Développer des réflexions sur l’énergie peut sembler une gageure tant l’information à cet égard est foisonnante, contradictoire et source de polémiques. Après la réunion du GIEC au début de 2007, un consensus s’est établi au sujet de l’évolution du climat : la menace est sérieuse. Ces réflexions sur l’approvisionnement énergétique de l’humanité en général, de l’Europe et de la France en particulier, prennent alors un nouveau relief.
Ressources mondiales actuelles
En 2005, l’énergie consommée dans le monde a reposé sur le pétrole (37%), le charbon (25%), le gaz (24%), l’hydroélectrique (5%), le nucléaire (5%). Le reste, soit moins de 5% se distribue entre le bois, le solaire, la biomasse, l’éolien...
L’estimation des ressources disponibles est un exercice toujours difficile mais on peut s’en faire une idée en considérant que, au rythme de l’utilisation actuelle, le pétrole sera présent encore 20 à 40 ans, le gaz, environ 1 siècle, l’uranium 235 (combustible des réacteurs actuels, de 2ème génération), 1 siècle également et le charbon, 4 siècles. Mais ces estimations sont très grossières car elles ne tiennent pas compte de la croissance des pays émergents, notamment pour le charbon. En outre, un développement particulièrement important du nucléaire sous la pression de la menace climatique pourrait sérieusement limiter l’avenir des réacteurs de 2ème génération. Enfin, estimer à 40 ans l’utilisation possible du pétrole est une façon tout à fait optimiste de présenter la situation : en effet, mieux vaut considérer le moment où l’offre ne sera plus capable de répondre à la demande (circonstance désignée par « pic de Hubert ») et cette perspective pourrait se concrétiser entre 2015 et 2020.
Situation française
En 2004, la consommation d’énergie en France (7ème plus gros consommateur mondial) s’est montée à 275 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole) dont l’origine est le nucléaire (41%), le pétrole (33%), le gaz (15%), le charbon (5%) et l’hydraulique (2%), le reste (4%) se distribuant dans les diverses formes d’énergie renouvelable. Apparaît donc la spécificité française : la prédominance du nucléaire à l’origine de 78% de l’électricité produite !
Le parc électronucléaire français comprend 58 réacteurs couplés au réseau. Leur construction va de 1978 (Fessenheim, 900 MW) à 2000 (dernier des 4 réacteurs N4 de 1450 MW) avec un pic de 21 réacteurs entre 1978 et 1981. Ajoutons que l’Autorité de Sûreté et EDF ont annoncé une durée de vie des réacteurs de 40 ans. Dans le cadre d’une production d’énergie électronucléaire maintenue constante, la question du remplacement du réacteur le plus ancien ne se poserait qu’en 2018, ce qui correspond à une date de la décision de construction nouvelle située entre 2012 et 2015. Précisons qu’aujourd’hui, la production d’électricité en France est en excès par rapport à la demande, ce qui permet d’en exporter (70 TWh exportés soit environ 6% de la production électronucléaire en 2000).
S’il ne semble donc pas qu’il y ait urgence, on comprend toutefois l’intérêt qu’il y aurait à mieux étaler les futures constructions (toujours dans l’hypothèse d’un maintien de l’existant) afin d’éviter le rythme du début des années 1980 qui a imposé un endettement d’EDF long à digérer et une charge de travail en limite du respect des normes de sécurité. Si l’on vise la réalisation en 30 ans ce qui a été fait en 20, et si l’on tient compte de l’augmentation de la puissance des derniers réacteurs comme de la durée de vie maintenant envisagée (50 à 60 ans), il en résulte que l’on dispose de quelques années (disons un mandat présidentiel pour rester dans l’actualité) avant de faire les choix qui engagent pour un demi siècle.
Il y a donc lieu d’être pour le moins réservé pour ne pas dire hostile à la décision hâtive du gouvernement de Villepin : feu vert donné pour la construction de l’EPR à Flamanville et l’on peut adhérer aux protestations des manifestants du 17 mars même si l’on ne partage pas leur opposition fondamentale (en grande partie idéologique) au nucléaire.
Le choix citoyen se révèle difficile devant l’opposition manichéenne entre les technocrates du lobby nucléaire et les antinucléaires idéologiques rassemblant les organisations du réseau « Sortir du nucléaire ». Ne faut-il pas tenter d’échapper à ce manichéisme ?
Menaces climatiques et choix du moindre mal
Comme nous l’avons brièvement évoqué ci-dessus, les énergies fossiles conservent encore un fort potentiel, notamment avec le charbon qui présente, en outre, l’avantage d’être largement distribué dans le monde. Ajoutons que des progrès importants ont été réalisés ou sont en cours d’étude pour en tirer le meilleur parti dans leur utilisation dans les centrales électriques thermiques (charbon en lit fluidisé, élimination des composés soufrés et azotés...). Pourtant, la connaissance que l’on a maintenant des conséquences des gaz à effet de serre sur l’évolution du climat, gaz dont ces combustibles fossiles sont fortement générateurs, rend rédhibitoire l’utilisation de ces combustibles à l’échelle de leur disponibilité potentielle. Cela peut être démontré simplement en utilisant les acquis scientifiques largement admis maintenant comme l’ont montré les dernières réunions du GIEC (Groupe International d’Etude du Climat) en ce début 2007.
Les combustibles fossiles sont à l’origine du développement techno-industriel et l’on peut estimer à 300 Gtep leur quantité utilisée jusqu’aujourd’hui. Corrélativement, la teneur en dioxyde de carbone CO2 dans l’atmosphère, est passée de 280 à 360 ppm ce qui justifie la prévision, déjà fort problématique de l’augmentation de 2 à 6° de la température moyenne du globe terrestre à la fin du XXIème siècle. La combustion des 1000 Gtep de combustibles fossiles dont l’existence est attestée, ferait monter cette teneur en CO2 vers 600 ppm, valeur qui, ajoutée à celle des autres gaz à effet de serre (essentiellement méthane CH4 et protoxyde d’azote N2O), entraînerait un dépassement d’un seuil à partir duquel la végétation, le sol et les océans, au lieu de jouer le rôle de « puits » deviendraient « source » de gaz à effet de serre. On attache à ce type de situation la notion de « feedback positif » responsable d’un basculement des caractéristiques de notre biosphère qui deviendrait alors incompatible avec la vie, ou du moins avec celle de l’humanité. On comprend ainsi l’importance des accords de Kyoto, moins celle des pays qui refusent encore leur application.
Ainsi, entre les combustibles fossiles menaçant l’humanité d’extinction et le nucléaire présentant divers dangers mais à une échelle moindre, le choix devrait être facile ; il n’en est rien et ce pour deux raisons. D’une part, l’énergie nucléaire reste associée à la Bombe dont les effets, démontrés à Hiroshima et Nagasaki en 1945, ont ensuite imprégné l’imaginaire collectif durant les 40 années de guerre froide relayées par les menaces terroristes : l’actualité ne fait, d’ailleurs, qu’alourdir ces dernières. D’autre part, économies d’énergie et énergies renouvelables semblent offrir une échappatoire au choix entre la peste et le choléra. Mais nous allons montrer que devant l’urgence de la situation, le nucléaire peut aussi contribuer au moindre mal.
Énergies renouvelables
Cette seule question mériterait un long développement ; nous allons nous en tenir à l’essentiel.
v L’éolien : la puissance installée actuelle est, en France, inférieure à 1000 MW correspondant à 0,15% de la production d’électricité. L’objectif affiché est de 5 à 6% en 2010 mais on estime le potentiel éolien terrestre et maritime à 150 Twh soit près de la production électrique de l’an 2000 ! Mais au caractère disséminé (à une centrale nucléaire de 1500 MW, correspondent 1500 éoliennes couvrant, à raison de 8 ha chacune, une surface de 120 km2 !), s’ajoute l’aspect intermittent et relativement aléatoire du vent rendant problématique un couplage au réseau et nécessaire un moyen de stockage ; ajoutons également que les éoliennes ne sont pas toujours bien acceptées sur le plan environnemental et même contestées sur le plan économique.. En résumé, les objectifs affichés pour la décennie 2010-2020 semblent déjà ambitieux.
v La biomasse : son rôle reste limité. En France le bois correspond à 10 Mtep en 2004 avec une croissance estimée à 50% en 2015. Si dans le monde, on atteint 1 Gtep soit 10% de la production mondiale d’énergie, c’est au prix d’une déforestation incompatible avec le qualificatif de « renouvelable ». Le biogaz résultant de la méthanisation est négligeable et l’énergie thermique donnée par l’incinération de biomasses et d’ordures ménagères est contestée au titre de la pollution (émission de dioxine par exemple). Enfin, le biocarburant dont on parle beaucoup apparaît comme un leurre mis en avant par les tenants de l’agriculture extensive et les défenseurs de la voiture : n’oublions pas que pour produire 2 l d’ester de colza, il faut consommer 1 l de pétrole ; en outre les pays déjà grands producteurs comme le Brésil, développent le biocarburant au détriment du maintien de la forêt Amazonienne.
v L’hydraulique : la production d’électricité a été de 540 Twh en 2000 dont 73 d’origine hydraulique (soit 13,5%). A part les installations marémotrices dont les projets sont vagues et incertains, la France semble avoir épuisé les grandes potentialités de l’hydraulique sauf en matière d’hydro-électricité associée aux petits cours d’eau dont le potentiel pourrait doubler (de 7 à 14 TGwh) : il y a donc peu à attendre de cette direction. Dans le monde, il reste certes de grands fleuves non équipés sur le plan hydro-électrique mais cela concerne surtout les zones peu habitées ; se pose donc le problème de la distribution.
v Le géothermique : avec 0,6 Twh et de faibles potentialités, peu d’espoir de ce côté même s’il ne faut pas mépriser les petits gains en matière de CO2 rejeté.
v Le solaire : là sans doute se trouvent les plus grandes potentialités. Précisons, en effet, qu’en France on reçoit du soleil, en moyenne, 150 W/m2. Cette énergie peut être récupérée soit sous forme thermique (chauffage de l’habitat) soit sous forme d’électricité photovoltaïque. Or, actuellement, la situation française est anormalement faible (respectivement 100 MW et 20 Mw !). Il est incontestable qu’un effort bien plus important serait justifié pour tirer un plus grand parti de cette ressource.
Certes, celle-ci souffre encore de plusieurs handicaps : (a) prix de revient de l’énergie (aujourd’hui 10 fois plus élevé que l’énergie d’origine hydraulique ou nucléaire), (b) son caractère intermittent conduisant à l’adjonction de systèmes de stockage (batteries) ; or ce stockage est le maillon faible puisque, si le module photovoltaïque rembourse en 2 à 4 ans l’énergie dépensée pour sa fabrication (soit en 1/10 de sa durée de vie), les batteries au plomb actuellement utilisées présentent aussi un temps de retour de l’ordre de 3 ans (soit une large moitié de leur durée de vie), (c) son incapacité à générer un réseau électrique : la dilution énergétique rend problématique le choix des centrales solaires (puissance d’au moins 1 Mw) et les tentatives faites dans divers pays restent plutôt source de polémique.
En revanche, l’énergie solaire représente une solution convaincante pour l’habitat, les toits offrant toute la surface nécessaire. Cette affirmation est générale pour le solaire thermique, circonscrite aux zones faiblement habitées pour le photovoltaïque, formule pouvant se dispenser d’un réseau. Près de la moitié de la population mondiale pourrait avantageusement bénéficier de cette ressource énergétique (économie d’un réseau, abandon de formules archaïques et polluantes telles que les piles chimiques, générateurs à moteur thermique...). Même en France et en Europe, l’intérêt du solaire justifie un effort important de recherche et développement pour lui faire atteindre une part notable dans l’approvisionnement énergétique mais les experts s’accordent sur le délai de 20 à 30 ans pour y parvenir.
Énergie nucléaire : le retour
Nous avons vu que les réacteurs nucléaires actuels dits de 2ème génération, ont une durée de vie limitée. Ils ne seront pas remplacés par leur équivalent pour au moins 3 raisons : (a) la sécurité doit être améliorée ; malgré la différence de fiabilité entre les divers modèles de réacteurs, l’accident grave ne peut être exclus (pensons à Three Mile Island en 1979 et surtout à Tchernobyl en 1986) ; (b) la gestion des déchets radioactifs pose encore des problèmes non résolus ; (c) leur combustible est l’uranium 235 dont l’exploitation sera vite épuisée (0,7% seulement dans le minerai d’uranium). C’est pourquoi, en 2001, s’est créé le Forum international Génération IV rassemblant dix pays (Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Canada, Corée du Sud, Etats-Unis, France, Japon, Royaume-Uni, Suisse) ainsi que l’Union européenne. Ce Forum a pour objectif de sélectionner et de développer des systèmes de production nucléaire du futur, prenant en compte des critères de développement durable. Le point essentiel repose sur la nature du combustible : à partir de minerai dit « fertile », l’uranium 238, isotope le plus abondant et le thorium 232, on obtient respectivement, par absorption d’un neutron rapide, c’est-à-dire de haute énergie, du plutonium 239 et de l’uranium 233, deux types d’atome « fissiles ». On disposerait alors de combustibles nucléaires en quantité plusieurs centaines de fois supérieures à la quantité de combustible fissile actuelle. L’autre avantage serait la nette diminution de déchets radioactifs puisqu’ils feraient partie du cycle de fission.
