L’agglomération de La Rochelle parie sur l’économie solaire
Cette semaine, s’est tenue à La Rochelle, la 1ère rencontre professionnelle du solaire à destination des élus, des acteurs locaux du bâtiment, de la recherche et de la branche solaire, à l’invitation de l’agglomération rochelaise. L’agglomération de La Rochelle ne manque pas d’ambition pour le futur, voulant générer une dynamique de marché local de l’énergie solaire qui entrainera l’émergence et la croissance d’une nouvelle économie locale. Bref, l’agglo de La Rochelle fait du green business un enjeu de développement de son territoire.
C’est Maryline Simoné, vice-présidente de l’agglo chargée du développement économique, qui a ouvert cette rencontre. Avec la même conviction qu’une élue en charge de l’environnement, elle a rappelé que La Rochelle a toujours été pionnière en matière d’écologie urbaine : les 1ers vélos en libre service dès 1976 (le Vélib avant le Vélib ;-), les navettes électriques reliant des parkings relais au centre ville, le bus de mer solaro-électrique, … Aujourd’hui, la ville et les communes alentours, au diapason de la politique régionale (objectif de 65 MW de PV installés d’ici 2012), veulent jouer la carte solaire. Pionnière aujourd’hui pour être leader demain, l’agglomération fait valoir ses atouts : un ensoleillement exceptionnel sur la côte atlantique et un environnement propice avec le pôle de recherche LEPTIAB-FREDD, une école qui forme des ingénieurs spécialisés en EnR dans le bâtiment, des entreprises déjà impliquées, des zones d’activité économique dédiées, …, pour donner plus de poids à l’engagement politique pro solaire des édiles.
Il ne faut pas s’étonner de ce parie gagnant de l’agglo rochelaise sur le solaire. Depuis 1996, ce territoire s’est engagé dans le développement des énergies alternatives et de l’efficacité énergétique lors de la réhabilitation ou de la construction de bâtiments communaux. Déjà 20 réalisations à ce jour, avec parmi elles :
- Un réseau de chaleur à Villeneuve-les-Salines alimenté à 50 % par les énergies renouvelables, avec 1200 m² de capteurs solaires thermiques, et une chaudière bois de 4,5 MW
- Les serres municipales de la ville de la Rochelle, un bijou de qualité environnementale avec 65 kWc/677 m² de PV et une chaudière bois de 700 kW, une construction en ossature bois, la récupération des eaux de pluies, …
- Le Musée maritime de la Rochelle, qui intègre 527 m² de membrane photovoltaïque souple,
- Le centre technique municipal d’Aytré, bâtiment à énergie zéro en cours de réalisation dont la production d’électricité solaire devrait effacer la consommation du bâtiment, déjà réduite par la toiture végétalisée, l’eau chaude solaire, le puits canadien raccordé à une ventilation double flux, …
- Le centre d’exploitation de Périgny, lui aussi avec une architecture solaire qui intègre 300 m² de photovoltaïque, l’eau chaude solaire et la ventilation double flux, …
- …
Un futur qui s’annonce brillant, avec des projets foisonnants. Ainsi, la ville de La Rochelle va bientôt mettre à disposition 10 000 m² de toitures pour qu’un ou plusieurs opérateurs y installent l’équivalent d’une centrale solaire d’1 MW. Deux projets d’éco-quartiers sont aussi dans les cartons, car la ville n’imagine plus aménager autrement qu’en assumant sa responsabilité climatique. Et si La Rochelle était une sorte du Freiburg français ? D’aucuns en rêvent … Rêvons avec eux ;-)
1ère centrale solaire en plein champ inaugurée à Lunel
La ville de Lunel ne sera plus seulement connue pour sa barrière à péage sur l’autoroute A9 en direction de l’Espagne, mais pour sa centrale solaire. La 1ère centrale solaire au sol réalisée et mise en service en France métropolitaine, inaugurée ce mercredi 26 novembre 2008 par le préfet de Région Cyrille SCHOTT et du président de Région Georges FRECHE.
