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La CGT et le nucléaire.

Article publié le 6 février 2009

La CGT et le nucléaire.

A la lecture de ce titre vous avez sans doute pensé qu’il s’agissait d’un article reflétant une position négative de la CGT sur ce sujet connaissant les liens qui unissent partis de gauche, Verts, syndicats et ONG.

Erreur, la CGT est en faveur du nucléaire et soutient l’initiative du chef de l’Etat de construire un deuxième EPR. C’est ce qu’a déclaré dans un interview à un journal de droite, le secrétaire général de la Fédération Nationale CGT des Mines et de l’Energie, Frédéric Imbrecht. Il va même plus loin, il estime que ce sont trois ou quatre EPR qu’il faudrait construire pour mise en service d’ici 2020. Il faut, dit il, amorcer une série pour pouvoir commencer le renouvellement de notre parc de centrale nucléaires. Un renouvellement qui prendra une bonne vingtaine d’année et qu’il faut donc préparer de longue date bien avant que nous soyons confrontés au problème.

Autre commentaire de sa part. Si l’on veut renouveler le parc de voitures français et le convertir à l’électricité comme l’air du temps semble le penser, ce n’est pas une centrale nucléaire de plus qu’il faudrait construire mais 9 !!! De quoi faire faire un bond à toutes les organisations anti-nucléaire qui ont déjà failli s’étrangler à la perspective de devoir en bâtir une seule. Ça ne me parait pas illogique personnellement dans la mesure ou Fréderic Imbrecht parle de conversion totale du parc.

Pour être exhaustif sur ses positions, signalons qu’il ne pense pas que quiconque d’autre qu’EDF puisse construire des EPR alors que nous sortons de 25 ans d’arrêt de construction de centrales. EDF disposerait de 2000 ingénieurs spécialistes de ce type de construction et serait le seul exploitant au monde à être à la fois architecte et ensemblier.Tout autre entreprise d’après lui aurait besoin de dix ans pour en arriver au niveau d’expertise d’EDF. Dont acte. Signalons lui néanmoins que la situation est la même dans le reste du monde et que cela ne semble pas les arréter dans leur projets.

Je ne suis pas d’accord en totalité avec ses jugements mais je reconnais volontiers qu’il reflète une connaissance sérieuse et surtout chiffrée des problèmes énergétiques de la France à court terme. Voila un homme qui doit néanmoins se sentir bien seul au sein de sa famille politique et syndicale.

 

Thèmes

Politique Nucléaire

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32 votes

commentaires
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par Stéphane Lhomme (IP:xxx.xx7.254.102) le 6 février 2009 à 12H39

Il est parfaitement exact que, sur le nucléaire, la CGT (et le PCF, d’ailleurs) est totalement alignée sur sarkozy et les pdg de l’industrie atomique, en reprenant les mêmes mensonges (il parait même que le nucléaire est "propre" et "renouvelable" ! Ouaf ouaf !)

La CGT qui déroule le tapis rouge pour un type qui veut détruire les syndicats, et pour des PDG, c’est amusant...

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par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 7 février 2009 à 00H26

Quoi ouaf ? j’espère que vous ne croyez pas à ces sornettes anti-nucléaires ?

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.24.119) le 6 février 2009 à 19H07

CFDT Energie : "la France n’a pas besoin d’un deuxième EPR"

http://www.lesechos.fr/info/energie...

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par mjmb (IP:xxx.xx8.74.22) le 7 février 2009 à 12H28

M. Lhomme ne serait il pas bien inspiré de nous bâtir un réseau "Sortir du Charbon" ?

Pas cordialement du tout ...

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.138.38) le 7 février 2009 à 17H09

« Pour que l’énergie nucléaire soit vendue, il faut évidemment qu’elle n’ait pas de concurrents. (...) D’où la bronca orchestrée contre l’énergie éolienne et la baisse de tarif de rachat de l’électricité solaire dans le tertiaire pour tuer la rentabilité des projets qui étaient en cours. » analyse Corinne Lepage. « L’étape suivante sera la contestation du prix du rachat de l’électricité verte par EDF qui invoquera l’inutilité de cette électricité compte tenu de l’abondance d’électricité nucléaire. Ainsi, les projets seront de moins en moins rentables, aléatoires et les investisseurs les réaliseront partout, sauf en France. » http://www.usinenouvelle.com/articl...

Nous sommes déjà environ 80% d’électricité d’origine nucléaire en France, record mondial. Nous savons que les énergies renouvelables ont le potentiel pour prendre une part significative dans ce mix et que ce dévloppement serait fortement générateur d’emplois. Nous savons que le bilan environnemental et sanitaire des énergies renouvelables est meilleur que ce lui du nucléaire.

Bilan : à quoi sert-il de mettre autant d’argent dans un aute EPR ?

