Le Grenelle de l’Environnement occupe la scène politique depuis début juillet dernier. Les représentants des six groupes de travail, Jean Jouzel, Jean-François Le Grand et Marie-Christine Blandin, Dominique Marraninchi et Alain Grimfeld, Jean-Robert Pitte et Laurence Tubiana, Nicole Notat, Roger Guesnerie, ont présenté les propositions résultant des groupes de travail du "Grenelle Environnement".
NaturaVox était présente à la conférence de presse et tente de vous rapporter en images les propositions des groupes de travail du Grenelle.
Le Grenelle, ça a été depuis le 6 juillet dernier :
- six groupes de travail : Climat et Energie, Biodiversité, Santé et Environnement, Production et Consommation, Gouvernance et Démocratie, Compétitivité et Emploi
- 300 participants
- 1000 heures de débat
Avant de décliner le Grenelle au niveau régional, les parties prenantes de notre environnement ont, à travers un rapport, présenter leurs propositions. Le symbole ? Une clé USB en guise de rapport passée à Jean-Louis Borloo et Nathalie Nathalie Kosciuscko-Morizet.
NaturaVox a pu échanger avec la plupart des représentants de ces groupes de travail et aborder les thématiques OGM, impact de l’environnement sur notre santé, agriculture biologique, nucléaire et changement climatique.
Un tour de table où chacun annonçait les grands axes sur lesquels ils avaient « planché ». Ambiance très courtoise. Nous dirons même plus. Détendue. Ambiance bonne enfant comme on dit.
Jean-Louis Borloo a insisté lors de l’ouverture de la conférence de presse sur les engagements et les délais tenus, le développement de débats constructifs ayant abouti par la convergence d’opinions ou par des compromis. Car réunir toutes les parties prenantes autour de l’environnement relève du compromis, a-t-il souligné.
De ces propositions, nous avons retenu ces quelques points essentiels :
Jean Jouzel, climatologue et représentant français au GIEC, a insisté sur les problématiques « Gaz à effet de serre ». Sans pointer du doigt le gaz carbonique, il évoqua l’adhésion unanime à une prise d’intérêt quant aux autres gaz implqués dans l’effet de serre tels le dioxyde d’azote ou le méthane.
Ici, la convergence des acteurs du groupe a porté sur :
- Le logement : société sombre en énergie. Bâtiments neufs ou anciens, des constructions énergiquement autonomes s’imposent comme une évidence.
- Les transports : « les émissions de gaz à ffet de serre ont augmenté de 20% depuis 1990 », des mesures sont nécessaires. Elles devraient toucher aussi bien les particuliers que les professionnels. Pour vous et moi, « Climat et Energie » propose de diminuer la vitesse de 10 Km/h et de développer l’écopastille. Côté professionnel, le fret a été mis sur le devant de la scène. Une fiscalité environnementale et énergétique est proposée.
- L’urbanisme : la France ne constitue pas un modèle en terme d’éco-quartiers. En ce sens, les collectivités locales se sentent fortement impliquées et souhaitent développer des plans climat-énergie locaux. Le groupe de travail a également évoqué le problème d’étalement urbain.
- Les énergies renouvelables devraient quant à elles représenter 20 à 25% des énergies d’ici 2020. Rien de bien nouveau de ce côté ; a été accentué le développement de la recherche quant aux carburants dits de seconde génération ; ce qui nous fait pensé aux « bio », « agro », « nécro » carburants ; peu importe leur nom, la recherche doit continuer pour aboutir à de vrais produits de substitution du pétrole, énergétiquement rentables et à impact environnemental minime.
- Pour le nucléaire, pas de véritable consensus établi parmi les parties de ce groupe. IAccord non unanime sur ce point.
Côté biodiversité, le groupe s’est penché sur trois axes : définition, prévention et action.
Leur définition est simple et directe : selon Jean-François Legrand, président de ce groupe de travail et sénateur de la Manche, 40% de l’économie mondiale dépend des écosystèmes…
Alors, il faut prévenir, éduquer, former et mettre à contribution les expertises de chacun. Par quoi cela passerait-il ? Et bien, par la réintroduction des Sciences Naturelles dès la maternelle en vue de sensibiliser les nouvelles générations ; et pour leur donner les moyens de comprendre, mettre à disposition des dispositifs tels que de observatoires, des cartographies, etc. Ils parlent ainsi de « trame verte », une trame marquant une continuité indispensable entre les toutes les parties.