Suivant les technologies et la nature du liquide caloporteur transférant la chaleur du réacteur vers les générateurs d’électricité, le Forum a retenu 6 filières. La France est tout particulièrement concernée par (a) le développement d’une gamme technologique gaz avec le VHTR (Very High Temperature Reactor) et le GFR (Gas-cooled Fast Reactor) ; (b) une contribution au développement d’une nouvelle génération de systèmes à neutrons rapides refroidis au sodium ; (c) le développement, pour le cycle du combustible, de nouveaux procédés permettant le recyclage de tous les actinides avec une résistance suffisante aux risques de prolifération ; (d) une participation en réseau à l’évaluation de filières plus prospectives (refroidissement à l’eau supercritique ou avec des sels fondus). C’est dans cet esprit qu’a été décidé en 2006 la construction, à Gadarache, du réacteur expérimental J. Horowitz de 100 Mw thermique ; celui-ci, en réseau avec d’autres installations européennes, devrait contribuer à la mise au point de réacteurs industriellement opérationnels pour la fourniture d’énergie vers les années 2040.
Se pose alors la question de l’EPR, réacteur qualifié de 3ème génération. Quoique améliorés sur le plan de la sécurité et des performances, l’EPR résultant d’une coopération franco-allemande, s’apparente, en fait aux derniers réacteurs du parc français, leur appellation résultant de l’utilisation de combustible MOX (oxyde mixte d’uranium et de plutonium) permettant l’incorporation en quantité modérée du plutonium produit par les centrales actuellement en service. On reste donc perplexe devant la lourdeur d’un investissement (3 milliards d’euros !) pour produire en 2012, de l’énergie électrique destinée essentiellement à l’exportation puisqu’à ce moment là les besoins nationaux seront encore couverts.
Conclusion
Résumons nous. La menace principale pouvant mettre en cause la persistance même de l’humanité sur notre planète est le changement climatique. Cela implique le renoncement aussi rapide et complet que possible aux énergies fossiles. Quelles réponses peut-on alors donner à la demande énergétique ?
La première repose évidemment sur les économies d’énergie : à cet égard, il suffit de rappeler que le secteur « résidentiel et tertiaire » représentait en 2002 43 % de l’énergie consommée en France, les transports : 31 %, l’industrie : 24 % et l’agriculture : 2 %. C’est dire combien un habitat revu dans sa conception (pas de permis de construire sans insertion du solaire thermique et photovoltaïque) et une remise en cause des modes de transport actuel (nouvel équilibre entre voiture et transports publics, entre camions et fret ferroviaire ou sur eau, utilisation exceptionnelle de l’avion...) représentent une forte ressource énergétique... mais à l’échelle de une ou deux générations ! (raison de plus pour commencer tout de suite). Parallèlement, on est conduit à une remise en cause du mode de développement de nos sociétés : au « développement durable », de plus en plus nombreux sont ceux qui vont jusqu’à lui préférer la notion de « décroissance ». Mais si l’on peut défendre une telle notion impliquant une grande sobriété énergétique dans les sociétés occidentales où règne le gaspillage, c’est plus difficile à l’échelle des 3 ou 4 milliards d’individus dont l’aspiration au développement est difficilement critiquable.
La deuxième réponse correspond à l’effort pour élargir notablement la part des énergies renouvelables. Mais nous avons vu que, pratiquement, seul le solaire peut vraiment jouer un rôle de premier plan. C’est vrai en France (et en Europe) à travers l’habitat ou l’équipement dans des zones isolées, encore plus dans la plupart des pays en voie de développement où, en l’absence de réseau électrique, plusieurs milliards d’habitants pourraient avantageusement bénéficier d’équipements donnant accès à l’énergie solaire. Un gigantesque effort de recherche et développement est donc à promouvoir. Pour en revenir à la France, cet effort se justifie sur l’ensemble des énergies renouvelables, d’une part pour diminuer l’importance de l’énergie nucléaire ne serait-ce qu’au titre du principe de précaution (« on ne met pas tous ses œufs dans le même panier ») et, aussi, parce que ce serait générateur d’activité créatrice d’emplois entre l’artisanat et les services.
Si l’on a bien suivi les raisonnements ci-dessus, on peut admettre que les économies d’énergies et les énergies renouvelables sont des réponses convaincantes pour les quelques décennies qui viennent. Ensuite, l’abandon accepté et réussi des énergies fossiles, plus qu’une hypothèse souhaitable, pourrait devenir une nécessité vitale ; la question du nucléaire devient alors incontournable. En France, le parc de réacteurs, même réduit à 50% de l’approvisionnement énergétique devra commencer à être renouvelé et la seule voie durable et suffisamment sûre est celle des générateurs de 4ème génération. L’urgence et l’importance des efforts encore nécessaires pour rendre cette voie praticable en parallèle avec les économies d’énergie, devrait ainsi dicter les choix d’aujourd’hui : plutôt qu’en direction de l’EPR dont la justification reste surtout commerciale, les moyens scientifiques, techniques et financiers devraient se concentrer sur les énergies renouvelables qui auraient des effets sociétaux rapides (emploi, habitat, transports, modes de pensée...) et sur les générateurs de 4ème génération pouvant répondre aux défis du milieu du XXIème siècle, étant entendu que leur succès à grande échelle n’est pas absolument garanti comme ne l’est pas, non plus, celui de la filière fusion, envisagée pour le siècle suivant.
La présente réflexion se terminera sur trois remarques :
v Les réactions antinucléaires sont vives mais peu convaincantes. Certes, les nucléocrates n’ont rien à envier aux antinucléaires pour soustraire cette question du débat démocratique : les dangers existent, Tchernobyl est là pour le rappeler. Mais tous les dangers demandent à être dénoncés : pourquoi, alors les 500 000 tués par la route en France depuis 1950,et les 1 200 000 victimes de la voiture dans le monde chaque année ne focalisent-ils pas autant l’attention des antinucléaires ? Et que dire du charbon qui, soit dans les mines soit par silicose a tué depuis deux siècles et tue encore en dehors de toute statistique fiable ? Plutôt que rêver à l’utopie d’une planète terre avec une population ne dépassant pas le milliard d’habitant vivant dans l’extrême frugalité énergétique, ne faut-il pas préférer les décisions crédibles, entraînant des réformes sans doute non radicales mais donnant lieu à des changements plus immédiats, bien compris et susceptibles de faire évoluer l’opinion vers l’acceptation de mesures plus contraignantes qui deviendront bien vites nécessaires.
v Le moteur le plus efficace pour mettre un frein aux dégâts des sociétés industrielles reste l’augmentation du prix de l’énergie : on observe déjà une telle évolution à travers le marché qui a porté le prix du baril de pétrole à plus de 70 dollars ; rappelons aussi les mesures telles que la taxe sur les billets avion, la taxe carbone, la notion de pollueur payeur... L’adoption volontariste d’une taxe énergie donnerait un coup de fouet à la notion d’économie d’énergie et fournirait les moyens financiers pour préparer l’avenir. Une telle taxation établie de manière à augmenter plus rapidement que l’énergie consommée (les premiers kwh coûteraient moins chers que les suivants, souvent gaspillés), répondrait à ceux qui pourraient considérer qu’il s’agit d’une pénalité subie d’abord par les plus démunis. Après tout, le rapport de l’économiste Stern ne souligne-t-il pas que tout effort accompli pour anticiper la menace climatique pèsera économiquement moins que les conséquences de cette menace si l’on restait trop attentiste ?
v L’élection du 6 mai est en dehors de ce texte : pourtant, elle ne peut pas être séparée des réflexions développées ci-dessus. En effet, il n’est pas indifférent de constater qu’un des candidats, N. Sarkozy, était membre d’un gouvernement qui vient de donner précipitamment le feu vert pour la construction de l’EPR alors que l’autre, S. Royal, a exprimé des réserves à ce sujet. En outre, ce même N. Sarkozy défend une vision de la société où la libre réussite économique des individus est mise au premier plan : à quoi sert d’être riche si ce n’est pour consommer plus ! Au contraire, S. Royal préconise de soumettre les permis de construire à l’adjonction d’équipements d’énergie renouvelable et de favoriser les transports publics, mesures que d’aucuns peuvent considérer comme des entraves à la liberté mais qui sont en accord avec l’intérêt général. Enfin, à l’aube de temps difficiles, mieux vaut cultiver les solidarités qui seront oh combien nécessaires, plutôt que valoriser à l’excès les talents des plus forts, nourrissant ainsi les tensions intra sociétales.
Références
« L’avenir climatique. Quel temps ferons nous ? », J.M. Jancovici, 2001, Seuil.
« Pour un pari démocratique ou la gauche nécessaire », J. Perez, 2003, Publibook.
« La revanche de Gaïa », J. Lovelock, 2007, Flammarion.
De nombreux sites Internet sont riches d’informations ; signalons simplement :
http://sfp.in2p3.fr/Debat/debat_energie/
Réflexions de la Société Française de Physique
http://energie.lesverts.fr/article.php3?id_article=112
Dossier des verts
http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=12555
Données de l’ADEME
Thèmes
Climat Changement climatique Energie CO2 Gaz à effet de serre Réflexion Energies renouvelables Pétrole Nucléaire
Votre commentaire tranchant, super concis et laconiquement laconique sur le BIOGAZ sic "Le biogaz résultant de la méthanisation est négligeable" , est vraiment deplorable. Comment arrivez vous à cette rapide et plus que superficielle conclusion ? que vous pourriez aumoins, avoir la decense de garder pour vous-même. Vous semblez ignorer ce qui se passe en ALLEMAGNE (3600 methaniseur de 250 kw en moyenne, 40000 d’ici 2020) En Chine 17 millions de petit methaniseur de 5 m3 de biogaz chaque, ( but 50 millions d’ici 2020) .... En INDE , au Nepal . C’est l’attitude de l’autruche d’ignorer ce qu’elle ne voit pas, No hard feelings
à SocHat
Si le paragraphe "biogaz" n’est pas plus développé, c’est d’abord pour une raison d’équilibre dans un article déjà long. Cela étant dit, il n’en reste pas moins que le biogaz n’est pas sans inconvénient : (a) sa composition (beaucoup de CO2, des sulfures et surtout des halogénures et potentiellement de la dioxine) ; (b) son coût dès que l’on veut dépasser la microinstallation pour l’unité de production énergétique respectant les normes de sécurité et environnementales actuelles ; (c) les difficultés à incorporer le biogaz dans le réseau de gaz naturel ; (d) et de toutes façons, le potentiel existant en France correspond à 3 ou 4 Mtep/an. Il est vrai qu’en Allemagne l’effort est bien plus important. C’est d’ailleurs une entreprise allemande qui a acheté la société française Vallorga, la seule qui ait fait une tentative sérieuse pour valoriser le biogaz avant de jeter l’éponge. Enfin, même en Allemagne, malgré une avancée plus intéressante, le potentiel reste modeste en regard de la consommation énergétique globale. Pour conclure, je récuse l’esprit que vous m’attribuez dans mon propos sur le biogaz : après je me souviens des voitures et des camions que l’on faisait rouler, au cours des années 1942-45, avec le gaz issus de la pyrolyse du bois, combustible que l’on qualifierait de biogaz aujourd’hui.
mmhh article très intéressant, malgrès ue fin avec une touche politique ou une certaine Mlle Royale apparait... (désolé mais une grandes parties de ses propositions est démagogiques et vous nous en citez l exemple.) Car d’un point de vue économique, l’amélioration des habitation en mettant es panneau solaire aurait un coup énorme, n’oublions pas que l’état doit produire un parc hlm très important ( une autre proposition de mlle Royale) Hors l’état a déjà beaucoup de dettes ;-) ).
Pour le nucléaire pour des raisons économiques ( développement français), technologique ( on ne passe pas de 2eme generation à 4 eme .. il faut bien tester la 3eme génération) et écologique (gaz à effet de serre, sécurité accrue, production en grande quantité) le nucléaire avec les énergie renouvellable sont les mieux placé pour le prochain siècle. Espèrons que la Chine se dotera rapidement de centrales nucléaires en déplaise à certain cela permettrait de diminuer l’augmentation de centrales thermiques qui elles n’ont pas de normes européennes.
