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EPR à Penly : une vision passéiste, une catastrophe économique

Article publié le 3 février 2009

La décision de relancer le nucléaire, sans concertation et sans évaluation, est contraire à l’esprit et à la lettre du Grenelle de l’environnement. Elle risque de privilégier une consommation électrique tous azimuts, au détriment des objectifs communautaires en matière d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables et constitue une aberration économique.

EPR à Penly : une vision passéiste, une catastrophe économique

Pour Corinne LEPAGE, présidente de CAP21 et vice-présidente du Mouvement Démocrate, le retour au tout nucléaire et à une politique du passage en force qui a caractérisé la mise en place du programme électronucléaire dans les années 70 tourne en tout point le dos à une vraie politique de développement durable et rend en réalité impossible la réalisation effective de la loi Grenelle. En effet, les décisions de construction d’un nouveau réacteur EPR en Seine Maritime et les réflexions autour d’un troisième EPR aboutissent à augmenter considérablement l’offre d’électricité et rendent totalement virtuel l’objectif de 23% d’énergies renouvelables en 2020 et de 20% d’efficacité énergétique à cette date.

En effet, pour vendre son courant, qui ne se stocke pas, et amortir le coût faramineux de réalisation des EPR (le prototype finlandais avoisine les 5 milliards d’euros), les exploitants, aidés bien entendu par les pouvoirs publics, vont devoir favoriser la consommation électrique, c’est-à-dire continuer à promouvoir le chauffage électrique et lutter contre l’efficacité énergétique.

Ils ont d’ailleurs commencé très activement à le faire avec l’amendement Ollier, pour éviter que les objectifs d’efficacité énergétique dans les bâtiments soient applicables aux bâtiments chauffés à l’énergie électrique d’origine nucléaire. Ils vont continuer en essayant de dissuader le législateur d’abord, les consommateurs ensuite, de construire des bâtiments à énergie positive a fortiori à énergie passive et d’investir dans l’isolation. C’est le secteur du BTP, celui des matériaux intelligents qui est menacé.

Et pour que l’énergie nucléaire soit vendue, il faut évidemment qu’elle n’ait pas de concurrents. Il est donc impératif de détruire le frémissement de développement de l’énergie éolienne et de tuer dans l’œuf l’essor d’une énergie solaire alors que des projets de mise en réseau des parcs éoliens offshore de la mer du nord et de mise en réseau de centrales solaires à concentration en Europe du sud : Portugal, Espagne, Italie, Grèce etc.) ouvrent des perspectives particulièrement intéressantes. D’où la bronca orchestrée contre l’énergie éolienne et la baisse de tarif de rachat de l’électricité solaire dans le tertiaire pour tuer la rentabilité des projets qui étaient en cours. Il s’agit là d’une véritable aberration économique : le chauffage électrique est, économiquement et techniquement, une cause d’importation de courant de pointe au prix fort.

Pour imposer ce passage en force, il va de soi qu’il n’est pas possible d’appliquer les nouveaux modes de rationalité économique promus par le Grenelle, ni de suivre, dans l’esprit et dans les textes, les procédures de concertation, de participation prévues au niveau communautaire et transcrites dans les lois Grenelle.

Ainsi, le modèle économique que construit cette orientation tourne délibérément le dos à tout l’effort mené dans le cadre du Grenelle et aux politiques suivies par les autres pays du monde, à commencer par les Etats-Unis, il tourne le dos aussi à l’expression des Français peu enclins au développement du nucléaire dans notre Pays.

Pour Eric DELHAYE, président délégué de CAP21 et membre du bureau national du Modem, l’Etat consolide le modèle centralisateur de la production électrique au lieu de promouvoir la relocalisation d’une partie de la production par les énergies renouvelables, source de croissance et d’emplois pour les territoires ruraux et la frange littorale. Au lieu du New Deal écologique qui favorise une économie d’initiative, Nicolas Sarkozy engage aujourd’hui notre pays dans un New Deal nucléaire et retourne trente ans en arrière.

Son plan de relance qui consacre l’automobile et le nucléaire ruine le développement d’une puissante industrie française de l’électricité renouvelable alors que son activité ne nécessite aucun préalable scientifique et technique coûteux, pose peu de problème d’acceptabilité, offre une rentabilité garantie en amélioration constante, revitalise les territoires à l’écart des grandes dynamiques urbaines.

Malheureusement, une fois encore, pour des raisons idéologiques, la religion du nucléaire, notre pays se trompe d’époque, se trompe de choix industriels et pour satisfaire nos champions hexagonaux des lobbies, désormais tous rassemblés, condamne à mort les éco-industries du XXIème siècle qui avaient cru que le Grenelle leur ouvrait une nouvelle voie.

Eric DELHAYE

Président délégué de CAP21

Thèmes

Energie Nucléaire

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commentaires
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par joletaxi (IP:xxx.xx6.38.144) le 3 février 2009 à 14H10

mmmmm,ça fait du bien d’entendre ces discours bien formatés,qui fleurent bon ceux que l’on entendait d’une certaine gauche,recyclée depuis dans un vaste mouvement qui va nous sauver de ces affreux capitalistes,et de la fin du monde. Finis les paradis socialistes,un mur est tombé non ?En imaginant même que cette hystérie à propos du CO2 ait un quelconque fondement,il faudra toujours que l’on m’explique comment avec quelques moulins à vent et autres jouets du genre, on se propose d’assurer la sécurité énergétique du pays ? Nos amis allemands, plus verts que verts eux ils construisent dans l’urgence des centrales à charbon.Chacun son truc...

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par Degonde (IP:xxx.xx9.206.115) le 3 février 2009 à 16H49

Pour vous donner une petite idée de ce que peut faire le "jouet" éolien : Selon le RTE,la production éolienne française a été en 2008 de 5,6 Twh.La moitié de la production présumée d’un EPR !! Pour ne parler que de l’Espagne, l’éolien y produit 11% de la demande annuelle d’électricité.Le 24 Novembre 2008, la production du "jouet" a atteint 43% de la demande d’électricité.Et ce n’est qu’un début. A vous entendre les électriens d’Espagne, d’Allemagne,du Danemark,de GB,de France et des USA et de quelques autres pays auraient donc été victimes d’hallucinations !! Sans doute ignorez vous que si l’Allemagne construit des centrales à charbon,EDF,au pays de l’Atome triomphant va sortir de leur cocon 2800 Mw de centrales à fuel(ça n’est pas beaucoup mieux !)pour faire face aux pointes de plus en plus élevées du chauffage électrique.A chacun son truc en effet ! Pour avoir les éclaircissements que vous attendez,on peut vous conseiller de prendre connaissance du Scénario négaWatt 2006 de l’association du même nom.Entre autres scénarios de sortie du nucléaire. L’article EPR à Penly est on ne peut plus pertinent:il faudrait mettre fin à l’hypnose nucléaire dans laquelle sont plongés nos responsables politiques.

