Article publié le 31 mars 2009
En 1974, un vieil homme aux cheveux blancs nous présentait un programme nouveau : l’écologie politique. Pour illustrer son discours, René Dumont terminait son allocution en buvant un verre d’eau et déclarait « nous manquerons bientôt d’eau ! ». Le 22 mars 2009 se terminait le 5ème forum mondial de l’eau à Istanbul, 25 000 participants de 192 nationalités discutant de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. 1,2 milliards d’individus n’ont pas d’accès à l’eau potable et plus de 2 milliards sont privés d’assainissement. En 2030, plus de 5 milliards de personnes n’auront sans doute toujours pas accès à un système d’assainissement décent. Une demande toujours en croissance, des ressources qui diminuent. Amère reconnaissance…

Il en va de l’eau comme du climat, les tractations internationales sont hasardeuses. Le constat, même partagé, ne suffit pas. On pensait l’administration américaine désormais plus encline à la responsabilité et à la solidarité environnementale, on apprend pourtant sa réticence à parapher un texte engageant. Encore une fois, la communauté internationale fait la preuve qu’elle est capable d’analyser un problème mais se révèle incapable de l’anticiper et de le traiter. L’eau est pourtant un problème immédiat et si certains pays sont à l’abri du stress hydrique, aucun ne sera protégé des conséquences globales du phénomène. L’assèchement des bassins versants de l’Indus menace directement plus d’un milliard d’individus. Plus proche de nous, la ville de Marseille envoie de l’eau par bateau à la région de Barcelone ! En Ibérie, la sécheresse et la désertification avancent inexorablement, menaçant les productions agricoles et les conditions de vie ; on projette aujourd’hui des détournements massifs de fleuves pour irriguer ces terres assoiffées. Plus encore que la faim, l’eau poussera des peuples entiers à l’exode.
Si les objectifs du millénaire (réduire de moitié le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau) sont d’ores et déjà un échec, essayons au moins de ne pas renouveler nos atermoiements « Kyotoesques » parce qu’en matière de santé, de développement, de survie tout simplement, la question de l’eau est bien plus urgente et cruciale que toutes les autres questions environnementales. Il nous a fallu 10 ans pour esquisser le début d’une dynamique sur les émissions de gaz à effet de serre, les populations en stress hydriques n’auront pas la capacité de faire preuve d’autant de patience. Comme le dirait nos agitateurs de Greenpeace : « maintenant c’est quand ? »
Alexis du Fontenioux. Mars 2009
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Judicieuse synthèse. J’imagine que les "sommets" pour l’eau vont permettre de dégager des fonds pour "aider" les plus démunis. Prônerons-t-il l’économie ? Y investiront-ils de l’argent ? Ça j’en doute ! Quand on voit tous ces contrats d’eau dans les pays du Moyen-Orient et leurs méthodes pour faire de l’eau potable (il "suffit" de dessaler l’eau de mer !), j’ai du mal a penser que l’on se dirigera dans la seule et unique bonne voie : l’économie.
Mais entendons-nous : je ne dis pas qu’il ne faut pas faire des usines pour dessaler l’eau de mer ou des investissements pour l’accès à l’eau potable. Il faut le faire, mais cela va de paire avec une pédagogie efficace et obligatoire, car cette eau est une CHANCE, qui mérite d’être économisée.
Lorsque l’on regarde nos sociétés "développées", on s’aperçoit que si l’eau courante garanti un mode de vie bien plus sain et plus confortable, cet avantage est devenu un droit auquel on en oublie les devoirs associés. C’est donc cela qu’il faut régulièrement rappeler. N’oublions pas qu’il est possible de vivre avec peu d’eau, et que ce bien est plus précieux qu’un lingot d’or !
Toutefois, à 350 L/habitant en Amérique du Nord, je suis pas sûr qu’il aient bien compris cela ! Certains y verront une certaine "américanophobie", moi j’appellerai plutôt ça "l’exemple que nous devons éviter de suivre bêtement" !