Au final, il faut enfin penser que le monde n’est pas juste la France et que les solutions doivent être globales car cela ne sert à rien que nou réduisions nos gaz à effet de serre de 20% si nos amis Chinois et Américains l’augmente de 30 %... (l’image d’une personne qui creuse un trou alors qu’une pelleteuse le bouche semble approprié )
>"Pour le nucléaire pour des raisons économiques ( développement français), technologique ( on ne passe pas de 2eme generation à 4 eme .. il faut bien tester la 3eme génération)"
Pas si sur :
deja l’EPR est t’il reelement de 3eme generation, ou de generation 2.5 (un peu marketing tous cela)
ensuite l’article dit que au vu de la consommation des centrales actuelles et EPR (dans les 350 centrales), la ressource uranium disponible est de 100 ans (80 ans d’apres http://www.manicore.com/). Si la chine construit 100 centrale et l’inde autant, la ressource disponible risque de devenir inferieur a la duree de vie d’un centrale : Ca pose comme un probleme non ? autant chercher a se focaliser sur la prochaine generation a mon sens. Ben entendu, je simplifie, car nombre de centrales actuelles auront ete arrete d’ici la, et justement le manque de resource explique peut etre aussi pourquoi nombre d’entre elle ne sera pas remplace
à Darkfox,
(a) si l’équipement des maisons couterait cher, (programme S. Royal), les conséquences de l’évolution climatique le seront autrement plus (Cf le rapport Stern).
(b) Il y a consensus pour considérer que l’EPR n’est pas de 3ème génération : il y a certes des améliorations par rapport aux réacteurs du parc actuel mais il reste technologiquementde même nature à part les quelques % d’oxyde de plutonium incorporés dans le combustible. Phénix et superphénix méritent bien plus le qualificatif de 3ème génération !
(c) par contre je suis d’accord avec votre remarque sur les mesures globales devant surtout concerner les Etats Unis et la Chine (et d’autres...). Mais si la France et l’Europe montrent la voie, alors on peut espérer...
Bonjour monsieur,
votre article est complet, équilibré et bien documenté.
Cependant, je formulerais une petite critique sur l’évaluation de l’importance d’une production d’énergie par la puissance (par exemple en MW) sans tenir compte du temps annuel de fonctionnement.
La valeur la plus significative est la production d’énergie (en TWH* par exemple à défaut en tep** pour les énergies thermiques mais en prenant en compte la convertion : 1 tep** = 11 600KWh).
1 TWH* = 1 000 000 MWH = 1 milliard de KWH
1 tep : tonne d’équivalent pétrole.
Bonne journée.
Pierrot
Votre analyse de la situation énergétique est très bonne mais le GIEC est il la seule voie intéressante pour expliquer le réchauffement planétaire ? pour ma part malgré mes efforts personnel pour limiter ma trace énergétique je pense de plus en plus que le réchauffement climatique d’origine humaine est une vaste fumisterie visant a préserver les intérêts financiers des pays du nord en stoppant le développement au sud…L’écrasante campagne médiatique actuelle n’est elle pas plutôt l’illustration du fait que nous avons dépassé le « pic de Hubert » ? Je vous rappelle que le principal gaz a effet de serre est la vapeur d’eau et que le principal moteur qui influence cette vapeur d’eau est l’activité solaire. Il paraîtrait que la corrélation activité solaire / température est exacte alors que l’augmentation de la teneur en CO2 ne serait qu’une conséquence de l’augmentation de température ? Dans cette optique un très intéressant reportage qui me convainc un peu plus que le film d’Al Gore ! http://video.google.fr/videoplay?do...
Autre illustration ! http://www.solidariteetprogres.org/...
« Ces chimistes ont démontré que dans le passé, par exemple au cours de la période 1936-1944, la concentration atmosphérique de CO2 surpassait celle d’aujourd’hui, et représentait 393.0 à 454.7 ppm. Avec un taux d’erreur d’environ 3 %, des mesures de 375.00 furent prises en 1885 (Hempel à Dresde), 390.0 en 1866 (Gorup à Erlangen), et de 416.0 en 1857 et 1858 (von Gilm à Innsbruck). Fait curieux, tandis que l’augmentation du CO2 des années 40 correspond à une période de températures moyennes plus élevées, le professeur Beck et autres ont démontré que le réchauffement a précédé une plus forte concentration de CO2. »
Commentaire intéressant qui mérite de nous donner une autres visons que celle que l’on nous donne... Et cela en devient très interessant ...
à Blaise,
Effectivement, le GIEC est le seul organisme rassemblant un aussi grand nombre de scientifiques (près de 2000) et reconnu par la communauté internationale.
A titre personnel, ayant eu l’occasion de travailler sur les glaces de l’antarctique (carottage au Dome C) dans les années 1980-90, j’ai disposé d’échantillons donnant des indications sur le climat depuis 100 000 ans. Je peux donc confirmer (a) que les valeurs de concentration en CO2 que vous indiquez ne sont pas reconnues par la communauté scientifique, (b) la corrélation entre teneur en CO2 et température n’est plus discutée, (c) l’effet de l’activité humaine sur la concentration en CO2 encore discutée il y a seulement quelques années ne l’est plus maintenant. Bien entendu, il reste encore des irréductibles de bonne foi (C. Allegre ?) ou défendant je ne sais quels intérêts particuliers (M. Crichton, auteur à succès et... supporter de l’Administration Bush) pour prétendre le contraire mais leur nombre fond comme ... la banquise arctique !
à pari_democratique
plus je me documente plus je suis septique. Le film que j’ai donne en reference présente aussi des gens qui on étudié des carottes , etc, et qui pourtant n’ont pas les memes hypotheses et conclusions (notamment l’augmentation du C02 qui suit en moyenne de 800ans l’augmentation de la température). parmis ces personnes on en trouve qui se plaignent de pressions subies de la part du GIEC....d’autres, par ailleur, font etat d’un rechauffement sur les autres planètes du système solaire depuis 30 ans... On trouve la un super consenssus politique et scientifique sur un sujet de crainte alors que sur d’autres sujets tout aussi dangereux pour notre survie rien ne se passe .. pesticides, contamination de l’eau , degradation des sols,déplession des hydrocarbures... Plus ca va plus je pense que nous avons passé le pic de Huber de la production de pétrole et qu’il est infiniment plus simple pour les gouvernants et la finance d’avoir des populations qui demandent un rationnement en emissions de CO2 pour se protéger et se donner bonne consience que des populations qui subissent contre leur volonté un rationnement des combustibles imposés par une baisse de l’offre !
à Blaise,
J’ai bien pris connaissance de vos références : il est plus facile de faire de la propagande que de la science. En France le laboratoire le plus habilité pour émettre un avis sur l’histoire du climat est le laboratoire de Glaciologie et de Géophysique de l’Environnement (Grenoble) ; il est public donc n’obéissant à aucun groupe de pression. Son adresse est :
à par pari_democratique Dois je déduire de votre commentaire que les personnes interrogées dans le film ne sont pas des scientifiques et/ou mentent ? Propagande/science quant il s’agit de servir des intérets politiques il n’y a pas de différence. Merci pour le lien je ne manquerai pas de m’y plonger.. à première vue un laboratoire sérieux qui donnes "des" modèles mais se garde bien de conclure. Si vous avez une page à me communiquer pour m’eclairer sur la causalité directe CO2/température ..ou l’inverse qui sait ? je vous en serait reconnaissant ! Au sujet des modèles prédictif étant informatitien et ayant déja travaillé sur des modélisations statistiques je me fait fort de prendre n’importe quel programme de modélisation et de lui faire sortir n’importe quelle gamme de données et donc n’importe quelle conclusions tout est histoire de pondération et de paramétrage....
La relation CO2-température a été établie par différents laboratoires de glaciologie (dont celui dont j’ai donné les coordonnées) sur la base de l’analyse des carottes de glace dont l’âge remonte à plusieurs centaines de milliers d’années (analyse de co2 directe, détermination de la température à partir du ratio des isotopes de l’hydrogène). On peut, par exemple, dans le livre de Jancovici (Cf référence), comparer les figures 2 p.31 (température) et 7 p.44 (teneur en CO2) sur 400 000 ans. Quant aux modèles, ayant moi-même pratiqué la modèlisation numérique, je suis d’accord avec votre remarque. Il est toutefois remarquable d’observer que dès 1987, la modèlisation sur laquelle s’appuyait les premiers travaux du GIEC prévoyait une élévation de température pour le début des années 2000 suivant 3 scénarios : les mesures maintenant disponibles révèlent que l’on se situe entre le scenario moyen et le scénario le plus pessimiste (voir le livre de Lovelock cité en référence, fig.2 p.95).
Je trouve l’article très équilibré sur le problème des choix énergétiques qui se présentent à nous en particulier sur l’attitude à adopter vis-à-vis du nucléaire. J’aimerais cependant soulever 2 points qui me paraissent importants :
L’auteur mentionne le Peak Oil et surtout son corolaire, c’est à dire une production de pétrole non plus dictée par la demande mais contrainte par les capacités de production. Je pense que sa date d’occurrence est optimiste et ses conséquences pas vraiment mises en valeur. Du pétrole, il y en aura encore dans cent ans, même dans mille. Mais toute la question est combien et à quel cout énergétique. Or il se trouve qu’à l’approche du Peak Oil, nous allons voir le rendement énergétique de la ressource pétrole s’effondrer même si la production restera encore importante. Il faudra donc non seulement substituer cette ressource déclinante par une autre mais aussi trouver ailleurs l’énergie et l’eau nécessaires au maintien de niveau de production raisonnables (pétrole en eaux profondes, schistes bitumineux ...)
Deuxième aspect que je souhaite mettre en avant car il est primordial de comprendre que le problème de l’énergie est devenu mondial depuis l’ère du pétrole, car elle se transporte de plus en plus facilement. Prenons l’exemple de la production d’énergie électrique nucléaire. Au niveau mondial, la consommation d’énergie nucléaire est de l’ordre de 5% du total (selon les chiffres de l’auteur). En France, c’est 41%. On peut se dire à juste titre que ceci nous protège de la pénurie de pétrole mieux que les autres. Mais il faut aussi comprendre que les autres vont être beaucoup plus affectés par le choc pétrolier qui s’annonce et qu’il n’est pas question de s’attendre à ce qu’ils restent les bras ballants. A priori, les USA, 1ier consommateur mondial avec 25% de la consommation totale et première victime potentielle, ont déjà affirmé leur politique : s’emparer du pétrole au Moyen Orient quoi qu’il en coute. La Chine chasse le pétrole partout, en particulier en Afrique. La Russie, aujourd’hui premier producteur mondial devant l’Arabie Saoudite nous a bien fait comprendre avec la crise du gaz que nous Européens ne pouvons pas nous permettre de la mépriser si nous voulons avoir du chauffage l’hiver. Ces mouvements ne vont pas résoudre les problèmes de dépendance, ils vont juste accélérer la crise.
Les pays victimes du choc pétrolier vont certainement chercher d’autres sources d’énergie et évidement, le nucléaire sera leur choix de prédilection vu les perspectives qu’il offre en termes de grosses d’unités de production. Nous constatons déjà ce mouvement avec par exemple la nucléarisation de l’Iran. Quelle va être notre attitude à nous français par rapport au développement du nucléaire partout dans le monde, et donc, en particulier de la concurrence sur l’accès à la ressource à la fois brute et raffinée. Pour l’instant, l’Occident (c’est à dire les USA et ceux qui les suivent jusqu’à épuisement) ne donne pas vraiment de bons signes vu qu’il essaye de maintenir sa prééminence sur la production du combustible nucléaire en accusant l’Iran de rechercher la bombe plutôt que de sécuriser ses approvisionnement. A tord ou à raison, l’effet de cette politique est de maintenir la domination occidentale sur l’énergie nucléaire. Les seuls pays qui possèdent une industrie nucléaire en fonctionnement et ne sont pas inféodés aux Occidentaux possèdent eux-même la bombe.
La France qui bénéficie largement de sa nucléarisation a-t-elle pour objectif de maintenir son privilège par la force ? Dans ce cas, il faut bien comprendre que le prix de l’énergie nucléaire sera celui du sang. La pénurie énergétique conséquence du Peak Oil ne laissera pas d’autres choix aux populations qui y seront exposées.
Si par contre la France souhaite que tous les pays qui le veulent aient accès à cette forme d’énergie, il n’est plus si certain qu’elle soit alors si avantageuse au regard des risques de la prolifération ou des accidents ou même de la concurrence sur la ressource.
Ma question est donc la suivante : le jugement positif sur l’apport du nucléaire dans la balance énergétique française n’est-il pas plus une conséquence de l’exploitation ingénieuse par la France d’un marché de niche qu’une conséquence de la qualité intrinsèque de cette source d’énergie ?
Pour finir par une pique politique, je dirais que je ne suis pas certain de la candidate socialiste comprenne bien les enjeux énergétiques et leurs conséquences politiques, diplomatiques et militaires quand j’entends son discours sur le cas Iranien. En étant optimiste, je dirais qu’elle peut encore progresser mais il vaudrait mieux que cela vienne très vite avant que la bourde-attitude nous conduise à des choix irréversibles.
J’allais me lancer dans un long message de clarification, notamment sur le problème du Peak Oil qui est toujours compris plus ou moins de travers (une jolie citation de je ne sais plus quel ponte du secteur energetique dit "the age of stone did not end by lack of stones, the age of oil will not end by lack of oil"), mais vous venez de tout résumer magistralement ! Merci beaucoup pour cette analyse !!
