Article publié le 20 juin 2007
Dans la série "A qui profite le crime ?", est-ce que le pic pétrolier est pour demain ?
Le
pic pétrolier est un théorie qui dit que la production de pétrole,
locale ou globale suit une courbe en cloche, et atteint son maximum
environ à la moitié de la production. Passé ce pic, la production ne
peut que baisser. Lorsque le pic pétrolier global sera atteint, ce sera
la fin du pétrole bon marché, et à terme, la fin du pétrole.
Selon qu’il se produit dans 50, 100 ans ou demain peut faire une énorme différence.
Quelques indices :
- Informations factuelles en français sur le wiki d’Oléocène
- Les enquêtes des outsiders sur The Oil Drum
- Le World Energy Outlook de l’agence internationale de l’énergie
- Des livres comme Pétrole Apocalypse ou La vie après le pétrole.
- Et 40000 entrées Google sur "pic pétrolier" ou 1’500’000 d’entrées sur "peak oil"...
- Le site de l’OPEP ou de BP
La problématique résumée :
Notre
civilisation est dépendante du pétrole : il est dans tout ce que nous
fabriquons et mangeons, nous sommes devenus de vrais toxicomanes. C’est
cette énergie concentrée et d’utilisation flexible qui a permis à
l’humanité de passer d’un milliard d’habitants à 7 milliards en à peine
un siècle. Les implications de sa disparition donnent le vertige.
Malheureusement nous ne pouvons pas nous en passer car il y n’a pas de
remplacement et il nous faudrait 10 à 20 ans pour effectuer une
transition en douceur, temps que nous n’avons de toute façon pas car le
pic pétrolier est quasiment sur nous. Passé le pic, la production va
rapidement décliner, il peut même y avoir de graves ruptures
d’approvisionnement.
Les joueurs :
Du côté des contestataires de la théorie, on trouve bien sûr une partie des gros producteurs de pétrole, en particulier l’Arabie Saoudite qui prétend toujours avoir des réserves quasiment inépuisables, des sociétés comme bp qui ont annoncé récemment qu’il y avait des réserves pour 40 ans (à consommation constante) et divers organismes étatiques ou privés (CERA, AIE) qui sont optimistes à très optimistes.
Parmi ces optimistes on trouve l’Union pétrolière suisse qui a publié une brochure où on apprend que "on suppose aujourd’hui que les réserves se situent vers 15 billions de barils" et que "la capacité mondiale de production de pétrole augmentera de 20%, entre 2005 et 2010".
A l’opposé, les tenants de la théorie, menés par l’Association pour l’étude du pic pétrolier (ASPO), divers pétro-géologues indépendants (Campbell, Laherrère), financiers (Simmons) et écrivains (Cochet, Kunstler), estiment que les réserves sont de 1 billion (mille milliards), que nous en avons déjà consommé autant et que, pour plusieurs, la production a déjà plafonné.
Il y a enfin tous les secteurs industriels pour qui la fin du pétrole, ou au moins la fin du pétrole bon marché est une aubaine pour développer le secteur des énergies alternatives, agro-carburants, sables bitumineux, liquéfaction du gaz naturel et du charbon. Il y a aussi tous les groupes liés à l’environnement qui reprennent cette problématique pour pousser vers plus de sobriété. Les lobbies nucléaires, nouveaux protecteurs du climat, qui ne contiennent plus leur joie à l’idée de toutes les nouveaux projets de centrales nucléaires. Les agriculteurs en profitent pour cultiver des agro-carburants tandis que les prix des aliments augmentent à cause de cette concurrence.
Et pour terminer, il ne faudrait surtout pas oublier les producteurs, les Exxon, Shell, BP, les raffineurs et les distributeurs qui, même s’ils nient généralement la réalité du pic, font actuellement de formidables bénéfices.
Le crime :
Cette histoire risque de nous coûter très cher : augmentation du prix de l’essence, augmentation du prix des aliments, investissements forcés dans des nouvelles infrastructures, conversion de nos biens en version éco/verte/économique, investissements dans les transports publics.
L’enquête :
On le sent tout de suite, cette affaire est compliquée et il sera difficile d’en tirer des conclusions définitives. De plus, l’ère pétrolière est un petit événement historique récent : nous n’avons jamais eu ce problème et nous ne savons pas comment le gérer.
