La préoccupation environnementale est à la portée de tous
Article publié le 7 septembre 2007
Dans la conctruction, les solutions écologiques sont souvent coûteuses et requièrent de la part du futur propriétaire une abnégation peu compatible avec ses moyens et la somme de ses contraintes financières à venir.
J’ai construit moi-même ma maison en 2006 dans les Alpes de Haute Provence.
L’altitude est de 550m, le climat méditérranéen est rafraîchi par la proximité des montagnes mais l’ensoleillement est plutot généreux, près de 300j/an.
En lotissement, l’apparence du bâti doit respecter l’usage local, ce qui est logique. Désireux de construire en bois, j’ai opté pour la maison ossature bois (MOB) ce qui offre au moins 4 avantages :
- isolation de premier ordre
- rapidité d’éxécution du gros oeuvre (5 jours à 3)
- facilité dans la réalisation du second oeuvre (chantier propre)
- apparence extérieure traditionnelle de la construction
Pour l’isolation je me suis interessé au chanvre, à la laine de mouton, au flocage de ouate de cellulose... pour finalement revenir à la laine de verre pour son coût 2 à 3 fois moins cher que les solutions "propres" envisagées.
Pour l’eau chaude, j’ai envisagé le solaire mais étant obligé de passer par un installateur Qualisol pour bénéficier du crédit d’impôts, j’ai trouvé excessif le prix d’un chauffe eau solaire par rapport à la technologie qu’il contient. 4000€ contre 200 pour un cumulus de 150 l posé soi-même : cette différence me parait difficile à justifier et encore plus à amortir. D’autant que là l’impact écologique n’est pas colossal surtout si on pratique la douche rapide... Cela dit j’envisage de me faire un "préchauffeur" d’eau froide (10 à 20°C sortie de terre selon la saison) en faisant circuler 50m de tuyau PE sous la toiture avant de la ramener au cumulus, le système étant muni d’un by-pass pour le neutraliser l’hiver. Coût de l’opération 200€ environ, çà va...
J’ai aussi étudié la possibilité d’installer des panneaux photovoltaïques avec contrat de rachat pae EDF des kw/h éxédentaires. Mais pour 15000€ d’investissement le retour ne pouvait se faire avant 8-10 ans. 12 ans selon l’Adème qui m’a signifié que le projet ne pourrait être validé qu’à cette condition (seuil de rentabilité à 12 ans), prétextant un trop grand nombre de demandes par rapport à la dotation de l’Etat dans le département... De quoi en décourager plus d’un...
Pour le chauffage, pas question de favoriser des industries polluantes ou carnassières telles pétrole et gaz, et maintenant aussi électricité vu la pseudo concurrence qui s’organise surtout en vue de prélever nos comptes bancaires... Le bois, c’est sympa mais difficile à gérer au quotidien sauf à avoir le temps d’effectuer les taches afférentes : stockage, débit, alimentation, nettoyage avec un coût du stère à 50€ livré çà fait hésiter.
La géothermie, outre son coût d’investissement conséquent, requiert un sol meuble et assez horizontal pour y enterrer les tuyaux à 2,5m de profondeur, tout le contraire de mon terrain rocheux et en pente à 15%. L’aérothermie réversible, c’est bien mais cher 8 à 10 000€ et donc, ces deux solutions m’ont paru intéressantes mais pas financièrement sauf à long terme, ce qui ajoute une crainte quant à la maintenance voire le remplacement d’éléments coûteux...
Je suis donc revenu au bois, mais en granulés de sciure compactée : les fameux pellets ! Et là, que des avantages ou presque : poele de 11 kw, 4300 € remboursé à 50% 9mois plus tard, soit 2150€ auxquels il faut rajouter 700€ de conduits inox et de pose (en 30’, zéro dégats et poussière). Evidemment, il faut laisser les portes ouvertes quand on chauffe 3h le matin, 3-4h en fin d’apm, mais c’est peu de contraintes par rapport aux bénéfices : pas de radiateurs, feu à travers la vitre, automatisation du poele, entretien très facile (cendres 2X par mois), chargement en sac de 15kg, et coût. Abordable au départ, économique ensuite : j’ai consommé 1,1t de granulés pour l’hiver 2006/07 particulièrement doux, c’est clair. Mais 300€ pour 135m2 exposés au vent, c’est pas joli ?
Par ailleurs, les larges baies vitrées que j’ai posées au sud et à l’ouest sont une application facile du "solaire passif" seul chauffage 100% gratuit, tout en apportant lumière et paysage.
En résumé, oui aux solutions écologiques, deux fois oui quand elles sont en plus abordables, économiques et donc rentables immédiatement. Un seuil de rentabilité repoussé à 10 voire 12 ans, franchement, ce n’est pas motivant et ce laps de temps peut, lui aussi, réserver bien des surprises de toutes sortes, simple question de bon sens... Je crois qu’il y a matière à réformes dans la diffusion et le coût des applicatifs efficaces en économie d’énergie : si les coûts se rapprochent d’une vérité, la demande explosera, elle ne demande que ça. Sinon, les personnes aisées pourront s’adonner seules aux économies d’énergies (et d’argent) les autres devront se débrouiller avec des multinationales de l’indispensable, livré avec autorisation de prélèvement accompagné de Rib et signature.
Alors, à défaut de revenus confortables, soyez astucieux, devenez capables de comprendre et mettre en oeuvre les techniques simples de l’isolation, du solaire passif, du préchauffage d’eau, la récupération d’eau de pluie, etc. Une conception efficace du logement et l’intégration de ces méthodes vous apportera surcroît de revenu et d’indépendance.
Thierry LEITZ
préchauffage ECS : si vous êtes un peu bricolo vous comprendrez vite l’intéret d’un de mes articles naturavox (numéro 1384).
prix des installations "subventionnées" : bienvenu dans la réalité (je combat toute forme de subventionnsime permanent, source d’inflation délirante).
attention au prix des pellets, c’est en train de grimper vite fait, à voir si ça sera encore rentable dans quelques années ...
Si certaines aberrations économiques disparaissaient, je crois qu’il deviendrait évident que le plus écologique est en général le plus économique. Parce la surabondance de valeurs ajoutées dans un produit grève lourdement son bilan écologique. Je pense entre autres aux aberrations économiques suivante :
Prix du pétrole beaucoup trop bas relativement à sa rareté : dans une économie de type libéral, sont prix serait au moins multiplié par 3 ou 4,
Taux de change aberrant entre les monnaies (Chine/France, par exemple),
Comme le mentionne Atlantis, explosion des prix des produits subventionnés.
Je ne suis pas particulièrement partisan du libéralisme, mais si ce type d’anomalies au modèle libéral disparaissait, la donne serait totalement différente, et en faveur de la planète.
Par ailleurs, Le DVD "la maison 3E" présente une méthode pour construire soi-même un chauffe-eau solaire, pour un budget d’environ 300€. (commandable sur www.heol2.org )
J’epère que votre maison écologique est isolé des voisins car la combustion des biomasses est excessivement polluante autant à l’intérieur et surtout à l’extérieur. Une énergie verte requiet jamais de cheminée pour évacuer la pollution. Marie