Au sujet de la campagne (encore et toujours), je voudrais rajouter qu’outre le problème du chiffrage du programme de Ségolène Royal, c’est justement son incompétence apparente en matière d’énergie qui a declenché la fuite d’Eric Besson vers l’UMP (http://video.cybermilitant.com/inde...). Mme Royal avait annoncé lors d’une intervention l’objectif de 50% d’électricité renouvelable d’ici a 2030, avant de se rétracter et de donner le chiffre de 20%. Pour les lecteurs pas forcément familiers avec le domaine de l’énergie, cela signifierait deux choses :
des couts de transition extremement élevés, en terme économiques comme d’émissions de CO2 (fermeture de centrales nucléaires avant leur amortissement, construction de centrales a gaz et a charbon pour pallier a la baisse de l’offre électrique en attendant la montée en puissance du renouvelable...). Des vagues de licenciements découleraient des fermetures de centrales nucléaires, comme le soulignait Olivier Besancenot, meme si ces pertes d’emplois pourraient etre compensées par le développement de nouvelles industries (je suis centriste, alors je note les bonnes idées comme les mauvaises, a droite comme a gauche :-)
mais surtout d’autre part, les deux seules formes d’énergie renouvelabe viables aujourd’hui en termes de cout, pour une application de type centrale électrique, sont l’éolien et le géothermal (l’hydrolique est déjà quasi saturé en France, le solaire coute au moins 25c/kWh pour l’instant, comparé a 4 - 8 c/kWh pour des centrales nucléaires ou a gaz classiques). Le géothermal est encore mal maitrisé, en tout cas surement pas a échelle industrielle, sauf peut-être en Islande, et demanderait des investissements très lourds en capitaux. Quant à l’éolien, il devient compétitif aujourd’hui lorsque les fermes sont situées dans des régions adéquates, suffisament exposées aux vents, mais un problème majeur et mal compris du public est le fait que l’éolien, de part sa forte volatilité, ne peut servir a alimenter le réseau électrique en proportions considérables sans moyens de stockage de l’électricité (en gros, vous allumez la lumière tous les jours a la meme heure ; le vent, lui, il est libre comme l’air :-). Or, si ces moyens sont a l’étude, il reste certain qu’ils ne pourraient etre déployés a grande échelle qu’au prix d’inefficacités énergétiques et a un cout conséquent... Résultat : augmenter la part d’éolien, très bien ! Mais pas pour diminuer la part du nucléaire, sinon on sera obligé de construire des centrales a gaz ou au charbon pour combler les jours sans vent, et d’un point de vue émissions de CO2 c’est un non-sens absolu avec les technologies d’aujourd’hui...
Moralité : développer l’utilisation d’énergies renouvelables, et le secteur industriel qui va avec, très bien (c’est dans le programme des trois principaux candidats) ; y adjoindre de manière générale des mécanismes d’incitations fiscaux, encore mieux (ca aussi tout le monde est d’accord) ; mais réduire la part du nucléaire aujourd’hui (ca c’est seulement dans le programme de Mme Royal), c’est purement et simplement criminel ! Espérons donc que ses conseillers a l’énergie, ou l’influence centriste, sauront la ramener a la raison si elle est élue.
Merci pour votre commentaire en tout cas !
à Dominique Larchey-Wendling
a) Sur le premier point : trouver un substitut au pétrole n’a d’évidence que si l’on fait l’hypothèse que la voiture gardera la place occupée actuellement dans les sociétés occidentales puis sera étendue à l’échelle mondiale, hypothèse peu crédible en termes d’épuisement des ressources (Cf explosion du cours des matériaux métallurgiques) et sociétalement peu souhaitable.
b) Sur le deuxième point : effectivement, le nucléaire pose (et posera) un problème géostratégique non évoqué dans mon article. Votre commentaire est donc bienvenu. Deux remarques cependant : d’une part, un tel problème deviendra vite aigü avec les générateurs de 2ème génération, le potentiel en U235 étant limité ; d’où l’importance des générateurs de 4ème génération et il est intéressant de constater que des pays comme l’Afrique du Sud, l’Argentine et le Brésil font partie du Forum International dont l’objectif est leur développement. D’autre part, le problème géostratégique lié à la maitrise des approvisionnements se double d’une interrogation sur les risques qu’entraine la prolifération nucléaire civile. C’est pourquoi il est si important de diversifier les ressources énergétiques et cela donne un sens à la volonté de maintenir le nucléaire en France tout en diminuant progressivement sa part dans les décennies qui viennent.
à Romain,
Pour le géothermique, je persiste et signe : la France ne bénéficie pas des sources d’eau chaude de l’Islande et les maigres possibilités du bassin parisien sont déjà exploitées. Pour être complet, il faut mentionner d’une part, le "géothermique individuel" (pompe à chaleur et échangeur thermique dans son jardin), intéressant dans son principe mais cher et de fiabilité restant à améliorer et, d’autre part, l’exploitation de la chaleur des couches rocheuses profondes dont la maitrise technologique et l’exploitation tiennent encore du rêve.
Quant à l’éolien, je ne veux pas revenir sur les arguments qui pourraient en limiter l’extension (Cf article) mais je m’en tiendrai à souligner un point de votre commentaire : c’est une erreur d’associer éolien et nucléaire comme vous le faites car, si l’éolien est "volatil et capricieux" (là, je suis tout à fait d’accord avec vos remarques à ce sujet), on ne peut pas régler le régime des réacteurs nucléaires pour s’adapter aux caprices des vents, la variation de ce régime exigeant un temps long ; seules les centrales thermiques (et notamment les centrales au gaz) ont la souplesse nécessaire pour s’adapter à l’éolien. On comprend ainsi la combinaison utilisée en Allemagne mais il faut en déduire que l’on ne doit pas évoquer l’éolien pour argumenter sur le nucléaire.
Tout a fait d’accord avec vous sur le fait qu’il ne faille pas associer eolien et nucleaire dans la reflexion sur la production d’electricite. Je n’ai pas du etre clair, mais c’est justement mon argument pour le maintient du nucleaire, puisqu’on ne pourrait pas faire de baseload avec l’eolien... ni de production de pointe d’ailleurs, puisque le vent est imprevisible ! Moralite, il faut garder notre nucleaire pour le baseload, et developper de l’eolien et d’autres centrales d’appoint (hydro par exemple), pour le peakload.
@ Romain,
Je ne suis pas sûr que vous aillez bien compris ma remarque sur le "Peak Oil" car la citation que vous faites est généralement utilisée pour en minimiser les conséquences voir ridiculiser ceux qui prônent une prise en compte sérieuse du phénomène.
Alors je vais essayer d’être plus explicite. Je pense que le "Peak Oil" (ou plutôt le moment où la production pétrolière ne sera plus dictée par la demande mais par les contraintes géophysiques, ce qui devrait arriver un peu avant le Peak Oil) est certainement l’évènement le plus grave auquel l’humanité aura à faire face en ce début de 21ième siècle. Nous allons vivre dans le monde désastreux de la concurrence énergétique, et croyez moi, nous n’y sommes pas du tout préparé.
Le pétrole n’est pas seulement un problème de voiture individuelle, et même si ce n’était que ça, la situation serait déjà grave. Pensez seulement au nombre de français dont la vie dépend de la bonne santé de l’industrie automobile, tourisme y compris ...
Le pétrole est aussi un problème d’alimentation : "Nous mangeons du pétrole". Nous allons rapidement constater que lorsque le pétrole grimpe, tous les prix des produits vont augmenter avec, à moins que la France ne décide de s’endetter encore plus.
Nos politiques qui n’ont que le mot de croissance à la bouche pour résoudre nos problèmes pourront faire une croix dessus. Il n’y a pas de croissance possible sans augmentation de la consommation énergétique, et donc de pétrole vu la part énorme qu’il prend. Tout au moins dans le modèle capitaliste et consumériste dans lequel nous vivons.
Sans croissance, nous seront alors dans l’incapacité de faire la moindre réforme, mais aussi de rembourser les dettes. Alors vous verrez des effets violents sur les marchés financiers qui chercheront des refuges qui n’existeront plus.
Le nucléaire aura peut-être un effet atténuant mais il ne pourra certainement pas pallier à ces problèmes, même à la seule échelle de la France. Il n’existe à l’heure actuelle aucune source d’énergie capable de se substituer au pétrole et changer toute une infrastructure énergétique prend des dizaines d’années. Le charbon est sans doute la source d’énergie exploitable la plus abondante mais elle produira encore plus de CO2 et d’autres polluants.
La seule manière pacifique qu’ont les pays industrialisés pour se sortir de la crise à venir est de réaliser des économies d’énergies, et donc de renoncer tout de suite au mythe de la croissance salvatrice : il ne fait que rendre de plus en plus brutal une échéance inéluctable à court terme (10-20 ans). Ce mythe nous conduit droit à la guerre.
@ l’auteur,
Sur la place de la voiture individuelle. Certains pays, dont la France, sont économiquement dépendants de la voiture individuelle : que ce soit pas leur industrie ou par la nécessité pour les gens de se déplacer pour se nourrir ou travailler. Je vous conseille de visionner le film : "The End of Suburbia".
On nous a présenté le fameux rapport Stern qui évoque le cout du risque climatique sur l’économie. Il est assez symptomatique de constater que ce sont les Britanniques qui tirent la sonnette d’alarme en Europe, malgré leur "alliance stratégique" avec les USA. Les Britanniques ont vu leur production de pétrole (en mer du Nord) décliner depuis les années 2000. Ils ont passé leur "Peak Oil" et sont devenus importateurs nets. Le sujet du rapport Stern n’est pas tant celui du climat que celui de l’énergie.
@Dominique Larchey-Wendling Juste un point d’information sur ce que vous appelez les schistes bitumineux.L’emploi de ce terme est ici une erreur, que l’on trouve actuellement dans énormément d’articles sur l’énergie. Il s’agit en fait de "sables bitumineux", qui sont d’anciens gisements de pétrole portés à la surface par les mouvements géologiques, et où le pétrole a été altéré par les eaux de surface pour ne laisser qu’un bitume ayant la consistance des goudrons laissés sur nos plages par les marées noires. On comprend par cette comparaison qu’il n’est pas très commode à exploiter, et que cette exploitation est très polluante.Cette pollution est une des raisons pour laquelle le Canada , qui possède la majeure partie de ces sables, cherche à sortir des contraintes du protocole de Kyoto que ce pays a pourtant ratifié. La question n’aurait guère d’importance s’il n’existait pas aussi des schistes bitumineux, dont les ressources potentielles sont encore plus importantes, et dont le principal gisement se trouve aux Etats-Unis, les "Green River Shales". Il s’agit de roches riches en matière organique, que l’on transforme en "huile de schistes" analogue à du pétrole par pyrolyse à des températures de quelques centaines de degrés. Le bilan énergétique et environnemental de l’exploitation de ces schistes est encore plus mauvais que celui de l’exploitation des sables bitumineux et son bilan économique est pour l’instant négatif malgré l’augmentation des prix du pétrole. La guerre de l’énergie à laquelle vous faites allusion, qui n’a jamais cessé,va sans doute s’amplifier,mais elle va maintenant s’accompagner d’énormes dégâts environnementaux si nous persistons à ne pas vouloir changer de "paradigme", comme l’on dit.
Hummmmm, cet article au au moins l’ambition d’etre equilibre et on y arrive plus ou moins.
Je ne saurais cependant trop conseiller a l’auteur de remettre en cause ses certitudes sur le petit hydro, l’eolien (notamment l’off-shore profond), de ne pas oublier de mentionner les energies de la mer (Thalasso-energies) et de ne pas manquer de suivre de pres l’evolution exponentielle du photovoltaique.
à Stéphane Klein,
Pour le petit hydro, j’ai bien mentionné son extension mais il ne pourra pas atteindre une fraction importance de l’approvisionnement énergétique français. Pour l’éolien, voir ma réponse à Romain. Quant au solaire, je crois avoir exprimé un point de vue positif à son égard : j’ai simplement souligné le besoin de recherche et développement pour améliorer les capteurs et surtout le système de stockage (point faible actuel). Ainsi, à cette condition, le point de vue dominant aujourd’hui, est d’attribuer au solaire un rôle mondial majeur vers le milieu du 21ème siècle.
@ L’auteur
C’est curieux comme, partant d’un constat erroné, vous faites une analyse qui semble cohérente !!! Êtes-vous énarque, vous aussi ?
Vous nous dites :
« la production d’électricité en France est en excès par rapport à la demande, ce qui permet d’en exporter (70 TWh exportés soit environ 6% de la production électronucléaire en 2000). » et vous semblez justifier l’arrêt des travaux de l’EPR par cette analyse….
Sauf que votre analyse est fausse. Cette surproduction est réalisée en heure creuse !
Si on vous écoute, en heure de pointe l’hiver, la France est-elle prête à greloter puisque plus d’électricité pour le chauffage et le reste ?????.
