Un nouvel appel d’offres vient d’être lancé par le gouvernement pour construire des centrales fonctionnant à partir de bois, de résidus de l’industrie papetière, de marc de raisin, etc. Les projets retenus en fonction de leurs performances énergétiques bénéficieront d’un tarif préférentiel d’achat de l’électricité.
Le
pari sera-t-il tenu ? Décidé à promouvoir les énergies renouvelables,
le gouvernement s’était fixé pour but, il y a deux ans, de porter à
1.000 mégawatts en 2010 la puissance cumulée des centrales électriques
fonctionnant à partir de bois, de paille, de résidus de l’industrie
papetière, de marc de raisin, etc. Un objectif qui n’est pas encore
atteint. Pour l’instant, entre les centrales existantes et les 22
projets validés cet été par les pouvoirs publics, seuls 700 mégawatts
sont en vue. C’est pourquoi Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie
et de l’Energie, vient de lancer un nouvel appel d’offres, le troisième
de ce type.
Via cet appel d’offres,
l’Etat entend soutenir le développement d’installations de production
d’électricité à partir de biomasse pour une puissance totale de 250
mégawatts. Les projets retenus bénéficieront d’un tarif préférentiel
pour vendre leur électricité à EDF. Le gouvernement choisira les
projets en fonction de leurs performances énergétiques, et du fait
qu’ils ne détournent pas de terres cultivables ou de matières
organiques actuellement utilisées par d’autres industries comme la
papeterie. Autre critère : les régions de montagne, l’Alsace, la
Lorraine, Champagne-Ardenne, le Nord - Pas-de-Calais, la Picardie, la
Bretagne, ainsi que la Seine-et-Marne seront privilégiées. Le précédent
appel d’offres avait connu un grand succès : 56 dossiers déposés pour
une puissance cumulée plus de 2 fois supérieure aux attentes.
Finalement, Jean-Louis Borloo a sélectionné en juillet 22 projets pour
un total de 300 mégawatts. Soit de un quart à un tiers de la puissance
d’un réacteur nucléaire. Mais les centrales en cause utiliseront aussi
les déchets organiques pour produire de la chaleur, pour environ
450.000 tonnes équivalent pétrole par an. Les projets choisis font la
part belle aux grands groupes énergétiques, Dalkia (filiale d’EDF et
Veolia Environnement) emportant en particulier 3 projets géants
représentant 40 % du total.
Le
gouvernement avait mis les moyens. Il a garanti aux 22 centrales
retenues de pouvoir vendre pendant vingt ans leur électricité à un
tarif moyen de 12,8 centimes par kilowattheure, soit bien plus que le
prix du marché actuel de 6,5 centimes. Les autorités font valoir que
c’est le prix à payer pour susciter des projets de qualité, respectant
un cahier des charges strict en termes de développement durable et
d’efficacité énergétique. En réalité, c’était même la seule façon de
susciter des projets tout court. Car le tarif d’achat de référence mis
en place par un arrêté de 2002 pour les installations postérieures à
cette date ne permet pas à une centrale à la biomasse d’être viable. Il
n’est que de 4,9 à 6,1 centimes le kilowattheure, à comparer à 8
centimes pour l’éolien et 55 centimes pour l’énergie photo- voltaïque.
Au
mois de janvier 2005, un premier appel d’offres avait déjà remporté un
grand succès. Mais les 14 projets retenus, qui doivent démarrer au plus
tard le 1er janvier 2009, avaient obtenu du gouvernement un prix moyen
de vente de 8,6 centimes le kilowattheure qui s’est révélé insuffisant.
Selon
le décompte de la Commission de régulation de l’énergie, 5 projets ont
démarré, mais 5 autres n’ont pas réussi à être viables, la destinée du
solde étant encore indéterminée.
Les centrales à biomasse sont tolérables car, contrairement à la plupart des biocarburants, elles utilisent des déchets industriels. Mais il n’en reste pas moins qu’il s’agit toujours de brûler industriellement de la matière organique, au lieu réutiliser celle-ci pour enrichir le sol. Indirectement, donc, cela contribue à appauvrir le sol à une échelle industrielle.
Je crois que les centrales à biomasse, comme les biocarburants, sont des solutions aux problèmes économiques avant d’être des solutions aux problèmes écologiques.









