessitent aussi de l’entretien si on ne veut pas les voir, comme en Afrique, s’envaser.Par contre leur cout de production d’électricité est très compétitif par rapport à toutes les autres techniques de production d’électricité y compris le nucléaire.

Bref ce n’est pas la panacée mais par rapport aux autres techniques et face aux besoins considérables que l’on estime pour les 9 milliards d’individus qui vont peupler la planète à court terme, cela reste la solution la moins mauvaise. L’AIA n’attend pas moins pour 2030 qu’une hausse de 58 % de la production d’électricité d’origine hydroélectrique.

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Energie Energies renouvelables

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commentaires
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par Linario (IP:xxx.xx2.13.162) le 22 décembre 2008 à 14H23

L’auteur semble fan des barrages... Il s’agit pourtant d’une façon brutale et destructrice de produire de l’électricité.

Premièrement, comme il le souligne, des populations doivent généralement être déplacées. Imaginez le sentiment d’une famille à qui on dit qu’elle devra quitter la terre de ses ancêtres pour permettre aux citadins et aux industriels d’assouvir leur inextinguible soif d’énergie...

Deuxièmement, mais là il est beaucoup plus sceptique, des vallées entières doivent être noyées sous les eaux. Cela entraîne d’énormes dommages sur les éco-systèmes qui y vivent.

Troisièmement, et il s’agit d’une considération générale, la production centralisée d’énergie dé responsabilise les consommateurs qui n’ont à s’inquiéter ni de la provenance, ni du coût écologique de l’énergie qu’ils consomment et peuvent donc la gaspiller sans scrupules. De plus, le transport de l’électricité sur des centaines de kilomètres entraîne des pertes énormes.

Est-ce qu’on n’espère pas progresser ? Pourquoi continuer à se tourner vers des solutions du passé ? Pourquoi ne pas promouvoir l’autonomie énergétique des maisons, des villages, des villes etc. ? Pourquoi chaque maison ne serait pas productrice d’énergie ? On pourrait relier les consommateurs/producteurs avec un maillage non étoilé qui permettrait à chacun de partager son surplus avec son voisin tout en bénéficiant du surplus du voisin en cas de besoin. L’électricité n’aurait que de très courtes distances à parcourir et chacun serait responsable de sa production et de sa consommation.

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par zygomar (IP:xxx.xx9.109.89) le 22 décembre 2008 à 16H03

"Pourquoi chaque maison ne serait pas productrice d’énergie ?"

Avec une gégène" dans la cave ? Et qui c’est qui va pédaler ?

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par Linario (IP:xxx.xx2.13.162) le 22 décembre 2008 à 16H38

Tenez-vous un peu au courant, il est aujourd’hui tout à fait possible de produire de l’énergie de plein de manières différentes dont les principales : photo-voltaïque et éolien. Pour les autres, ça dépend des cas, des régions, du paysage etc.

Mais bien sûr, le mieux est encore d’économiser l’énergie. Sachant qu’en France la plupart des maisons sont chauffées à l’électricité, si on commençait par isoler les toits et arrêter de construire en parpaings, la productions nécessaire serait déjà bien moindre.

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par sobriquet (IP:xxx.xx0.253.43) le 22 décembre 2008 à 14H44

Notons aussi que les barrages hydro-électriques sont des émetteurs non négligeables de gaz à effets de serre (CO2 et méthane), en particulier dans les régions équatoriales.

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par Linario (IP:xxx.xx2.13.162) le 23 décembre 2008 à 14H17

Pourquoi dites-vous que les barrages émettent du CO2 et pourquoi particulièrement dans les régions équatoriales/tropicales ?

Je sais que le béton n’est pas du tout un matériaux écologique mais pouvez-vous détailler un peu svp ?

Merci d’avance

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par sobriquet (IP:xxx.xx8.39.241) le 23 décembre 2008 à 23H37

C’est la décomposition des végétaux des zones inondées qui favorisent le dégagement de méthane. Certaines études, sujettes à caution, parlent de 20% des émissions mondiales de méthane.