Cette centrale solaire est une installation composée de 6 500 modules photovoltaïques en plein champ sur 1,5 hectare, 0,5 GWc qui produira 605 900 kWh électriques par an. L’intégralité de la production sera injectée sur le réseau de distribution national, sur la ligne haute tension (20 000 Volts) souterraine qui borde le site. La centrale évitera 546 tonnes de CO2 par an
Dans une démarche de cohérence environnementale, l’entretien du terrain sera réalisé par des moutons, conférant une activité de pâturage au site. L’orientation des cellules photovoltaïques permet de laisser l’espace libre pour ces ovins, dont la présence permettra d’éviter une pousse trop importante des végétaux.
Parlons argent : la centrale solaire de Lunel représente un investissement de 2,2 millions d’euros, et génèrera un revenu annuel brut d’environ 194 000 € issu de la vente d’électricité. Ce projet a reçu le soutien de la Ville de Lunel et de la Région Languedoc-Roussillon qui l’a subventionné à hauteur de 150 000 €.
Cette centrale solaire est un projet initié en 2005 et réalisé par la société
VALEO
,
présente dans les ENR depuis 20 ans. VALECO a déjà réalisé des
centrales solaires en toitures et met en service cette première
centrale PV au sol sur le territoire français métropolitain. Le Groupe
VALECO développe, construit et exploite 100 MW d’éolien et 20 MWc
photovoltaïque. Le groupe a une longue expérience dans le développement
et l’exploitation de centrales de cogénération, avec deux installations
a son actif (14 MW électriques et 17 MW thermiques installés).
A ce jour, le groupe Valeo valorise annuellement de l’énergie renouvelable pour l’équivalent de 222 000 personnes. Son PDG, Erick GAY, s’enorgueillit de piloter une société à taille humaine, un groupe familial français indépendant et autonome, qui intervient principalement dans le secteur des énergies renouvelables.
Directive énergies renouvelables, le rapporteur dénonce la tactique de la présidence française
Ais-je pêché par optimisme, alors que je me réjouissais du plan EnR de Borloo la semaine dernière, et de la vélocité française à enfourcher le cheval des énergies renouvelables ? Car selon Europe Information Service, Claude Turmes, le rapporteur au Parlement européen sur la directive énergies renouvelables (3*20%), accuse la présidence française d’entraver la négociation. Au lendemain de la quatrième session de négociation (trilogue), il a affirmé, le 27 novembre, que la France refusait de s’engager dans une « négociation significative ». Le prochain trilogue est fixé au 2 décembre. Si le rapporteur reconnaît que les négociations sur les énergies renouvelables (mis à part les biocarburants) se déroulent un peu mieux que celles sur d’autres aspects du paquet climat-énergie. Malgré cela, le trilogue ne donnera sans doute pas lieu à la conclusion prévue.
Il y a de quoi être frustré comme démocrate européen, de s’en remettre à la perspective de voir les chefs d’Etat et de gouvernement au Conseil Européen, exercer leur veto sur le paquet de mesures (la Pologne est en embuscade), ou plus surement « édulcorer » le texte du projet de Directive.
Claude Turmes est vigilant, « nous avons réellement progressé dans la plupart des domaines clés de la proposition de législation et nous sommes à deux doigts d’un compromis final, mais les tactiques de la présidence française dans plusieurs domaines risquent de retarder l’adoption de cette directive », a déclaré l’eurodéputé.
Double jeu français : JL Borloo fait des annonces pour développer tout en bridant le secteur des énergies renouvelables (de l’éolien surtout), tandis que la diplomatie française joue la partition nucléaire avec les énergies renouvelables comme cache sexe de l’atome ! De vieux réflexes culturels qui visent à saper les alternatives ? La sape totale étant anachronique, on se contente d’amoindrir la portée du texte plutôt que de porter haut l’ambition de l’énergie verte…









