
La police de l’environnement a procédé à des constats dans deux décharges wallonnes
Parole tenue : peu avant l’an neuf, les communes de la Province de Namur et plusieurs entités du Brabant wallon, dont Mont-Saint-Guibert, avaient promis de ne pas respecter l’interdiction de mise en décharge des déchets ménagers bruts à partir du 1er janvier 2008. Parole tenue encore : l’administration wallonne et le ministre de l’Environnement Benoît Lutgen (CDH) n’ont pas plié face au non-respect de la nouvelle législation qui entend donner la priorité au recyclage et à la valorisation.
La semaine dernière, la police de l’Environnement (DPE) a fait procéder à plusieurs constats dans les décharges de Happe-Chappois (Ciney) et de Mont-Saint-Guibert, gérées respectivement par l’intercommunale de la province de Namur (BEP) et la société Shanks. Toutes deux auraient accueilli des déchets ménagers depuis le 2 janvier.
« L’audition des exploitants des centres d’enfouissement a été faite ce lundi, confirme Claude Delbeuck, directeur général de l’administration de l’Environnement en Région wallonne. Ce sont les exploitants qui sont responsables de la codification des déchets. Or, cette codification a été modifiée, enfreignant les dispositions légales… »
Au cabinet du ministre de l’Environnement Benoît Lutgen (CDH), on ne manque pas de signaler que les constats opérés par la police de l’Environnement rendent caduques l’argumentation juridique des communes récalcitrantes. « Difficile de faire passer ces poubelles pour des déchets biométhanisables quand on y retrouve du plastique mélangé aux ordures ménagères », remarque-t-on au cabinet Lutgen.
Justifiant l’absence de filière alternative et le surcoût qu’occasionnerait une évacuation de leurs déchets ménagers vers des infrastructures de tri ou des incinérateurs éloignés (Liège pour Namur), les communes namuroises et du Brabant wallon attendaient de la part du ministre l’octroi d’une dérogation, le temps de pouvoir mettre en œuvre des infrastructures ad hoc.
Mais pour le ministre de l’Environnement, ces solutions temporaires existent pour peu que l’on ouvre les frontières provinciales. Et le discours officiel ne varie pas : « Une taxation de 150 euros la tonne sera infligée aux contrevenants. » De quoi faire frémir le BEP quand on sait que 300 tonnes de déchets sont traitées chaque jour…
Une concertation entre l’administration wallonne et les communes concernées aura lieu ce jeudi.