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par Eric Delhaye (IP:xxx.xx1.250.46) le 3 février 2009 à 16H56

La question énergétique ne saurait se résumer à un affrontement idéologique gauche/droite. Essentiellement axée vers la recherche de l’indépendance énergétique, la politique énergétique menée jusqu’à présent a eu paradoxalement pour effet de rendre la France dépendante d’une seule source de production de l’électricité et d’encourager les usages d’une électricité produite en abondance et accessible à bas prix là où d’autres sources énergétiques auraient dû garder la primeur (chauffage, notamment). La France a, en effet, fait le choix d’une solution portée par un seul acteur centralisé, EDF, pour exorciser le risque de pénurie énergétique, alors que les autres pays ont une opinion mobilisée en faveur de la recherche de solutions décentralisées. Même la Suède qui a fait un choix similaire à celui de la France, a limité à 50 % la part de l’électricité produite par le nucléaire.

L’existence du programme nucléaire a eu, d’après l’aveu même du Commissariat Général du Plan dans son rapport d’évaluation de la politique de maîtrise de l’énergie conduite de 1973 à 1993, un certain nombre d’ effets négatifs :

- un effet d’éviction : l’ampleur des investissements consacrés au nucléaire a freiné les décisions publiques d’investissements en faveur du développement d’autres sources énergétiques (énergies renouvelables notamment) et de la maîtrise de la consommation ;

- un effet de surcapacité de production d’électricité qui a durablement réduit l’intérêt économique qu’il peut y avoir à optimiser les modes de production électrique sur le territoire et à économiser l’électricité ; cette surcapacité a, en outre, encouragé les usages " concurrentiels " de l’électricité (chauffage, eau chaude) ;

- un effet démobilisateur de l’opinion publique qui a été convaincue de ce que notre pays dispose ainsi d’une énergie centralisée, propre et abondante : elle a été moins sensibilisée à la maîtrise de l’énergie que dans les pays qui n’ont pas voulu du nucléaire.

Selon le Commissariat Général du Plan, ces effets, qui ont contribué à réduire l’éventail des sources énergétiques en France, ont été accentués par la politique de péréquation des tarifs progressivement mise en place par EDF, sans intervention du législateur, dans les années soixante en France métropolitaine, puis étendue en 1975 dans les départements d’outre-mer. Une semblable péréquation tarifaire, qui n’existe dans aucun pays dans lesquels la commission d’enquête a eu l’occasion de se déplacer, a eu pour résultat de faire disparaître des niches géographiques où des énergies renouvelables auraient pu fournir de l’énergie thermique moins coûteuse que l’électricité (solaire thermique et bois, notamment) si elles ne subissaient pas la concurrence d’une électricité subventionnée.

Notre territoire possède ainsi des potentialités importantes pour relocaliser une partie de la production énergétique et diversifier le mix énergétique : bois, biomasse, géothermie, éolien, solaire - source de création d’emplois et de richesses pour des territoires ruraux ou littoraux.

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par polemikvictor (IP:xxx.xx2.74.200) le 3 février 2009 à 16H18

On retrouve toujourd les memes fantasmes : energies renouvelables : cela n’existe pas sauf peut etre la geothermie. L’absence de concertation , avec qui ? les écolos ? 3 pelés et un tondu qui ne comprennent rien à la production d’energie et sont justes capable d’annonner ce que leur fait dire leurs chefs. Dans un pays comme le notre les décisions sont portées par la majorité quand les députés verts seront 100fois plus nombreux, ils pourront agir. D’ici là ils ont quelques électeurs à convaincre....

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par sobriquet (IP:xxx.xx8.39.149) le 3 février 2009 à 16H41

Contrairement à joletaxi, je trouve cet article intéressant car il sort des poncifs habituels sur le risque d’accident nucléaire et le CO2.

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par Eco Intelligence (IP:xxx.xx9.163.107) le 3 février 2009 à 17H04

Outre les commentaires qui me surprennent toujours sur leur assurance toute relative quant à l’autonomie énergétique du pays et sur un ton bien désagréable, je pense qu’il manque un calcul pas très compliqué à faire.

On constate que les élus locaux se félicitent des emplois directs et indirects que cela va créer et s’arrêtent là.

Donc, si on calculait le nombre de toits solaires nécessaires pour permettre la production équivalente en journée ensoleillée, on pourrait obtenir le nombre d’emplois créé pour équiper les dits toits. Peut-être que le nombre d’emplois directs et indirects seraient plus importants ? Moins importants ? A votre avis ?

Ce qui me gêne le plus c’est le lancement d’une technique que les finlandais critiquent déjà très fortement. Nous investissons dans un truc qui n’est pas encore stabilisé et nous espérons assurer une alimentation électrique avec ces moyens là ! C’est plutôt là que cela cloche !

Maintenant le débat pro/pas-pro (personnellement je suis contre) ce n’est plus la question, on vient de nous forcer la main. Mais peut-être pouvons nous encore nous mobiliser contre ?

La question c’est que fait-on des centrales qui dans 15 à 20 ans sont à démanteler ? Il faut bien les remplacer, non ? Cela nous donnera peut-être le temps de stabiliser la technique, en espérant qu’il n’y ait pas un incident entre temps... On aura toujours des gens qui ne peuvent pas faire autrement que de se chauffer à l’électricité (ne serait-ce parce que les propriétaires bailleurs auront eu des avantages pour déployer du chauffage électrique).

Pensons aussi (merci la tempête de Janvier) que même si la centrale tourne, la distribution peut aussi coincer au niveau des câbles. Et que les assureurs ont déjà intégré l’augmentation certaine des évènements tempête en fin d’hiver.