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par zygomar (IP:xxx.xx4.165.101) le 9 février 2009 à 18H18

"Nous savons que les énergies renouvelables ont le potentiel pour prendre une part significative dans ce mix "

Toujours la même rengaine... "Nous savons"... Vous avez de la chance d’en savoir plus que les autres à vous tout seul... Cà ressemble fort à de la méthode Coué....

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par karva (IP:xxx.xx1.66.57) le 10 février 2009 à 02H16

Bonjour,

je ne pense pas que Olivier ait raison. Si l’on considère l’énergie nucléaire comme une énergie valable pour répondre aux besoins de nos concitoyens, et qui en plus nous évite d’émettre des GES, on doit se poser la question du bon choix à effectuer.

Dans ce cas, l’abondance et le prix sont des critères essentiels. La question du mix énergétique est tout à fait spécieuse : une technique qui marche et qui s’avère moins chère doit-elle partager son "marché" avec d’autres plus chères, juste pour s’adapter à toutes les fantaisies de nos concitoyens ? Surtout que ces concitoyens fantaisistes veulent paratager avec les autres le prix de leurs fantaisies...

Or, c’est bien le prix qui fait problème : le moins cher de tous ces renouvelables est l’éolien, et, pour le rendre rentable, on est obligé de fixer son prix d’achat autour de 80-90 Euros/MWh. Le solaire quant à lui est toujours estimé au dessus de 200 Euros/MWh, qu’il soit à concentration, ou en PV (photovoltaïque). Dans le même temps, les estimations sont de 32 Euros pour le nucléaire de EDF (amorti en grande partie) et de 55 Euros pour les premières années de l’EPR (celui-ci duarnt au moins 50 ans, mais le gros de l’amortissement est sur les 20 prmeières années).

Bien sûr, les épigones du renouvelable annoncent des baisses de prix, dont l’expérience déjà nous dit qu’elles pêchent par un fort optimisme : le prix de l’éolien n’a pas diminué sur 10 ans (il a même augmenté de 1 euro à 1.5 euro le watt installé), malgré les annonces et le PV stagne depuis 10 ans autour de 2.5 Euros le watt crête, seulement pour les modules, qu’il faut ensuite monter, ce qui fait doubler son prix.

Ce n’est pas en démarrant ces ressources à perte et prématurément qu’on va pallier le nécessaire effort de recherche à faire, si des progrès doivent arriver.

J’ajoute pour Olivier que le solaire thermique pose le même problème : en Espagne, le tarif de rachat varie-suivant mes sources- de 210 à 260 Euros/MWh, ce qui montre un prix bien plus élevé que l’éolien. Evidemment, on trouve d’amusantes annonces de baisses de prix, auxquelles je ne puis ajouter la moindre foi. Je suis désolé de contredire à cet égard d’excellents confrères du CNRS, mais leur foi les aveugle, s’ils croient ce qu’ils écrivent !

Donc je pense que le développement des EPR est un excellent choix, et la position de la CFDT, dont la plupart de mes amis ont été des militants convaincus, me paraît tout à fait injustifiée. Nous avons besoin de développer la production d’électricité qui n’émette pas de CO2, et pour l’instant, seul le nucléaire fournit à nos pays, déjà équipés en hydraulique, la marge de manoeuvre dont nous avons besoin !

J’ajoute qu’attendre en la matière aboutit à perdre une expérience précieuse que notre pays peut amener à nos voisins, quand ils verront les impasses où ils se sont engagés.

Evidemment, la question se pose différemment si on a des préventions contre l’énergie nucléaire : j’ai tendance à considérer cela comme une attitude religieuse, et je reconnais les difficulté qu’on a à argumenter contre des croyances et les peurs de mes contemporains...

Karva

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.23.7) le 11 février 2009 à 04H40

Le potentiel des énergies renouvelables est largement suffisant pour répondre à nos besoins.

Le potentiel éolien de la mer Baltique, a elle seule, est de 2600 TWh. L’Europe consomme 2700 TWh d’électricité par an.

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par g.jacquin (IP:xxx.xx9.81.136) le 11 février 2009 à 11H46

Oui mais à quel prix ????

Actuellement en France, le prix du KWh en heure creuse et journée bleue (Tempo) est à 3.11 Cts d’€ !

Je ne crois pas un seul instant que soit plus performant avec les ER.

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.23.7) le 11 février 2009 à 04H46

Bonsoir Karva,

Vous avez tout à fait raison : c’est uniquement une question de cout, et je suis d’accord avec les chiffres que vous indiquez :

- 55 eurocents pour le nucléaire EPR
- 70 à 80 eurocents pour l’éolien

Mais quand on fait sérieusement le bilan environnemental et sanitaire, on se rend compte que l’éolien l’emporte haut la main. http://www.stanford.edu/group/efmh/...

