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Vacances à la montagne

Article publié le 19 mars 2008

LES BONNES PRATIQUES

Voici quelques pistes pour skier et profiter de la montagne en étant responsable et respectueux de la nature :

1- Bien choisir sa station de sport d’hiver.

En matière d’environnement, toutes les stations ne se valent pas. Certaines font des efforts en matière de protection de l’environnement, d’autres moins. Des associations comme Mountain Riders en France ou le Ski Club britannique établissent des guides (vendu à 2 euros pour le guide Mountain Rider) à l’attention du grand public présentant les stations européennes les plus engagées en matière de certification environnementale (ISO 14001 ou EMAS) et de tous les aspects du développement durable (gestion de l’eau et de l’énergie, tri et recyclage des déchets, minimisation des transports et de mobilité « douce », construction écologique, d’utilisation d’énergies renouvelables ou encore sensibilisation des visiteurs à l’environnement). Par ailleurs, le label " Stations Vertes de Vacances " regroupe des communes touristiques de l’espace rural et de la montagne ayant signé une Charte de qualité. Elles doivent obligatoirement présenter un attrait naturel, assurer l’accueil et le séjour
des touristes dans un environnement préservé, avec une mise en valeur de l’éco tourisme et des attraits naturels des communes.

Choisissez également de préférence une accessible par les transports en commun, en train plutôt qu’en voiture individuelle.

2- Le choix et la pratique des activités de montagne

L’activité pratiquée par le touriste a un impact réel sur la biodiversité. La motoneige est évidemment une pratique très polluante et destructrice pour l’environnement. Le hors piste représente pour la flore et la faune locale une menace importante. Les passages répétés des skieurs, snowboarders ou randonneurs à raquettes cassent les jeunes pousses d’arbre, compromettant la gestion durable des forêts par plantation ou régénération naturelle, et dérangent les animaux sauvages (tétras, chevreuils, lagopèdes…) ce qui peut entraîner leur mort par épuisement lors de la saison hivernale. Par ailleurs, il vaut mieux boycotter les pistes lorsque la neige insuffisante ou alimentée par des canons à neige.

3- Le matériel et la tenue

Pour les utilisateurs occasionnels, le mieux est sans doute d’emprunter des vêtements et du matériel, de les acheter d’occasion ou encore de louer sur place. Certains industriels se préoccupent de leur impact environnemental, tel Patagonia qui proposent des vêtements techniques faits à partir d’éco-fibres (bouteilles en plastique recyclées, coton biologique, laine traitée sans chlore, chanvre, polyester recyclé, etc.). Venture Snowboards ou Arbor Snowboards se distinguent également en utilisant du bambou ou du bois certifié issu de forêts « durables  » (label FSC) et des techniques de fabrication écologiques (fibres de chanvre et coton écologiques, vernis à base d’eau, etc.).

4- Les déchets

D’après Mountain Riders, jeter son mégot dans la neige pollue 1 m3 de neige soit environ 500 litres d’eau et l’on ramasse jusqu’à 30000 mégots par an sous un seul télésiège. Mégots, chewing-gums et petits emballages en tout genre mettant plusieurs dizaines voire plusieurs centaines d’années à disparaître, mettez les tout simplement dans un sac plastique à destination de la poubelle…

Pour aller plus loin...

 

LE FAIBLE ENNEIGEMENT, CRITIQUE POUR L’ECOLOGIE MONTAGNARDE 

L’Organisation mondiale du tourisme s’est récemment alarmé des conséquences du réchauffement climatique dans les régions de montagne. Pour l’organisation, « la saison d’hiver 2006/2007 a été la plus chaude en France depuis 1880", date à laquelle les températures ont commencé à être mesurées ». Conséquence directe, la montagne manque de neige. Certaines stations, telle Avoriaz, ont perdu 6 mètres de neige cumulé par an en trente ans. Pour les stations des Alpes du Nord situées à 1500 mètres, « un réchauffement de 1,8 degré ferait perdre 40 jours d’enneigement sur les cinq mois actuels. Or, il faut un minimum de 100 jours d’ouverture pour assurer la rentabilité d’une station de ski  ».