Je ne le crois pas tout comme je ne crois pas que votre méthode qui consiste à essayer de nous faire avaler des couleuvres, va fonctionner.
Deux autres points sont faux.
1) Une étude menée par l’OCDE démontre que compte tenu de l’augmentation de prix du Kg d’U, les réserves, suite à de nouvelles prospections, ont été trouvées. Dites le à Ségolène, cela lui évitera de raconter n’importe quoi face aux français (hier sur TF1)…
http://www.nea.fr/html/ndd/reports/...
2) Vous semblez croire que les centrales de 4ieme génération sont pour après demain. Rien n’est moins sur et en tout cas si un retard important dans les recherches survenait(ou en sont les budgets ?), comment faites vous pour alimenter la France en électricité ?
Vous nous ficelez tout cela avec des « il faut économiser, il faut faire plus d’énergie renouvelable etc.. Bien sur que sur ces thèmes, on ne peut être que d’accord !
Il est important de bien quantifier la demande de consommation en électricité pour les années à venir et de bien analyser nos compétences et possibilités techniques avant de prendre une décision qui une fois de plus pourrait ce révéler, regrettable.
Que les politiques fassent de la politique, c’est déjà pénible, qu’ils fassent de la technique et c’est l’horreur….
De grâce, Sarko et Ségo !!! Pas de décision technique sans des conseils de (vrais) techniciens.
g.jacquin
à g.jacquin
Au delà de son ton agressif, étranger à l’esprit de mon article, je voudrais faire 4 remarques à votre commentaire.
a) 70 Twh exportés en 2000, certes essentiellement en heures creuses : cela signifie quand même que, sur l’année, la France a disposé de suffisamment d’énergie sans pour autant "avoir greloté de froid". Donc, sauf à défendre un développement futur du chauffage domestique électrique (utilisation thermodynamiquement et écologiquement désastreuse de l’énergie, utilisation qui n’est plus guère préconisée aujourd’hui), il est difficile d’être convaincu par l’argument du besoin pour justifier l’EPR, et ce pour les 5 à 10 ans qui viennent.
b) Je vous remercie pour votre référence OCDE mais relisez le ! Il confirme tout à fait mon propos et même en l’accentuant : approvisionnement minier insuffisant en 2004, son extension n’assurant cet approvisionnement que jusqu’en 2015 ; grande incertitude pour la suite. En tous cas, il y a consensus sur l’impossibilité de dépasser le 21ème siècle (voire en atteindre la fin) avec l’U235.
c) Le point précédent conduit à la question des générateurs de 4ème génération dont j’ai signalé que l’on pouvait espérer leur intervention à large échelle vers 2040 mais espérer seulement, car, en effet, rien n’est assuré à cet égard. C’est ce pari nécessaire, mais non forcément gagné, qui explique la mise en place du Forum International.
d) Il est vrai que les politiques, quel que soit leur orientation, ne sont pas toujours convaincants mais, en démocratie, c’est bien la politique qui doit guider les choix essentiels (rappelons l’origine sémantique du terme "politique" : organisation de la Cité). Ne laisser ces choix qu’aux techniciens conduit à la technocratie et, immanquablement, au totalitarisme.
@ L’auteur Quel ton agressif ??? Non, un peu méprisant tout au plus…
Votre point A)
J’insiste, ce n’est pas parce que cet hiver à été clément que ceux qui vont suivre seront du même tonneau ! Allez jeter un coup d’œil sur les courbes de RTE pour les périodes très froides en hiver et vous verrez que votre analyse est fausse. En periode de pointe, l’hiver et par grand froid, nous achetons de l’énergie à l’étranger pour assumer notre consommation. Ce qui à fonctionné jusqu’à présent pourrait ne plus marcher dans les années à venir tout simplement parce que nos voisins européens sont dans la même situation que nous.
Votre point B)
C’est curieux, soit vous analysez, soit vous lisez et reproduisez selon que cela vous arrange ou pas (j’avais écrit bêtement mais je l’ai effacé sinon vous allez dire que je suis agressif),
L’OCDE nous dit en substance : plus le cours de l’U va augmenter, plus les réserves seront importantes(financement de la prospection et découverte de gisement plus difficilement exploitable). C’est bien ce qui ce passe. Compte tenu de l’augmentation des réserves et de l’augmentation des réacteurs, on peut penser que la 3ième génération de réacteur ne manquera pas de combustible. D’autre part, il ne faut pas confondre approvisionnement qui laisse supposer des problèmes de gestion et de logistique, et réserves révélées, issues de la prospection.
Je ne vois donc pas d’incertitude sur l’approvisionnement (en tout cas, ce n’est pas ce qui ressort du texte rédigé par l’OCDE) et si nous atteignons le 22ieme siècle ???, on peut imaginer que les réacteurs de 4ième génération seront en production depuis quelques décennies.
Votre point C)
Là, on est d’accord… d’ou la nécessité de mettre en marche le programme de réacteur de 3ième génération.
Votre point D)
Je n’ai certainement pas dit qu’il fallait laisser les choix de notre société aux technicienx ! J’ai écrit :
« Pas de décision technique sans des conseils de (vrais) techniciens »
Cela veut dire qu’il ne faut pas, pour les choix énergétique de la France, que les politiques ne soient guidés que par telles ou telles alliances, ou tels ou tels sondages. Que l’on prenne en compte le choix des Français ne peut s’envisager qu’à la condition expresse qu’ils soient parfaitement informés. Expliquer moi, si vous le pouvez, comment peut on appréhender la formation des français sur un sujet aussi complexe…
Je vous rappelle quelques grands préceptes actuels contre lesquels il va falloir ce battre :
Le nucléaire = déchets dangereux, mortalité très importante etc…..
L’éolien = c’est beau, ça rapporte de l’argent etc…. .....
Je m’arrête là car sinon, moi aussi, je vais écrire un livre !
L’OCDE dit explicitement que l’augmentation des réserves tient pour l’essentiel à un changement de catégorie entre les réserves accessibles selon différents coûts. Les découvertes nouvelles ont été très faibles (inférieures à la consommation) malgré l’importance de la prospection actuelle.
Une bonne partie des "réserves" est en fait des "ressources" dont la possibilité d’être exploitées est très spéculative.
Le temps de mise en exploitation d’une mine après découverte d’un gisement est de 8 à 10 ans, si des problèmes techniques ou géologiques ne viennent pas contrecarrer les projets.
.
Non ! Ce n’est pas ce qui est écrit...
Allez sur les sites de l’AIEA, AEN ou WNA, ils expliquent de façons différentes que les ressources actuelles (et à venir) sont suffisantes pour au moins les 85 prochaines années.
D’autre part, il ne faut pas oublier que les déchets des EPR et des REP, seront nécessaires pour le démarrage des réacteurs de 4ième génération. On devrait plutôt être content de la disparition des déchets tant décriés !
Hors, le prévisionnel de mise en service des réacteurs de 4ieme générations semble être prévu pour les années 2030...donc bien avant l’épuisement du U235...
g.jacquin
Dans une longue étude (300 à 400 pages) faisant la rétrospective de 40 ans de publications sur le nucléaire, l’OCDE fait l’historique des réserves "prouvées" (RRA : réserves raisonnablement assurées) d’uranium.
Ces réserves varient considérablement au fil des années, avec quelques valeurs très significatives par leur aspect aléatoire et peu sérieux. Par exemple, pour toutes les réserves "prouvées" RRA au coût maximum (130 dollars / kg Uranium) :
1976 : 1.810 kt U (kilo tonnes, milliers de tonnes d’uranium)
1979 : 2.580 kt
1980 : 2.000 kt
1993 : 2.038 kt
1995 : 2.951 kt
2001 : 2.853 kt
Ainsi, les réserves "prouvées" au coût maximum (il ne s’agit donc pas de changement de catégorie de côut) augmentent de 42% en 3 ans, puis diminuent de 22% en une année, augmentent ensuite de 45% en 2 ans. Pas sérieux tout cela. Qui va croire de tels "experts" ?
Pour les prévisions futures de puissance nucléaire installée, cela a toujours été du délire (des prévisions à 15 ans 3 à 5 fois supérieures à la réalité constatée ensuite), même si ce délire s’est un peu calmé au fil des déconvenues.
Je pense que l’erreur dominante est de considerer que l’avenir energetique est avant tout un debat ideologique ou une question citoyenne. Avant tout, ca sera un choix technique et economique !
Bien entendu, il faut debattre, mais je crois indispensable de faire un effort pour sortir du domaine des professions de foi, et de reflechir pour trouver les solutions possibles a l’enorme appetit d’energie qui me semble incontournable sans pour cela detruire entierement l’equilibre climatique et epuiser les ressources fossiles que la terre a mis des milliards d’annees a creer.
Je vais me focaliser sur deux questions dans ce qui est un tres long plaidoyer de l’auteur (en effet, il y a une longue enumeration et une discussion serieuse prendrait un livre).
Peut-on avoir une contribution significative de l’eolien en France ? Les estimations sont souvent biaisees parce que l’ADEME est plutot une officine antinucleaire qu’un organisme d’etat, ce qui aboutit a ce qu’elle surestime les capacites de l’eolien :
combien d’eoliennes pouvant produire en crete 2MW sont necessaire pour donner la production annuelle d’un EPR. Ce dernier donne 1600GW pendant a peu pres 7500 heures pas an : ca fait donc 12Twh (terawattheures). Pour la meme production eoliennne, il faut estimer le nombre d’heures de fonctionnement equivalent des eoliennes quand il y a un grand nombre d’eoliennes en fonctionnement. On n’a pour cela que l’expereince allemande, et une moyenne sur 10 ans dit que le facteur de charge eolien est inferieur a 20%, cad 1700 heures annuelles. Il faut donc installer 7 Gw d’eolien pour avoir une production moyenne equivalente a l’’EPR. A 2 Mw par eolienne, ca en fait plutot 3500, et pas 1500 !
Le prix de ces eoliennes : j’estime le prix du watt eolien a 1.3 Euros d’investissement, ce qui represente 9.1 Milliards d’euros pour l’equivalent d’un EPR en investissement : TROIS FOIS PLUS ! Les eoliennes sont calculees pour un amortissement sur 15 ans de production, et je trouve qu’on table sur un besoin annuel d’entretien-fonctionnement (ce sont des projections, on n’a pas de retour d’experience) de 4% de l’investissement. Ca fait 2.1 Euros par watt installe, et comme sur 15 ans, on peut tabler sur 25Kwh (1700*15 heures de fonctionnement optimal), le prix du Mwh est de 82 Euros, cad le "tarif" de rachat fixe par l’"Arrete Cochet" modifie. Ce prix tres eleve etant, je le rappelle, repercute sur les factures des clients.
L’investissement EPR est a partager sur 60 ans ! On dit que le prix de l’electricite nucleaire contient 60% investissements, 20% combustible, 20% entretien-personnel (je ne sais estimer destruction). Le prix d’investissement du W EPR est de 2 Euros (3.2 milliards d’euros pour 1.6 Gw) en investissements et d’a peu pres 1.5 Euros en fonctionnement-combustible sur 60 ans ! Soient donc 3.5 Euros pour un temps de fonctionnemenmt de 7500 heures par an : sur 60 ans, ca fait donc 8 Euros par Mwh, et sur 15 ans, avec seulement 10% de frais de fonctionnement et 10% de combsutible,soient 2.5 Euros pour un watt installe, 22 Euros/MWh.
DONC L’EPR EST UN EXCELLENT INVESTISSEMENT, MEME SI ON VEUT L’AMORTIR VITE !
On peut evidemment chipoter sur le probleme des amortissements de l’investissemnet en capital, mais les deux techniques : eolien et nucleaire sont des techniques a investissements lourds. Reste la dispute sur le demantelement. Je trouve les champions des eoliennes bien unilateraux quand ils annoncent que les eoliennes sont faciles a demonter : Ils oublient qu’il faut couler pres de 1000 tonnes de beton dans le sol pour tenir une grande eoleinne, est que si on en met 3500 pour avoir l’equivalent de l’EPR, ca fait DES MILLIONS DE TONNES DE BETON !
Qui va l’enlever ? Les eoliennes viennent en general d’Allemagne, va-t-on se retrouver avec un second mur de l’Atlantique au milieu de nos champs apres leur demontage ?
Donc l’eolien est beaucoup plus cher que le nucleaire, il n’amnene rien pour les emissions de CO2, il est une bien pauvre arme entre les mains des antinucleaires : Il est tres difficile d’imaginer que cela fasse plus que 5% de notre production electrique, qui est le pourcentage atteint par les Allemends apres tous leurs efforts.
