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La faim du pétrole

Article publié le 5 mai 2008

Même si les prix du baril de brut ont accusé un léger recul cette semaine, après avoir frôlé les 120$, il convient de s’interroger collectivement sur la déplétion pétrolière, et donc sur nos modes de vie complètement pétro-dépendants. Comme certains toxicomanes, d’aucuns refusent de le faire et pensent que "tout ira très bien". Mais plus nous attendons avant d’agir, plus le réveil sera brutal.

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LE CONSTAT1998436614.jpg

Jusqu’à présent, la plupart des leaders politiques s’échinaient à nier ou à minimiser la portée de la déplétion pétrolière, mais les choses ont changé. François Fillon, le premier ministre français répète depuis plusieurs mois qu’il faut que les gens "s’habituent à un pétrole cher et à changer d’énergie". La semaine dernière, George W Bush a même fait indirectement allusion au Peak Oil dans une conférence de presse sur les prix de l’énergie (dont les américains commencent à souffrir), et a dit que nous étions entrain de changer d’ère (à lire ici).

Un député socialiste suisse, Roger Nordmann, dans un débat sur la troisième voie CFF, mentionnait aussi très justement la nécessité de réorienter les transports suisses vers des sources non pétrolières car nous nous précipitons dans le mur. Cette prise de conscience progressive des élites est salutaire si nous voulons engager une transition énergétique qui va, de toute façon, s’imposer à nous d’ici quelques années.

747939113.gifDES ALTERNATIVES ?

Parmi ceux qui s’accordent sur le constat, nombreux sont ceux qui pensent que nous trouverons des "alternatives", qu’un miracle technologique nous sauvera. On a vu le miracle technologique des biocarburants. Concurrence alimentaire, hausse des prix, bilan écologique négatif. Bush persiste pourtant à croire qu’il nous faudra "grow more biofuels". Les mexicains qui ont vu les prix du maïs exploser le remercieront. Il ne manque pas non plus de propager le mythe des biocarburants de deuxième génération.

Ceux-là, tout le monde les attend comme le Messie, car ils devraient nous apporter joie, bonheur et lumière. Mais une étude (cf. cet article) a récemment démontré que, non seulement cette 2ème génération ne serait pas prête avant au moins dix ans, mais qu’en plus son bilan écologique pourrait s’avérer potentiellement négatif si l’on déforeste ou que l’on détourne des déchets agricoles qui contribuent normalement à enrichir les sols. Et même si l’on utilisait toute la biomasse potentiellement disponible sur terre, nous ne remplacerions qu’une infime partie de nos besoins actuels en or noir. Passons sur l’hydrogène qui s’avère écologiquement contre-productif (très gros consommateur d’énergie en amont - un prototype de voiture à hydrogène a été classé dernier d’une récente étude sur le bilan écologique des voitures), ou sur le charbon qui est une plaie environnementale absolue.1637279698.jpg

Il n’y a donc pas d’alternative à la décroissance de notre consommation d’énergie. Si nous voulons maintenir à l’avenir des services minimaux (ambulances, pompiers, secours, etc.), il nous faut faire décroître tout le superflu.


Il nous faut dès maintenant engager cette transition et isoler nos maisons ; faire la chasse aux gaspillages ; consommer moins, mieux et plus local ; manger moins de viande ; remettre en cause l’agriculture productiviste ; repenser nos productions industrielles ; démilitariser les nations autant que possible ; réduire massivement la place de la publicité ; installer des toilettes sèches ; voyager moins loin, moins vite et moins souvent en avion ; faire payer aux employeurs le coût écologique des déplacements de leurs employés ; réduire drastiquement la place de la voiture (en commençant par la ville) ; développer les transports en commun et le vélo ; etc.

Cette transition sera complexe à mettre en œuvre et pourra s’avérer douloureuse pour certains. Mais elle réinjectera du sens dans nos existences et nous permettre de sortir de la folie de la croissance économique infinie et du "toujours plus" qui ruine nos liens sociaux et nos équilibres psychologiques. Nous sommes aujourd’hui comme des adolescents qui grandissons sans parents pour nous poser des limites. Le problème c’est que Mère Nature ne risque pas d’être bien douce pour nous rappeler où sont les limites.

