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Le Plan de relance économique européen oublie volontairement les villes vertes !

Article publié le 8 avril 2009

Le Plan de relance économique européen oublie volontairement les villes vertes !

Le plan de relance économique européen (European Economic Plan for Recovery - EEPR) est un sujet d’antichambre, dont on parle bien peu dans les médias français. C’est pourtant une enveloppe de 5 milliards d’euros destinés à soutenir l’économie et l’emploi de l’Union Européenne, avec 4 milliards d’euros pour la partie énergie du plan "Barroso".

Parfait me direz vous, avec cet EEPR, l’Europe allait être au rendez-vous des enjeux, intervenir positivement dans une conjoncture dégradée, miser sur l’énergie propre… Sauf que le plan Barroso adoubé par le Conseil Européen, mise gros sur les centrales électriques à séquestration de carbone. Des projets complexes dont les autorisations seront longues à obtenir, ce qui n’apportera rien à la relance conjoncturelle de l’économie européenne, avec en outre une bien piètre efficacité en terme de nombre d’emplois crées par euro investi. L’EEPR version Barroso avec l’appui des gouvernements, c’est un cadeau aux grandes compagnies d’énergie.

Depuis plusieurs semaines, ça bataillait dure au Parlement Européen qui avait une position différente de celle de la Commission et du Conseil. Pour ajuster le tir, les euro-parlementaires Socialistes, Libéraux et Verts, soutenus par quelques collègues conservateurs, avaient l’intention de voter un amendement qui aurait élargi l’éligibilité du plan proposé vers un partenariat stratégique avec les villes Européennes. Leurs objectifs de l’amendement « smart energy cities » : réorienter une partie de l’enveloppe EEPR pour favoriser les projets locaux d’efficacité énergétique. Avec la rénovation énergétique des bâtiments municipaux, des centaines de villes dans toute l’Europe auraient pu investir massivement dans l’économie locale. Et créer ainsi beaucoup plus d’emplois que la liste de grands projets d’infrastructure de Barroso.

Cet amendement d’idées porteuses ne sera pourtant pas mis au vote du parlement européen. Le 31 mars, la présidente de la Commission Industrie, Recherche et Energie du PE s’y est opposée avec l’appui des conservateurs. Angelika Niebler à déclarer inadmissible, l’amendement donnant aux villes européennes un rôle majeur dans la relance de l’économie européenne.

Le député vert, Claude Turmes dénonce cette décision image : "Ce qu’on a vu aujourd’hui est un véritable scandale démocratique et politique. Et une autre preuve que Barroso et les conservateurs sont prêts à tout, même le flagrant non-respect des règles élémentaires d’un Parlement, pour servir les intérêts des grands groupes énergétiques en Europe qui seront les grands bénéficiaires de la manne européenne. A noter aussi l’attitude décevante des Socialistes qui se sont limités aux discours du dimanche et ont baissé les yeux sur ce coup de force du grand frère conservateur."

Thèmes

Energie Politique Europe

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commentaires
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par lio (IP:xxx.xx3.65.45) le 8 avril 2009 à 09H12

baroso etait déja a l’origine de la tentative de passage en force des ogm qui a provisoirement echoué, la commission europ"enne et ce triste sire ne sont pas avare de mesures antiécologique.

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par jackyd (IP:xxx.xx7.71.208) le 10 avril 2009 à 03H42

En réaction à l’article, mais aussi au commentaire précédent, quelques remarques. En effet, la Commission Européenne est une fois de plus extrêmement décevante. Mais, et l’article est sincère sur ce point, c’est bien parce que le groupe conservateur qui est de loin le plus important au Parlement Européen a soutenu massivement ce Plan et que la mobilisation socialiste a été défaillante qu’une telle occasion a été manquée. La Commission Européenne ces dernières années a fait du retropedalage sur des chantiers "écologiques" qu’elle a accompagné ou initié, comme le dossier REACH, avancée incontestable à l’origine. En matière d’agriculture biologique, elle a joué un rôle ambigu mais plutôt positif (il faut voir ce que serait l’agriculture bio en France sans les aides européennes ! parce que les réseaux officiels de l’agriculture française faisaient tout pour limiter ces gêneurs écolos ). De même pour les réserves naturelles, les fonds et cahiers des charges européens du réseau Natura par exemple, sont vraiment un outil précieux. Hélas, elles sont ça et là remises en cause ... Ceci pour nuancer, mais sans démentir le fait que la Commission et Barroso au premier chef sont d’abord à l’écoute des intérêts des grandes compagnies européennes.

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(IP:xxx.xx1.110.115) le 10 avril 2009 à 03H48

Et une autre preuve que Barroso et les conservateurs sont prêts à tout, même le flagrant non-respect des règles élémentaires d’un Parlement... ...lui-même quasiment illégal puisque nommé malgré le désaccord de nombreux européens...

On a compris, c’est la mafia qui règne à Bruxelles et tous ces milliards d’euros vont engraisser les grands groupes industriels du siècle dernier. C’est sans compter la révolte du peuple qui gronde...

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