Article publié le 8 janvier 2009
En voilà une très bonne idée ! Pour un peu, ce serait presque la pierre
philosophale des cleantech, ou comment faire du propre à partir du
sale. C’est un article de The Economist qui nous raconte comment une
équipe de recherche sino-américaine a réussi à utiliser la ferraille,
celle qui finit dans les décharges ou dans la nature et dont on ne sait
jamais quoi faire, pour dépolluer l’eau usée émanant des industries les
plus lourdes (pharmacie, pétrochimie, textile).
C’est un enjeu
majeur pour nos sociétés qui consomment de l’eau en quantité, à titre
d’exemple, il faut environ un litre d’eau pour produire une calorie
d’aliment, et chaque américain consomme en moyenne 600 litres d’eau par
jour.
La technique imaginée par Wei-Xian Zhang, de l’Université
Lehigh en Pennsylvanie, et Luming Ma de la Tongji University à
Shanghai, est simple à comprendre en plus d’être « propre ». On
utilisait déjà de la poudre de fer pour retraiter les eaux
industrielles. Mais personne n’avait songé à utiliser de la ferraille
en quantité pour procéder à la dépollution de ces eaux. Au lieu de
faire circuler l’eau usée dans une série de réservoirs contenant des
agents chimiques dépolluants, l’idée est de faire passer les eaux usées
à travers la ferraille. Les agents chimiques des eaux usées sont alors
attirés par le fer, échangent des électrons qui rendent ces mêmes
agents dégradables (le fer s’oxyde à ce moment-là), donc nettoyables
plus facilement.
L’avantage de cette technique réside évidemment
dans son coût : la ferraille ne coûte presque rien, et on la trouve en
quantité dans les pays en développement. En Chine par exemple, le kilo
de ferraille coûte 0,2 dollars, contre plus de 100 dollars pour un kilo
de nano-particules de fer. Le calcul est vite fait ! La ferraille peut
être utilisée 2 ans avant de perdre ses qualités, mais peut également
être amélioré par un traitement au chlorure de cuivre, qui rend le prix
du fer à peine plus cher de 0,05 dollars par kilo.
Les résultats
sont épatants, avec un taux de dégradation du nitrogène de 13 à 85%, de
44% à 64% pour le phosphore et de 52% à 80% pour les colorants et
teintures. Une première unité de retraitement expérimentale traite déjà
60 000 mètres cubes d’eau à Shanghaï, une ville où les industries
polluantes sont légion. Plusieurs municipalités chinoises ont donc
invité les Dr. Wang et Ma à venir concevoir d’autres unités de ce type.
Une très belle idée, particulièrement pour les pays en développement, peut-être pourrait-on également y songer en Europe ?
Très bonne nouvelle ! :-) Sait-on si ce traitement permet également de nettoyer l’eau de d’autres particules problématiques chez nous, comme les molécules de médicaments (antidépresseurs notamment) ou les hormones féminines des contraceptifs qui se retrouvent dans nos eaux via les urines ?
On utilisait il y a qqs années du perchlorure de fer en très gdes qtés pour traiter les eaux usées, ce n’est plus le cas aujourd’hui ?
Le concept semble séduisant, mais où sont passés les polluants (plomb des peintures, métaux lourds, huiles,...) qui recouvraient toutes ces ferrailles ? Dans l’eau qu’ils sont sensés traiter ? Les chinois sont des magiciens. Ce genre de nouveauté nous permettra de consommer toujours plus de médicaments, produits chimiques, vêtements potentiellement toxiques,.....en ayant bonne conscience.