Le gros problème est que le crime peut profiter à beaucoup de monde. Il y a en plus un effet psychologique de déni : les implications sont si monumentales, si effrayantes que le citoyen moyen préfère les ignorer.
Il y a donc actuellement beaucoup de gens qui ont intérêt à favoriser la thèse du pic pétrolier :
- Ceux qui veulent s’enrichir dans les alternatives, comme Vinod Khosla qui se voit en futur Bill Gates de l’éthanol cellulosique.
- Les Nostradamus qui veulent vendre leurs bouquins apocalyptiques
- Les fournisseurs d’alternatives existantes (éolien, solaire, nucléaire)
- Ceux qui attendent des prix hauts pour exploiter des sources comme les puits sous-marin profonds, les sables bitumineux du Canada, la liquéfaction du charbon, etc.
- Les spéculateurs qui voient les prix régulièrement monter
Les producteurs profitent actuellement de prix records, mais la situation est dangereuse pour eux car des prix trop haut vont favoriser la recherche d’alternatives sans compter que plus personne n’investirait dans un secteur voué à disparaître, ce point est important dans un monde où la croissance de la valeur d’une action est de première importance.
Les indications fiables sur les réserves étant inexistantes ou secrètes, les seuls éléments factuels sont les flux de production et de consommation (et encore, dans certains pays comme la Russie, le Nigeria ou l’Irak, une partie de la production "disparaît"). Concrètement on sait que la production de pétrole brut n’a jamais dépassé 74.3 millions de barils par jour depuis mai 2005, elle a même baissé à 73.4 après 2 ans, soit un déclin de 0.6% par an.
Ce n’est malheureusement pas une preuve, cela peut s’expliquer par une baisse de la demande mondiale suite à un ralentissement de l’économie globale et à une augmentation des carburants alternatifs (gaz liquéfié, sables bitumineux, agro-carburants). C’est en tout cas ce que prétend un des plus gros producteur de la planète, l’Arabie Saoudite. Ce pays est à surveiller : s’il peut augmenter sa production comme il le prétend ou si sa production va continuer à décliner constituera un élément important qui permettra de départager les deux camps, on le saura d’ici la fin de l’année.
Un autre fait troublant est l’historique des découvertes. 
On voit très bien que les gros gisements ont été découverts il y a bien longtemps et ce n’est pas faute d’avoir cherché. On a déjà assisté à des déclins qui prouvent qu’un gisement, aussi gros soit-il, n’est pas infini, presque tous les pays producteurs ont déjà décliné.
On sait aussi qu’aux USA, la production était à son maximum à la veille de son déclin, il n’y aura donc pas beaucoup de signes précurseurs évidents.
Conclusions :
Si pic proche il y a, les acteurs qui en tirent aujourd’hui un profit, on intérêt à le maximiser et à le réaliser le plus rapidement possible. Admettre le pic entrainerait à coup sûr la panique et une chute de la croissance économique avec des effets "domino" potentiellement catastrophiques.
Admettre le pic imminent c’est aussi se lancer dans une marche forcée pour un programme de reconversion de notre monde à l’utilisation d’un autre type d’énergie, ou moins d’énergie. Ce programme de reconversion nécessitera une à deux décennies et des conditions d’application draconniennes.
Si on analyse froidement la situation, il y a beaucoup d’indices qui montrent qu’on va se faire plumer et (dé)trousser, mais mon intuition est qu’on arrive fatalement au bout des ressources pétrolières. Nous aurons brûlé 2 mille milliards de barils d’or noir pour des futilités et pollué la planète. Il n’y a pas d’alternative aussi miraculeuse que le pétrole. Nous allons décroître par la force des choses, mais ça, notre société et nos cerveaux modelés par le capitalisme ne peuvent tout simplement pas le concevoir. La réponse la plus naturelle et la plus économique à la menace du pic pétrolier est de diminuer radicalement notre consommation, rien que pour cette raison on pourrait évacuer toute tentative de manipulation économique.
Donc, pour l’instant, on ne peut tirer de conclusion absolue, il va falloir attendre encore un peu, en attendant, vos avis sont les bienvenus.
