Article publié le 1er juillet 2008
Je vous avais signalé dans un message du 16 janvier 2007 le projet de mise en œuvre industriellement, pour la première fois, du phénomène de supraconductivité pour transporter du courant électrique avec des pertes minimales d’énergie. Comme je vous l’indiquais dans cet article que je vous invite à relire pour plus de détails techniques, le courant électrique dans les fils qui le transportent, échauffe ces fils et l’air qui les entoure immédiatement, par effet Joule ce qui se traduit par une perte d’énergie d’autant plus importante que le trajet parcouru est long et la quantité d’électricité plus importante. Et comme l’énergie électrique a également l’inconvénient de ne pas pouvoir se stocker, vous imaginez l’importance de pouvoir transporter le courant sans pertes énergétiques dans notre monde de plus en plus à court d’énergie.
Or c’est exactement ce qu’apporte le phénomène de supraconductivité qui est la capacité de certains métaux, en dessous d’une température très basse, de voir leur résistance au passage du courant ainsi que le champ magnétique qu’il génère s’annuler subitement. Sans que le phénomène, découvert en 1911 par un Hollandais, Gilles Holst, ait été vraiment explicité. Seul inconvénient, la température en dessous de laquelle ces métaux deviennent supraconducteurs est très, très basse, de l’ordre de - 200°C minimum. Des recherches récentes ont permis d’identifier certains composés métalliques complexes qui le deviennent seulement vers - 170°C mais sans que l’on ait pour l’instant compris la base théorique du phénomène. On peut rêver, bien sûr, que dans quelques années, on puisse disposer de matériaux supraconducteurs à température ordinaire...
Le projet qui vient de se matérialiser a consisté à installer une ligne électrique supraconductrice de 600 m de long sur l’île de Long Island, aux Etats-Unis, capable de transporter une puissance de 574 megawatts soit un tiers de la puissance totale d’une grosse centrale nucléaire. C’est Nexans, la société française spécialisée dans la fabrication de câbles, qui fournit les câbles et l’installation et c’est Air Liquide qui fournit l’installation de refroidissement de la ligne électrique à l’azote liquide. Quant au bénéficiaire et commanditaire il s’agit de la Long Island Power Authority, l’électricien qui produit et gère l’électricité de cette partie très habitée de NewYork.
Le transport de courant par cette technique peut concurrencer, à long terme et si on arrive à en maîtriser les différents aspects techniques complexes, le transport de courant par les lignes aériennes que nous connaissons. Le bilan énergétique devrait en être à priori plus équilibré puisque l’énergie dépensée pour le refroidissement de la ligne devrait être compensé par les pertes évitées de la déperdition calorifique due à l’effet Joule. Par ailleurs, du fait de l’absence d’échauffement au passage du courant, on peut utiliser des fils de diamètre plus faible à puissance transportée équivalente et les fils peuvent être accolés là où, en aérien, il faut séparer les lignes de plusieurs mètres.
Comme vous voyez, une technique qui a un potentiel formidable. Maintenant qu’une installation "pilote" en vrai grandeur existe, gageons qu’elle devrait permettre d’en établir tout ce potentiel...
Bravo à tous les acteurs français et américains de cette aventure technologique. Et espérons que nous puissions, en France, nous lancer bientôt dans quelque chose d’équivalent...
lien image : http://images.google...
Thèmes
Et la marmotte ...
(600m, whaou le panard ! il y a que çadérange pour croire à la viabilité de ce genre de truc ...)
Felicitations pour l’article... dans le meme sense on a le concept de lapiscine naturelle
vu le contexte géographique et économique , c’est une aventure très intéressante .
:-)
Il manque juste une information qui peut tout changer : quelle part de l’énergie électrique produite est perdue dans ces lignes haute tension ? Si c’est plutôt 90%, ça vaut le détour, mais si c’est plutôt 10%, c’est, mais je n’appellerait pas ça "un potentiel formidable".
Par ailleurs, cette technologie a, comme toutes les hautes technologie, des contreparties coûteuses qui peuvent être dissuasives. Par exemple des besoins de maintenances bien plus importants, une moindre tolérance aux pannes, l’entretien et la formation d’un personnel compétent et très spécialisé, ...
Un câble HVDC à un taux de pertes de 3% par milliers de km et donc sur 600m on imagine les gains que donne un câble supraconducteur que l’on doit réfrigérer. On vient de franchir une étape, mais pas dans le domaine de la transmission du courant électrique...
mais au fait, pourquoi ils veulent pas mettre de réacteur nucléaire directement sur Long Island ? notre "fleuron national" cher à çadérange ne pourrait pas se porter garantie à vie tout aspect confondu (financier et pénal) si c’est si sûr que ça ?
ah, on me souffle que c’est du NIMBY et que c’est amplement justifié mais faut pas le dire ...
n’y aurais t’il pas une certaine dynamique autour ?
http://energiesdelamer.blogspot.com...
is’nt it ?












