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Automobiles : Errare Humanum Ouest

Article publié le 19 décembre 2008

Automobiles : Errare Humanum Ouest

On a attiré notre attention sur un très intéressant rapport toujours confidentiel concernant la voiture de 2030.

Pour la partie prospective, l’auteur a hélas dû faire appel à la méthode Delphi, dont nous avons déjà dénoncé le faible potentiel prophétique  : individuellement, chacun ayant tendance à s’imaginer un avenir qui lui convient, la synthèse de points de vue d’acteurs de la filière auto actuelle est donc forcément convenue et conservatrice.

Heureusement. L’auteur a aussi mené quelques instructives analyses : ainsi, il nous chiffre l’impact de la Vmax sur la consommation, à savoir en quoi le fait de prendre en compte une certaine vitesse maximale - même si en pratique, elle n’est atteinte que quelques minutes durant toute la durée de vie du véhicule ; lors de la conception du véhicule influe sur sa consommation moyenne, même en ville (page 102) :

l’accroissement de la vitesse de pointe de 10 km/h à la construction d’un modèle se traduisait par une augmentation de consommation de 0,4 à 0,7 l/100 km en ville et de 0,2 à 0,3 l/km sur route.
N’importe quelle voiture moderne (smart exceptée) est aujourd’hui conçue pour aller au moins à 180 km/h. Cela signifie qu’elle consomme de 2 à 3 litres de trop aux 100 km en ville par rapport à ce que fixerait son bon usage, notamment du fait du strict respect des limitations de vitesse.

S’il enterre avec nous le mythe de la voiture à hydrogène, le rapport tord trop vite le cou de l’auto électrique. Il souligne certes quelques inconvénients dont on parle peu, par exemple le chauffage de l’habitacle qui nécessitera une source annexe d’énergie. Mas des solutions existent, comme de petites cartouches de gaz type camping, qui permettent aisément de faire "sauter la contrainte".

Face au véhicule thermique quasi-parfait que nous connaissons, aucune alternative n’est aujourd’hui à la hauteur. Mais c’est aussi parce qu’on refuse d’envisager différemment l’usage de la voiture. Si on acceptait qu’il est rigoureusement interdit de dépasser les 130 km/h et que les voitures émettant du CO2 et des particules soient strictement bannies des centres villes, nul doute que les choses évolueraient. Mais pas forcément dans le sens des constructeurs, qui se verraient condamner à faire des voitures de moins en moins nombreuses et de moins en moins coûteuses.

Toute civilisation a le moyen de transport qu’il mérite, et non l’inverse : nous faisons une erreur en refusant d’adapter notre mode de vie pour satisfaire la viabilité à court terme d’une industrie. Alors que GM et Chrysler sont sur le point de disparaître, comment croire que l’Asie refera la même bêtise, de construire une industrie automobile incapable de se réinventer périodiquement, en fonction de l’évolution du contexte économique, environnemental et sociétal ?

Le développement durable de l’automobile, ce n’est pas de repeindre ses derniers modèles en vert, mais c’est de savoir faire disparaître proprement le paradigme actuel de l’automobile thermique et de préparer la croissance des nouveaux concepts.
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Energie Automobiles Energies fossiles

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commentaires
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par Swl (IP:xxx.xx4.56.233) le 19 décembre 2008 à 12H42

"Face au véhicule thermique quasi-parfait que nous connaissons", de qui parlez vous ? De vous ou de nous ? Parce que en ce qui nous concerne 1,5t de technologie de pointe pour transporter au mieux 5x70 kg de viande, c’est loin d’être parfait non ?

"Mais pas forcément dans le sens des constructeurs, qui se verraient condamner à faire des voitures de moins en moins nombreuses et de moins en moins couteuses." Très amusant ! Si moins chères, nous pouvons et vous pourriez aussi d’ailleurs, imaginer que donc accessibles à un plus grand nombre non ? Accessoirement 3 machins de 500 kg chacun consomme bien plus de matières premières et d’énergie qu’un seul truc d’1,5t non ? Suffit de compter le nombre de PNEUS ! Et la vitesse de déplacement n’a rien à voir la dedans.

"Le développement durable de l’automobile (ça c’est la meilleur !), ce n’est pas de repeindre ses derniers modèles en vert, mais c’est de savoir faire disparaître proprement le paradigme actuel de l’automobile thermique et de préparer la croissance des nouveaux concepts."