Un effet traité, encore un fois, et pas la cause.

Si la demande électrique chutait parce que les consommateurs tiraient leur courant d’autres sources ? Ils auraient l’air bien malins les planificateurs de centrales.

Et là le solaire et l’éolien, dépendent de vous. Déployer des panneaux et des rotors ce n’est pas sorcier, cela vous permet de traiter une partie de vos consommations (juste un bon calcul à faire) et les petits rus faisant les grandes rivières, finirait bien par faire descendre le besoin central de courant. Sans compter que vos propres économies (matériels classe AA++, luminiaires, veilles, isolation, ....) mises bout à bout feront la différence.

Et puis quand il y aura des tempêtes, les branchés sur les centrales viendront se réchauffer chez vous....

Alors à votre propre choix....

Eco Intelligence

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par scloud (IP:xxx.xx8.99.221) le 3 février 2009 à 18H54

Développement durable...Développement durable bla bla bla . Qui prétendrait que les centrales construites dans les années 70 et 80 ne sont pas durables ? La France est le pays européen qui émet le moins de CO2 par habitant il faut bien évidemment continuer dans cette voie, cette décision est une bonne décision pour les générations futures...même si la méthode présidentielle pour son annonce a de quoi choquer, mais entre deux maux il faut se résigner ! Je me souviens d’une époque où par manque de courage politique le pouvoir a fermé Superphénix sous la pression d’exités et dans la passivité générale. (Les surgénérateurs sont les futures centrales dites de quatrième génération. Ce sera vraisemblablement le Japon qui sera alors maître dans ce domaine puisqu’une centrale de ce type y fonctionne déjà.)

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par krolik (IP:xxx.xx2.43.140) le 3 février 2009 à 22H37

Les partisans des énergies renouvelables oublient bien volontiers les règles simple de la physique et de la gestion des réseaux. Si l’éolien en France passait d’un niveau anecdotique à un niveau de 20ù de la consommation électrique, il faudrait multiplier par 5 le nombre des lignes haute tension !!! Dans son dernier rapport annuel RTE affiche le chiffre de 200MW de puissance éolienne transportée sur ses lignes.

Donc la gentille petite éolienne, si elle est multipliée à grande échelle entraîne pas mal de dégâts.

Ce que l’on retient c’est qu’il faut au moins quatre éoliennes placées en des endroits très éloignés aux climats variés et sans mode commun pour fournir dans une région donnée la puissance de pointe de l’une d’entre elles .Bref ,en résumant par une caricature "grand public", il faut , pour être certain d’avoir du courant à Lille, construire une éolienne à LILLE, une à LYON, une à BORDEAUX ,et une à BREST... et vice versa avec de longs fils qui les relient . Je ne comprends pas ce qu’ajoute au ridicule du tableau le fait que le rendement soit de 19 ou 25 % .Est-ce que ce petit écart a vraiment une importance dans un sens ou dans l’autre ? Cela semble être dans l’épaisseur du trait de l’économie "shadock" globale de cette affaire ?...et il faut ajouter à cela une centrale de secours au gaz à LIMOGES en cas de mode commun anticyclonique sans vent nulle part.

Et ce problème est chronique des énergies renouvelables. Al Gore, le Prix Nobel, interrogé longuement par le Sénat Américain le 28 janvier dernier déclare qu’il serait possible d’alimenter en électricité solaire l’ensemble des USA (ils ont de bons déserts) à condition de renforcer considérablement les réseaux de transport d’électricité...

Si vous êtes pour ou contre le nucléaire, une visite intéressante à faire sur le nouveau site du forum nucléaire belge, site que me semble bien fait, et répond à de nombreuses interrogations. http://www.forumnucleaire.be Car les Belges qui sont sensés avoir abandonné le nucléaire vont être contraint d’y retourner malgré les côtes ventées de la Mer du Nord.

@+

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par Mijo (IP:xxx.xx5.193.252) le 3 février 2009 à 22H45

On dirait que c’est une névrose obsessionnelle cet EPR.

Parce que quel industriel sérieux prend le risque de décliner une série alors qu’aucun prototype ne fonctionne ?

@scloud

Ben non, Superphénix n’a pas été fermé par manque de courage politique, mais bien parce que c’était un fiasco financier total, mis en évidence dans un rapport de la Cour des Comptes. Au départ, il y avait plusieurs pays dans le consortium destiné à exploiter Superphénix(l’Allemagne et l’Italie) et ils se sont retirés peu à peu, déçus des résultats : Superphénix n’a pas beaucoup fonctionné et a probablement consommé plus d’électricité qu’il n’en a jamais produite.

Quant au Japon, il a quelques soucis actuellement avec son nucléaire. Selon un article du 30 janvier du journal Les Echos : "La première compagnie d’électricité du Japon, Tokyo Electric Power (Tepco), a subi une perte nette de 137,7 milliards de yens (1,2 milliard d’euros) sur les neuf premiers mois de son exercice, mais devrait réduire ses pertes sur l’ensemble de l’année grâce à la montée du yen (...) Toujours en cause, la fermeture de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, qui oblige l’entreprise à acheter de l’électricité à ses concurrents pour assurer la continuité de l’approvisionnement de la mégalopole de Tokyo."

Cette centrale a du être fermée il y a plus d’un an à la suite d’un tremblement de terre et n’a jamais pu être remise en route depuis.

Alors le miracle nucléaire...

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par zygomar (IP:xxx.xx7.142.84) le 4 février 2009 à 12H45

"Superphénix n’a pas été fermé par manque de courage politique, mais bien parce que c’était un fiasco financier total"

Fiasco financier consécutif aux sabotages, certes toujours mineurs mais récurrents de la CGT produisant des séries d’arrêts suivis , en application des règles de sécurité strictes et fastidieuses, de remises en marche longues responsables retards considérables. Il faut signaler que c’est voynet qui a arrêté superphoenix (de même que le canal Rhin - Rhône...). Rien que des bonnes idées....

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par sobriquet (IP:xxx.xx2.55.120) le 4 février 2009 à 14H23

Je ne suis pas bien au courant : pourquoi la CGT efefctuait-elle ces sabotages ? C’est revendiqué, avéré ? Et pourquoi ces règles de sécurités étaient-elles si strictes et fastidieuses ? Et ces sabotages ont vraiment suffit à eux seuls à provoquer ce fiasco financier ?