L’OCDE estime quant à elle que près de 10% des stations alpines à l’heure actuelle ne bénéficient pas d’un enneigement naturel suffisant. Une hausse de la température de 1°C, de 2°C ou de 4°C dans les prochaines décennies pourrait ramener le nombre de domaines skiables jouissant d’un enneigement fiable à 500, 400 ou 200. Les deux tiers des stations de ski pourrait disparaître dans les Alpes, voire la totalité en Allemagne.

Seule solution pour continuer à attirer les touristes, le recours massif des canons à neige, à défaut de changement dans les comportements.  La neige artificielle est désormais présente sur 30% de toutes les pistes alpines à travers l’Europe, soit 31 000 canons à neige pour couvrir 23 800 hectares. L’Italie, l’Autriche (où 4,5% de la richesse nationale provient du tourisme d’hiver) ou encore la France figure parmi les pays les plus utilisateurs.

Carmen de Jong, directrice de la recherche à l’Institut de la montagne auprès de l’Université de Savoie à Chambéry, rappelle qu’un « hectare de surface enneigée (30 centimètres d’épaisseur, le minimum pour skier) consomme 25 000 kWh par an et 3700 m3 d’eau. L’investissement est de 100 000 euros par hectare, et celui-ci coûte 6000 euros par an en frais de maintenance et de consommation (eau, énergie) ». Elle rajoute laconiquement : « La consommation en eau à l’hectare est largement supérieure à celle de l’agriculture ». Surtout quand on sait que le maïs, réputé très consommateur en eau, ne nécessite que 1.700 m3 d’eau par hectare …

Pour aller plus loin :


LA BIODIEVRSITE AUX ABORDS DES STATIONS DE SKI

Les vacances de février sont l’occasion pour beaucoup d’entre nous de s’adonner aux joies des sports d’hiver.

Selon une récente enquête menée par TNS-Sofres, un Français sur quatre (27%) prévoit de partir à la montagne cet hiver pour un séjour d’au moins une nuit. Plus généralement, d’après l’OCDE, les Alpes attireraient de 60 à 80 millions de touristes par an et quelque 160 millions de "journées skieurs" dans les quatre principaux pays traversés (France, Autriche, Suisse et Allemagne). Depuis les années 1970 et le développement des stations intégrées (La Plagne, Les Arcs…), le tourisme de montagne s’impose donc comme une activité économique majeure pour ces régions. L’organisation mondiale du tourisme évalue à 50 milliards d’euros le chiffre d’affaires annuel des stations de skis alpines.

Il y a en France environ 1,8 million de skieurs étrangers chaque année pour 7 millions de skieurs français. Pour attirer les clients de nombreuses nationalités (anglais, italiens, belges, américains, russes …), les stations sont poussé à investir des montants de plus en plus importants. Cette année, par exemple, à Courchevel, le budget d’investissement de la commune, soit 85 millions d’euros, dépasse celui de Chambéry et d’Annecy réunis. Des sommes qui vont être utilisées pour améliorer les infra­structures de ski (télécabines, remontées mécaniques automatisées).

Toutefois, l’impact environnemental de ce tourisme de masse est loin d’être négligeable. D’une part, parce que ces millions de touristes, habitant parfois loin des montagnes, doivent s’y rendre, en voiture, en train ou en avion. D’autre part, tandis que la prise de conscience écologique n’a émergé que progressivement, l’activité sur place est particulièrement intense les mois d’hiver.

Lors des créations de pistes, un déclin des espèces vivant alentour a été rapidement constaté, ce déclin pouvant atteindre 15 % par an. Dans certains cas, selon l’association Mountain Riders, après 10 ans d’exploitation des pistes, il ne reste plus que 10% des espèces locales. l’installation de remontées mécaniques et de nombreux hôtels génèrent de lourdes dépenses énergétiques. A titre d’exemple, un télésiège consomme 3.600 kilowatt en une journée, soit 36.000 ampoules de 100 W pendant 8 heures. Les pratiques sportives telles que le ski hors pistes et la motoneige dégrade sans nul doute encore plus l’environnement.

Pour aller plus loin …

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