Vous, moquer nous....de la "croissance" de concept pour du "développement durable".....d’un moyen de transport individuel ?

C’est quoi ce délire ?

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(IP:xxx.xx6.229.123) le 19 décembre 2008 à 18H40

L’article a le mérite de poser quelques bases incontournables.

@ Swl : pas sûr qu’en diminuant le coût des voitures, il y en ai beaucoup plus en circulation ou en construction. Mais c’est effectivement un risque, du type de ceux qu’on appelle, dans le jargon des ingénieurs écologue, "les effets rebond".

Il y a cependant un moyen de diminuer ce risque, tout en améliorant les véhicules individuels à moteur et promouvant les véhicules de type bicyclettes et les transports en commun :

Il s’agirait de limiter, dans un avenir proche, la seule variable d’ajustement existant aujourd’hui, à savoir la vitesse maximale autorisée. Il le faudrait de façon drastique (70 ou peut-être même 60 ou 55 km/h , y compris sur les autoroutes), et de façon universelle.

Une telle proposition s’attaque certes à l’image d’une certaine modernité passant par une mobilité « rapide », mais elle s’appuie sur des données physiques incontournables, et se révèle au final résolument progressiste.

D’un point de vue physique, Il faut d’abord comprendre et considérer que l’augmentation de l’énergie nécessaire pour amener et maintenir un véhicule à une vitesse élevée est une fonction exponentielle de la vitesse, qui dépend de la résistance de l’air ,du poids du véhicule, de la résistance au roulement et de l’accélération. Ainsi pour un rendement théorique donné et à trajet égal, la consommation en énergie d’un véhicule roulant à 50km/h est divisée par un facteur ∛/2 par rapport au même véhicule circulant à 100 km/h.

Une réduction drastique de la vitesse maximale autorisée induirait donc une réduction encore plus drastique de la puissance des moteurs (électriques, thermiques ou chimiques), et par voie de conséquence de la consommation d’énergie et de la pollution.

ll faut ensuite considérer que le "peak oil" est déjà derrière nous. Si l’ensemble des habitants de la planète revendique un droit à rouler à plus de 100km/h max, en l’état actuel de nos connaissances techniques, cela serait tout simplement une catastrophe non seulement en terme d’émission de CO2, mais aussi en terme de ressources énergétiques.

Or les pays émergeant vont utiliser massivement l’automobile dans un avenir proche, charbon/électricité pour les uns, pétrole pour les autres,et ils l’utiliseront selon les normes internationales en la matière. L’industrie automobile chinoise ou indienne se mettra au diapason, soucieuse à la fois de rouler aussi vite que partout sur la planète, et surtout intéressée par les perspectives de vente que représentera alors sa propre production sur le marché international. La prochaine crise pétrolière (laquelle interviendrait d’autant plus tôt dans ce contexte), pourrait alors prendre des proportions jusque là inconnues (et dont les conséquences, soit dit en passant, seraient bien plus gênantes que le fait de se déplacer lentement).

Il s’agit donc bien de définir une vitesse maximale qui ne semble pas seulement "raisonnable" (je me permets de réfuter ce terme imprécis), mais surtout scientifiquement "soutenable" en terme de consommation globale, et aussi (et surtout ?) qui permette l’émergence de nouveaux types de véhicules beaucoup plus légers et sobres. La bonne fourchette reste à déterminer selon des critères objectifs, et se situe quelque part entre 50 et 75 km/h, en l’état actuel des techniques.

En effet, comme le souligne l’article les véhicules contemporains, prévus pour faire face aux contraintes considérables qu’induisent les hautes vitesses (structures renforcées, moteurs plus gros, dispositifs de sécurité indispensables) sont aujourd’hui encore en position d’hégémonie, dans la mesure ou aucune autre technique n’est suffisamment performante pour être concurrentielle et donc être produite massivement.

Réduire la vitesse consisterait donc, dans la sphère de la technée, à promouvoir la technodiversité : une foule de véhicules en tout genre est déjà conformée pour rouler à 60 km/heure dans une économie de poids, de matériaux et d’énergie considérable, le tout pour des prix de revient qui seraient relativement peu élevés si l’on passait à une phase d’industrialisation de masse. Ils ne demandent qu’à voir le jour autrement que sous la forme d’énièmes reportages dont on nous rebat les oreilles depuis des dizaines d’années. Tout le monde parle de véhicules "propre", d’émission de CO2 réduite, d’économie d’énergie. La seule façon de s’en approcher aujourd’hui (j’insiste sur le terme aujourd’hui) est d’en passer par cette réduction des vitesses autorisées.