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par krolik (IP:xxx.xx2.43.140) le 3 février 2009 à 23H53

@Mijo.

La fermeture de SPX n’est pas du à un fiasco financier. Le fiasco venu après, lorsqu’il a été fermé. Il ne faut pas confondre les causes et les conséquences...

A l’origine il y avait le fait de la réunion de trois pays.

L’Allemagne construisait le surgénérateur de Kalkar et avait conçu un barillet de chargement. Alors que sur Phénix il n’y avait pas de barillet, et fonctionne toujours très bien. Ce barillet a été à l’origine des problèmes techniques. Les problèmes administratifs se sont ajoutés.

L’Italie a voulu que ses industriels participent.. La charpente et le pont roulant polaire de fourniture Magrini ont été des catastrophes. Le fournisseur habituel des ponts polaires qui connaît bien le problème c’est la société suisse "Vevey", mais la Suisse ne participait pas.. La charpente s’est effondrée sous la neige.

Et contrairement à ce que vous avez dit, les Allemands et les Italiens ne se sont pas retirés, ils n’avaient qu’à fermer leur bec en fonction des performances de leurs fournitures.

La décision politique de fermeture leur a donné l’occasion de demander le remboursement de leur investissement. Ce n’était finalement que "politique".

En fait, ce prototype avait rendu avait rendu toutes les informations qu’on attendait de lui pour le développement des réacteurs suivants génération IV. Donc EDF ne s’est pas battu "becset ongles" pour son maintient.

Il est intéressant de relire la déclaration de Lionel Jospin à l’Assemblée Nationale donnant explication de la fermeture de SPX. Il déclare en même temps qu’il est essentiel pour la France de continuer les études sur cette filière. L’argument "sodium" n’est pas évoqué !!!

De fait nous avons en stock en France l’uranium appauvri qui servira de combustible fertile pour l’exploitation d’une parc nucléaire "Génération IV" équivalent au parc actuel pour les 3000 ans à venir. Et cela en complète indépendance de personne. C’est ce qui s’appelle penser aux générations futures. Actuellement on ne consomme que 1% de l’énergie contenue dans l’uranium, donc il y a des stocks de réserve, ils sont là.

Le premier génération IV sera construit à Marcoule dans une douzaine d’années. 300 personnes travaillent d’arrache pied sur le sujet actuellement. Le PS est d’accord dans la mesure où la pensée de Lionel Jospin exprimée lors de la fermeture de SPX leur semble encore crédible quelque part..

@+

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par g.jacquin (IP:xxx.xx5.153.13) le 4 février 2009 à 09H43

Et oui Mijo… pour reprendre votre syntaxe... Encore un de vos commentaires à la « mords-moi le nœud » !

Je vais finir par croire que vous ne le faites pas exprès !!! De plus, je doute très fortement que vous ayez compris ce qu’écrit Krolic aussi, avant de lui répondre, informez-vous !

Quant à ceux qui pensent que le solaire et le vent sont les remèdes miracles, qu’ils n’oublient pas qu’en France le vent souffle environ le ¼ du temps et qu’en hiver, à partir de 17h30, l’intensité délivrée par un panneau solaire est égale à zéro !

D’autre part, il faut rappeler que le prix d’achat du KWh à EDF en période bleue et heure creuse est à 3.11 centimes d’€… (contrat particulier TEMPO). Continuer à installer des éoliennes dont le prix de revient du KWh acheté par EDF est de 8.3 centimes d’€, ou des panneaux solaires dont le prix de revient à EDF est de 58 centimes d’€, entraînera obligatoirement un prélèvement d’impot, taxe ou augmentation du tarif EDF supplémentaire, pour tous les Français.

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par Mijo (IP:xxx.xx7.154.31) le 4 février 2009 à 11H25

@g.jacquin

Et l’EPR, dont le coût a explosé et dont on ne connait pas le budget définitif nécessaire à sa mise en route, ça va nous donner le Kwh à combien ?

Quant aux compensations financières réclamées par l’opérateur TVO pour les retards sur le chantier de l’EPR finlandais, espérons que, mine de rien, ce ne soit pas le contribuable français qui les déboursent, parce qu’alors, elle va finir par coûter cher cette fameuse chaudière à neutrons.

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par g.jacquin (IP:xxx.xx5.153.13) le 4 février 2009 à 12H13

@ Mijo

Vu le prix du MWe éolien installé, on a largement de quoi financer les erreurs du premier... En même temps, ce gouvernement comme le précédent n’a pas l’air de savoir gérer au mieux les intérêts d’EDF. Sans connaître l’histoire dans les détails, il me semble qu’il y a un maître d’œuvre qui n’est pas EDF. Qu’il assume !

Maintenant combien coûterait l’équivalent d’un EPR réalisé avec des éoliennes. Si on prend les chiffres de RTE, une éolienne produit à 100% pendant 23% du temps annuel (23% de 8760h soit 2000h). Arrondissons à 25%.

Un EPR est prévu pour un fonctionnement de 60 ans, une éolienne pour un fonctionnement de 15 ans !

1) Donc il faut 4 fois plus de puissance éolienne installée pour obtenir une énergie annuelle sensiblement identique à un EPR…

2) Mais il faut encore 4 fois plus d’éoliennes pour que ce fonctionnement dure 60 ans !

Supposons qu’une éolienne courante ait une puissance de 4 MWe. Il faut donc installer 1600 éoliennes de 4 MWe qui faudra remplacer 4 fois en 60 ans soit 6400 éoliennes.

Combien ça coûte ???

Si on considère qu’actuellement,le MWe installé est à 1.6 M€, je vous laisse faire le calcul…

En n’oubliant pas l’essentiel, c’est qu’au final, on ne sera jamais sur, que même, dans cette configuration, on n’aura une électricité sans coupure dues à un manque de vent !

Alors pour tous les contribuables Français ou ceux qui tout simplement payent de l’électricité, il serait vraiment, mais vraiment souhaitable que le programme EPR fonctionne rapidement.