Ensuite, c’est une question de priorité, de choix :
- Le cout
- ou l’environnement et la santé. Personnellement j’opte pour la seconde option.

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par g.jacquin (IP:xxx.xx9.81.136) le 11 février 2009 à 12H27

Non pas du tout d’accord !!!

1) L’énergie vendue par EDF est un mix qui comprend toutes les sources de production ! L’EPR lorsqu’il sera en service sera peut-être à 5,5 cts en Prix de revient du KWH mais le prix de vente aux abonnés restera limité du fait des prix de revient des autres sources (<3 cts pour les PWR de plus de 30 ans). Puis au fur et à mesure des amortissements EPR et remplacements de centrales PWR, l’impact des coûts EPR sera moins intense que celui des EnR.</p>

2) Le prix d’achat par EDF du MWh éolien est à 83€ … C’est un prix d’achat ! cela veut dire que, nécessairement, EDF ne peut faire autrement que d’y rajouter ces frais de fonctionnement et autres. Ce qui veut dire que ce KWh est vendu aux abonnés bien moins chers que son prix de revient réel. Ce qui n’est pas normal ! Il est impératif de faire baisser le prix d’achat par EDF, du MWh éolien. Son prix normal pour qu’il soit compétitif devrait se situer vers 45 € du MWh.

3) La, Olivier, il faut m’expliquer une chose. Comment peut-on dire que l’éolien l’emporte, (Bilan environnemental et sanitaire), sur le reste des sources de production ?

Si la France était comme l’Allemagne ou l’Espagne, à la rigueur mais en France, à chaque fois qu’on démarre une éolienne, on baisse la production des autres producteurs, sans possibilité de discrimination ! (l’éolien est très majoritairement sur le réseau de distribution) autrement dit, dans cette baisse on trouve un pourcentage important de nucléaire ! Hors en quoi cela peut faire avancer l’écologie, le sanitaire ou le reste, de baisser de quelque % la production d’un réacteur nucléaire ???? Et dans ce cas, est-il opportun d’arrêter une source dont le prix de revient est d’environ 30 € le MWh au profit d’une source dont le prix de revient est proche de 90 € le MWh ????? Surtout si le bilan carbone ne change pas !!!!

MWh nucléaire le moins cher, aussi peu polluant en GES que l’éolien, moi, je n’opte pas pour l’éolien !

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par g.jacquin (IP:xxx.xx9.81.136) le 11 février 2009 à 12H31

Mon message à été tronqué...Le voici en entier !

Non pas du tout d’accord !!!

1) L’énergie vendue par EDF est un mix qui comprend toutes les sources de production ! L’EPR lorsqu’il sera en service sera peut-être à 5,5 cts en Prix de revient du KWH mais le prix de vente aux abonnés restera limité du fait des prix de revient des autres sources (<3 cts pour les PWR de plus de 30 ans). Puis au fur et à mesure des amortissements EPR et remplacements de centrales PWR, l’impact des coûts EPR sera moins intense que celui des EnR.</p>

2) Le prix d’achat par EDF du MWh éolien est à 83€ … C’est un prix d’achat ! cela veut dire que, nécessairement, EDF ne peut faire autrement que d’y rajouter ces frais de fonctionnement et autres. Ce qui veut dire que ce KWh est vendu aux abonnés bien moins chers que son prix de revient réel. Ce qui n’est pas normal ! Il est impératif de faire baisser le prix d’achat par EDF, du MWh éolien. Son prix normal pour qu’il soit compétitif devrait se situer vers 45 € du MWh.

3) La, Olivier, il faut m’expliquer une chose. Comment peut-on dire que l’éolien l’emporte,(Bilan environnemental et sanitaire), sur le reste des sources de production ?

Si la France était comme l’Allemagne ou l’Espagne, à la rigueur mais en France, à chaque fois qu’on démarre une éolienne, on baisse la production des autres producteurs, sans possibilité de discrimination ! (l’éolien est très majoritairement sur le réseau de distribution) autrement dit, dans cette baisse on trouve un pourcentage important de nucléaire ! Hors en quoi cela peut faire avancer l’écologie, le sanitaire ou le reste, de baisser de quelque % la production d’un réacteur nucléaire ???? Et dans ce cas, est-il opportun d’arrêter une source dont le prix de revient est d’environ 30 € le MWh au profit d’une source dont le prix de revient est proche de 90 € le MWh ????? Surtout si le bilan carbone ne change pas !!!!

MWh nucléaire le moins cher, aussi peu polluant en GES que l’éolien, moi, je n’opte pas pour l’éolien !

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.138.235) le 11 février 2009 à 22H48

J’ai écrit n’importe quoi dans mon précèdant message. Correction :

- 5,5 eurocents pour le nucléaire EPR
- 7 à 8 eurocents pour l’éolien

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