J’invite également à méditer sur ce qui suit : une baisse drastique et universelle de la vitesse maximale autorisée, savamment orchestrée, aurait d’autres conséquences bienvenues qu’il faut absolument mettre en regard avec quelques crises actuelles (économiques, territoriales) :
- faire sortir du marasme une industrie automobile en panne (laquelle, sinon, engloutira les aides de l’état pour mieux sombrer au prochain choc pétrolier ou à la prochaine crise de surproduction)
- créer des milliers d’emplois consacrés à la planification d’une telle opération et à la refonte structurelle qui en découlerait
- générer à terme bien des bénéfices liés à une certaine relocalisation (ou de ne pas ruiner le tissus existant dans les pays émergents)
- fluidifier le trafic routier J’imagine sans peine que l’on pourrait en faire un véritable projet de société (un peu comme avec l’euro), en aidant au mieux les différentes initiatives afférentes qui en découleraient, en soutenant les plus ennuyés par une telle décisions, en promouvant des secteurs d’activités en relation (transports en commun, télétravail...).

Au chapitres des inconvénients , on en trouve de nombreux, mais aucun qui ne paraisse inacceptable ou incontournable à moyen terme. En résumé, l’humanité gagnerait, globalement, a appliquer une telle mesure. Je pense même qu’un monde où la vitesse serait limitée à 60 km/h deviendrait, avec les techniques qui sont les nôtres aujourd’hui, extraordinairement intéressant. Et meilleur à vivre.

Qu’en pensez-vous ?

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par cassandre4 (IP:xxx.xx1.25.82) le 20 décembre 2008 à 01H00

Que tous les incompétents ne sont pas chez Peugeot,(en tout cas , pas tous sur les chaînes de montage) baisser la vitesse à 60 où 70 Km/h est une ineptie (pour économiser le pétrole et ainsi prolonger son utilisation le plus longtemps possible, je ne vois pas le gain en terme d’écologie ;par contre j’imagine très bien l’intérêt économique ,et je vous soupçonne de travailler pour l’industrie pétrolière.) De plus, rouler avec des voiturettes (car c’est bien ce que vous préconisez) sur des autoroutes et sur des longues distances est du plus haut ridicule,(pourquoi ne pas revenir aux diligences aussi)je ne met pas en doute la justesse de vos savants calculs, mais l’utilité du concept que vous démontrez. Pour moi il ne fait aucun doute que cette crise sonne le glas de l’énergie fossile, et ouvre l’ère de l’énergie hydrogène, et il est urgent de tout faire pour y parvenir le plus rapidement possible, nul besoin de révolutionner le véhicule à propulsion thermique qui est parfaitement apte à brûler de l’hydrogène, tous les constructeurs doivent oeuvrer à optimiser la production industrielle de ce carburant ; des procédés de fractionnement de l’eau existent qui sont honteusement mis sous le boisseau par le lobby pétrolier soucieux de préserver ses profits monstrueux le plus longtemps possible, aidé en cela par le pouvoir qu’il a mis en place. L’enjeu majeur de ce début du 3ème millénaire est la mutation énergétique (et l’automobile n’est qu’une des composante du problème)l’énergie va échapper au contrôle d’une poignée d’hommes, qui en ont tiré une puissance jamais atteinte dans toute l’histoire de l’humanité. Je crains que cette mutation soit très douloureuse, mais quel qu’en soit les danger qu’elle induit, nous ne devons pas nous résigner, à accepter encore plus longtemps l’obscurantisme dans lequel on nous maintiens depuis 40 ans !.. il en vas de l’avenir de cette planète et de nos descendants.

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par Swl (IP:xxx.xx4.56.152) le 19 décembre 2008 à 22H56

J’en pense que c’est gravement à coté de la plaque pour la raison suivante : "Accessoirement 3 machins de 500 kg chacun consomment bien plus de matières premières et d’énergie qu’un seul truc d’1,5t non ? Suffit de compter le nombre de PNEUS !" Qu’en pensez vous ?