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par joletaxi (IP:xxx.xx6.38.144) le 4 février 2009 à 12H19

Il y a un fait sur lequel je n’ai jamais eu aucune réponse : Pour des raisons techniques trop longues à expliquer ici,les éoliennes injectent sur le réseau un courant réactif,qui n’a pas d’inconvénient lorsque la puissance injectée est marginale mais qui devient difficile à maîtriser quand il s’agit de puissances significatives.( un problème du même ordre existe sous une autre forme pour le photovoltaïque) Les Allemands ont connu une panne totale dernièrement, et l’on nous a juré promis que cela n’avait rien à voir avec les éoliennes et ce problème.Hors,alors qu’ils ont eux une puissante industrie dans ce secteur,ils préfèrent construire dans l’urgence 15 centrales de grande puissance au charbon ?Cela semble contradictoire non ? L’exemple danois est encore plus curieux,car ils sont importateurs de 20% de leur courant à partir de centrales charbon allemandes, et exportateurs à vil prix de 19 % de leur courant vers la Norvège qui s’en sert pour reconstituer ses réserves hydro. Depuis toujours,et malgré toutes les objections y compris morales,le seul étalon de valeur pour un bien ou un service est son prix.Le kw éolien sur ce plan ne peut concurrencer les autres énergies.Maintenant, que politiquement on veuille préférer ce système, pourquoi pas.Quand je vois le prix d’un vol Bruxelles Nismes,et son équivalent TGV,on est amené à se poser certaines questions ?Quant à Superphénix,c’est un fiasco entièrement imputable aux verts allemands,qui non seulement a coûté une fortune au contribuable, mais en plus à stopé les recherches et développements, nous faisant perdre 30 ans de progrès qui au vu de la situation actuelle, auraient été d’un incommensurable bénéfice pour la population.Et encore, ce genre de polémique repose entièrement sur un postulat d’un danger imminent du au CO2,autre escroquerie qu’il faudra sans doute aussi un jour passer dans les pertes et profits des fantasmes "verts"

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par Nicolas C. (IP:xxx.xx1.243.192) le 4 février 2009 à 14H50

Le photovoltaique ne peut pas vraiment être qualifié de renouvelable vu le cout ecologique de construction Reste l’eolien, le solaire thermique et le solaire par concentration. Le premier est assez aleatoire, donc à grande echelle il pose des problèmes. Les deux derniers sont au contraire assez previsibles ; donc il faudrait plutot miser dessus.

Pour ce qui est de la construction d’un nouvel EPR, pourquoi pas ? Si les transports passent en éléctrique, il va bien falloir les alimenter ! Et je crois qu’on va quand même devoir fermer des centrales sous peu, donc cela compensera la hausse de la production.

Evidemment, construire des centrales ne devrait pas nous empecher d’avoir une legislation TRES contraignante sur les habitations/commerces/lieux de productions pour être un peu plus econome en énergie de chauffage, et en eclairage.

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par sobriquet (IP:xxx.xx2.55.120) le 4 février 2009 à 14H51

Je suis étonné de constater l’acharnement de certains "pro-nucléaires" à descendre l’éolien. Il en est à peine question dans cet article ! Selon leur logique, soit on finance massivement le nucléaire, soit on finance massivement l’éolien, l’objectif étant au minimum de préserver la production électrique actuelle.

Chacune de ces alternatives présente des inconvénients tangibles, tout le monde en conviendra. Mais plutôt que chercher comment produire plus, voire autant, est-il si absurde de chercher à produire moins que personne ne l’évoque ? L’habitat consomme environ les 2/3 de la production électrique. Plutôt que de financer des EPR ou des parcs à éoliennes gigantesques, pourquoi ne pas investir dans les travaux d’isolations, dans les économies d’énergie domestique ? Cumulés à des investissements comparables dans l’industrie et la sidérurgie, on pourrait espérer diviser par deux la consommation nationale en quelques décennies.

Dans une telle optique, le débat nucléaire/éolien, perdrait beaucoup de son sens, car de tels investissements deviendraient vains.

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par Eric Delhaye (IP:xxx.xx1.250.46) le 4 février 2009 à 16H58

Je livre à votre réflexion la position de la CFDT Energie sur le 2ème EPR publiée dans les Echos

CFDT Energie : la France n’a pas besoin d’un deuxième EPR [ 30/01/09 - 11H40 - actualisé à 11:40:00 ]

Pour la centrale, le nucléaire va ne cadre pas avec les options de long terme retenues par le Grenelle de l’environnement. Le choix de l’EPR va renforcer le bilan exportateur de la France sans apporter de réponse à son problème de consommation de pointe. " Nous n’avons pas besoin d’un deuxième EPR pour arriver à l’équilibre entre l’offre et la demande d’ici à 2020 en France, estime Patrick Larradet, membre du groupe de veille industrielle de la CFDT Energie. Pourquoi ? Le gouvernement a fait des choix dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Ils consistent à réaliser 20% d’efficience énergétique, à avoir 20% d’énergies renouvelables et à réduire nos émissions de CO2 de 20% d’ici à 2020. Dans ce cadre et, comme le disent les travaux de préparation de la Programmation pluriannuelle d’investissements (PPI), la construction d’un deuxième EPR ne ferait que renforcer notre bilan exportateur.

L’année dernière, La France a produit 486 térawattheures d’électricité et en a exporté 47. Dans le pire scénario de la PPI, nous aurions un bilan exportateur de 99 TWh avec un deuxième EPR. Avons-nous vraiment vocation à être le château d’eau nucléaire de l’Europe ?

Par contre, la France a un problème sur la consommation de pointe, qui augmente plus vite que la consommation globale. Cela est dû à une mutation de la société et au développement massif du chauffage électrique. Mais le nucléaire ne répond en rien à cette demande. Il est fait pour répondre à la consommation de base.

Quant à la voiture électrique, les constructeurs français tablent sur un parc d’un million de véhicules électriques en 2020. Ceci correspond à un besoin en électricité de 2,5 TWh, soit moins du quart de la production annuelle d’un EPR. La CFDT n’est pas contre le nucléaire, mais nous estimons prioritaire d’allonger la durée de vie des centrales. On peut différer la réalisation d’un 2ème EPR

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par krolik (IP:xxx.xx2.43.140) le 5 février 2009 à 00H09

La CFDT a fait publier en 1977 un bouquin fort documenté qui s’intitulait "Le dossier électronucléaire".

Tout jeune ingénieur débarquant dans le métier devait le lire pour avoir des idées sur tous les aspects du nucléaire et prendre du recul.

