Un simple oubli ou une erreur de stratégie ?
Article publié le 8 août 2007
Lorsqu’on regarde attentivement la liste des parties prenantes invitées par le Ministre d’Etat et ministre du MEDAD, Jean-Louis Borloo, on se rend compte qu’il manque une profession essentielle à tout changement profond des habitudes et des comportements en matière de développement durable : ce sont les banquiers. On peut légitimement s’interroger sur cet oubli, explications :
Que l’ensemble des experts issus du collectif des associations écologiques, l’Alliance soient présents à ce grand rassemblement marque la volonté d’ouverture du nouveau gouvernement.
Que des personnalités charismatiques dont les idées et les actions peuvent être reconnues en particulier par les pouvoirs économiques et politiques par delà les frontières de l’Hexagone est encourageant pour la teneur des débats.
Qu’un bon nombre d’organismes et de parties prenantes soient représentées dans une mosaïque de tendances allant du Médef aux syndicats en passant par des associations professionnelles du BTP ou des transports montre une révolution du comportement de l’Etat Français dans sa manière de construire sa décision publique*.
Mais quand on se penche sur l’ampleur des chantiers à mettre en œuvre, on peut s’étonner que ceux qui permettent à des initiatives privées de se répandre dans toutes les communes, dans tous les projets à venir, ne soient pas invités ou présents à la table des négociations !
Car les banquiers, qu’on les aime ou qu’on les déteste, permettent à chacun d’entreprendre car c’est leur premier métier. Leur permettre de se placer dans une logique vertueuse où les prêts servent à réduire l’empreinte écologique des ménages et des entreprises pourrait devenir pour eux un gigantesque marché paradoxal où plus on paye, moins on consomme... donc moins on paye...
Est ce que ce type de produit préfigure le marketing du XXIème siècle ? Nos enfants nous le dirons !
Prenons par exemple un domaine qui parmi un grand nombre de propositions faites au Grenelle de l’environnement (http://legrenelle.lalliance.fr/?p=39#more-39) pourrait attirer à lui un consensus : la maîtrise de l’énergie dans les bâtiments neufs et dans la rénovation.
Comment parvenir à mettre en
œuvre la rénovation de 30 millions de logements si aucun produit bancaire n’est
conçu pour s’adapter à la réalité de chaque projet individuel ?
Car lorsqu’on réduit la
consommation d’énergie dans sa maison de façon à atteindre le nouveau standard
bâtiment basse consommation (BBC2005), c’est par 4 à 7 que la facture annuelle
d’énergie des ménages est ainsi réduite !
Le raisonnement qui doit s’établir se fait en coût global : d’un côté apparaît le surcoût de l’investissement pour renforcer l’efficacité énergétique de la maison (l’isolation, l’étanchéité à l’air, la mise en place de ventilation mécanique contrôlée double flux, le traitement des ponts thermiques…), d’un autre côté, en payant plus à l’investissement (autour de 150€ par m²) on réduit la facture de consommation d’énergie.
Du point de vue du particulier : le surcoût d’investissement est payé une fois, mais la réduction de la facture se produit chaque année à partir de la fin des travaux ! En général on refait des travaux lourds tous les 25 ou 30 ans, donc on peut multiplier l’économie par 25 ou par 30 pour avoir le montant total !
Au final, si d’un côté on n’a rien fait d’autre que construire ou rénover dans les standards actuels (RT2005), on n’a pas payé le surcoût d’investissement mais on continue à payer une grosse facture d’énergie. Mais si on a choisi d’améliorer l’efficacité énergétique de sa maison en payant ce surcoût initial, au bout d’environ 15 ans, ce dit surcoût est épongé par les économies d’énergies et alors se produit un petit miracle : on commence à gagner de l’argent.