Pour l’action, c’est le milieu maritime qui est sur le devant de la scène. Une loi cadre est proposée avec une approche « biodiversité marine » et « pêche » traduisant un nécessaire équilibre entre les relations terre-mer. L’exemple de la mer Méditerranée a été cité : elle pourrait constituer un lieu d’expérimentation car traduit à elle seule le lieu d’une exploitation massive des ressources maritimes, mais aussi d’une exploitation partagée impliquant des techniques de pêche et d’exploration différentes… Affaire à suivre
La contamination de l’eau par les pesticides est aussi au cœur de l’action. Une conclusion intéressante : les agriculteurs ne s’opposent pas à la diminution d’utilisation des intrants (en fréquence et quantité d’utilisation) si des solutions alternatives efficaces en terme de rendement et de satisfaction alimentaire leur sont données. L’INRA devrait être plus mobilisé pour répondre à ces moyens de substitution…
Autre action intéressante proposée : une valorisation économique de la biodiversité. Pourquoi ne pas raisonner en « unités valeurs », nous dit-on. Promouvoir les bonnes actions en faveur de la biodiversité pour une reconnaissance sociétale…
Pour les OGM, il en a été dit qu’il s’agit d’une science pluridisciplinaire et que la notion de responsabilité doit être définie. Plutôt que d’OGM, nous parlerons de biotechnologies et tous les termes qui l’accompagnent : éthique, responsabilité, brevetabilité du vivant…
Du côté Environnement et Santé, la rupture est la suivante : investir dans la prévention, c’est-à-dire sur tous les facteurs de risques en même temps. Rien ne sert de prévenir sur les risques d’une pollution de l’air extérieur si rien n’est fait du côté de l’air intérieur… cette prévention touche eau, air, mais aussi nanoparticules.
En terme d’actions, le groupe propose entre autres de développer les propositions de substitutions et les innovations avec évaluation parallèle des risques, de renforcer le principe pollueur-payeur, de réduire les substances nocives pour la santé dans les différents milieux (eau, air intérieur et extérieur) mais aussi de redéfinir la potabilité de l’eau et de remédier aux pollutions historiques du sol.
Les ondes électromagnétiques ont également toutes leur place : les connaissance doivent être renforcer à ce niveau.
Production et consommation durables… une transformation en profondeur de l’agriculture conventionnelle est considérée comme essentielle.
Le passage vers une agriculture durable passerait par plusieurs niveaux :
- Augmentation de la production en agriculture biologique en France : 20% de la Surface Agricole Utile en 2020 ; jusque dans nos assiettes : l’agriculture biologique présente dans la restauration collective à hauteur de 20% d’ici 2012
- Définition, dès 2008, de référentiels au niveau local permettant de définir les techniques de production les plus appropriées selon le territoire via la concertation de tous les acteurs locaux. 2008, le délai semble court…le passage à l’acte pourrait être accentué par quelles mesures ? incitations économiques ? politiques agricoles locales ? Affaire à suivre…L’objectif est ambitieux : atteindre dès 2013, 10% de la production issue de ces itinéraires qualifiée de production à "haute valeur environnementale", hors agriculture biologique.
- Interdiction d’ici 2 à 4 ans des substances dites dangereuses (CMR : Cancérigène, Mutagène, Reprotoxique) avec principe de substitution. Cependant, aucun consensus concernant le relèvement du niveau de la taxe sur pollutions diffuses.
- Homologation d’ici 2008 des substances naturelles telles que le purin
- Interdiction des lessives industrielles phosphatées d’ici 2010
- Agrocarburants : aucun consensus trouvé
Voici donc un panel des quelques propositions faites...
Des propositions qui ne verront peut-être pas le jour mais qui ont le mérite de soulever une prise de conscience écologique et économique absente de la politique gouvernementale auparavant. Car « au bout du compte, le Gouvernement et le Parlement trancheront » a souligné Jean-Louis Borloo.
Plusieurs
sujets qui fâchent... nucléaire, pesticides, agrocarburants sont des points sensibles
auxquels aucun consensus n’a été trouvé. Quant au budget nécessaire à
la mise en oeuvre de ces propositions, nous ne sommes pas plus avancés
là-dessus.
Par ailleurs, beaucoup de
sujets étaient jusqu’à présents tabous. Cette première étape du Grenelle aura
permis de relayer de nombreuses problématiques et d’échanger entre parties
prenantes.
Le grand pas en avant se trouve peut-être ici : dans l’acceptation des intérêts et des problématiques de chacun.
Affaire à suivre...





