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Un nouveau concept d'autopartage fait le buzz en Californie

Article publié le 26 novembre 2013

Au cours de ces derniers mois, les habitants de San Francisco n’ont cessé de s’interroger : « Mais d’où viennent toutes ces voitures à moustaches roses ? »

Un nouveau concept d'autopartage fait le buzz en Californie

Plusieurs voitures arborent en effet, sur leur pare-choc avant, une énorme paire de moustaches plus que voyantes. Ces dernières sont le sigle d’un nouveau concept d’autopartage connu sous le nom de « Lyft », qui consiste à transformer les véhicules particuliers en taxis pour quelques heures. Ces chauffeurs occasionnels peuvent s’inscrire puis être contactés via une application disponible sur smartphone. Lyft, comme son concurrent SideCar, contribue ainsi à transformer le marché du taxi d’une manière innovante, efficace et qui plus est conforme aux exigences du maire de San Francisco, Ed Lee, qui encourage le développement d’une « économie de partage » (sharing economy).

Le seul problème, si l’on en croit les agences chargées de réguler les services de taxis en Californie, c’est que ces initiatives sont tout simplement contraires à la légalité.

Selon le journal San Francisco Chronicle, la Commission des services publics de Californie (California Public Utilities Commission) a déjà émis plusieurs ordres de cessation d’activités à l’encontre de Lyft et SideCar, en faisant valoir le fait que leurs « chauffeurs » ne sont pas en possession de la licence officielle qui permet le transport de civils.

« Le problème est en effet que si je venais à être victime d’un accident de la route mettant en cause l’une de ces voitures, la compagnie d’assurance pourrait refuser de m’indemniser, et je me retrouverais à devoir régler seul tous mes frais médicaux », explique Frank Lindh, l’avocat général de la Commission.

Pourtant, ces problèmes légaux avaient été examinées dès le début de ces initiatives et avaient été jugés non-pertinents. Comme l’explique Sunil Paul, le fondateur de SideCar dans une interview accordée au Huffington Post, « Il s’agit de créer une communauté de covoiturage, à laquelle les chauffeurs comme les passagers participent de leur plein gré. Ce n’est pas un service commercial de taxis ou de limousines. »

Et en effet, SideCar, tout comme Lyft, fonctionne grâce à un système de dons volontaires. L’application suggère un prix calculé selon la distance que souhaite parcourir le passager, et celui-ci règle le chauffeur grâce à un système de paiement informatisé.

Offrir un service de covoiturage apparaît comme une entreprise bien plus simple que la mise en place d’une société de taxis. En effet, un projet tel que cette dernière suppose de se confronter à de nombreux obstacles administratifs. Il faut en effet accréditer chaque chauffeur indépendamment (inscription sur les fichiers nationaux, suivi de cours de sécurité routière obligatoires, paiement de frais d’assurance s’élevant jusqu’à 75 000 $…).

Un autre service de covoiturage en ligne, UberCab, qui proposait des services très similaires, a également reçu un ordre de cessation d’activité provenant de la CPUC en 2010. Les fondateurs ont été menacés de devoir payer plusieurs milliers de dollars d’amendes et d’être même incarcérés. Cependant, l’entreprise a pu continuer de prospérer après avoir accepté de changer son nom, en supprimant notamment le terme « Cab » (taxi).

Le cadre juridique défini pour le covoiturage dans les lois californiennes semble pourtant très clair. Cette pratique n’est autorisée que pour les trajets du domicile au travail entre collègues, et ne doit pas avoir de but lucratif.

Sur leur blog, les fondateurs de Lyft se défendent :

« Les lettres envoyées par la CPUC témoignent d’un effort pour situer notre initiative dans le cadre juridique préexistant. Dès le début, nous avons pourtant soigneusement conçu notre service selon le cadre de la loi. En outre, nous avons été au-delà des exigences actuelles en consacrant une somme inédite aux assurances, d’un million de dollars, afin de garantir la sécurité et la sérénité des chauffeurs comme des passagers. Nous saisissons donc les ordres de la CPUC comme une invitation au dialogue, à une explication publique de notre démarche. Depuis la réception de ces lettres, nous avons d’ailleurs déjà eu plusieurs conversations constructives avec la CPUC sur la façon dont nous pourrions faire bénéficier les réseaux de transports locaux de notre nouveau système. Aussi la communauté Lyft reste ouverte à toute forme de discussion. »

Les applications d’autopartage telles que Lyft et SideCar ne sont d’ailleurs actuellement pas les seules à faire le buzz, et à s’attirer les foudres des acteurs du marché des transports. La semaine dernière, le conseil de surveillance de San Francisco présidé par David Chiu, a demandé qu’un projet de loi soit mis en place pour réguler les sites qui offrent de mettre en partage son appartement, tels que AirBnB.

A suivre…

http://techcrunch.com/2012/10/08/cpuc-ride-sharing-c-and-d/http://techcrunch.com/2012/10/08/cpuc-ride-sharing-c-and-d/

 

http://nouvelles-mobilites.net/

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Ecologie Transports

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