D’autre part, d’un point de vue physique il faut bien comprendre que lorsque vous écrivez " ll faut ensuite considérer que le "peak oil" est déjà derrière nous" tout est dit. A partir de ce constat, envisager une quelconque croissance à quelque chose de "dérangeant". Le charbon à aussi des limites, enfin c’est le bruit qui circule dans le microcosme des géologues. Pour la chine, au rythme actuel elle va devoir l’importer par millions de tonnes très rapidement ; si en plus il faut transformer une partie de ce charbon en combustible (ctl), ça ne va pas l’faire voyez vous ; bien sur nous éviterons soigneusement d’aborder le sujet des émissions liées à l’exploitation du charbon. En résumé, il ne s’agit pas de ralentir la vitesse des véhicules particuliers ; il s’agit de les éliminer au profit du transport en commun pour le strict nécessaire et à ZÉRO pour le reste.

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par Energia (IP:xxx.xx8.4.91) le 20 décembre 2008 à 10H26

Quelques précisions au sujet du charbon, dont la fin et le "peak coal" sont beaucoup plus proches que beaucoup de gens ne l’imaginent.

En quelques années, les réserves prouvées de charbon sont passées de 227 à 144 années de production. Avec l’accélération de la production, le moment où cette production atteindra son maximum avant de diminuer est estimé pour 2030.

Gros problème dans une vingtaine d’années puisque toutes les productions énergétiques non renouvelables seront en déclin : pétrole, uranium, gaz, charbon.

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par Energia (IP:xxx.xx8.4.91) le 20 décembre 2008 à 10H32

Quelques précisions au sujet du charbon, dont la fin et le "peak coal" sont beaucoup plus proches que beaucoup de gens ne l’imaginent.

En quelques années, les réserves prouvées de charbon sont passées de 227 à 144 années de production. Avec l’accélération de la production, le moment où cette production atteindra son maximum avant de diminuer est estimé pour 2030.

Gros problème dans une vingtaine d’années puisque toutes les productions énergétiques non renouvelables seront en déclin : pétrole, uranium, gaz, charbon.

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par samregarde (IP:xxx.xx6.229.123) le 19 décembre 2008 à 22H56

Globalement d’accord avec l’article qui a le mérite de poser un certain nombre d’éléments de base incontournables.

@ Swl : La diminution du poids moyen et du coût moyen des véhicules du futur génère effectivement le risque d’augmenter leur nombre en circulation et/ou en construction par individu (un effet dit "rebond" bien connu des ingénieurs écologues). Mais cela n’est pas certain dans les pays occidentaux (le taux de véhicule par habitant aux Etats Unis est déjà arrivé à saturation). En revanche, la possibilité de démocratisation du véhicule individuel à moteur dans les pays émergeant, sans doute louable sur le papier, fait effectivement frémir quand on la met au regard des conséquences énergétiques, écologiques et urbanistiques qu’elle suppose.

Il y aurait sans doute une solution (déjà évoquée sur un autre fil), qui permettrait d’éviter l’effet rebond, et d permettre de rouler en véhicule individuel à moteur a impact réduit tout en favorisant les transports en commun, la bicyclette et les marchés locaux :

ll s’agirait de limiter, dans un avenir proche, la seule variable d’ajustement existant aujourd’hui, à savoir la vitesse maximale autorisée. Il le faudrait de façon drastique (70 ou peut-être même 60 ou 55 km/h , y compris sur les autoroutes), et de façon universelle.

Une telle proposition s’attaque certes à l’image d’une certaine modernité passant par une mobilité « rapide », mais elle s’appuie sur des données physiques incontournables, et se révèle au final résolument progressiste.

D’un point de vue physique, Il faut d’abord comprendre et considérer que l’augmentation de l’énergie nécessaire pour amener et maintenir un véhicule à une vitesse élevée est une fonction exponentielle de la vitesse, qui dépend de la résistance de l’air ,du poids du véhicule, de la résistance au roulement et de l’accélération.

Ainsi pour un rendement théorique donné et à trajet égal, la consommation en énergie d’un véhicule roulant à 50km/h est divisée par un facteur ∛/2 par rapport au même véhicule circulant à 100 km/h.

Une réduction drastique de la vitesse maximale autorisée induirait donc une réduction encore plus drastique de la puissance des moteurs (électriques, thermiques ou chimiques), et par voie de conséquence de la consommation d’énergie et de la pollution.

ll faut ensuite considérer que le "peak oil" est déjà derrière nous. Si l’ensemble des habitants de la planète revendique un droit à rouler à plus de 100km/h max, en l’état actuel de nos connaissances techniques, cela serait tout simplement une catastrophe non seulement en terme d’émission de CO2, mais aussi en terme de ressources énergétiques.

