NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
Le retour de l'ami pétrole : les plombs fondent

Pétrole mon amour...

Article publié le 12 mars 2008

On se marre à Wall Street ! Depuis quelque temps, le pétrole fait sauter les meilleurs scores ! Et voici le record de 107 $ pulvérisé ! Youpi ! Champagne !

Je vous rassure, je ne suis pas en train de devenir fou, et de me mettre à apprécier le monde de la spéculation. Mais ne rêvons pas, c’est bien une bonne nouvelle pour les spéculateurs que de voir un pétrole aussi cher. Car c’est plus rentabilité au baril. Et c’est bien tout ce qui compte.

De toute façon, cela était plus que prévisible : une demande en forte augmentation, une production qui stagne et quelques guerres… Et hop, jackpot pour les petits gars du raffinage ! Enfin pas les petites mains, non, les gros, les patrons et actionnaires.

Certains cirent au scandale ! Imaginez donc, cela va coûter au plus pauvre. Oui, c’est vrai. Mais quand je vois aussi bien les ministre UMP que le PS hurler contre tout cela, je me demande s’ils ne nous prendraient pas pour des imbéciles ?

Petite explication : la naissance de l’automobile de masse se situe dans les années 60. On commence à voir (et à donner à voir) la voiture comme belle objet de liberté (que ne ferait on pas avec le marketing). Passons sur le fait qu’une voiture c’est avant tout un asservissement à la banque (un peu comme de devenir propriétaire foncier) du fait du crédit qu’il nous faut prendre, et asservissement aux assurances obligatoires. Elle en prend un coup la liberté non ? Mais ne vous inquiétez pas, le marketing a inventé un truc super, la phrase choc : « La liberté ça a un coût ». Prend ça sur la caboche, consommateur.

Mais dans cette période, c’est aussi l’état qui vend des voitures. Ben oui, faut faire tourner les fleurons français que sont Renault, Peugeot et Citroën. Sans parler de Michelin qui chausse ces beaux monstres. Et là, on nationalise, on syndicalise, on ratisse. Tout cela pour asservir le citoyen. Pardon, je m’égare, tout cela pour lui offrir la liberté au travers de l’automobile.

Bon nous pouvons nous dire, erreur du passé. Aujourd’hui, que 80 % des gens sont en zones urbaines denses, il en va tout autrement, et les politiques changent. Transport rails locaux, train pas cher, aménagement cyclables…Redynamisation des transports collectifs dans les campagnes… Mais que nenni ! Depuis des années, le mythe de la voiture est entretenu, voir encouragé par les politiques publiques !

Certes, certaines villes changent de cap depuis 2001, mais tout cela reste timide, et sans réelle envergure. Non, vraiment depuis des décennies, les politiques publiques encouragent le tout automobile. Pour la plus grande joie des constructeurs de pot de yaourt sur roues, de Vinci et Bouygues.

Sans parler du chauffage au fioul ou autres joyeusetés de ce genre…

Aujourd’hui, alors que depuis des années des scientifiques alarment sur le pic de Hubbert, sur la raréfaction du pétrole, etc.. On ne fait rien. On brule allègrement des litres et des litres de carburants dans nos automobiles, au lieu de le réserver à des choses plus nobles (médicaments par exemples). On réchauffe sans vergogne notre atmosphère en espérant que ça passe. On pollue nos rivières, notre eau. On tue l’agriculture vivrière au profit de l’agriculture industrielle. Un peu comme les croyants fanatiques d’une secte folle.

Mais hosannah, alléluia ! Saint baril est monté, et tout va bien ! Continuons comme aujourd’hui, avec un peu de greenwashing ! Créons une taxe à la voiture propre, qui consommera 10 % de moins, c’est tellement écolo ! Tuons le TER et RER, et donnons aux gens de belles autoroutes ! Construisons un aéroports de plus (voir deux ou trois, ne soyons pas radins) et offrons aux avions de belles pistes pour décoller, et aller polluer le ciel en rejetant tellement de bonnes choses bénéfiques, tels le CO2 et les dérivées du pétroles…

La croissance est là grâce au Dieu Pétroleum, ne le remettons pas en cause ! Ne cherchons pas à changer les choses, le monde. Que les Verts, les écologistes et les associations se tiennent prêts : quand la planète ira mal, on dira « c’est de votre faute aussi, fallait nous avertir avant ! ». Ben oui ce n’est pas la faute du saint système économique mondialisé qui exploite plus qu’il ne libère (sauf en CO2 et pollution) ni du fait que l’on mette l’argent au centre au lieu de l’homme. Non sainte, Croissance priez pour nous pauvre pêcheur qui avons osez ne pas consommer le premier mai dernier, mais on se rattrape parfois le dimanche vous savez ! Quelle honte ! Toi qui assure notre survie, et celle de nos enfants (tout en les empoisonnant).

C’est sur, ne remettons rien en cause…

Bookmark and Share
47 votes

commentaires
votez :
par jide (IP:xxx.xx9.39.7) le 27 mars 2008 à 19H29
votez :
par Fab (IP:xxx.xx0.117.65) le 27 mars 2008 à 19H33

Merci pour le lien, très intéressant en effet.


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Les Auteurs deÉnergies
Sylvie Simon - 40 articles
Mijo - 29 articles
Elie KHOURY - 2 articles
rcoutouly - 47 articles
çaDérange - 283 articles
Edouard33 - 1 articles
Biosphère Blog - 44 articles
J. Yster - 5 articles