Article publié le 31 juillet 2008
Les biocarburants sont soudain apparus, il y a maintenant quelques années, comme une des solutions à la pénurie qui se rapproche de carburants et à la lutte contre le réchauffement climatique. Grâce, dans ce dernier cas, à une argumentation spécieuse dite "de la terre à la roue" qui permet de soustraire des émissions de CO2 du moteur, le CO2 absorbé par la plante durant sa croissance sous le prétexte que la période pendant laquelle se passait la croissance de la plante jusqu’à sa consommation comme carburant était annuelle. Car, en ce qui concerne les émissions brutes de CO2 émises par les biocarburants lors de leur combustion, elles sont rigoureusement identiques à puissance émise égale à celle d’un carburant pétrolier.
Lorsque l’on consomme un carburant d’origine pétrolière, on remet finalement en circulation dans l’atmosphère du carbone qui y a été emprisonné il y a des millions d’années. C’est également vrai d’ailleurs pour toute combustion de charbon, de tourbe ou de lignite ou encore de gaz.
L’histoire ne dit pas non plus si lorsque l’on effectue ce calcul
d’émission de CO2 "de la terre à la roue", on tient compte du CO2 qui
aurait été piégé par toute autre culture qu’une culture "à
biocarburants". En fait ce calcul ne tient que si les végétaux utilisés
pour produire ces biocarburants l’ont été sur des terres en
jachères. C’est la raison peut-être pour laquelle l’OCDE dans un rapport
sur les biocarburants qui vient de paraître, s’étonne du peu d’impact de
leur utilisation, maintenant assez répandue, sur les émissions globale
de CO2 qu’elle estime à moins de 1% de diminution ...
L’OCDE a donc refait dans son rapport le calcul réel de l’efficacité environnementale des biocarburants
des différents types connus en tenant compte de toute l’énergie
consommée pour les produire, de celle utilisée par le tracteur et les
équipements qui sont utilisés pour les planter, les traiter et les
ramasser à celles nécessaires pour transformer les végétaux en Ethanol (moteur à essence) ou en ester d’huile végétale pour le gazole des
moteurs diesels.
Les résultats ci-contre montrent que seul l’éthanol issu de la culture de la canne à sucre est efficace à 80 %, c’est à dire ne consomme pour sa production que 20 % de l’énergie qu’il rend lors de sa combustion dans un moteur. Tous les autres biocarburants produits à partir de cultures de blé, de maïs, de betterave ou de colza ou de tournesol consomment pour leur culture et leur transformation en carburant entre 40 et 60 % de l’énergie qu’ils restituent dans les moteurs !
Pourquoi cet avantage pour la canne à sucre ? Parce que la coupe de la canne à sucre est toujours assurée manuellement et à pas cher et que la paille des cannes, la bagasse, est utilisée comme combustible dans le processus de distillation de l’alcool alors que les processus dans les pays développés sont infiniment plus mécanisés donc coûteux en énergie.
C’est dire que ce n’est pas brillant comme efficacité environnementale. Si vous rajoutez à cette efficacité discutable le fait qu’il faut investir lourdement pour les produire (cf les véritables unités de raffinage que vous pouvez trouver dans les campagnes pour les produire), que vous utilisez des surfaces arables qui seraient autrement utilisées pour la nourriture humaine et que toute cette production est fortement subventionnée, vous croyez rêver.
Ces éléments étaient évidents dès le départ pour tout scientifique
et étaient même connus à quelques pourcents prêts. Pourquoi alors nous
sommes-nous lancés tête baissée dans ces cultures pour découvrir
aujourd’hui qu’elles n’apportent pas grand chose à la lutte contre le
réchauffement climatique ? Une combinaison du lobby agricole qui a sauté sur un débouché prometteur pour notre agriculture en recherche de revenus, de la pression des ONG écologistes
qui comme chacun sait soutiennent des positions sur les principes sans
jamais faire les calculs de ce que ça coute et de ce que ça rapporte,
du relai des médias qui nous offrent toujours ce que nous voulons entendre parce que ça fait vendre et bien sûr, à cause du besoin de nos hommes politiques de montrer qu’il font des choses importantes et dans le vent pour les populations. Le défaut de la cuirasse bien connu de la démocratie ...
Que va t-il se passer maintenant ? On va poursuivre sur les biocarburants mais à plus petite vitesse, avec bien moins de subventions et en passant aux biocarburants de seconde génération, ceux qui ont un rendement semblable à celui de l’ethanol de canne à sucre. Et on va enfin se décider à subventionner les actions qui sont susceptibles d’apporter le maximum d’économie à coût raisonable mais qui sont bien moins "glamour" et médiatiques que les biocarburants ... l’amélioration de l’habitat ancien bien sûr.
On peut avoir un peu plus de précisions grâce à l’étude qui a été faite par l’ADEME, mais globalement elles rejoignent les conclusions qui sont énoncées ici. J’ajouterai que je connais bien les conditions de production de la canne à sucre au Brésil, premier producteur mondial d’éthanol de canne à sucre, et elles sont socialement très dures. On paie les ouvriers à la tâche, avec obligation de couper 9 à 10 tonnes par jour, pour des salaires de misère.
J’ai affiché sur mon blog et sur Naturavox des informations concernant des documentaires réalisés sur ce sujet.
pression des ong ecologistes en faveur des agrocarburants ?? peut on avoir des précisions ?
laisse, c’est un gros troll de la part de çadérange, qu’il sera bien en peine d’argumenter lol. Toutes les ONG que je connaisse tirent à boulets rouges sur les biocarb depuis 2-3 ans au moins (i.e depuis qu’on en parle).
Pour lui ONG = anti nucléaire (ça effectivement c’est un fait, et pour cause) = doit endosser tous les maux de la planète ... (c’est eux qui sont responsables du réchauffement, c’est bien connu...)
Il y a quelque temps, à l’époque de la grande mode des bio-carburants, contre lesquels je cherchais des arguments sur internet, je n’avais rien trouvé sur le sites officiel du parti des Verts ni sur celui de greenpeace. Un silence complice ?