Du point de vue du banquier l’opération est tout aussi intéressante : il conviendra, d’un côté, d’aider les ménages à financer ce surcoût d’investissement pour améliorer l’efficacité énergétique de leurs maisons. Mais dans un deuxième temps, dés que ces travaux seront terminés, les charges fixes de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire se réduisent considérablement. Donc pour le banquier, apparaît un double avantage : d’un côté il augmente le montant de l’emprunt pour chaque opération, mais dans un même temps, il réduit son risque de crédit, d’une part par l’allègement des charges d’énergie de son client, mais aussi parce que la valeur patrimoniale de l’hypothèque sera supérieure à celle qu’elle aurait été sans mise en oeuvre de cette performance énergétique du bien considéré.**
De sorte que le banquier peut communiquer en disant
qu’il a une démarche de développement durable (qui devient véritable) et il aide aussi considérablement
la relance de la consommation dans un axe totalement vertueux pour ce
Grenelle de l’Environnement !
Il existe donc une véritable
opportunité pour la première banque qui se décidera à créer ce type de produit
pour capturer un gisement colossal de clients qui souhaiteront s’engager dans
ce type de dépense.
Voyons voir quelle sera la première banque à demander à participer aux débats…
* http://www.ladocumentationfrancaise.fr/...
** car l’étiquette énergétique sera côtée A ou A+ et les retours d’expériences montrent qu’en Suisse, les maisons construites au standard Minergie (BBC2005 s’inspire directement du label Suisse) gardent une valeur supérieure de 10 à 15%.
Thèmes
Changement climatique Ecologie Développement durable Carbone Marché Sensibilisation Gaz à effet de serre Construction Consommation Energies renouvelables Empreinte écologique Eco-construction Economie Haute Qualité Environnementale
Honnetement, le banquier, à part y récuperer une image de défenseur du dev durable (comme le font la NEF ou le crédit coop), il a RIEN a y gagner donc il s’en tape. Voir même il a y perdre car qui dit économies dit moins de croissance, moins d’inflation, baisse des taux et banques qui margent moins en rapport avec le risque.
Ceux qui y gagnent c’est les gens qui font l’emprunt. Parce qu’actuellement c’est le particulier qui est le dindon de la farce, mais si il se réveille et prend les choses en main (quitte à faire un emprunt), c’est un refus de se faire pigeonner et c’est les profiteurs (industrie, services, alimentaire, gouvernement, ...) qui vont moins bien se porter. Voilà toute la problématique developpement durable : dans la logique de société de consommation, d’un coté on a des particuliers, de l’autre il y a tout le reste du système. Au grenelle ça donne "associations Vs reste des participants". Passer à un système plus axè sur le service va limiter la casse, mais faut pas se faire d’illusion : tout ce qui monte finit par redescendre.
Votre vision du monde n’engage que vous. QUe dire de plus ? peut être que vous ne connaissez pas le fonctionnement d’une banque. Dans cette histoire tous le monde à y gagner. C’est la raison pour laquelle la caisse des dépôts et les banques populaires se sont associé au collectif luttons contre le CO2, mais aussi avec des régions pour fonder le label Effinergie www.effinergie.org qui devient le standard Français des bâtiments basse consommation (décret du 3 mai qui introduit BBC 2005). Ce qui prouve que des banques ont à y gagner et qu’elles se sentent concernées au titre d’agent économique...
Intelligenti pauca...
Comment expliquez vous leur absence alors, elles qui pèsent autant sur l’économie ?
le dev durable c’est trois composantes : economique, social et environnemental. Le premier existe depuis la révolution industrielle, et les banques sont en plein dedans. Le second est plus récent, mais les banques en sont absentes : normal, il y a rien à encaisser, ça va pas augmenter leur chiffre d’affaire. Le troisiéme émmerge et quel enthousiasme elles mettent dedans ! Elles ont vraiment fait le forcing pour rentrer dans le grenelle !
j’ai des amis et de la famille dans des banques et honettement, elles s’en tapent, ça va pas jouer sur leur marges, ni en bien ni en mal tant que la masse continue à consommer. Par contre leur parlez pas de décroissance, ils feraient un malaise :-p
En ce qui concerne effinergie, pour moi qui construit en passif PHI, je peux que déplorer la création d’un n-ieme standard laxiste. Le standard passivhaus peut parfaitement s’appliquer en france, n’en déplaisse à ceux qui veulent se proclammer roi d’un îlot (et encaisser des sous pour des certification). autrichiens, anglais, belges et français se font certifier PHI. Les suisses ont voulu faire minergie-P et c’est sujet à controverses.
