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Dépendance énérgétique européenne : Inconscience ou aveuglement anti nucléaire ?

Article publié le 29 juin 2007

Quelques jours seulement après la spoliation réussie de BP-TNK, Vladimir Poutine participait à Zagreb à un sommet énergétique avec les 10 pays des Balkans. Un sommet qui existe depuis de nombreuses années mais qui parait qiua,nd même un êu dépassé à l’heure d’une Europe qui s’etend à l’Est et dans les Balkans en particulier.Il est quand même curieux de constater que des pays comme la Bulgarie ou la Roumanie, nouveaux membres de l’Europe à 27, et d’autres pays européens y participent et que la Commission Européenne n’y dispose que d’un strapontin d’observateur.

Le vrai maître, c’est celui qui dispose de la ressource en énergie, en l’occurence Vladimir Poutine qui, en plus, a réussi l’exploit comme je vous l’avez signalé dans un message du 21 mai de s’approprier la mise sur le marché du gaz Turkmène et Kazakh au nez et à la barbe des occidentaux !

De quoi a t on parlé lors de ce sommet ? De gazoduc nouveaux dont l’un est en cours de construction, celui russo- allemand sous la Baltique, au grand dam des membres baltes de l’Union Européenne et de la Pologne soigneusement exclus des débouchés de ce gazoduc. Au point qu’on pourrait considérer leur exclusion de ce projet très important, comme une sorte de punition à l’encontre de ces pays ex soviétiques. L’autre en projet mais dont l’accord entre les partenaires, Gazprom bien sur et ENI, la société nationale italienne vient d’être signé, que l’on appelle South Stream et qui va passer au fond de la mer Noire, à 2400 m de fond,desservir la Bulgarie, la traverser et se diviser à terme en une branche nord vers l’Autriche, la Hongrie et la Roumanie et une branche Sud vers la Grèce, la Macédoine, l’Albanie et vers l’Italie en fin de compte.

Une main mise énergétique magistrale sur la majorité des pays de l’Union Européenne...Or dans le pétrole, qui tient les tuyaux tient le marché voire le client tellement les alternatives sont en petit nombre. Et quand on voit comment la Russie a traité ses clients Bielorusses et Ukrainiens, on ne peut qu’être inquiet sur ce qui attend l’est de l’Europe...Nous ne sommes qu’un colosse aux pieds d’argiles.

Autre inquiétude, l’expérience a prouvé que le sociétés étatiques qui ont résulté partout dans le monde de nationalisations ont des objectifs par seulement pétroliers et que leurs ressources financières peuvent être affectées à des objectifs d’ordre sociaux ou politiques sans commune mesure avec leur engagements de fournitures énergétiques.L’Iran en est un exemple flagrant. Ce manque d’investissement dans l’exploitation des champs pétroliers et des infrastructures annexes( ports, stockage, installations de pompages) ainsi que dans le raffinage est d’ailleurs une des raisons de la crise pétrolière de ces derniéres années et de la hausse des prix du baril. Pour l’instant donc, Vladimir Poutine et Gazprom poursuivent le développement vers l’Europe de leurs réseaux gaziers et pétroliers. Seront ils capable ensuite de les remplir est une autre question.

L’Agence Internationale de l’Energie en doute qui ne voit pas en Russie de gros programmes d’investissement pour développer de nouveaux champs gaziers non plus que d’efforts particuliers pour réduire la consommation locale dont on sait quelle est un gaspillage éhonté de ressources naurelles lié au prix très bas du gaz sur le marché intérieur russe.D’après elle la production russe entre 2010 et 2012 devrait se situer dans une fourchette de 555 à 645 milliards de M3 de gaz. Il manquerait de 63 à 200 milliards de M3 sur cette période en production pour couvrir le marché interne russe en l’état et les besoins de l’Europe. Seule solution, possible, pomper le gaz Turkmène et Kazaks mais nous, européens, auriont pu le faire directement et plus surement sans la Russie.