PS : je suis en train de lire La face cachée du pétrole, c’est passionnant, Eric Laurent mène l’enquête depuis plus de 30 ans. Je mettrais peut-être cette note à jour à la fin de la lecture.
PPS : lorsque les preuves seront évidentes, on n’aura peut-être plus le temps d’agir.
"Le gros problème est que le crime peut profiter à beaucoup de monde. Il y a en plus un effet psychologique de déni : les implications sont si monumentales, si effrayantes que le citoyen moyen préfère les ignorer"
est la phrase la plus interessante du texte.
Pour avoir une petite idée des adaptations possibles, il est bon de visiter un pays particulièrement pauvre,et voir commun s’adaptent (plutot mal avrai dire)des gens pour qui 1litre d’essence equivaut a une demie journée de travail et qui doivent consacré une part importante de leurs revenus pour tout simplement se nourir ! tout en vivant au gre des délestages electrique, au milieui d’un envirronement fortement dégradé
c’est à mon avis vers là que nous allons !
Deux lectures essentielles à propos du "Peak Oil" :
"Nous mangeons du pétrole" et "C’est bien l’énergie et l’économie qui sont en jeu
Sinon, quelques remarques :
"Passé le pic, la production va rapidement décliner, il peut même y avoir de graves ruptures d’approvisionnement."
Ceci n’est pas évident, je veux dire un déclin rapide. C’est un phénomène qu’on observe sur des champs matures comme Cantarell au Méxique ou celui de la Mer du Nord. Mais il n’est pas évident que le déclin soit rapide immédiatement après le Peak global. En anglais, Peak veut dire sommet, pas pic. C’est une image d’accord, mais il ne faut pas imaginer l’Aiguille du Midi. Par contre, plus on maintient un niveau de production élevé après le Peak, plus la chute sera brutale sur le moyen terme.
Cependant, ce qu’il faut comprendre c’est que le fait que la production décline ou stagne après le Peak n’a pas d’importance, car de toutes façons, l’écart entre les besoins d’une économie de plus en plus demandeuse en énergie et l’offre énergétique va forcément à se creuser, d’où des pénuries, augmentation des prix, conflits, guerre etc.
Le phénomène le plus grave associé au Peak Oil n’est pas la fin du pétrole, mais la fin de la croissance énergétique, indispensable à la croissance économique, au moins dans notre modèle de développement actuel.
Or notre économie ne peut pas se payer une récession. La croissance économique est indispensable ne serait-ce que pour payer les intérêts des dettes (ou les retraites, ce qui est la même chose). Voilà le problème du fond du Peak Oil, il va exposer au grand notre dépendance paradigme de la croissance sur lequel est basé tout le système financier mondial, paradigme qui est fondamentalement condamné sur moyen terme.
"Admettre le pic entrainerait à coup sûr la panique et une chute de la croissance économique avec des effets "domino" potentiellement catastrophiques."
Vous avez tout à fait raison, les effets du Peak Oil seront d’abord psychologiques ... la fin de l’abondance et des changements fondamentaux dans les comportements, pour le pire si on laisse faire le marché ...
"Si on analyse froidement la situation, il y a beaucoup d’indices qui montrent qu’on va se faire plumer et (dé)trousser, ..."
Pour illustrer et confirmer votre propos, je voudrais vous citer une phrase qu’un économiste Hollandais (Maarten Van Mourik) a prononcé à la conférence ASPO à Paris en mai 2003 :
"It may not be profitable to slow decline."
Ceci veut dire qu’il sera peut-être plus profitable aux financiers de spéculer à la baisse que d’atténuer les effets d’une chute de la production de pétrole. Voilà à quelle sauce nous allons être mangé.
En ce qui concerne le titre : le ton du complot a quelque chose d’enervant. la question "a qui profite le pic petrolier" s’affine tout de suite en "a qui profite le crime ?" A ce rythme je pensais trouver une denonciation de l’implication d’un complot judéo-franc-maconnique en guise de conclusion. il n’en fut rien, j’en suis quitte pour une frayeur
Vous ecrivez : Il y a donc actuellement beaucoup de gens qui ont intérêt à favoriser la thèse du pic pétrolier :
* Ceux qui veulent s’enrichir.... * Les Nostradamus.... * Les fournisseurs d’alternatives existantes (éolien, solaire, nucléaire) * Ceux qui attendent des prix hauts pour exploiter.... * Les spéculateurs qui....
