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Energie : l'agriculture fait son diagnostic

Article publié le 11 juin 2008

Touchés de plein fouet par la hausse des cours du pétrole, les agriculteurs français demandent une intervention gouvernementale pour abaisser les coûts du gazole. Michel Barnier répond par un diagnostic énergétique des exploitations. Une démarche positive, qui représente bien plus qu’un faux-fuyant gouvernemental.

imageÀ l’issue d’une table ronde entre professionnels du monde agricole et représentants des secteurs de l’énergie et des engrais, le ministre de l’Agriculture Michel Barnier a dévoilé, hier, un plan destiné à effectuer un diagnostic énergétique des exploitations agricoles françaises.

Une aide de cent millions d’euros sur cinq ans est prévue. Ce plan concernera 100.000 exploitations. Total EDF, GDF et des fabricants d’engrais sont supposés le co-financer.

Retard à l’allumage

Il aura donc fallu un baril à 130 dollars et un gazole agricole à 0,72 euros le litre pour engager une démarche à laquelle songerait tout acquéreur d’appartement ou de résidence secondaire. Dès le milieu des années 70, pourtant, quelques exploitations-pilote produisaient leur propre énergie avec, par exemple, la méthanisation du lisier de porc. Elles revendaient même le surplus au réseau EDF.


Philippe Meurs, président des Jeunes agriculteurs, a déclaré que ses adhérents attendaient en matière d’énergie "des choses très concrètes". Autrement dit, une baisse des taxes sur le gazole agricole.
Développer les pratiques agricoles "durables"

Or, le carburant représente jusqu’à 30% du coût horaire d’un tracteur. Une exploitation de 70 hectares consomme 10 tonnes de gazole par an. Il est donc grand temps pour nos producteurs agricoles de se pencher sur le rapport entre consommation d’énergie et rentabilité, plutôt que de réclamer le droit de consommer gazole et engrais à base pétrolière à gogo.
C’est ce qu’a compris le Ministère de l’agriculture de la Province d’Ontario (Canada). Dans "Solutions énergétiques : comment réduire votre consommation de carburant", il souligne que de bonnes pratiques peuvent générer jusqu’à 86% d’économie. Même démarche dans "Consommation de carburants : travaux de printemps" sur le site de l’Agriculteur normand, où est exposée la nécessité de "connaître les quantités de fioul nécessaires à chaque travail". Ce qu’approuverait tout spécialiste de la comptabilité analytique.

La solution à cette crise énergétique agricole semble donc être une professionnalisation de plus en plus orientée vers un usage maîtrisé des ressources en énergie et en engrais. Et le recours accru aux sources d’énergies renouvelables, à base de sous-produits de l’activité d’une exploitation agricole : déchets végétaux, lisier...

On pourrait même dire qu’une démarche de développement durable est bonne pour le compte d’exploitation des agriculteurs français. En voilà une révélation !
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commentaires
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par Atlantis (IP:xxx.xx4.175.14) le 11 juin 2008 à 13H35

"Total EDF, GDF et des fabricants d’engrais sont supposés le co-financer."

mais bien sûr, ils vont scier la branche sur laquelle ils sont assis ...

Répondre diagnostique énergétique c’est les prendre pour des gogos. C’est leur apprendre à faire le bilan énergétique et calculer les solutions les plus rentables qu’il faudrait oui. Mais ça risquerai de scier la branche sur laquelle l’état est assis (tipp/tva), donc pas touche, on continue à jouer la montre et à faire semblant ... Et seuls les paysans qui se sont eux même pris en charge se démerderont au final.

(impressionnant que des gens aient pu encore croire qu’une mesure annoncée par Barnier allait dans le bon sens).

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par Thierry Follain (IP:xxx.xx2.87.188) le 12 juin 2008 à 11H04

On pourrait prendre le problème à l’envers. Le monde agricole français devrait s’être intéressé depuis longtemps au bilan énergétique de ses exploitations, ne serait-ce que pour des raisons de rentabilité. Peu importe le nom ou la couleur du ministre qui a lancé ce thème ; c’est secondaire. Faire des bilans énergétiques, et prendre des mesures correctrices sur sa consommation en carburant me semble plus positif que de manifester pour une baisse des prix. Et donc conserver une consommation constante de gazole, ce qui ne bénéficie qu’au pays producteurs de pétrole et à Total et Cie. Estimer, puis abaisser sa consommation d’énergie fossile, produire sa propre énergie en méthanisant le lisier ou en exploitant les déchets végétaux, c’est tout simplement associer économie et environnement. Ca s’appelle le développement durable.


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