Je ne retiens qu’une chose : vous posez la question que je pose, donc merci pour votre contribution. C’est gentil de redire avec vos mots ce que j’ai écrit...
QUand je parle de banquiers, je ne parle pas de directeurs d’agences ou de guichetiers, (ce n’est pas péjoratif pour eux, mais leur métier n’est pas de définir la stratégie de la banque mais de l’appliquer), mais des propriétaires des banques, de leurs dirigeants et de ceux qui définissent la vision stratégique long terme et la tactique qui va avec.
Le rôle d’une banque en macroéconomie est bien précis et il n’a rien à faire avec le social, même si cela vous blesse, c’est un état de fait ; Sauf quand le politique et l’Etat l’oblige à le faire. C’est le rôle du régulateur du marché. Révisez vos cours d’économie cela vous évitera de vous énerver inutilement sur les banquiers. Restons rationnels...
QUand à l’éternel débat entre passiv hause, minergie et effinergie : des lois et règles existent en France, Effinergie est une transposition de ce qui existe en Allemagne en autriche, en Suisse et s’inscrit dans la continuité de l’obligation réglementaire actuelle qui est RT2005 : le noyau de calcul d’effinergie est RT 2005 (110, kwh/an/m²)mais avec une performance énergétique à 50KWH/an/m².
Mais l’important, peu importe le standard, c’est que chaque jour plus de maisons soient efficaces énergétiquement. Le reste est de la masturbation intellectuelle. J’irai même plus loin en affirmant que lorsqu’on est à 50kwh/an/m², le pas est trés faible qui conduit vers des bâtiments E+, des bâtiments à énergie positive !
Vous semblez être un auto constructeur d’une maison passive, c’est super, mais parlez en avec des entreprises qui doivent respecter les DTU ou qui devraient payer trés cher pour faire agréer des matériaux efficaces énergiquement et écologiques... Demandez à des entrepreneurs s’ils sont capables de s’engager sur une étanchéité à l’air et comment ils s’y prennent pour y arriver... Demandez à votre Leroy merlin ou mister bricolo préféré s’ils vendent des VMC double flux, des fenêtres en triple vitrage avec de U globaux < 0,7...
Tournez le PB dans tous les sens et vous parviendrez à cette conclusion : Le seul moyen pour faire avancer le schmilblick, c’est que la demande augmente pour que les fabricants, et importateurs puissent standardiser leurs produits, faire baisser les coûts de matières premières et des solutions.
Et pour ce, il n’y a qu’un moyen, c’est que les conclusions du Grenelle aillent dans le sens d’un renforcement de l’obligation réglementaire à 50kwh/an/m², dans le neuf ET la rénovation, et que les banquiers proposent avec l’état, des prêts bonnifiés comme ils existent déjà en languedoc roussillon où en construisant au standard effinergie, pour une maison neuve vous recevez 50€ /m² de shon et 40 € en rénovation.
Les Banques populaires proposent un prêt de 50k€ à un taux inférieur au taux du marché pour des travaux d’isolation renforcés. DOnc c’est possible, mais cela doit l’etre à plus grande échelle pour conduire à une bascule de l’opinion publique et des agents économiques vers ce sujet.
Comme les achats publics durables entrent en vigueur en 2009, toutes les constructions publiques devront être en passif et 30 ans de militantisme verront fleurir moulte réalisations vertueuses pour l’environnement...
Restons cool, mais concentrés sur les sujets fédérateurs. Partageons nos expériences et nos retours d’expériences car lorsqu’il raisonne seul l’esprit humain devient complaisant avec lui même et il finit par se radicaliser... Qui mêne à l’extrémisme...
vouz ne croyez pas qu’il vaudrait mieux inviter EDF, .Areva ..et le ministre de l’équipement a votre grenelle de l’environnement ...et bien sur , interdire votre réunion a voynet ,a mamère et a lemaire tous ces politiques pour lesquels l’écologie n’est qu’un moyen et non une fin ....invitez aussi la ministre des finances pour avoir un exposé sur les deductions fiscales accompagnant le solaire , les pompes a chaleur et toutes les depenses individuelles susceptibles de diminuer la consommation d’électricité....