Conclusion, le charmant Monsieur Poutine nous tient bien et la Commission Européenne et l’ensemble des pays européens n’ont pas su trouver la parade à l’indépendance énergétique du continent.

Quelles sont les alternatives me direz vous ? Dans le domaine du gaz ce serait de développer la filière gaz naturel liquéfié à partir des usines de liquéfaction du golfe persique et de terminaux gaziers équipés d’unités de regazéification sur les côtes europénnes. La France dans ce domaine de par ses liens avec l’Algérie, son relatif éloignement du gaz russe et ses besoins moindres que ceux des autres pays du fait de l’importance de son parc nucléaire, est sans aucun doute mieux placée que ses collègues européens ;

L’autre alternative est le développement global de la production énérgétique hors pétrole. Mais là aussi les contraintes nouvelles de la maitrise des émissions de CO2 limite les possibilités. L’éolien, le photovoltaique,la biomasse et les biocarburants progressent mais sans avoir la capacité suffisante pour satisfaire une demande en augmentation.Le charbon pollue. Alors, reste le nucléaire mais nous nous heurtons alors à la résistance anti nucléaire.

Nous préférons finalement la dépendance envers Monsieur Poutine que de revenir sur le dogme aveugle de l’anti nucléarité...Peut être serons nous un jour obligés de le regretter

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commentaires
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par Philippe Vassé (IP:xxx.xx3.185.102) le 29 juin 2007 à 11H30

Bonjour,

L’article est fort intéressant, bien que très incomplet sur le dossier abordé, ce qui est un peu dommage.

Visiblement, le retour, tant économique que militaire, diplomatique et politique, de la Russie sur la scène et le marché international ont surpris tous les hauts responsables tant européens qu’américains, sans parler des analystes et observateurs de la vie internationale.

C’est peu de dire qu’après l’ère Eltsine, la Russie "rebondit" sur tous les plans et plus fort que tous les précités le prévoyaient dans leurs hypothèses de travail. Certes, son gouvernement, sous la houlette de Poutine, dont les capacités de manoeuvre politique et diplomtatique, ont été longtemps et fortement très sous-estimées, utilise le gaz naturel, le pétrole et d’autres minerais "sensibles" dont son sous-sol regorge afin de redonner la place qu’il juge légitime au plan international. Cela est clair.

Cela dit, prolonger une erreur par une autre serait absurde : la Russie veut vendre aussi ses produits bruts, certes avec un profit politique au passage (elle n’est pas la seule à agir ainsi !), mais surtout parce qu’elle a besoin d’argent frais pour se redresser, se rebâtir, moderniser son industrie et, enfin, et cela est bien nouveau, financer son véritable réarmement militaire de haute technologie.

Un "petit scoop" démontre que certains ont déjà compris le processus et ont calculé que cela pouvait être profitable à des partenaires conscients : le gouvernement taiwanais, qui n’est pas pauvre en devises internationales,négocie avec la Russie pour ses futurs approvisionnements en pétrole brut, sous formes de contrats à moyen terme (source : la presse et les médias de Taiwan en début de semaine).

Quant à l’UE, notamment dans les Balkans, il est évident que la Russie est en voie de gagner sur elle en influence et qu’elle se donne les moyens de pression (énergétiques et économiques)pour parvenir à ses fins, comme elle le fait avec efficacité en Ukraine. Comme elle commence à le faire avec les Etats baltes.....Et comme elle laisse l’UE se débrouiller- pour l’heure- avec la Pologne sur ce dossier, en attendant l’échec prévisible des accords Pologne-UE pour venir au secours- intéressé- de Varsovie le moment venu.

Le problème de base de l’UE, dans ce dossier, c’est qu’elle n’a ni pétrole, ni gaz naturel, et qu’elle dépend elle-même de sources extérieures. En clair, face à la Russie et sur ce terrain particulier, dans les Balkans et ailleurs très bientôt- mon regard est au nord-l’UE ne pèse rien.