L’EPR servira-t-il aux exportations d’electricite ? Parce que EDF, et autres, ne savent pas repondre aux besoins de pointe, on est en train de construire en France de l’ordre de quatre centrales nucleaires avec des centrales au gaz, et TOUT RETARD DANS L’EPR N’ABOUTIT QU’A FAIRE PLUS DE CENTRALES A GAZ ! C’est vrai, on exporte (de moins en moins, la consommation d’electricite augmente partout plus vite que celle des autres formes d’energie) : ca permet a nos voisins de moins polluer, en attendant qu’ils en finissent avec leur absurde refus du nucleaire (ex : l’Italie). Pour l’instant, mieux vaut leur vendre de l’electricite nucleaire que de les laisser faire marcher des centrales au lignite ou au charbon ! C’est une contribution, certes faible, a l’avenir de l’Humanite !
Voila une reponse partielle a la presentation ci-dessus .
Karva
Karva,
il faut oublier les centrales au gaz, maintenant, les nouveaux projets sont réalisés avec les centrales au charbon.
Cet article fait une fois de plus la confusion entre ressources primaires et consommation finale. Les ressources primaires utilisées se sont bien élevées à 275Mtep en 2004, puis 285Mtep en 2005, pour rester sur des chiffres plus récents. Du fait des rendements de conversion et des usages internes nécessaires à la production, l’énergie finale disponible, celle qui correspond réellement à la consommation a été en 2005 de 176,21Mtep (+5,25Mtep exportés). Cette consommation intérieure finale se répartit entre 6,24Mtep de charbon, 85,83Mtep de produits pétroliers, 37,23Mtep de gaz, 36,44Mtep d’électricité, et 10,47 Mtep d’ENR et déchets. (L’énergie en France - Edition 2006 - Ministère de l’Economie et des Finances)
Le nucléaire représente bien, c’est incontestable 78% de l’électricité consommée en France. Donc en réalité 36,44x0,78 = 28,42Mtep. Mais ces 28,42Mtep ne sont que 28,42/176,21 = 16,13% de la consommation finale d’énergie en France. C’est là toute la perversité du message qui consiste à toujours faire croire à la prépondérance de l’énergie nucléaire en France ; à une soit disant indépendance énergétique et tant d’autres fadaises. On peut doubler, puis quadrupler le parc nucléaire, on ne serait encore à peine qu’au deux tiers de l’énergie consommée. (Cela ferait quand même entre deux et trois réacteurs par département français. Vous allez devoir commencer par accepter d’en avoir un quasi dans votre jardin et plus seulement dans celui du voisin. Votre piscine ne suffira pas à le refroidir). Donc le débat est ailleurs, il est dans le mode de fonctionnement de nos sociétés et notre rapport à l’énergie. Hors maîtrise et réduction draconiennes de nos consommations, point de salut. Or continuer à endormir les français avec le mirage du nucléaire c’est perpétuer le message de l’énergie abondante et toujours disponible, c’est annihiler tout effort de sobriété, c’est tout simplement suicidaire face à l’urgence environnementale.
Tout politique qui imposera une pose et un temps de réflexion salutaire avant de repartir tête baissée vers cette impasse aura évidemment raison. Et là Sarkosy est très très mauvais !!!! Par contre SEGOLENE ROYAL est enfin sur la bonne voie.
Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire de toute urgence.
Tres bien vu, sauf que doubler le parc de nucléaire ne servirait a rien aujourd’hui, puisque le reste de la consommation energétique c’est grosso modo le pétrole utilisé dans le transport routier (et a la marge le train et l’avion). Donc le nucléaire garde tout son sens pour la production d’électricité ; réduire la part du nucléaire électrique aujourd’hui, dans le contexte du réchauffement climatique, cela serait criminel (d’ailleurs le débat Royal Bayrou a bien ce point en valeur aujourd’hui) !
La ou vous avez raison, c’est qu’il faudrait mieux souligner la dépendance au pétrole induite par la société de l’automobile dans laquelle nous vivons. Trois solutions avec trois problèmes, en supposant que le tout-transport-en-commun ne soit pas une option viable (ou pourrait en discuter) : l’éthanol, l’hydrogène, et l’électrique.
Pour faire court :
les biocarburants n’ont pas l’avenir qu’on leur prete (en tout cas sous leur forme actuelle), car d’une part remplacer intégralement la consommation d’essence par celle de biocarburants sous leur forme actuelle est irréalisable vu l’éviction de presque toutes les autres cultures agricoles que cela supposerait, d’autre part les gisement de fertilisants ont a un ratio R/P (’durée de vie’) a peine deux fois plus élevé que le pétrole aujourd’hui, donc le problème de la sécurité énergétique se poserait aussi (remplacer l’Arabie Saoudite pour le pétrole par le Maroc pour le phosphate, ou plutot devrais-je dire le Sahara Occidental), et parce que cela poserait des problèmes de santé publique importants. Qui plus ait cela ne résoudrait rien, car aujourd’hui (chiffres basés sur la production d’éthanol a partir de mais aux US) pour produire un barril d’éthanol on consomme 0.9 barrils de pétrole..
l’hydrogène : problème d’échelle (pour produire de l’hydrogène a l’échelle nécessaire il faudrait doubler le parc nucléaire et y adjoindre des hyrdoliseurs, ou bien produire l’hydrogène a partir de gaz naturel, les deux solution étant évidemment problématiques) ; problème de stockage, car le dihydrogène est très volatil : cela ferait des voitures lourdes, et dangereuses en cas d’accient a la moindre fuite ; et un problème de cout, car les piles ne marchent aujourd’hui que grace a des catalyseurs bien spécifiques de type Platine... le prix actuel est extremement élevé, et ca serait pire s’il fallait que chaque voiture soit équipée
l’électrique me parait la seule solution viable a long terme, mais se pose le problème des batteries, qui n’est pas encore résolu ; et celui de la production d’éléctricité, car cela revient a faire porter le problème du transport sur celui de la production d’éléctricté. On en revient a la question du nucléaire donc.
Au final, veillez donc a ne pas confondre les problèmes énergétiques liés au transport et ceux liés a l’électricité, meme si ils pourraient devenir liés dans un futur a moyen terme. Et puis n’oubliez pas que quand on parle d’investissements énergitiques les enjeux sont toujours à moyen ou long terme, donc ne pas confondre vitesse et précipitation :-p (la situation énergétique francaise actuelle a été planifiée bien dix ou vingt ans avant ma naissance par exemple, sous de Gaulle puis Pompidou)
Les chiffres les plus farfelus courent au sujet des réserves d’énergie fossile. La réalité est bien plus triviale et préoccupante.
Le plus important est de connaître la date raisonnable à partir de laquelle la production atteint son maximum et commence à diminuer, avec parfois un plateau de production maximale de quelques années.
Au niveau mondial, les dates du maximum de production sont les suivantes :
pétrole : 2007 à 2010
gaz naturel : 2020 à 2040 (plateau)
uranium : 2015-2025 (raisonnable) ou 2035 (très hypothétique)
charbon : 2020-2030, puis déclin lent de 2030 à 2050 et déclin rapide après 2050
Lire par exemple :
Fin de l’uranium, fin du nucléaire (débat)
Une estimation très optimiste prévoit une décroissance de la production de 2 % par an, conduisant à une production réduite de moitié dans 35 ans. Mais la réalité semble devoir être bien différente. Avec une décroissance progressive de 1%, puis 2% ... 5%, nous aurions une production limitée à 80 % dans 12 ans et à 50 % dans 20 ans de celle d’aujourd’hui.
Je voudrais reagir a :
"Au niveau mondial, les dates du maximum de production sont les suivantes :
pétrole : 2007 à 2010
gaz naturel : 2020 à 2040 (plateau)
uranium : 2015-2025 (raisonnable) ou 2035 (très hypothétique)
charbon : 2020-2030, puis déclin lent de 2030 à 2050 et déclin rapide après 2050"
Je ne connais pas specialement la reference de l’auteur, mais je crois que de telles informations sont fausses. Pour le petrole, il me semble qu’il y en a encore pas mal, mais il sera cher (voir p. ex. les ressources de l’Alberta..). Pour le charbon, on parle de 200ans.
En fait, il me semble qu’il y a assez de fossiles a extraire pour empoisonner l’atmosphere par effet de serre. Sur l’Uranium, on parle de 15 millions de tonnes accessibles au prix-eleve-actuel (200$/Kg). Comme on en a besoin de 60-80 mille tonnes par an, il y en a pour des siecles (a cet egard, je ne comprends pas que Royal ne le sache pas : elle recite les aberrations de Greenpeace !), SAUF SI LA CONSOMMATION AUGMENTE, comme je puis le souhaiter, comme contribution a combattre l’effet de serre. Il serait souhaitable de rapidement quintupler la production nucleaire, et cela necessitera probablement de developper les surgenerateurs-dits de Generation IV- a l’echeance du demi siecle.
Je crois que l’effet de serre est suffisamment grave pour qu’on ne neglige pas cette contribution.
Karva
"Je ne connais pas spécialement la référence de l’auteur, mais je crois que de telles informations sont fausses. Pour le pétrole, il me semble qu’il y en a encore pas mal, mais il sera cher ..."
Dans cette citation se résume toute l’incompréhension autour du phénomène Peak Oil. Bien-sûr, au maximum de production, il y aura encore beaucoup de pétrole, environ la moitié du total de départ pour la courbe théorique, un peu moins (40%) si le champ pétrolifère a été exploité très efficacement.
La question n’a pas du tout combien il en reste mais comment il est accessible et surtout à quel cout énergétique, l’argent n’ayant rien à voir là dedans : ce n’est pas l’argent qui va sucer le pétrole hors de terre. Le pétrole de fin de cycle est intrinsèquement plus difficile (càd couteux en énergie) à extraire que le pétrole de début de cycle.
Il faut se sortir de la tête une fois pour toute l’idée qu’un champ de pétrole est un gigantesque réservoir d’essence semblable à celui d’une voiture : c’est à dire qu’on pourrait en extraire l’énergie aussi vite que l’on souhaite jusqu’à ce qu’il soit vide.
Pensez à une mine de charbon qu’on abandonne car l’exploitation dévient de plus en plus difficile ou à un arbre dont on ne récoltera jamais tous les fruits car ceux du haut sont inaccessibles.
Le "Peak" ne signifie pas que la ressource a disparu. Pas du tout, il signifie que la production journalière de cette ressource ne peut plus croitre et commence même à décroitre en moyenne. Tout le problème est que notre économie est fondée sur mais est surtout dépendante du mythe de la croissance perpétuelle (pour payer les intérêts des dettes) et que ce mythe se heurte à la réalité de la stagnation et de la compression énergétique.
En sans croissance énergétique, le modèle économique capitaliste/consumériste ne peut plus croitre. Je ne pense pas qu’il puisse continuer à exister longtemps sans croitre. Il va donc s’effondrer et tous ceux qui en dépendent vont beaucoup souffrir. A moins qu’il ne trouve une source d’énergie alternative en quantité suffisante ... pour l’instant, il n’y a rien sur le radar et si l’attitude actuelles des USA doit indiquer quelque chose, c’est que les guerres de l’énergie ont commencées. Autrement dit, le gouvernement des USA ne conçoit pas à l’heure actuelle de solution alternative au pétrole, si bien qu’il ne lui reste que le choix de la guerre.
à yves jautard,
Je regrette que la lecture de mon article laisse penser qu’il y a confusion mais celle-ci n’existe pas dans mon point de vue qui est bien en accord avec vos précisions. Donc merci de l’expliciter.
Quant aux conclusions, je les partage aussi : (a) faire appel au nucléaire ne dispense pas d’évoluer vers la sobriété énergétique, au contraire ; je le souligne bien dans la fin de l’article. (b) Ce qu’il reste à faire de toute urgence me parait clair également. L’article n’insiste peut-être pas assez sur cet aspect pour lequel je me suis exprimé par ailleurs, mais ce n’était pas l’objectif principal ici.
@Karva, in medium stat virtus. Les valeurs indiquées par U 235 me semblent assez bien vues, mais du côté pessimiste de la fourchette des prédictions( car il ne faut pas oublier, l’évaluations des réserves ne peut se faire que par des méthodes probabilistes),particulièrement pour l’uranium, d’autant plus qu’il ne prend pas en compte les possibités des surgénérateurs ; en ce qui concerne le charbon, il y aura aussi un peak coal comme il y aura un peak oil, et l’annonce de 200 ans correspond à une consommation qui n’augmenterait pas, alors qu’on observe déjà tout le contraire, et la négation du phénomène de pic.
Cette histoire des 16 ou 17% n’a aucun sens, et s’en servir pour démolir le nucléaire relève de la manipulation de l’information et même de l’abus de confiance vis à vis de ceux qui n’ont pas de connaissances dans ce domaine ! Ce calcul, qui en lui-même est exact, serait le même si nous fabriquions notre électricité avec du charbon. Faut-il pour autant remplacer le nucléaire par du charbon ?Et devons-nous ne plus utiliser d’électricité sous prétexte qu’elle représente environ 20% de la consommation d’énergie finale dans le monde. avec ce type de raisonnement, on peut estimer que l’on peut se passer du pétrole puisque son utilisation pour faire de l’ énergie mécanique dans nos voitures se fait avec un rendement de 15 à 20% ! C’est du même tonneau que les élucubrations de Sortir du nuclaire ( encore un billet de François Lhomme récemment dans Les Echos !) , selon lequel l’énergie nucléaire ne représente que 2% dans le monde ! A ce titre, l’hydraulique n’en représente aussi que 2% et le charbon utilisé pour faire de l’électricité ( 70% de la production de charbon) 8%.Quand cesserons nous de lire de telles bêtises ?
