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Jaime Lerner, l'acupuncteur urbain...

Ou comment une métropole brésilienne devient un modèle de développement durable urbain

Article publié le 22 octobre 2007

Jaime Lerner, l'acupuncteur urbain...

Non, grande ville n’est pas forcément synonyme d’environnement dégradé. Le cas de la ville de Curitiba (environ 500 000 habitants en 1970, 2 millions aujourd’hui) au Brésil en est l’un des exemples. Quand il prend la mairie de Curitiba en 1971, l’architecte et urbaniste Jaime Lerner ne veut pas des solutions toutes faites. Plutôt que de construire le coûteux métro qu’on lui propose, il redessine le réseau de bus urbain. Les compagnies de bus ne seront pas subventionnées au nombre d’usagers mais au nombre de kilomètres desservis. Les réseaux de banlieux se développent donc facilement. Résultat : de 1 habitant sur 30 utilisant les transports en commun en 1972, ils sont aujourd’hui 3 sur 4 à les utiliser.

Pour gérer les déchets de la ville, il met en place une campagne participative de tri sélectif. Les déchets organiques seront compostés (utilisés comme engrais biologique par les fermiers du territoire). Les plastiques, le papier et le verre sera recyclé. Il propose également un programme "déchets contre nourriture" à destination des populations pauvres des favelas. La ville rachète aux pêcheurs les déchets pris dans leurs filets. Au final, 70% des habitants trient leurs déchets (contre 14% à Paris).
Et il met du vert. Beaucoup de vert. Avec, encore une fois, la participation de ses concitoyens par le biais d’un programme appelé "La municipalité vous offre de l’ombre, vous offrez de l’eau". 0,5 m2 d’espace vert par personne en 1970. 52 m2 par personne aujourd’hui (malgré le quadruplement de la population de la ville).

La politique sociale de la ville n’est pas en reste. Elle créé 360 crèches, 120 hôpitaux (dont certains sont totalement gratuits), 50 "phares du savoir" où les enfants peuvent gratuitement emprunter des livres et utiliser du matériel multimédia. La ville propose aux entreprises d’"adopter" un enfant de la rue qui obtient ainsi un repas et un moyen de sortir de la délinquance par le travail.

Il ne quittera son poste qu’en 1992, en pleine gloire, après avoir totalement révolutionné l’écologie urbaine et la face de sa métropole.
Aujourd’hui, si l’on interroge les habitants de la ville, 99% pensent vivre dans la ville où la qualité de vie est la meilleure au monde.

Difficile de changer la ville ? "N’importe quelle ville peut être changée en moins de deux ans !" affirme-t-il. Comment ? Avec une forte volonté politique, beaucoup de créativité et un bon sens de la communication.

Il ne reste plus qu’à !

En savoir plus :

  • 80 Hommes pour changer le monde, Entreprendre pour la Planète, de Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux
  • L’acupuncture urbaine, Jaime Lerner
  • Site web de Jaime Lerner : www.jaimelerner.com
Thèmes

Transports Développement durable Sensibilisation Ville Urbanisation Développement local Expérimentation Responsabilité sociale

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64 votes

commentaires
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(IP:xxx.xx3.228.225) le 24 octobre 2007 à 23H25

Très intéressant, vraiment. Où peut-on trouver d’autres renseignements sur cette histoire ?

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par alter-éc(h)o (IP:xxx.xx1.246.94) le 25 octobre 2007 à 06H54

En effet c’est une très belle initiative qui mérite qu’on s’y intéresse au delà des quelques lignes que j’ai écrites. En ce qui me concerne, j’avais découvert ce personnage par le biais de l’excellent livre de Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux que je cite en fin d’article. Ils lui consacrent 5 ou 6 pages. Aussi, pour aller plus loin encore, il y a des articles sur internet (wikipedia notamment, chercher plutôt l’article qui lui est consacré sur la version anglaise, beaucoup plus complète que la version française) mais le mieux reste encore de consulter son site web et son livre.

En espérant que ces exemples seront suivis chez nous en France comme ailleurs !

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(IP:xxx.xx9.129.24) le 25 octobre 2007 à 06H31

Exemplaire.Au Brésil, le meilleur, voire l’excellent, côtoie le pire...

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par alter-éc(h)o (IP:xxx.xx1.246.94) le 25 octobre 2007 à 07H00

Malheureusement le Brésil, comme beaucoup d’autres pays qui ont subi un développement urbain rapide au cours des dernières décennies (Inde, Chine, etc.), a eu beaucoup de mal à maîtriser son urbanisation. Ca donne des situations catastrophiques (le "pire" comme vous dites) qui ne profitent à personne. Mais cet exemples permet d’illustrer que ce n’est pas une fatalité, qu’on peut améliorer la situation dans des villes déjà saturées mais aussi et surtout mieux préparer les futurs exodes pour ne plus les subir comme par le passé.

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par ZEN (IP:xxx.xx9.129.24) le 25 octobre 2007 à 09H05

D’accord avec vous, mais le Brésil doit mettre un frein à l’urbanisation sauvage, conséquence entre autres de la toujours plus grande concentration des terres par les puissants intérêts de l’agrobusiness (parfois étrangers), qui provoque l’exode des plus démunis. Le développement de la culture du soja à grande échelle, aux dépends des terres fragiles du fin fond du Matto Grosso et maintenant d’une partie de l’Amazonie éloigne le Brésil de la nécessaire réforme agraire qui permettrait aux innombrables "sans terre" de vivre dignement de cultures vivrières en toute autarcie. Il prépare aussi des désastres écologiques majeurs...

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