Le bouquin était ni pour ni contre, il exposait les techniques, l’histoire,les risques, les développements envisagés à l’époque.

C’était de vrais éléments au "débat nucléaire" de l’époque dont il est dit maintenant qu’il n’a pas eu lieu.

Ce bouquin pourrait être remis à jour.

Mais l’équipe des auteurs est passée à la retraite, on ne peut pas être et avoir été.. Maintenant les gens qui parlent sur le sujet c’est qu’ils ont "une opinion", ce qui ne veut pas dire du tout qu’ils connaissent quelque chose dans le domaine.

Il est bien connu que ce n’est pas parce que l’on n’a rien à dire qu’il faut la fermer.

Sic transit la CFDT dans le nucléaire. @+

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par krolik (IP:xxx.xx2.43.140) le 5 février 2009 à 15H13

Une réponse directe à Corinne Lepage :

« POINT DE VUE » de la SFEN PARU DANS LA TRIBUNE du Jeudi 5 janvier 2009

Grenelle de l’environnement et nucléaire sont complémentaires

Par Francis Sorin, directeur du Pôle Information de la Société Française d’Energie Nucléaire (www.sfen.org)

Dans un « Point de vue » publié dans notre édition du 27 janvier, Corinne Lepage, ancien ministre et vice présidente du Modem considérait que la relance du nucléaire en France, via la construction d’EPR, signait la mort du Grenelle de l’environnement.

Pour Francis Sorin (SFEN), au contraire, cette énergie représente la première solution pour lutter contre le réchauffement climatique.

Le Grenelle de l’environnement vit-il ses derniers instants avant même d’avoir produit ses premiers effets ? C’est ce qu’affirme Corinne Lepage dans un « Point de vue » aux allures de réquisitoire récemment publié dans ces colonnes. Le coupable est bien sûr le nucléaire, cible obsessionnelle du mouvement écologiste français. Pour l’ancienne ministre de l’Environnement, la réalisation annoncée de deux réacteurs EPR à Flamanville et à Penly, « puis d’un troisième », signerait l’échec des politiques d’efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables répondant aux objectifs du « Grenelle » et à ceux de l’Union Européenne.

Transformant la France en « poubelle », ce « retour au tout-nucléaire » mettrait en péril nos filières agricoles, tuerait dans l’œuf le développement des énergies éolienne et solaire et « condamnerait à mort les éco-industries du 21ème siècle » !...

Et tout cela pour deux ou trois réacteurs de plus ! Non, décidément le coupable est un peu trop « beau » pour être vrai et l’argumentation de la procureure un peu trop caricaturale pour être convaincante.

Il nous parait particulièrement mal fondé de prétendre que le nucléaire « tourne le dos » au « Grenelle » et à la politique européenne alors qu’il va très précisément au devant de leur objectif essentiel : la lutte contre le réchauffement climatique. C’est cet objectif de base qui commande tous les autres, la finalité première de l’efficacité énergétique et du développement des énergies renouvelables étant de diminuer les rejets de CO2 responsables de ce réchauffement.

Avec 8 à 10 millions de tonnes de CO2 évitées chaque année, les EPR français seront les unités de production d’électricité les plus efficaces de toute l’Union Européenne dans la lutte contre l’effet de serre. Rappelons que si le nucléaire a fait de la France le pays industrialisé le moins pollueur en CO2 (avec la Suède), il évite à l’Europe des émissions annuelles de l’ordre de 700 millions de tonnes (pour un total de rejet de 4 milliard de tonnes) soit le double de l’objectif du Protocole de Kyoto et l’équivalent des rejets de l’ensemble du parc automobile de l’Union ! Alors que celle-ci va devoir renouveler dans les 15 ans à venir la moitié de son parc électrique, devenu obsolète, et que la majorité des installations nouvelles seront malheureusement des centrales à gaz ou à charbon, la mise en service de deux ou trois nouveaux EPR constituera une précieuse compensation pour tendre vers le grand objectif environnemental de l’UE…et du « Grenelle » : diminuer d’au moins 20% les rejets annuels de CO2 à l’horizon 2020.

Ces EPR, s’effraie Mme Lepage, vont « augmenter l’offre d’électricité ». Ils y contribueront effectivement, et il n’y a là rien que de très normal, pour répondre à une hausse de la demande que l’on prévoit modérée mais réelle durant la prochaine décennie. Cette contribution indispensable restera cependant minoritaire, en termes de capacités installées, par rapport à l’important programme de développement des éoliennes et des installations solaires décidé par les pouvoirs publics (près de 20 000 mégawatts construits à l’échéance 2020), complété par la réalisation ou la réactivation d’unités à combustibles fossiles. Mais au-delà de cette conjoncture, la justification fondamentale des nouveaux EPR est de pallier les prochaines mises hors service de nos plus anciens réacteurs. Entre 2017, date d’entrée en service de l’EPR de Penly, et 2020, ce sont 21 réacteurs – soit le tiers de notre parc nucléaire ! – qui pourraient être définitivement stoppés car ayant atteint leur limite d’âge théorique de 40 ans. Les énergies renouvelables, même à leur « meilleur », ne pourront compenser qu’une part minime de ce déficit. Les EPR en construction ou en projet sont donc pleinement justifiés. Et tout appelle à programmer prochainement la réalisation de deux ou trois unités supplémentaires pour ne pas se retrouver en sous-capacité de production électrique dans les années 2020…et être obligé d’acheter à l’étranger, au prix fort, des kilowattheures que nous sommes aujourd’hui en mesure d’exporter à des conditions très avantageuses durant certaines périodes de l’année.

Loin de transformer le pays en « poubelle », ces quelques EPR de plus maintiendront le bon équilibre stratégique, économique, environnemental d’un système de production d’électricité qui constitue pour la France, en cette période de turbulence énergétique mondiale, un formidable atout. Cette orientation n’est nullement en contradiction avec la politique d’efficacité énergétique prônée par le « Grenelle » et ne s’oppose en rien au développement des énergies renouvelables qui se voient par ailleurs consentir, sur un plan économique, des aides extraordinairement favorables. Plutôt que de considérer les « renouvelables » et le nucléaire comme d’irréductibles adversaires ayant vocation à s’exclure il est temps, balayant cette vision dogmatique, de réaliser que c’est leur addition dans une complémentarité intelligente qui peut offrir les solutions les plus efficaces au défi énergétique, en France et ailleurs. C’est ce qu’ont compris la plupart des décideurs politiques qui aident d’un même mouvement au décollage des renouvelables et à la « renaissance » du nucléaire dans les pays qui en réunissent les conditions. C’est ce que pourraient comprendre aussi les écologistes de bonne volonté au lieu de regarder les problèmes énergétiques d’aujourd’hui et de demain avec les yeux d’avant-hier.