Dans un souci d’objectivité ne faudrait il pas evoquer egalement "ceux qui ont tout intérèt a nier le pic petrolier" ils sont nombreux mais je suis certain que vous les evoquerez après la lecture du livre d’eric laurent. Si toutefois il ne devient pas a vos yeux un nouveau nostradamus. L’autre "camp" est en effet tout aussi interessant et indispensable a étudier pour bien comprendre les tenants et les aboutissant du problème étudier. Ceci etant dit, passons a la suite.
LES RESSOURCES PETROLIFERES
Pour ce qui est des ressources, j’ai dans mon entourage, des personnes qui ont travaillé dans le domaine de la prospection pétrolière. Comme il s’amusaient a me le répéter, ils étaient payés pour chercher pas pour trouver. D’ailleurs comment auraient ils fait en prospectant trois fois de suite des secteurs qui n’ont cessé de l’être depuis 20 ans. Tant que les budgets de prospection garde de la teneur, les illusions de trouver a nouveaux des champs petrolifère restent fondées.CQFD Autres points importants, parmi les ressources comptabilisées (il faut voir de quel façon d’ailleurs) une bonne partie est inexploitable, car son rendement energetique est nul, ou la complexité technique pour l’extraction est telle que l’on ne s’y interessera que quand le pétrole sera au prix de l’or.
Il faudrait de surcroit pour eviter l’éloignement des courbes de consommation de pétrole et de production de pétrole, expliquer au pays emergents (chine et inde) de ralentir leur développement après leur avoir fait demonstration durant des decennies de gabegies consuméristes. Qui va s’en charger ? voila une autre vraie question !
LE PIC DE HUBBERT EST UNE REALITE :
Il faut bien garder a l’esprit que le prix du petrole aujourd’hui est le fait d’une loi de marché, mais cela n’était pas le cas auparavant, il était le fruit de decision geopolitique, ne soyez pas surpris s’il continue a flambé de façon déraisonnable, il découvre les loi du marché. Dans la partie ascendante du pic de hubbert les prix peuvent être le fruit de decisions politique, dans sa phase descendante, c’est le marché qui decide et qui reprend le pouvoir sur le politique. C’est pour moi une preuve que le pic petrolier a déjà été franchi. Malgré une hausse du brut dans un contexte economique fragile, même les US ne semble plus pouvoir contraindre les prix du baril ; et ce malgré une consommation americaine qui aurait bien besoin d’un petrole bon marché pour enrayer la panne. Cela sera difficile a accepter par de nombreux pouvoirs de perdre cette manette de contrôle. A l’instar de la guerre d’Irak, les prochains conflits qui se cacheront derrière des alibis falatieux auront pour objectifs premiers la conservations d’une forme de pouvoir energétique. il ne fera pas bon être dans les lignes de mire. Nous sommes entourés de pays qui ont dévellopé une addictions particulièrement fortes aux energies fossiles. les crises de manques chez ces patients sont particulièrement violentes et irraisonnables.
SOYONS REALISTES
Qui peut nier aujourd’hui que notre problème futur est la ressource des energies fossiles. Se battre autour du sujet en tentant d’identifier ceux qui sont pour cette théorie, ceux qui sont contre,etc..., a pour principal effet d’eluder la vraie question ; C’est à dire comment anticiper, s’y préparer, et amortir le chocs des turbulences a venir. Plus on retarde la reflexion, plus on éloigne une partie de la population des solutions. Au sujet des populations, compte tenu de notre rythme d’accroissement démographique complètement déraisonnable. ne devons nous pas nous attendre a une très brutale diminution des effectifs de la planète. Comment cette diminutions s’opérera t’elle ? Nos bonnes conscience humanistes risquent d’être mis a mal.