Et derrière ce processus sur lequel vous avez bien pointé le doigt pour les Balkans, c’est la très instable et volatile UE qui est visée comme telle : mais cela, comme disait un célèbre écrivain, est un autre problème....

Comme vous le dites très bien en résumé : "qui tient les sources d’énergie et, en plus, les moyens de le transporter, tient les pays demandeurs".

Et Bruxelles est ici bien impuissante ! Le risque de voir l’UE commencer à exploser-imploser par l’Est n’est plus une hypothèse, c’est déjà une réalité en marche !

Quant à l’argument "nucléaire", mieux aurait valu peser, en toute logique avec votre énoncé antérieur, en faveur d’un développement rapide des énergies renouvelables non-polluantes que pour une source d’énergie -l’uranium- qui est aussi, il est bon de le rappeler ici "extérieure" et non-renouvelable à terme, sans parler du coût prohibitif de ses nouvelles centrales.

Bien cordialement vôtre,

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par Atlantis (IP:xxx.xx6.151.12) le 29 juin 2007 à 23H16

"mais sans avoir la capacité suffisante pour satisfaire une demande en augmentation."

Evidemment. Mais on pourrait surtout jouer franc jeu et plutôt se demander à quoi sert tout le gaspillage que l’on fait ?

L’industrie a commencé (mais il y a encore beaucoup de marge) depuis quelques années à rogner sur ce poste de dépense bien souvent inutile. Le commerce et les services y viendront. Restent les particuliers. Et c’est pas en faisant passer une hypothèse en un dogme que ça va les inciter à penser qu’il peut en être autrement. C’est quelque part pas honnête avec eux non plus.

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par Zig et Puce (IP:xxx.xx5.104.176) le 1er juillet 2007 à 13H04

J’ajouterais que notre indépendance énergétique est vraiment toute relative. On nous annonce une indépendance énergétique de l’ordre de 50%... pour la bonne raison que l’uranium n’est pas inclus dans ce décompte... Et bien sur, cet uranium, comme les autres ressources, il faut l’importer. Finalement, en remettant l’uranium dans le calcul, notre indépendance énergétique n’est plus que de 30% environ.

Alors comme dit Philippe Vassé, il est important de développer les sources d’énergie renouvelables, d’améliorer notre efficacité énergétique (isolation, meilleurs rendements...) et surtout notre sobriété énergétique.

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par U235 (IP:xxx.xx1.195.43) le 1er juillet 2007 à 21H48

Dans une mise à jour récente (2005) des perspectives énergétiques, la Commission européenne précise que la production d’électricité par les énergies renouvelables sera plus importante que celle produite par le nucléaire, avant 2030.

La commission est pourtant très modérée pour le potentiel des énergies renouvelables, puisque ses projections ont toujours été dépassées par la réalité au cours des dernières années, en particulier dans l’éolien et le photovoltaïque.

La croissance est soutenue à un rythme annuel de 25% à 30% pour l’éolien, plus élevé pour le photovoltaïque. Une petite quantité au départ finit par compter beaucoup en étant multipliée par dix tous les dix ans, avec des coûts en baisse.

D’un autre côté, La pénurie annonce la fin progressive de l’uranium comme cela commence à apparaître avec l’envolée du prix de l’uranium.

Le prix est passé de 10 à 138 dollars la livre entre début 2003 et juin 2007, prévu à 300 dollars la livre avant fin 2008.

Au passage, une fois les nouveaux achats entrés dans le cycle, cela se répercutera sur le coût de production de l’électricité nucléaire, qui commencera par doubler avant d’augmenter encore, devenant vite plus coûteuse que celle d’origine éolienne.

Et il faudra songer à arrêter une bonne partie des réacteurs nucléaires. N’ayant plus de combustible en quantité suffisante, le rationnement se fera au niveau mondial, avec une demande de gros chèques pour départager les acheteurs potentiels.


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