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par g.jacquin (IP:xxx.xx4.40.136) le 5 février 2009 à 16H47

Oui et en même temps, tous les écologistes ne sont pas des intégristes. Certain ont bien compris que l’écologie n’est pas seulement primaire et consiste aussi à voir le problème dans son ensemble.

Le monde rural ne peut se contenter des vélibs ! De même qu’une famille vivant sous le seuil de pauvreté (il y en a plusieurs millions en France) ne peut accepter une énergie hors de prix !

La réalité est simple, le kwh nucléaire est le moins cher, il pollue le moins. Certe, il n’est pas sans inconvénient mais actuellement, toutes les études en cours, le donne comme le seul fournisseur d’énergie fiable pour les quelques siècles à venir ! après, si les chercheurs ont biens travaillés, la fusion remplacera les centrales nucléaires actuelles.

Alors l’avis de Corinne, en s’en fout !! mais grave de grave !!! Quelle nous explique comment elle pourrait faire pour nous fournir un KWh « écologique » à moins de 3.11 cts d’€ et on l’écoutera !

Le problème, c’est que des Corinnes, y en a plein ! ce plein s’appelle un lobby ! il est intégralement financé par l’argent de tous les Français et ça, ce n’est pas normal. Il devient presque implicite tant le bourrage de crâne fonctionne ! La seule façon d’y mettre fin est que ce gouvernement baisse les aides pour tous les producteurs industriels ! Car enfin, n’oublions pas qu’à l’origine, que ce soit pour l’éolien comme le photovoltaïque, les aides étaient plutôt destinées aux particuliers. Les requins ont eu vite fait de détourner les textes de lois, voir de les améliorer pour leurs profits.

Et aujourd’hui le résultat est clair, des éoliennes partout, qui pourrissent la vie de milliers de Français (pas certains, apparemment, qui écrivent des articles dans AV et qui doivent habiter Paris ou sa proche banlieue, là où il n’y aura jamais d’éoliennes !). Des champs cultivables qui se recouvrent par dizaines d’hectares de panneaux PV…

Peut-être faudrait-il, aussi, interdire à EDF de créer des filiales ENR qui s’auto vendent l’énergie ! Facile…

Demander au fabricant de chaussure à Romans si on lui a accordé des aides pour qu’il puisse se vendre à lui-même, les chaussures qu’il fabrique ? Résultat ! plusieurs centaines de chômeurs !

Cela devient infernal que sans arrêt, on détourne des idées qui au départ ne sont pas mauvaises pour en faire du fric réservé à un tout petit nombre ! On, dirait presque que s’est fait exprès ! N’est-ce pas ce qu’on appelle une énarquerie ???

Alors l’EPR est une bonne idée et en construire plusieurs sera de toute façon moins cher et plus efficaces que les éoliennes ou centrales PV.

Je rappelle pour l’ennième fois que les variations dues aux extrêmes pointes ne peuvent être compensées ni par l’éolien ni par le PV !

L’éolien parce qu’il na pas vocation à réguler (voir décret Cochet) et qu’il ne présente pas de fiabilité suffisante (voir rapport RTE sur la sécurité du réseau électrique) !

Pour le PV c’est plus simple, il n’est pas concerné par les pointes et extrêmes pointes (l’hiver après 18h il n’y a plus de soleil).Son seul interet est l’été, lorsqu’il fait chaud et que l’on met en service les clim. alors il compense réellement et évite le redemarrage de grosses centrales surtout que l’été, beaucoup sont en arrêt pour maintenance.

Donc les centrales THF comme les barrages hydroélectriques sont indispensables pour ces périodes (pointes, extremes pointes).

Pour le reste du temps (base, semi base), l’éolien se substitue à plus de 70 % au nucléaire donc autant construire des EPR qui coûtent bien moins chers !

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par Eric Delhaye (IP:xxx.xx1.250.46) le 5 février 2009 à 18H09

En matière de lobby, l’industrie nucléaire me semble avoir bien d’autres moyens que ces écolos que tu dénonces. Désolé de te contredire mais le nucléaire n’est en rien adapté aux pics de consommation en hiver et notre pays se trouve obligé d’importer de l’électricité en hiver. Un paradoxe quand on sait que la France est en moyenne annuelle le premier exportateur européen d’électricité avec sa surcapacité nucléaire...

Ainsi, en cas de grand froid, la logique s’inverse en raison des bonds réalisés par la consommation française, très sensible aux baisses de température et qui s’explique par le fort équipement des ménages en chauffage électrique. Développé en même temps que le parc nucléaire français, ce mode de chauffage consomme 7% de l’électricité hexagonale. Les centrales nucléaires, qui produisent 78% de l’électricité française, sont des moyens de production dits "de base", destinés à répondre à la demande au cours des périodes de consommation moyenne. Mais quand il fait froid EDF fait appel à des unités de production plus facilement modulables, des centrales au fioul, au gaz et au charbon, émettrices de GES. Et elle importe également, principalement en achetant son électricité en Allemagne, produite à partir du charbon pour une grande partie. Alors plutôt que d’investir 4 à 5 milliards dans un 2ème réacteur, on ferait mieux de consacrer les investissements dans les dispositifs d’économies d’énergie et la diversification du mix énergétique.

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par g.jacquin (IP:xxx.xx0.189.124) le 6 février 2009 à 07H57

M. DELHAYE

Il ne faut pas confondre… Le nucléaire a été et reste une nécessité ! Alors, les actions d’un lobby nucléaire sont moins flagrantes que pour le lobby éolien qui lui, n’est absolument pas une nécessité…

Je n’ai jamais écrit que le nucléaire était adapté aux pics de consommation en hiver par contre j’ai écrit ceci : - « Donc les centrales THF comme les barrages hydroélectriques sont indispensables pour ces périodes (pointes, extrêmes pointes) ».