La réalité malheureusement est que demain les changements seront terriblement brutaux et onereux pour les modes et les acteurs d’aujourd’hui (donc du passé). En contrepartie, ces changements seront dynamiques et très lucratifs pour ceux qui auront anticipé et ils seront donc un puissant moteur de croissance pour eux. Cette croissance toute puissante ne concernera qu’une petite partie de la population mondiale. La violente confrontation aux réalités fera certes couler des larmes et grincer des dents car l’ignorance du problème se sera alimenté de l’inculture générale, de débats puériles, aveuglants et stériles et d’interrogations végétatives. La machine repartira sur de nouvelles bases, mais au moment du reveil, les cartes auront déjà été redistribuées, et autant être honnète il n’y aura pas de place pour tout le monde dans cette future économie naissante.
LES ACTEURS MONTENT SUR SCENES
Face a ce bouleversement a venir, les acteurs du monde de l’énergie prennent leur positions pour defendre au mieux leurs intérèts actuels ou pour surfer sur les opportunités de demain. Ceux du monde économique et financier leur emboitent le pas et font de même En queue de peloton ? Une masse molle qui se contente de chercher des coupables, de gober des solutions toute faites, pre-pensées et bien "marketées". Une masse qui tente de se rassurer a travers ses quètes et ces solutions. Il est entendu pour ma part que nos démocraties ne survivront pas a ce qui les a fait naitre, c’est à dire les énergies fossiles. Point de bien et de mal dans tout cela, mais seulement une réalités que les mieux informés ou les plus ouverts intègrent dans leur logique de survie, de profit et de pouvoir. Rien de nouveau sur la terre, les cycles continuent
@tous, merci pour vos commentaires.
Désolé pour le titre un peu tapageur ;-)
Mon objectif était de déterminer si certaines "menaces" correspondent à une réalité ou s’il y a manipulation/récupération par des forces occultes.
Je n’ai pas parlé directement de ceux qui ont intérêt à nier le pic (l’union pétrolière en est malgré tout un exemple) car on peut facilement imaginer qu’ils ne font que protéger leur business. Le pic aura lieu un jour, la question est QUAND ?
On dit souvent que "avoir raison trop tôt c’est comme avoir tord", il est donc important d’avoir un bon timing.
Sam, vous avez l’air d’être convaincu par la réalité d’un pic déjà franchi, ce que j’aimerais savoir c’est en quoi cette conviction a changé votre vie.
Quote
La réponse la plus naturelle et la plus économique à la menace du pic pétrolier est de diminuer radicalement notre consommation, rien que pour cette raison on pourrait évacuer toute tentative de manipulation économique.
Unquote
C’est le point le plus fondamental du sujet : la vitesse à laquelle nous aller faire décroître notre consommation pétrolière sera déterminante à bien des égards, mais particulièrement vis-à-vis du prix, et donc des tensions économiques et géopolitiques, autour du pétrole.
L’immense majorité des Français ignore que le pic de consommation pétrolière française a été franchi en 1976 ; même si les adaptations ont été nécessaires, elles ont été franchies sans encombre, et immédiatement oubliées, ce qui en dit long sur la gravité réelle du sujet. La Chine, l’Inde et le Brésil sont en train de nous donner une leçon de croissance sans pétrole qui mérite d’être regardée ; les tenants les plus féroces du Peak Oil sont tous Etatsuniens, et ne voient pas plus loin que le bout du capot de leur 4*4 - et pourtant, la planète n’a jamais été aussi petite.
Le Peak Oil, dont la réalité physique ne peut être niée, aura donc une réalité économique et sociétale très limitée, ce qui explique que le sujet ne soit pas dans le top ten des préoccupations des dirigeants, quels qu’ils soient.
D’aprés l’Agence Internationale de l’Energie, le Peak Oil a eu lieu en mai 2005, les prix ne font que commencer à confirmer le déclin de la production. Voir le site et les graphiques
La production de pétrole n’a pas augmenté depuis un an. Peut-être y aura-t-il quelques fluctuations en fonction du climat ou de variations de l’économie, mais le début de la descente est imminent.
Comme indiqué dans la fin progressive du pétrole a production mondiale de pétrole va décroître à un rythme de plus en plus élevé, en commençant par le pétrole facile à extraire et en continuant par celui dont les conditions d’exploitation sont difficiles et catastrophiques pour l’environnement.