Je vais essayer de preciser ma pensee sur le Peak-oil et ses succedannees diverses concernant le gaz, l’Uranium ou .. le Cuivre, bref l’ensemble des ressources naturelles. Dans le passe, on a annonce l’epuisement des ressources naturelles comme la limite sur laquelle les societes humaines allaient buter. Cela remonte au 19eme siecle, par exemple, pour la pensee de Malthus, a laquelle Marx s’etait oppose, s’est prolonge au 20 eme par les annonces catastrophistes sur l’explosion demographique et ensuite par les analyses FUMEUSES du club de Rome...
Je pense d’abord que tout cela fait partie d’un catastrophisme que je qualifierais de millenariste, car on se rappelle les peurs de l’an mille et les annonces de fin du monde...Bien sur, ca evoque des problemes bien reels, mais on oublie souvent que, comme le disait Karl Marx -a peu pres- "quand un probleme entre dans le champ du debat, ca veut dire que la solution est possible" (je sais, c’est une transcription tres approximative). Ca se resumera a dire que si la terre est finie, la capacite d’invention de l’homme est sans limite, et que chaque fois que l’epuisement d’une ressource a ete annoncee, on a trouve des solutions. Par exemple, les ressources en divers metaux prevues par le rapport du "club de Rome" ont ete depassees souvent d’un facteur 10.
Donc je ne crois pas trop a ces annonces, bien qu’il soit evident qu’il y a des limites. Dans le cas du petrole, on peut toujours utiliser les petroles non standard-genre sables ou schistes bitumineux, ou le charbon pour faire de l’essence synthetique. Dans ce cas, on en a pour des siecles, et IL FAUT EVITER CELA a cause du "global warming". Je pense que la montee des prix du petrole observee correspond a la mise en service des mines de l’Alberta, dont le petrole, dans mes estimations, ne devient rentable qu’aux alentours de 50-60 Dollards le barril. Contesterez-vous cela ?
La realite du probleme climatique m’a rendu grand partisan du nucleaire : a l’epoque des manifs ecologistes, moi, ingenieur et chercheur, je me sentais neutre, encore que je comprisse mal que l’on s’opposat si violemment a ce qui n’etait apres tout qu’une technique, dont on pouvait faire tout et son contraire. Mais quand on ressent les problemes du climat, il me semble que le choix est evident, et je dois participer a l’explication de l’utilite et de l’efficacite du choix nucleaire.
Quant aux ressources en Uranium, je crois que maintenant qu’on sait qu’on a besoin d’en trouver, on commence a reviser les reserves connues, a en chercher, et a rouvrir ou ouvrir des mines que l’on pensait non rentables, en Namibie et ailleurs. L’Uranium est a plus de 200 dollars par kilo, et ca fait tout de suite monter les reserves vers 15 millions de tonnes. J’ai regarde ce que ca voulait dire dans le cas de l’exploitation des Phosphates, et ca peut permettre a un pays comme le Maroc de devenir le premier producteur mondial d’Uranium...
Dernier point : je ne suis pas neanmoins persuade de la validite des donnees du livre de Charpak-Gawin "de Tchernobyl en Tchernobyls" ou les chiffres des ressources en Uranium me semblent bien optimistes. Peut-etre est-ce du a l’influence de Gawin, qui a le point de vue anti-surgenerateurs de l’administration US. Moi j’ai l’impression que dans 30-50 ans il faudra developper les surgenerateurs (generation IV). Peut-etre ai-je tort, mais je ne saurai que dans une vingtaine d’annees..
Pour resumer, on s’apercoit que tres souvent, on n’est assure des reserves d’une ressource que sur 30 ans, parce que c’est un investissement inutile de chercher au dela, et que si il y a vraiment un manque, l’humanite trouve une solution...
J’ai deux solutions 1 reduire la consommation par tete de pipe 2 reduire le nombre de tetes de pipe
à Bebert le vert,
Je suis d’accord avec votre 1ère solution, autrement c’est le changement climatique qui mettra en oeuvre la 2ème.
Quand vous entendrez "Demand destruction" ou "destruction de la demande", voilà ce qu’il faudra comprendre ...
pari-democratique : "la teneur en dioxyde de carbone CO2 dans l’atmosphère, est passée de 280 à 360 ppm"
Et même 380...
Pari-Démocratique : "Le solaire : là sans doute se trouvent les plus grandes potentialités. Précisons, en effet, qu’en France on reçoit du soleil, en moyenne, 150 W/m2. Cette énergie peut être récupérée soit sous forme thermique (chauffage de l’habitat) soit sous forme d’électricité photovoltaïque"
Commentaire : Le solaire thermique permet également de produire de l’électricité. La Californie (par exemple) développe beaucoup cette voie actuellement. Le potentiel est très élevé.
Une centrale solaire géante pour alimenter la Californie http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHAT...
http://www.google.fr/search?hl=en&a...
http://www.google.fr/search?hl=en&a...
http://www.renewableenergyaccess.co...
http://www.solardev.com/SEIA-making...
http://www.google.fr/search?hl=en&a...
http://www.google.fr/search?hl=en&a...
http://www.eere.energy.gov/troughne...
http://www.ines-solaire.fr/calsol/g...
à Marie Valentine,
Je ne m’en suis tenu qu’à une simple remarque sur les centrales solaires de puissance (au moins 1 Mw). En effet, soit elles restent encore d’extension limitée (les constructions du désert de Mojave ne dépassent pas quelques dizaines de Mw chacune, quelques centaines au total), soit elles correspondent à des projets très "futuristes" (tours géantes, miroirs en orbite circumterrestre...). La tentative française, ancienne maintenant, a peut-être souffert de la multiplication des réacteurs nucléaires mais il n’en reste pas moins vrai que le solaire thermique individuel pour l’habitat et le photovoltaïque dans les aires géographiques sans réseau, c’est à dire en relation avec une grande partie de la population mondiale, semblent avoir plus d’atouts.
http://cordis.europa.eu/fetch?CALLE...
Conférence sur l’énergie solaire thermique
[Date : 2007-04-26] La troisième conférence sur l’énergie solaire thermique se déroulera les 19 et 20 juin à Fribourg, en Allemagne.
La manifestation, sponsorisée par l’initiative Énergie intelligente de la Commission européenne, vise à offrir aux industries, aux organismes de recherche et aux politiciens une plateforme internationale pour débattre des développements actuels et à venir dans le domaine de l’énergie solaire thermique.
Les membres de la Plateforme technologique de l’énergie solaire thermique (European Solar Thermal Technology Platform- ESTTP) participeront à la manifestation et organiseront un atelier pour présenter et débattre de certains résultats préliminaires des groupes de travail de la plateforme.
Pour de plus amples informations, veuillez consulter le site :
Pari-Démocratique : "Le géothermique : avec 0,6 Twh et de faibles potentialités, peu d’espoir de ce côté même s’il ne faut pas mépriser les petits gains en matière de CO2 rejeté."
De quelle géothermie parlez-vous ? De la géothermie très basse énergie (pompes à chaleur), basse énergie ou haute énergie ? Concernant la géothermie haute énergie (profonde), le potentiel est énorme : beaucoup d’espoirs.
"1 km³ de roches refroidi de seulement 20°C, libère autant d’énergie thermique que la combustion de 1 275 000 tonnes de pétrole." http://www.soultz.net/fr/technologie/
Oui à l’énergie nucléaire,car c’est la mieux maitrisée et la moins chere.
Il convient d’en finir avec ce discours de gauchistes des années 68,qui refusaient l’évolution de la société (a l’époque ils voulaient aussi supprimer la croissance économique ! :-)))
Grace à Nicolas Hulot,nous avons pu etre débarassé du parti des verts,qui,avec des discours extrèmistes faisaient de l’écologie-politique d’extrème gauche.
Merci Mr Hulot,grace à vous,nous n’aurons plus à entendre les débilitées de ces intégristes.
Avez vous lu dans la presse scientifique ,qu’il se produit actuellement sur la planète MARS,un réchauffement climatique !
LA FAUTE A QUI ??????????????? :-))
" Avez vous lu dans la presse scientifique ,qu’il se produit actuellement sur la planète MARS,un réchauffement climatique ! LA FAUTE A QUI ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? "
Réponse : Très vraissemblement à une variation de l’albedo de la planète (liée à des tempêtes de sable). L’irradiance solaire n’a pas varié depuis 30 ans.
Référence :
Mars hots up Dust storms and dark rocks are making the red planet hotter. http://www.nature.com/news/2007/070...
Global warming and climate forcing by recent albedo changes on Mars Lori K. Fenton1, Paul E. Geissler3 & Robert M. Haberle2
Nature 446, 646-649 (5 April 2007) | doi:10.1038/nature05718 ; Received 6 September 2006 ; Accepted 22 February 2007 There is a Corrigendum (5 April 2007) associated with this document.
Carl Sagan Center, Space Science Division, NASA Ames Research Center, Moffett Field, California 94035, USA US Geological Survey, Flagstaff, Arizona 86001, USA Correspondence to : Lori K. Fenton1Paul E. Geissler3 Correspondence and requests for materials should be addressed to L.K.F. (Email : fenton@mintz.arc.nasa.gov) or P.E.G. (Email : pgeissler@usgs.gov).
For hundreds of years, scientists have tracked the changing appearance of Mars, first by hand drawings and later by photographs1, 2. Because of this historical record, many classical albedo patterns have long been known to shift in appearance over time. Decadal variations of the martian surface albedo are generally attributed to removal and deposition of small amounts of relatively bright dust on the surface. Large swaths of the surface (up to 56 million km2) have been observed to darken or brighten by 10 per cent or more3, 4, 5. It is unknown, however, how these albedo changes affect wind circulation, dust transport and the feedback between these processes and the martian climate. Here we present predictions from a Mars general circulation model, indicating that the observed interannual albedo alterations strongly influence the martian environment. Results indicate enhanced wind stress in recently darkened areas and decreased wind stress in brightened areas, producing a positive feedback system in which the albedo changes strengthen the winds that generate the changes. The simulations also predict a net annual global warming of surface air temperatures by 0.65 K, enhancing dust lifting by increasing the likelihood of dust devil generation. The increase in global dust lifting by both wind stress and dust devils may affect the mechanisms that trigger large dust storm initiation, a poorly understood phenomenon, unique to Mars. In addition, predicted increases in summertime air temperatures at high southern latitudes would contribute to the rapid and steady scarp retreat that has been observed in the south polar residual ice for the past four Mars years6, 7, 8. Our results suggest that documented albedo changes affect recent climate change and large-scale weather patterns on Mars, and thus albedo variations are a necessary component of future atmospheric and climate studies.
Un rapport dénonce la promotion de l’énergie nucléaire
http://www.mre.gov.br/portugues/not...
http://www.francematin.info/Un-rapp...
Le rapport : Secure Energy ? Civil Nuclear Power, Security and Global Warming http://www.oxfordresearchgroup.org....
Silvia,
Vous avez créé un magnifique site sur le patrimoine naturel de l’Argentine, site que vous indiquez en bas de vos messages : http://www.tvargentine.com
Mais vous vous moquez aussi de ceux qui s’inquiètent des conséquences du réchauffement. C’est paradoxal...
Savez-vous qu’au Chili et en Argentine, le réchauffement met en péril l’Alerce, un arbre très rare qui peut vivre jusqu’à 3000 ans ?
( source : http://cultureetloisirs.france2.fr/... )
Savez-vous que les glaciers de patagonie reculent très rapidement à cause du réchauffement anthropique ?
" En recul depuis la fin du dernier âge glaciaire, les glaciers accélèrent leur fonte depuis une vingtaine d’années. Les chercheurs du laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement de Grenoble l’ont dûment constaté dans les Alpes grâce à des carottages. Idem pour les glaciers de Patagonie, qui maigrissent de 43 kilomètres cubes chaque année. Idem pour les glaciers himalayens, qui reculent de 30 à 40 mètres par an. Idem pour les glaciers andins..."
Lorsque l’on parle des réseves mondiale d’une ressource et spécialement dans le cas des énergies l’on cite presque toujours le Rapport R/P soit [ressources prouvées] / [consomation annuelle] ce type d’analye donne les 40 ans de réserves de pétrole cité par l’auteur
C’est un mauvais indicateur pour juger de la taille d’une réserve :
Primo quand on parle de [ressources prouvées] il s’agit plus de chiffres dicité par les politiques que par les géologue. C’est se phénomène explique en partie pourquoi depui 40 ans on a 40 ans de réserves. L’exemple le plus frappant illustrant ce phénomène : dans les années 85 l’OPEP a fait passer ses réserves prouvées de 400 milliards de barils a 700 milliards de barils. Cette exemple montre que des raisons uniquement politiques (guerre des quotas) ont augmenté les réserves de pétrole de 10 ans. Il est a notter que de nombreux géologues doutent de la réalité des augmentations politiques des réserves et qu’une fuite du gouvernement koweitien début 2007 a laissé entendre que les réserves réelles était 2 fois moindre que les réserves officielle ...