Cette transition requiert un tel bouleversement qu’il nous faut absolument veiller à ne jamais perdre de vue nos valeurs humanistes et démocratiques, qui restent la priorité absolue de notre civilisation. Il ne s’agit ni de lendemains qui chantent, ni vraiment d’un "autre monde possible". Il s’agit d’un autre monde nécessaire, pour éviter le pire des mondes possibles. A terme, nous n’avons pas le choix entre "croissance" et "décroissance", mais entre "décroissance" et "récession". Si nous voulons éviter une lutte barbare pour les ressources, optons pour la décroissance soutenable, pacifique, sereine et humaniste.


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commentaires
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par denis (IP:xxx.xx8.176.124) le 5 mai 2008 à 19H49

oui bon, et alors ? j’aurai envie de dire !
Je pense que les lecteurs de Naturavox commencent à être sensibilisés à ce discours. Par contre les autres... La décroissance on ne la voit pas vraiment venir (travailler + pour ...).
A mon avis les élites n’ont pas du tout compris le problème. Quand Fillon dit que l’essence va être de plus en plus chère il se frotte les mains, ca fait plus de taxes à percevoir.
Il pourrait y avoir des mesures incitatives, par exemple en augmentant le prix de l’essence (proportionnellement au revenus) et en utilisant l’argent pour développer les énergies renouvelable. Bon c’est surement simpliste mais c’est l’idée...

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par Dimetrodon (IP:xxx.xx9.73.53) le 9 mai 2008 à 22H06

Vraiment je crois que vous devriez faire un effort pour voir que la décroissance va venir, simplement ce que l’on oublie c’est que étant égoïste dans sa nature profonde (moi d’abord, après moi le déluge), hé bien cette décroissance va se faire QU’ON LE VEUILLE OU NON.

Donc l’humanité va se diviser en deux catégories : ceux qui anticipent et ceux qui vont subir.

Moi je suis plutôt d’avis de laisser faire, de continuer la croissance suicidaire du système libéral-gaspilleur-destructeur, car de toute manière, tant qu’il restera une goutte de pétrole, il y aura toujours des convoitises, des perspectives de profits et des spéculateurs en bourse. Et puis terminé.

La folie consumériste ne s’arrêtera que lorsqu’il n’y aura plus de pétrole, et c’est tant mieux.

Hélas, je suis un incorrigible optimiste. Même si le pétrole finit, on va revenir au charbon, c’est évident, puisque les réserves mondiales sont immense. On n’a abandonné le charbon que parce que le pétrole était plus avantageux, plus "propre" (faut le dire vite mais c’est vrai, le charbon pollue beaucoup plus que le pétrole).

Et le charbon, il y a encore beaucoup de pays qui l’utilisent et qui en fait, n’ont jamais cessé de l’utiliser (Pologne, Chine).

Donc mauvaise nouvelle, on n’est pas sorti de la "puance"…

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par Archimédron (IP:xxx.xx6.133.10) le 10 mai 2008 à 11H16

Juste pour dire que le baril étant passé de 70 à 125 dollars en moins d’un an, je pense qu’il atteindra les 200 dollars avant la fin de l’année.

Son cour actuel est de 123 dollars (10 mai 2008)

La voiture c’est fini : J’hésite entre acheter un mulet ou un âne…

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par philbrasov (IP:xxx.xx1.134.8) le 30 juin 2008 à 18H16

Ce genre de discours fait le lie des gouvernements qui se gavent de taxes en tout genre..

Tous nos chers politiciens rigolent avec ce genre de discours.... Du pétrole , il y a... du carburant il y aura..

On repouse déjà le pic de production de qq dizaines d’années et nous n’avons pas encore découverts ce la planete nous propose en énergie. Les carburants de troisieme génération sont prets à être exploités en grande quantité au USA.

les algues microscopiques développés à grande echelle, pourront exploités sur un térritoire de 32000 KM2 fournir annulellement les besoin en carburant des USA. ET ceci dans un avenir extrémement proche..la production à grande echelle débute en 2010 demain....

On regorge de pétrole, si son prix est cher c’est UNIQUEMENT pour des raisons geostratégiques... LA baisse du dollar , associé à la spéculation et l’entretien de la pénurie par les grands groupes pétroliers,font grimper les prix du baril qui soit dit en passant est moins cher qu’en 1980 -81.....

On nous fait peur pour mieux nous taxer voilà la vérité.... ET rien d’autre..... l’écologie , n’est plus un mode de vie, c’est une valeur marchande, comme une autre. la sauce BIO est tellement mode... et tellement chic....