Une recherche sur votre moteur de recherche favori vous donnera tous les détails et les sources. Citons par exemple :

http://www.riaed.net/spip.php?article970

http://www.larecherche.fr/content/r...

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(IP:xxx.xx8.33.228) le 22 décembre 2008 à 15H54

bonjour ignare dans ce domaine , j aimerais juste evoquer un probleme qui me semble occulté ; l intensification de la captation de l eau vas de paire avec une intensification des conflits qu ils peuvent generer , je ne peux m empecher de penser que si les americains n etaient pas intervenus en irak , tot ou tard les construction turques retenant l eau des fleuves communs nous auraient valus la premiere guerre de l eau entre la turquie et ses voisins irakiens et syriens

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par Linario (IP:xxx.xx2.13.162) le 22 décembre 2008 à 15H57

Exactement, il s’agit d’accaparation dans la plus pure logique capitaliste. C’est ce qui c’est passé avec le fleuve Colorado, fleuve gigantesque qui sert à alimenter les fontaines et à arroser les pelouses de las vegas tandis que les peuples qui en vivaient plus au sud n’ont plus qu’un désert...

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par zygomar (IP:xxx.xx9.109.89) le 22 décembre 2008 à 16H04

"L’auteur semble fan des barrages... Il s’agit pourtant d’une façon brutale et destructrice de produire de l’électricité."

Tiens !! Et qu’est-ce qu’on vous disait ? Y a encore des verts qui sont contre.... Mais y en a des qui sont contre ce qui est pour et pour ce qui est contre....

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par Linario (IP:xxx.xx2.13.162) le 22 décembre 2008 à 16H39

Sans oublier ceux qui se laissent bourrer le mou par les marchands d’énergie qui sont toujours à la recherche de nouvelles réalisations bien lucratives !

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par zygomar (IP:xxx.xx4.13.189) le 22 décembre 2008 à 17H06

".....les marchands d’énergie qui sont toujours à la recherche de nouvelles réalisations bien lucratives ! "

> Et si y en avait pas des qui sont toujours en train de chercher où et à qui acheter de l’énergie, les marchands d’énergie, y seraient pas tout le temps à la recherche de nouvelles réalisations !! Tant que çà s’achète et que çà se vend, y en aura toujours des qui tenteront leur chnce sur le marché..... Si les acheteurs arrêtent d’acheter, les vendeurs arrêtent de vendre.....

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par Linario (IP:xxx.xx2.13.162) le 22 décembre 2008 à 17H12

Tout à fait, d’où l’intérêt de promouvoir les économies d’énergie et l’autonomie énergétique à petite échelle plutôt que des unités de production démesurées.

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par sobriquet (IP:xxx.xx0.253.174) le 22 décembre 2008 à 22H54

Pour compléter ce que dit Linario, les barrages sont des émetteurs non négligeables de gaz à effet de serre (CO2 et méthane), en particulier dans les régions tropicales.

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par sobriquet (IP:xxx.xx0.253.174) le 22 décembre 2008 à 22H56

Pardon pour le commentaire redondant ; je suis le seul à avoir des problèmes avec l’affichage des commentaires ?

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par Thierry LEITZ (IP:xxx.xx5.142.48) le 24 décembre 2008 à 00H09

Un toit PV en France de 20 m² produisant assez (env.2kwh) pour le style de vie France en maison de 100m1 coûterait 20000 €, brut, posé.

Même si on réduit la voilure au tiers pour pays émergeant n’ayant ni plaque de cuisson électrique ni autre appareil énergivore on arrive à 7m² de PV et 7000€. Bon sans la pose au tarif européen (fort) on doit arriver à la moitié, 3500€. Bon sans les marges des intermédiaires au niveau de salaires et cotisation "france" peut-être 2500 § US.

Encore énorme pour des pays "émergeants" ou devrait-on dire "à misère répandue mais soutenable", comme l’Inde, la Russie, le Brésil, la Chine, les plus célèbres... et dont le salaire moyen mensuel tourne autour de 100-200§/mois (quand on a un emploi salarié)

Pourtant le PV, pour des pays ensoleillés à faible conso électrique serait valable pour apporter un minimum de bienfaits techniques (froid, éclairage, communication, savoir).