Or les pays émergeant vont utiliser massivement l’automobile dans un avenir proche, charbon/électricité pour les uns, pétrole pour les autres,et ils l’utiliseront selon les normes internationales en la matière. L’industrie automobile chinoise ou indienne se mettra au diapason, soucieuse à la fois de rouler aussi vite que partout sur la planète, et surtout intéressée par les perspectives de vente que représentera alors sa propre production sur le marché international. La prochaine crise pétrolière (laquelle interviendrait d’autant plus tôt dans ce contexte), pourrait alors prendre des proportions jusque là inconnues (et dont les conséquences, soit dit en passant, seraient bien plus gênantes que le fait de se déplacer lentement).

Il s’agit donc de définir une vitesse maximale qui ne semble pas seulement "raisonnable" (je me permets de réfuter ce terme imprécis), mais surtout scientifiquement "soutenable" en terme de consommation globale, et aussi (et surtout ?) qui permette l’émergence de nouveaux types de véhicules beaucoup plus légers et sobres. La bonne fourchette reste à déterminer selon des critères objectifs, et se situe quelque part entre 50 et 75 km/h, en l’état actuel des techniques.

En effet, les véhicules contemporains, prévus pour faire face aux contraintes considérables qu’induisent les hautes vitesses (structures renforcées, moteurs plus gros, dispositifs de sécurité indispensables) sont aujourd’hui encore en position d’hégémonie, dans la mesure ou aucune autre technique n’est suffisamment performante pour être concurrentielle et donc être produite massivement.

Réduire la vitesse consisterait donc, dans la sphère de la technée, à promouvoir la technodiversité : une foule de véhicules en tout genre est déjà conformée pour rouler à 60 km/heure dans une économie de poids, de matériaux et d’énergie considérable, le tout pour des prix de revient qui seraient relativement peu élevés si l’on passait à une phase d’industrialisation de masse. Ils ne demandent qu’à voir le jour autrement que sous la forme d’énièmes reportages dont on nous rebat les oreilles depuis des dizaines d’années.

Tout le monde parle de véhicules "propre", d’émission de CO2 réduite, d’économie d’énergie. La seule façon de s’en approcher aujourd’hui (j’insiste sur le terme aujourd’hui) est d’en passer par cette réduction des vitesses autorisées.

J’invite également à méditer sur ce qui suit : une baisse drastique et universelle de la vitesse maximale autorisée, savamment orchestrée, aurait d’autres conséquences bienvenues qu’il faut absolument mettre en regard avec quelques crises actuelles (économiques, territoriales) :
- faire sortir du marasme une industrie automobile en panne (laquelle, sinon, engloutira les aides de l’état pour mieux sombrer au prochain choc pétrolier ou à la prochaine crise de surproduction)
- créer des milliers d’emplois consacrés à la planification d’une telle opération et à la refonte structurelle qui en découlerait
- générer à terme bien des bénéfices liés à une certaine relocalisation (ou de ne pas ruiner le tissus existant dans les pays émergents)
- fluidifier le trafic routier J’imagine sans peine que l’on pourrait en faire un véritable projet de société (un peu comme avec l’euro), en aidant au mieux les différentes initiatives afférentes qui en découleraient, en soutenant les plus ennuyés par une telle décisions, en promouvant des secteurs d’activités en relation (transports en commun, télétravail...)

Au chapitres des inconvénients , on en trouve de nombreux, mais aucun qui ne paraisse inacceptable ou incontournable à moyen terme. En résumé, l’humanité gagnerait, globalement, a appliquer une telle mesure. Je pense même qu’un monde où la vitesse serait limitée à 60 km/h deviendrait, avec les techniques qui sont les nôtres aujourd’hui, extraordinairement intéressant. Et meilleur à vivre.

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par Swl (IP:xxx.xx4.56.152) le 20 décembre 2008 à 00H52

@samregarde => en effet ! Votre site, photos superbes, bravo.

Dernier commentaire sur le sujet de départ : "un effet dit "rebond" bien connu des ingénieurs écologues" NON, ça, c’est du vent ou du pipeau, mais globalement de l’éolien ! Le titre ronflant est intrinsèquement drôle, par contre ce qu’il sous entend l’est beaucoup moins.....

