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IRENA, une grande trahison française pour de bien petits intérêts nucléaires

Article publié le 22 juillet 2009

IRENA, une grande trahison française pour de bien petits intérêts nucléaires

L’IRENA, la nouvelle agence internationale pour les énergies renouvelables va être dirigée par un pays nucléaire - la France - et basée dans un émirat pétrolier - Abou Dhabi. Les allemands, à l’origine du projet IRENA, sont les dindons de la farce d’une diplomatie occulte au service des énergies fissiles et fossiles.

Selon les informations de La Lettre A, journal électronique de vieille économique et politique, les dirigeants des Emirats arabes unis ont mis un marché entre les mains du gouvernement français : "Si vous ne soutenez pas notre candidature pour abriter le siège de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), vous n’obtiendrez pas le contrat pour la construction de centrales nucléaires".

C’est ainsi que la France a retourné la veste de la solidarité européenne au dernier moment, lâchant la candidature de Bonn en Allemagne, pour voter et faire voter pour Abou Dhabi aux EAU. Le sommet du 29 juin à Charm el-Cheikh aura été celui du sacrifice européen et du divorce des intérêts franco-allemands. Paris a préféré défendre le consortium Areva/Total/GDF-Suez/EDF, qui devait répondre début juillet à l’appel d’offres de l’émirat pour deux centrales EPR, plutôt que favoriser le développement de l’industrie allemande et européenne des énergies renouvelables, dont l’IRENA aurait été un porte flambeau.

Le prix de la trahison, en sus de deux EPR : le poste de Directeur Général de la nouvelle agence IRENA pour la française Hélène Pelosse, directrice adjointe du cabinet de Jean-Louis Borloo jusqu’à sa nomination. Une DG qui a pour lettre de mission officieuse de faire passer le nucléaire comme une énergie presque renouvelable, une technologie à faible émission de carbone qui aurait la vertu d’être économique… Critère de réussite de cette inspectrice générale des finances, pur produit de notre administration atom’cratique : fourguer un EPR entre deux tranches de solaire.

Mettre dans les mains du lobby nucléaire français et d’un émirat pétrolier, l’agence internationale sensée accélérer le développement des énergies renouvelables, seules alternatives aux fissiles et aux fossiles à moyen terme, paraît paradoxale. Une connerie si l’on est moins poli. C’est de bien mauvais augure pour ceux qui croyaient en une nouvelle agence internationale à l’œuvre pour disséminer l’énergie de la paix. L’industrie écolo bien trop naïve, c’est fait avoir au coin du bois par les vieux renards du fissile et du fossile aux intérêts convergents. La diplomatie allemande est partie la fleur au fusil, confiante en son industrie leader mondiale du domaine pour preuve de légitimité. Elle s’est fait détrousser par quelques félons énarques français vendus à l’atome, en embuscade avec quelques cheiks arabes assis sur leur tas d’or noir… L’IRENA est sous contrôle, l’avènement des énergies renouvelables peut bien attendre encore 20 ans !

L’enjeu fondamental des acteurs de l’énergie fissile ou fossile, alors que tout prédispose à l’explosion mondiale du développement des énergies renouvelables maintenant, n’est-il pas de retarder leur avènement malgré les apparences ? Contrôler l’IRENA, c’est tenter de contrôler la pénétration accrue des énergies alternatives. Contrôler l’IRENA, c’est gagner encore quelques années de superprofits, jusqu’à la dernière goute de pétrole, jusqu’à la dernière boulette d’uranium,… Pas dit que l’intérêt général réside dans cet intérêt particulier, bien au contraire. Ni que la France de judas aura participé à l’accélération de la révolution énergétique (indispensable à cause de l’effet de serre) en faisant le lit des énergies renouvelables bordé de centrales atomiques. Une grande trahison pour de bien petits intérêts nucléaires…

Victimes collatérales de la trahison française :

  • la cohésion européenne et l’ambition que les énergies renouvelables deviennent un nouveau ciment de cohésion communautaire, comme la Directive 20 % EnR 2020 le laisserait présager.
  • le couple franco/allemand, où Sarkozy a trahi des intérêts stratégiques outre-Rhin.

    Bien peu, si l’on compte en EPR ...

Thèmes

Energie

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commentaires
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par Amede (IP:xxx.xx0.48.26) le 22 juillet 2009 à 17H01

Voila une présentation du sujet assez particulier.J’ai l’impression de lire un "soixantehuitard" revanchard !"Une connerie de plus"pour employer les mêmes termes. Qui vous a dit que les français ont trahi ? C’est vous. Le mot trahison en langage diplomatique serait déplacé.Seriez vous si sur que cette opération n’a pas été faite en collaboration avec les voisins allemands qui vont aussi participer avec une bonne partie en technologie et matériel. A moins que le fait que ce soit fait chez "quelques cheiks arabes assis sur leur tas d’or noir… " vous dérange. Vous auriez apprécié que cela se fasse en Israël, Héloïm.

Amede

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par Héloïm Sinclair (IP:xxx.xx9.87.114) le 22 juillet 2009 à 18H38

Cher Amede,

Je suis heureux d’apprendre d’être un "soixantehuitard" d’un peu plus de 30ans ;-)

Pour cette "trahison", je n’ai rien inventé. C’est le retour que j’ai de mes amis de Bruxelles et Berlin, impliqués directement dans les négociations. La France a lâché Bonn, qqes jours avant la réunion. Les allemands ont du se contenter d’un lot de consolation et la cohésion européenne est partie en fumée.

C’est donc une trahison européenne avérée pour la France. Une vraie faute diplomatique de mon point de vue, dans le seul but de conforter les intérêts nucléaires français !

Et si la France avait choisi Israël à la place d’Abou Dhabi, la trahison française n’aurait pas été moindre.

Cordialement

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par zygomar (IP:xxx.xx9.221.194) le 23 juillet 2009 à 09H56

"Je suis heureux d’apprendre d’être un "soixantehuitard" d’un peu plus de 30ans"

Comme le disait Brassens, l’âge ne fait rien à l’affaire.......

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par Pierrot (IP:xxx.xx1.23.48) le 23 juillet 2009 à 19H21

La France est certes un pays en pointe pour la production d’énergie nucléaire mais elle l’ai aussi pour les énergies renouvelables (hydraulique, éolien et récemment photovoltaïque).

Beucoup de pays s’accordent pour penser qu’elle est moteur dans ce domaine même si elle est partie avec un peu de retard losque ces énergies renouvelables étaient (et sont encore) diluées, aléatoires, de faible puissance et économiquement non rentables sans d’importantes subventions.

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(IP:xxx.xx3.70.22) le 25 juillet 2009 à 10H50

le nucléaire n’est pas plus rentable sans les subventions en construction (voire exportation ...), activités annexe (gestion des risques associés notamment : virer tous les gens qui bossent dans les agences et l’état fait d’énormes économies chaque année), néocolonisation des pays possédant les ressources, subventions en démantèlement (ça a tout juste commencé mais vous inquiétez pas, ça va prendre de l’ampleur). Le tout avec nos impôts.

Avec le nucléaire c’est pas compliqué : tout ce qui coute réellement est à la charge de l’état et tout ce qui rapporte va dans poche d’edf et consorts.

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