Il y aurait à faire pour rendre le PV plus accessible et en faire un secteur stratégique d’une industrie équitable et rentable. Mais au lieu de booster Silpro dans le 04, Total (Arkéma) met tout à l’arrêt à cause de la "crise".

En plus au lieu de développer de tels projets avec le Brésil on leur vend des armes, ce qui enrichira les actionnaires dédistes firmes en France sans soulager la misère sud-américaine.

On vit vraiment une époque formidable !

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par judel.66 (IP:xxx.xx9.191.79) le 25 décembre 2008 à 12H28

ce que vous soutenez n’est plus vrai en France ....tous nos sites permettant de créer des barrages ont été utilisés.Et ,d’autre part nous avons été achaudés par l’effondrement du barrage de Malpasset à Frajus et il a été décidé de ne plus construire de grand barrage en France.

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par joletaxi (IP:xxx.xx7.112.209) le 26 décembre 2008 à 14H30

Je me demandais pour quelle obscure raison les écolos étaient contre tout projet de barrage ?j’ai ici un remarquable panégyrique de tous les reproches obsessionnels des défendeurs de la nature. Concernant les destructions de paysages,de "puit" à méthane et à CO2,il faudra dans ce cas vider au plus vite les grands lacs.je connais de multiples barrages qui ont apporté une valorisation certaine à des paysages,provoquant au passage un développement des activités récréatives.Les barrages sont les seules possibilités que l’on a de stocker de grandes quantités d"énergie,et sont un outil précieux pour écrêter les pointes de consommation,évitant de la sorte des émissions supplémentaires de CO2.Dans de nombreuses vallées, ils ont été un régulateur de crues, évitant les catastrophes,et permettant une meilleure gestion des ressources en eau.En france, il y a un gisement énorme au long des vallées ,en équipement de micro centrales,qui pourraient justement venir en appui du réseau,en période de pointe, avec l’avantage d’une bonne décentralisation. J’ai connu l’époque héroïque,où un gardien fermait les vannes pour remplir les étangs réservoirs, pour fournir un appui de courant sur ordre du gestionnaire.De nos jours, au lieu de dépenser des fortunes pour brasser du vent,ce qui en finale ne bénéficie guère à la problématique du CO2,on pourrait équiper nos rivières,ce qui en plus de la gestion des crues, serait un plus évident pour les paysages. Quant aux rêveurs,qu’ils m’expliquent donc pourquoi nos amis allemands(qui ont le plus mauvais bilan CO2 par KW) champions de l’éolien,et du photovoltaïque,en reviennent aux bonnes vieilles centrales à charbon ?Une conspiration du lobby pétrolier ?

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par sobriquet (IP:xxx.xx3.48.202) le 26 décembre 2008 à 22H31

Voilà qui nécessite quelques réponses :

- Je ne suis pas sûr que les grands lacs aient la même mécanique de production de gaz à effets de serre que les barrages. Vous avez des sources à ce sujet ?

- La "valorisation des paysages" est subjective et très secondaire. Le développements des activités récréatives est-il synonyme de gain net pour la collectivité, ou juste de rentrées d’argent, de croissance ? Je ne suis pas particulièrement anti-barrage, mais, même aux projets les plus stupides, on trouvera des avantages.

- Concernant les gisement hydro-électrique, ce que vous dites est en contradiction avec ce qui se dit souvent : le potentiel hydro-électrique de la France est arrivé à saturation. Cela dit, vous parlez surtout de micro centrales, alors que l’on pense souvent à des constructions autrement plus ambitieuses. Effectivement, les micro-barrages sont peut-être beaucoup plus intéressants, pour les raisons que vous citez, mais sans doute aussi au niveau écologique : peu de déplacements de populations, moins de destructions d’écosystèmes, ...

Malheureusement, je crois que lorsque les pouvoirs politiques s’intéressent à l’hydro-électricité, ils sont davantage tentés de construire des ouvrages très ambitieux, voire titanesques. Et les organisations écologistes s’opposent surtout à ce genre de projets.

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