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par samregarde (IP:xxx.xx6.229.84) le 20 décembre 2008 à 12H09

@Swl : globalement, sur la perspective effrayante d’une voiture pour tous pour 9 milliards d’habitants, nous sommes d’accord. Il vaut mieux essayer de diminuer la mobilité, et d’optimiser celle-ci (transport en commun par exemple). D’ailleurs vous voyez bien que j’ai moi-même opté pour cette solution en devenant écophotographe (je suis aussi coursier à vélo dans ma ville) Cela dit, comme le souligne Jacques Ellul, si quelque chose est techniquement possible, cela sera réalisé. Autrement dit, si les Chinois et les Indiens veulent rouler comme les occidentaux, ils le feront. Au pétrole, au charbon, au bois, quelques soient les conséquences, ils le feront. Le peak oil étant derrière nous, et le "peak coal" se dessinant, cela semble stupide, mais ils le feront. Le monde se prévoit à court terme de nos jours. C’est glaçant, mais c’est ainsi.

L’idée d’abaisser drastiquement la vitesse max, je le redis, n’est pas d’abaisser les coûts de production afin de permettre à chacun de posséder plus de véhicules (je reprécise accessoirement que le marché américain est de toute façon arrivé à saturation), mais au contraire d’inciter aux mobilités alternative en même temps que de proposer des véhicules individuels moins lours et moins gourmands. Si l’on vous suis autant fabriquer des monstres de 3 tonnes très chers que personne n’achètera. Cela ne marche pas ainsi, malheureusement. Je préfèrerais, dans ce cas, taxer le prix des véhicules et l’essence de manière à empêcher tout abus. Ainsi, il n’y aurait pas 3 véhicules de 500kgs roulant 3 fois plus, ce que vous craignez, tout comme moi.

Et heuuu, il y a plein d’exemple d’effets rebond en écologie, au niveau local notamment (j’ai travaillé 5 ans dans le secteur, j’en ai vu se dessiner sous mes yeux)

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(IP:xxx.xx3.65.100) le 20 décembre 2008 à 14H48

Avez vous eu la curiosité de lire le rapport avant de vous lancer dans des commentaires débile. Je crains que non. Vous auriez remarqué si cela avait été le cas, l’expérience très instructive effectuée sur une Logan et rapportée dans ce document. Elle prouve que quelques modifications mineures (accessoires de carosserie améliorant l’aérodynamique, huiles plus fluides, réglage du seuil de l’alternateur,....) ont une influence significative sur la consommation. Associées à un comportement responsable du conducteur la réduction de consommation peut devenir très importante. Ces pricipes ont en plus l’avantage de pouvoir être appliqués sur le parc existant dont la crise risque de réduire le taux de renouvellement. Mais ces solutions de plaisent pas aux pseudo écolos toujours prêts à un beau commentaire. Elles ne se voient pas.

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par samregarde (IP:xxx.xx6.229.84) le 20 décembre 2008 à 18H45

"commentaires débiles" ? Expliquez-vous. Cet article, je l’ai lu, bien entendu. Seulement, je l’interprète dans un sens plus large : si les constructeurs et ingénieurs de par le monde arrivent à faire rouler une logan à moins de 3l. aux cent avec des performances équivalente à la logan d’origine, tant mieux (on peut être écolo et amoureux de la technique, cher ami, ne soyez pas si sectaire SVP).

Mais pourquoi s’arrèter là ? L’article lui-même indique que le parc de véhicule en circulation doublera probablement d’ici à 2030. Si les techniques permettent, au mieux, de diviser la consommation et les émissions de CO2 par deux, quel sera le gain, tant au niveau des ressources que la pollution, si l’on compare à la situation actuelle ?

L’inde a décidé de rouler "plus petit et moins vite", pourquoi ne pas leur emboîter le pas, en y ajoutant toutes "nos" techniques ?

A 70 km/h max partout, toute la recherche embarquée dans des projets type Eco2 serait parfaitement valide. Et les véhicules en seraient peut-être à moins de 300kg et moins d’1l au cent. Je défendrai cette idée tant que l’on ne m’aura pas prouvé qu’elle n’a aucun intérêt.

Le seul reproche que je pourrais faire à ces recherche est justement liée au fait que tout soit toujours axé en terme de solutions techniques, peu ou prou.