Concernant l’importation d’électricité fabriquée par des centrales THF… Et alors ! ou se situe le problème puisque nous sommes excédentaires au global …

Actuellement EDF prend comme prétexte l’éolien pour justement construire des THF un peu partout en France. De toute façon, à moins de réaliser, comme vous le dites, des économies d’énergies sur l’habitat et autres, l’augmentation de ce type de centrales est fatale car :

1) L’Allemagne, qui a les mêmes problèmes de GES que nous (même si elle fait ou fera payer la taxe carbone à la France), limitera forcément ses exportations en heures de pointes.

2) L’augmentation générale de la consommation électrique française augmente obligatoirement les pics en pointes ou extrêmes pointes (même si les EPR savent moduler pendant les pointes, leurs répartitions géographiques et leurs dates de mise en service imposent la construction des THF).

Vous écrivez : « Alors plutôt que d’investir 4 à 5 milliards dans un 2e réacteur, on ferait mieux de consacrer les investissements dans les dispositifs d’économies d’énergie et la diversification du mix énergétique ».

Non pas seulement ! car ce deuxième réacteur devient nécessaire. Par contre le troisième qui doit servir à exporter l’est moins… en tout cas, cela devient une affaire politique mais si cela permet de limiter les futures hausses de tarifs du KWh pourquoi pas ! Par contre, les chiffres connus ce jour pour un EPR sont de 3.6 milliards d’€ pour les constructions en France (je sais que certains rédacteurs font courir des rumeurs étranges quant au prix de l’EPR mais il n’apportent aucune preuve de leurs dire !).

Bien sur que l’on est forcément pour la réalisation d’économies d’énergies. Concernant le chauffage et plus précisément les convecteurs électriques, mais il faut comprendre ceci :

pour une maison de 5 pièces, si on met des convecteurs, le coût en est d’environ : matériels = 240 € montage = 1000 € soit 1240 € (environ). Avec ce type d’installation, pour 1 KWh payé à EDF on récupère 1 KWh de chauffage.

Si on met un système thermodynamique avec un COOP de 4, on va avoir une unité extérieure (compresseur) et 1 unité gainable intérieure soit un budget de : matériel = 4200 € montage = 2000 € soit 6200 € (environ) par contre grâce au COOP : pour 1 KWh payé à EDF, récupèration de 4 KWh en chauffage !

Faire des économies d’énergies consiste déjà à aider financièrement ceux qui construisent. Si on ne le fait pas et compte tenu des normes (RT2005, RT2007 et futures), qui pourra se payer une maison si, pour diviser par 4 la consommation par le chauffage, il faut multiplier l’investissement par 6 ??? Imaginer les surcoûts sur les matériaux de construction !

On est bien d’accord que les économies d’énergies, c’est primordial ! Alors plutôt que d’essayer de récupérer de l’argent sur un EPR qui est utile, si on abandonne purement et simplement le programme éolien (en tout cas dans son actuelle version) c’est près de 30 milliards d’€ en 10 ans, que l’on pourrait réinjecter dans l’habitat neuf ou à rénover.

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par krolik (IP:xxx.xx2.43.140) le 5 février 2009 à 18H30

Mais lors des grands froids, anticyclone en provenance de l’arctique, pas de vent... Les éoliennes en rideau.

Le froid fait une réduction des réactions anaérobie des fermenteurs / digesteurs de la biomasse. Et le PV avec un peu de neige : couic zéro..

La modulation de l’énergie sur une centrale nucléaire est possible et cela se fait par injection ou évaporation d’acide borique dans le réacteur.

Le tout c’est d’avoir un nombre de réacteurs suffisant.

Mais si l’on veut vraiment faire de la modulation, surtout à partir de Penly, on peut reprendre un vieux projet toujours dans les cartons.

Électrolyse aux heures creuses de l’eau de mer, cellule de potasse sous pression. production d’hydrogène et d’oxygène. Les centrales de Gravelines, Paluel, Penly reliées entre elles par un feeder d’hydrogène destiné soit à faire fonctionner une turbine à gaz soit à envoyer de l’hydrogène en région parisienne pour remplacer le méthane du circuit "gaz". Il y a trè de différence entre la "gaz à l’eau" qui était en provenance des cokeries pendant 150 ans et l’hydrogène. L’oxygène étant envoyé pour être utilisé dans l’aciérie à l’oxygène de Dunkerque.

Mais le choix de Penly n’est pas fait au "hasard". Il y a en arrière pensée ce projet. Comme cela vous n’aurez plus à bramer sur les heures de pointe.

Maintenant il serait utile que vous nous sortiez la statistique de consommation kWh/tête d’habitant et par an en Allemagne et nous fassiez un comparatif avec la consommation française par tête d’habitant.

Vous nous répétez que le chauffage électrique est "horrible et une "faute" française grave. La comparaison, avec votre commentaire serait intéressante. J’ai hâte de découvrir la pirouette que vous allez nous sortir !

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par Demesure (IP:xxx.xx0.27.242) le 5 février 2009 à 23H03

Monsieur Delhaye,

Contrairement à ce que vous pensez, un réacteur de la génération 3 comme l’EPR peut parfaitement servir à répondre aux pointes de courant puisque de part sa conception même, il peut faire du load following aussi bien qu’une centrale au gaz ou hydroélectrique et servir ainsi à stabiliser un réseau. C’est même une des caractérisques mises en avant dans sa brochure commerciale (que tout un chacun peut consulter sur l’internet). De manière générale, il n’y a aucun problème technique pour un réacteur nucléaire à suivre la charge, c’est ce qui se fait chaque seconde dans les réacteurs des brise-glaces, des sous-marins ou des porte-avions nucléaires.

Malheureusement, il y a encore beaucoup de préjugés infondés contre le nucléaire que les gens viscéralement anti-nucléaires ne cherchent pas vraiment à dissiper.

Et puisque vous parlez de la Suède, sachez qu’elle vient de renoncer à vouloir sortir du nucléaire en constatant que ses objectifs en énergie renouvelables sont intenables. On peut toujours rêver que ce genre de pragmatisme puisse exister en France.

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par g.jacquin (IP:xxx.xx2.247.141) le 8 février 2009 à 16H42

Votre information m’étonne. Pouvez vous nous en dire d’avantage sur la variation du nombre de MW /mn ?

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