Notre raisonnement ne vaut que pour nos pays occidentaux et est purement égoiste.... Les indiens et les chinois veulent leur voiture, veulent le confort que nous avont.... PAr quelle logique vous allez nous demander d’arreter de consommer, alors que mes millions de voisins veulent la même chose que moi....

je préfère faire confiance en l’homme qui sait satisfaire ses besoins... aujourd’hui le pétrole, demain les algues, le nucleaire trosièeme génération, après demain le méthane, etc etc etc ..... solaire vent, hydro,

OU EST LE PROBLEME......

Pensons à l’homme avant tout et faisons lui confiance..... et arretons de nous donner sans cesse des leçons.... il y a certe des gestes de bon sens permettant de faire des économies, mais je ne suis pas pret a payer en plus... pour faire des économies d’énergie qui ne nous profite en aucune façon.... que ma maison soit mieux isolée, que je mette un pull de plus chez moi en hiver ok... mais me taxer, je dis NON..... C’est trop facile.... je ne peux être complice de la gabegie de nos gouvernants qui n’ont pas su prévoir.... Que la science française mette son excellence, au profit de la recherche sur les carburants de troisieme et quatrième génération.... sur la désalinisation de l’eau de mer etc etc....et j’applaudirais, mais me taxer pour gérer la pénurie... je dis NON...

( à propos, j’aimerais voir les WC secs dans une ville comme Paris..... c’est proprement risible....)

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par thorgal (IP:xxx.xx7.242.66) le 30 juin 2008 à 19H58

"Pensons à l’homme avant tout et faisons lui confiance..... et arretons de nous donner sans cesse des leçons.... il y a certe des gestes de bon sens permettant de faire des économies, mais je ne suis pas pret a payer en plus... pour faire des économies d’énergie qui ne nous profite en aucune façon.... que ma maison soit mieux isolée, que je mette un pull de plus chez moi en hiver ok... mais me taxer, je dis NON..... C’est trop facile.... je ne peux être complice de la gabegie de nos gouvernants qui n’ont pas su prévoir.... Que la science française mette son excellence, au profit de la recherche sur les carburants de troisieme et quatrième génération.... sur la désalinisation de l’eau de mer etc etc....et j’applaudirais, mais me taxer pour gérer la pénurie... je dis NON..."


Est-ce que tu voudrais bien être taxé si c’était pour financer l’"excellence" de la recherche française ? De plus, pourquoi devrions-nous faire "confiance en l’homme" (et la femme ? joke ... ;) ) lorsque malgré tous les hauts faits scientifiques, philosophiques, technologiques, sociologiques, et autre-iques, nous ne sommes pas capables de nous transcender ? va visiter d’autres pays et tu verras que quel que soit le degré d’avancement de la cosiété (quels que soient les critères entrant dans ta définition d’avancement) et bien c’est partout pareil (on rit, on pleure, on mage, on dort, on baise, on se raconte des salades, on instruit, on détruit, on rêve, et au final on crêve) et ça ne risque pas de changer. La production de pétrole va stagner puis baisser, c’est inéluctable. Donc, soit on apprend à s’en passer de manière voulue, soit on s’y accroche jusqu’à ce que cette production ne rentabilise plus (coûts d’extraction, etc, prohibitifs). Tu vas apprendre qu’il sera difficile de maintenir un _status-quo_ technologique sans pétrole. Je ne parle pas de progrès car celui-ci est corrélé très fortement à l’amplitude d’utilisation d’une source d’énergie dense, abondante et pratique à transporter. Retiens bien le mot "dense", il est crucial.

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par philbrasov (IP:xxx.xx1.134.8) le 30 juin 2008 à 21H11

32000 KM2 de production d’une année de carburant pour les USA... en bio algues....

C’est peanust.... voir ce qui se fait en terme de développement au canada pour les schismes bitumineux...

En France faudra un jour arreter de nous bassiner avec ces pseudos écolos, et pousser la recherche non pas pour la defense de je ne sais quelle espeèce d’insecte dans le marais poitenvin....mais pour le développement d’énergies renouvelables, non pas pour consommer moins... mais pour consommer plus au niveau de la planete.... les chinois et les indiens eux aussi ont droit à leur voiture...

le meilleur dans tout cela, c’est que le CO2 va manquer...

risible.......

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par Swl (IP:xxx.xx4.49.172) le 3 juillet 2008 à 11H59

@thorgal : son truc à machin "philbrasov" ça serait plutôt "le dense" de saint guy, genre entonnoir sur la tête avec une pelle et un râteau dans un bac...à sable !


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