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par Swl (IP:xxx.xx4.51.36) le 20 décembre 2008 à 22H15

@Energia : oui, mais voila typiquement un argument qui ne concerne pas les ingénieurs écologues qui vont par définition donner une réponse technique à une contrainte physique ! Errare humanun est !

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par xav’ (IP:xxx.xx7.227.204) le 21 décembre 2008 à 00H23

bien aimé votre article sur ce sujet difficile

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par bénédicte (IP:xxx.xx2.69.188) le 21 décembre 2008 à 13H41

bon article ! savez vous , toujours au sujet de la bagnole, que le département des yvelines vient de préempter sur des terres agricoles destinnées au bio, corridor écologique, zone inondable et de captage de nappe phréatique pour plus de 700 000 habitants , afin de réaliser le fameux circuit de formule 1 pour le grand prix de France ? le projet serait soutenu par Matignon, notre premier ministre étant licencié dans ce sport , et on nous assure que tout serait réalisé selon des normes écologiques strictes . pour dire "assez" avec nous, vous ne serez jamais assez nombreux ! rejoignez nous de toute urgence !!! : www.etyc.org/amda_de_la_boucle/ .Pour dire "non" au "greenwashing" , chaque voix compte . merci !

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par olivier.naturavox (IP:xxx.xx8.203.157) le 8 janvier 2009 à 15H07

Bonjour,

@l’auteur : très bel article sur un sujet complexe.

Pour compléter sur les différents commentaires : Le sujet "Automobile" au sens large touche 3 intérêts fondamentaux de notre ’système’ :

1) le confort et la liberté acquise par le citoyen sur un mode de déplacement individuel, c’est l’aspect psychologique des citoyens que l’on peut traduire par intérêt électoral. Une mesure coercitive prise dans ce domaine par les politiques (limiter la vitesse à 70 km/h par exemple) se traduit par une baisse des intentions de vote pour le gouvernement responsable de cette mesure.

2) le volet économique. Chaque citoyen utilisant une automobile pour se déplacer génère des revenus importants pour l’état (TVA à l’achat du véhicule et à chaque entretien ; TIPP ; taxes en tous genres ; stationnement ; autoroute ; etc...). Construire un véhicule génère pour l’état un équilibre socio-économique, n’oublions pas que les constructeurs automobile et leurs sous-traitants rémunèrent plusieurs millions de jours/homme par an, ce qui se traduit par des revenus pour l’état en terme de charges sociales diverses et variées. Inciter un changement de comportement de la part des citoyens pour les orienter vers des transports moins individuels (transport en commun - co-voiturage) ou moins polluants (bicyclette) revient pour le gouvernement à se tirer une balle dans le pieds économique et une autre dans le pieds électoral, ce qui ne le met pas à l’aise pour avancer (joke).

3) aspect environnemental C’est un sujet dont tous s’emparent, hélas sans vraiment bien savoir de quoi on parle. Cependant c’est un sujet qui a le vent en poupe et pour lequel le gouvernement ne peut pas faire la sourde oreille au risque de se trouver en porte à faux avec son électorat. A l’inverse les citoyens ne sont pas plus informés (dans la grande majorité, il faut raisonner au niveau de la population nationale) que les politique et font largement des amalgame simples avec des sujets complexe (on trouve régulièrement dans les médias à large diffusion le raccourci simpliste "le dérèglement du climat est provoqué par les activités humaines", ce qui ne reflète pas l’analyse des scientifiques dont la position est forcément plus nuancée de part une approche plus rigoureuse des faits). D’autre part les citoyens sont "pour" changer les habitudes............des autres.

Conclusion : La problématique automobile/pollution n’est pas d’origine technique (on possède aujourd’hui toutes les technologies pour rouler propre, je vous invite à lire le magazine de veille scientifique Énergie Et Développement Durable http://www.2e2d.info ) mais repose uniquement sur une volonté politique. Laquelle volonté est antinomique avec la volonté permanente d’un gouvernement de rester en place à la prochaine élection, ce qui demande de satisfaire le plus grand nombre à court terme au détriment du long terme.

NB : ce n’est pas un article dirigé contre le gouvernement, c’est une analyse technique des forces (au sens mécanique du terme) en présences.

N’oublions pas une phrase de Bernard Weber qui prend ici tout son sens : l’équilibre est à mi-chemin des deux extrêmes.

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