Secondo il faut bien se rendre compte qu’extraire du charbon/gaz pétrole ne revient pas a ouvrir les vannes d’un résevoir et a laisser le réservoir se vider gentiment comme l’on ferrait avec un tonneau de vin. Si cette comparaison peut etre possible pour le pétrole conventionel et le gaz, elle ne l’est pas pour le reste des ressources énergétiques. L’on serra obligatoirement face a des problèmes de débit de production. pour shématiser :
dans un premier temps on faisait un trou puis le pérole jaillissait
puis on c’est mis a devoir le pomper
puis on a du injecter gaz / eau dans les puits
puis on s’est mis a laver du sable englué par du pétrole (sable bitumineux)
Parler de réserve de X ans laisse entendre que l’on peut connsomer au meme rythe qu’aujourd’hui durant Xannes une ressource et que la X+1ème années il n’y aura rien c’est complètement irréaliste, et si ca devait marcher comme cela il ne ferra pas bon vivre a l’an X+1...
tertio si le but de l’extraction du pétrole gaz charbon est de produire de l’énergie. Le jour ou l’extraction de ces ressources consomme plus d’energie que l’on en retire, il n’y a plus aucun sens de les exploiter Pour avoir un ordre d’idée, pour produire 2 barils de pétrole issu de sable bitumineux on en consomme 1 et ce sans prendre en compte l’energie grise. Pour palier a ce problème des études portte sur l’instalation de centrale nucléaire a proximité des gisement de sable bitumineux... Dans le meme ordre idée, les biocarburants issu du mais ont un bilan énergétique négatifs
La seule indication valable que donne le rapport R/P est le rythme de consomation. R/P 40 ans signifie que chaque année l’on consome 2.5% de notre capital
Je trouve simplement tout a fait justes ces remarques sur les disponibilites en ressources naturelles. C’est rigolo que les Canadiens pensent au nucleaire pour extraire le petrole.
La consommation mondiale d’uranium est de 67.000 tonnes par an, la production de 42.000 tonnes. La différence de 25.000 tonne provient des stocks civils et militaires qui seront épuisés en 2015. L’uranium est une ressource limitée dont le maximum de production mondiale se situe vers 2020 (hypothèse la plus probable) ou 2025-2030. C’est comme le "peak oil" pour le pétrole vers 2010 (ou un plateau de 2006 à 2010) avant une diminution de la production. Les travaux officiels de prospective énergétique indiquent un maximum de la production d’électricité nucléaire vers 2020 en France, puis une diminution à partir de 2030.
Les anciennes centrales vont être arrêtées à partir de 2015-2020 et la puissance totale des nouvelles centrales prévues sera inférieure à celles arrêtées (si ces nouvelles centrales sont construites, ce qui n’est pas certain).
Malgré les efforts de prospection depuis 2000, les résultats sont bien maigres.
La mine de Cigar Lake a déjà été inondée deux fois alors qu’elle n’est pas encore prête pour l’exploitation. C’est une mine souterraine dans un terrain imbibé d’eau comme une éponge et ce terrain doit être congelé (énorme dépense d’énergie) pour que les engins puissent creuser et extraire le minerai.
Les réserves ont augmenté par un simple changement de nomenclature, sans aucune découverte nouvelle. Mais la plus grande partie de ces réserves est spéculative, avec une très faible probabilité d’être réellement transformées en extraction de minerai (5% ou 10% de probabilité).
Depuis les années 1950, la fusion est promise pour dans 50 ans. C’est toujours la même promesse, toujours dans 50 ans. Des réacteurs de type Iter ne pourront pas être produits de façon industrielle avant 2060 (selon ses partisans les plus optimistes), avant 2100 ou jamais selon les physiciens les plus réalistes.
Toutes les dépenses considérables pour le nucléaire seraient beaucoup mieux employées pour développer les énergies renouvelables, en particulier le solaire thermique et photovoltaïque.
Sans compter que le nucléaire ne nous apporte aucune indépendance énergétique (tout l’uranium est importé) et qu’il produira de plus en plus de CO2 à mesure que les mines seront plus difficile à exploiter (excavatrices, pelleteuses, camions ... concassage, extraction, transport, enrichissement ...).
à Dagobert,
Je partage en partie votre point de vue :
sur la limitation des ressources minières d’uranium, vous prenez vraiment le contrepoint de G. Jacquin ; la réalité se révèlera peut-être entre vos positions mais de toutes façons, la fin de l’U235 n’est pas si lointaine.
sur ITER et la fusion, c’est un pari effectivement loin d’être gagné. En revanche, vous ne dites rien sur les générateurs de 4ème générations, un pari également mais qui semble plus gagnable.
Bien d’accord avec vous sur l’insuffisance des efforts financiers sur les énergies renouvelables. C’est pour cela que je concluais mon article sur les avantages qu’il y aurait à concentrer ces efforts sur les énergies renouvelables ET les générateurs de 4ème génération plutôt que s’engager dans l’EPR justifiable aujourd’hui d’abord et surtout pour des raisons commerciales.
Ressources d’uranium, A Dagobert, Pari et autres auteurs,
Bonjour,
L’Agence de l’organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) a publié en août 2006 un "Livre Rouge" sur les dépenses et ressources en uranium dans le Monde.
J’en cite quelques extraits :
Les ressources conventionnelles en uranium qui peuvent être exploitées à moins de 50 $/livre d’U3O8 (soit 130 £/t d’U) sont estimées à environ 4,7 millions de tonnes, suffisantes pour assurer pendant 85 ans les besoins au niveau de 2004 (soit 67 000 t).
Les ressources conventionnelles totales sont estimées à 15 millions de tonnes (non compris les mines de phosphates) ce qui rend l’OCDE/AEN optimiste pour l’approvisionnement futur de l’énergie nucléaire, même avec des besoins qui peuvent atteindre de 80 000 à 100 000 tonnes en 2025.
En effet, en 2005, on compte 440 réacteurs d’une puissance totale de 369 GWe (1 GWe = 1000 MWe = 1 000 000 de kilowatt électriques). En 2025 la production nucléaire devrait atteindre 530 GWe ce qui corespond à un besoin de 80 à 100 000 tonnes.
La production d’uranium à partir des mines de phosphates devrait permettre d’augmenter les ressources à 22 millions de tonnes supplémentaires.
La production d’uranium à partir de l’eau de mer serait quasi illimitée (faisabilité technique démontrée par les Japonais).
De plus si on utilisait les réacteurs à neutrons rapides de la 4 ième génération (vers 2040) l’OCDE/AEN affirme que ces ressources assureraient alors une durée de fonctionnement de plus de ... 200 000 ans.
Vous trouverez des informations à peu près similaires dans :
Le Monde du 3 juin 2006
AFP du 10 juin 2006
Fresh Fuel du 19 juin 2006
etc...
Bien cordialement. Pierrot
Les commentaires à mon article sont parfois contradictoires (ce qui illustre l’intérêt du débat) mais ils entrainent aussi une certaine confusion, notamment sur les ressources minières en uranium. Aussi, faut-il préciser.
Les réacteurs actuels (génération II) et même, à peu de chose près, l’EPR, utilisent le combustible U235. Les minerais contiennent essentiellement de l’U238 avec seulement 0,7% d’U235. Il faut donc procéder à un enrichissement qui conduit à laisser non utilisé de l’uranium appauvri contenant encore 0,3% d’U235.
Actuellement, les ressources minières n’assurent que 60% environ de la demande pour l’alimentation de l’ensemble des réacteurs en service, le reste provenant de stocks, en particulier militaires disponibles après les accords de désarmement. Mais on considère que cet approvisionnement secondaire sera épuisé entre 2015 et 2020.
L’augmentation du parc de réacteurs à U235 est raisonnablement compatible avec les ressources minières jusqu’en 2020 à condition que l’exploitation de ces ressources se développe à un rythme particulièrement intense.
Il ne suffit donc pas de se référer à l’existence de ressources assurées, extrapolées ou hypothétiques mais il convient de prendre en considération la plausibilité de leur exploitation tant sur le plan technologique qu’économique. C’est particulièrement vrai pour l’uranium contenu dans certains minerais de phosphate ou l’eau de mer, de toute façon problématique en terme d’U235.
Puisque plusieurs commentaires citent les données de l’IAEA et de l’OCDE, suivent quelques citations illustrant les points ci-dessus.
http://www.notre-planete.info/actua...
De la dernière édition (du livre rouge OCDE), on retiendra également que : À la fin de 2002, la demande mondiale d’uranium atteignait 67 000 tonnes, un chiffre en léger retrait par rapport à l’année précédente. La production s’établissait à 36 000 tonnes, près de 55% des besoins en uranium des réacteurs, le reste de l’approvisionnement faisant appel aux sources secondaires. Globalement, les ressources n’ont pas évolué entre 2001 et 2003 (les ressources classiques connues représentent 4,6 millions de tonnes et les ressources classiques non découvertes sont de 10 millions de tonnes). Selon les prévisions actuelles, la capacité théorique de production jusqu’en 2020 ne peut à elle seule répondre à la demande mondiale dans l’hypothèse basse comme dans l’hypothèse haute retenues pour la demande.
http://www.nea.fr/html/ndd/reports/...
IAEA et OCDE
Uranium 2005 – Ressources, production et demande (résumé en français)
…/…
Conclusion
La consommation mondiale d’électricité devrait continuer d’augmenter au cours des prochaines décennies pour satisfaire les besoins liés à la croissance démographique et au développement économique. L’électronucléaire continuera de jouer un rôle significatif dont l’importance exacte demeure toutefois incertaine. Quel que soit le rôle que l’énergie nucléaire sera amenée à jouer en fin de compte, la base de ressources en uranium décrite dans le présent ouvrage suffira à répondre aux besoins futurs projetés. Cependant, on ignore encore si ces ressources pourront être mises en valeur dans les délais requis pour satisfaire la demande future en uranium.
http://www.industrie.gouv.fr/energi...
Besoins en énergie et ressources en uranium.
Discours de M. Dominique Maillard, directeur général de l’énergie et des matières premières (DGEMP), convention de la SFEN, 13 et 14 juin 2006
La capacité nucléaire installée dans le monde représente aujourd’hui 360 GWe. Une multiplication de cette capacité par 3 à l’horizon 2050 nécessiterait de consommer ou d’engager environ 15 millions de tonnes d’uranium, soit l’équivalent des réserves et des ressources conventionnelles connues à ce jour.
Au-delà de ces réflexions, il est indispensable de réfléchir dès maintenant au programme des réacteurs de génération IV qui permettront le moment venu de prendre la relève lorsque les ressources en uranium commenceront à s’épuiser.
Bonjour monsieur pari_démocratique,
vos informations sont exactes.
Cependant il existe un "livre rouge" de l’OCDE/AIE plus récent : édition d’août 2006 (au lieu de 2002 selon votre référence).
Les valeurs et perspectives sont cependant quasi inchangées par rapport à celle éditées en 2002.
Bien cordialement. Pierrot.
A propos des chiffres du "livre rouge", voici ce que dit l’OCDE dans une étude sur quarante années de "livre rouge".
Dans une longue étude (300 à 400 pages) faisant la rétrospective de 40 ans de publications sur le nucléaire, l’OCDE fait l’historique des réserves "prouvées" (RRA : réserves raisonnablement assurées) d’uranium.
Ces réserves varient considérablement au fil des années, avec quelques valeurs très significatives par leur aspect aléatoire et peu sérieux. Par exemple, pour toutes les réserves "prouvées" RRA au coût maximum (130 dollars / kg Uranium) :
1976 : 1.810 kt U (kilo tonnes, milliers de tonnes d’uranium)
1979 : 2.580 kt
1980 : 2.000 kt
1993 : 2.038 kt
1995 : 2.951 kt
2001 : 2.853 kt
Ainsi, les réserves "prouvées" au coût maximum (il ne s’agit donc pas de changement de catégorie de côut) augmentent de 42% en 3 ans, puis diminuent de 22% en une année, augmentent ensuite de 45% en 2 ans. Pas sérieux tout cela. Qui va croire de tels "experts" ?
Pour les prévisions futures de puissance nucléaire installée, cela a toujours été du délire (des prévisions à 15 ans 3 à 5 fois supérieures à la réalité constatée ensuite), même si ce délire s’est un peu calmé au fil des déconvenues.
L’énergie atomique inoffensive et inépuisable, page 8 du site www.savoir-ce-qu-est-l-unive...
Vite, mais vite, l’énergie atomique inoffensive et INEPUISABLE, page 8 du site www.savoir-ce-qu-est-l-unive....









