Pensez-vous qu’il existe un carburant alternatif viable au pétrole ?
Article publié le 22 août 2008
Cette année, 99 projets de recherche et développement ont été validés par le gouvernement dans le cadre des "pôles de compétitivité". Ils seront financés à hauteur de 109 millions d’euros dans leur ensemble. Parmi les dossiers retenus, celui de la Chimie à Lyon a pris le nom d’Axelera.
Créés en 2004 pour relancer la politique industrielle de la France, les pôles de compétitivité regroupent "des
entreprises, des centres de recherche et des organismes de formation
autour de projets innovants basés sur des technologies destinées à des
marchés à haut potentiel de croissance".Axelera
mobilise donc aussi bien les grandes entreprises comme l’Institut
Français du Pétrole, que les PME innovantes qui s’intègrent dans la
filière de la Chimie avec une orientation très claire vers
l’Environnement et la "chimie verte".
Les grands projets technologiques de la chimie et de l’environnement
L’objectif est d’associer tous les acteurs du
secteur aux grands projets technologiques conduits par le pôle et de
leur offrir un accompagnement personnalisé. Parmi les projets les plus
importants du pôle, on note le travail sur la réduction
des émissions polluantes des moteurs diesel, mais aussi la création de
solvants pour le captage des émissions de CO2 dans les fumées d’usines.
Financé par l’Etat et l’Europe dans le cadre des programmes européens
FEDER, le pôle travaille par exemple sur des projets de biocarburants
de 2ème génération, avec en particulier des recherches sur la "torréfaction de la biomasse" et la production d’ éthanol.
Des perspectives de développement considérables
Les perspectives de développement du pôle et des entreprises qui le composent sont considérables. Outre les brevets qui sont déposés régulièrement, le déploiement à l’international
a été amorcé par une mission en Chine et la signature d’une convention
de partenariat avec le NEPIC (North-East Process Industry Cluster).
Pour Olivier Appert, président de l’Institut Français du Pétrole, les perspectives dans le domaine de la "chimie verte"
sont excellentes : dans un contexte d’augmentation du prix des énergies
sur fonds de tension géopolitique, tous les pays, y compris les Etats
Unis, vont chercher à diversifier leur approvisionnement, maîtriser
leur consommation et développer leurs filières d’ énergies propres.
Le secteur du transport mobilise la plus grosse partie de la consommation d’ énergie.
Avec le niveau de consommation actuelle dans le
monde, les réserves énergétiques peuvent durer environ quarante années.
Même si les progrès technologiques permettront aussi d’exploiter des
réserves, en particulier sous marines, qui ne pouvaient pas l’être dans
les années 70. Dans ce contexte, il faut noter que c’ est le secteur du
transport qui mobilise la plus grosse partie de la consommation
mondiale : si aujourd’ hui ce secteur mobilise 60% de la demande
pétrolière, on peut s’ attendre à 70% de la hausse d’ici à 2030.
Carburants de substitution : pas LA solution.
Pour l’Institut Français du Pétrole, les
carburants de substitution sont une partie de la solution mais pas LA
solution. Si la production de biocarburant est aujourd’hui très forte
au Brésil, elle est aussi en augmentation dans les pays émergents comme
la Chine et l’Inde. Mais cette production est aussi génératrice
d’émissions de CO2 !
Le tournant remarqué du salon de Détroit
L’ avenir se portera donc clairement sur la production de véhicules propres, le développement de nouveaux moteurs, le renforcement de l’ efficacité énergétique.
Le salon de Détroit aux Etats Unis a d’ ailleurs connu un tournant ces
dernières années en mettant de plus en plus en vedette les véhicules "propres" et "économes".
Si l’ on pense que le contexte législatif peut évoluer rapidement, avec
la volonté en Europe de taxer de plus en plus les véhicules polluants,
l’ interdiction du diesel à Tokyo ou l’ application de l’ Energy
Independence Act aux USA, on peut estimer que la problématique du CO2
va orienter fortement et rapidement le secteur.
La chimie, "moteur" du développement durable !
Dans ce contexte, le développement du pôle Axelera
peut représenter un formidable outil de développement économique pour
l’ensemble des entreprises qui le composent et le Grand Lyon, mais
aussi paradoxalement faire des entreprises de la chimie les "moteurs"
du développement durable. En investissant dans ce secteur, l’Etat comme
l’Europe font donc un pari sur l’avenir en espérant que, grâce à ces
financements, les chercheurs sauront trouver les solutions aux
multiples problèmes liés à la crise environnementale.