La bataille de l’energie semble maintenant bien lancée avec la prise de conscience maintenant précise et mondiale que les ressources du monde sont finies et quantité d’initiatives dans tous les domaines pour trouver des sources alternatives d’énergie à celles qui vont bientôt nous manquer. Deux difficultés additionnelles qui compliquent la résolution du problème, l’une dont nous sommes conscients, l’émergence du réchauffement climatique, et l’autre dont on nous parle peu, voire pas, qui est l’impact des surcoûts multiples de ces solutions à l’étude sur l’économie mondiale et l’emploi.
Pour la production d’énergie primaire, les solutions alternatives à la disparition du pétrole existent tout au moins à moyen terme entre le gaz, le charbon, les énergies douces (éolien, biomasse, photovoltaique, etc) et le nucléaire, ce dernier ayant l’avantage de ne pas contribuer aux émissions de CO2. Par contre, je suis plus particulièrement inquiet, dans le problème du remplacement du pétrole par deux secteurs d’activité particuliers, le transport et la chimie. Or les choses bougent également dans ce domaine.
Pour le transport aérien, le Salon du Bourget est l’occasion de voir émerger une floraison d’idées, de déclarations et de propositions nouvelles, plus ou moins réalistes mais qui montrent que le monde bouge. Je passe sur la déclaration du Président de l’Iata sur la faisabilité de vols "zero émission" pour les années 2050 que j’ai déjà eu l’occasion d’épingler dans un article récent. Plus sérieusement la déclaration de Monsieur Louis Gallois, coprésident d’EADS, pour réduire de 50pct les émissions de CO2 des nouveaux modèles d’avions pour 2020 est encourageante. La présentation par contre par le Vice Président de la Compagnie low cost Easyjet, Andre Harrison, de son Ecojet à turbopropulseur non carénés tient plus de l’opération médiatique que de la technique sérieuse. Seuls les constructeurs d’avions et motoristes sont à même de prévoir les améliorations réellement envisageables pour le moyen terme.
Le premier essai au banc par le motoriste Saf’ran ex Snecma, d’un réacteur fonctionnant avec un mélange de carburéacteur classique et de 30 pct d’un biocarburant spécial vient d’avoir lieu. Il permettrra de mieux comprendre les difficultés et les enjeux d’un tel carburéacteur de substitution sachant que les difficultés majeures en sont la marche à froid, la stabilité thermique du carburant et son corollaire le gommage du moteur. Sachons seulement qu’entre ces premiers essais, la définition des spécifications d’un tel biocarburéacteur, l’identification de sources de produits fiables et constantes et la mise à disponibilité dans tous les aéroports du monde de tels produits il s’écoulera forcément beaucoup de temps. L’important, en tous cas, est que le mouvement d’étude soit lancé.
Une autre voie que les médias vont nous présenter est celle de l’utilisation de l’hydrogène comme carburant dans les réacteurs. Le fonctionnement des réacteurs ne semble pas devoir poser de gros problèmes techniques à priori. Par contre, le problème du stockage d’un tel carburant non encore résolu pour une véhicule terrestre (CF mon article sur le programme BMW) ne semble pas plus facile à résoudre même si la température extérieure à haute altitude (-50°c) est plus favorable que la température à terre. La durée des vols devrait nécessiter des vomlimes de réservoir plus importants. Enfn le plus critique est que l’hydrogène est un gaz explosif dont l’utilisition en transport aérien a donné lieu, avant sa disparition, à ...l’accident dramatique du dirigeable Zeppelin à New York. Nul doute qu’il y aura là une barrière psychologique difficile à franchir pour les voyageurs !
Dans le domaine de la Chimie, il faut signaler l’inauguration de la première usine d’un grand intermédiare chimiqe le propane diol 1,3, en abrégé PDM, a partir de glucose de maïs au lieu de pétrole. C’est l’oeuvre du chimiste américain Du Pont en association avec le britannique Tate and Lyle qui viennent d’ouvrir cette usine d’une capacité de 45 000 tonnes de Bio PDM à Loudon dans le Tennesse. Le processus fait appel à des bactéries modifiées nourries au maïs OGM ce qui ne plaira pas en Europe et le produit final sera utilisé dans une grande quantité de produits différents comme des cosmétiques, des détergents et des textiles. Avantage : une consommation d’énergie en baisse de 40pct et des émissions de CO2 plus faibles de 20pct.
Autre piste ancienne et déjà démontrée d’une source de matière première pour l’industrie chimique : le gaz et surtout le charbon, disponible en large quantité partout dans le monde. Là aussi le travail à accomplir est considérable et le délai pour remplacer l’énorme palette de produits chimiques dérivés du pétrole dont nous bénéficions sera très long, jusqu’a l’extinction totale de nos disponibilités en pétrole don la dernière goutte risque d’aller soit dans un avion soit dans une unité chimique ;
Un soucis néanmoins dans cette floraison de nouveaux produits de remplacements. Une grande partie d’entre eux sont basés sur des produits agricoles et nul ne sait si nous disposerons de suffisamment de surfaces arables pour alimenter une demande en forte progression du secteur énergétique et chimique en même temps que de continuer à nourrir une population mondiale en forte progressison également.
A suivre donc avec attention.
Je ne suis pas un fan des approches dites de "substitution". Il faut aussi laisser une place au changement des modes de consommation. C’est plus facile à dire qu’à faire, je le vis tous les jours.
J’ai peur que ces solutions de substitution ne fasse que reculer l’échéance du choix et que la note à payer soit encore plus élevée à l’image de ce que l’on voit sur les bio-carburants.










