Article publié le 18 avril 2007
Dès sa sortie en poche j’avais évoqué sur mon blog le livre "80 hommes pour changer le monde". Entre temps, je l’ai vu de plus en plus présent dans les librairies, ... et NaturaVox est arrivé. Ce qui suit est donc une rediff de mon avis sur ce bouquin truffés d’initiatives et d’expériences intéressantes.
J’ai prêté la première fois attention à l’aventure de Sylvain Darnil et de Mathieu Le Roux, et au livre qui la retrace, dans une émission de France Inter. Ils étaient là pour la promotion de leur livre "80 hommes pour changer le monde, Entreprendre pour la planète". Celui-ci est une galerie de portraits de personnes qui tout autour du monde sont à l’origine d’entreprises ou de projets qui prennent sérieusement en compte l’environnement, le contexte social et économique, et le développement durable.
Ce qui avait attiré mon attention, c’était cette anecdote concernant un agriculteur japonais, Takao Furuno. Face à la difficulté de la culture biologique du riz, il s’est tourné vers les méthodes du passé et a découvert l’importance du canard dans les rizières. L’animal n’aime pas le riz, mais y préfère les mauvaises herbes et les insectes nuisibles. Ses déjections font également un bon engrais.
A côté de cela, Takao Furuno élève des poissons dans les rizières. En plus d’avoir pour conséquences de limiter l’emploi de pesticides tout en assurant une production presque le double des fermes avoisinantes, cette façon de faire permet de compter sur plusieurs revenus (riz, canard et/ou poisson).
Mais en commençant la lecture du livre, j’ai été assez déçu. Pourtant de partout les commentaires que j’avais pu en lire étaient enthousiastes.
Je ne m’attendais bien sûr pas à lire un traité de jardinage biologique. Par contre j’avais l’impression que j’avais entre les mains "80 hommes pour changer leur monde". Une grande partie des portraits était ceux d’hommes et d’entreprises qui, d’abord pour des raisons économiques, se sont tournées vers des applications écologiques. Mais il semble que ce soit une question de continent.
Une fois le livre fini, j’ai fait les comptes des ambitions premières. Ainsi en Europe c’étaient plutôt des soucis économiques qui dictaient l’orientation prise par l’entreprise ; en Asie, Afrique et Amérique du Sud, pays en voie de développement, l’émancipation sociale et l’indépendance économique étaient les moteurs ; et contre toute attente, c’est
en Amérique du Nord
que je constatais que la volonté d’écologie et de développement durable étaient à l’origine de créations d’entreprises.
Etant donné que le livre commence par l’Europe, on aura compris ma déception du début.
Le défaut de ce livre c’est l’enthousiasme des auteurs. Ces portraits ne sont que les retranscriptions des rencontres. Les auteurs m’ont semblé admiratifs de leurs interlocuteurs (non sans raisons) et avec peu d’esprit critique. Cela donne un livre qui, bien qu’intéressant par les personnalités décrites et leurs défis souvent quasiment insurmontables,
manque de profondeurs
. A la fin de chaque chapitre je suis un peu resté sur ma faim.
Mais je reconnais que faire un portrait sur une personne et en débattre en 5-8 pages serait aussi un sacré défi. Donc
ce livre a les qualités de ses défauts
. J’aurais eu une certaine amertume à dépenser 17 € quand il est paru aux Editions Lattès. Par contre, aux
éditions Le Livre de Poche
, pour un prix trois fois moindre, il est pratique de le sortir rapidement d’une de ses poches pour lire tout un chapitre entre deux stations de bus ou de métro, ou dans une salle d’attente.
Donc, 6 € me paraît une somme juste pour ce livre qui vaut tout de même
un week-end instructif de lecture
.
Thèmes
Planète Transports Ecologie Développement durable Agriculture Tri sélectif Commerce équitable Littérature Monde
J’ai également lu ce livre il y a quelques temps, avant qu’on le voye de partout. Le titre et l’idée me paraissaient très prometteurs et j’ai donc "plongé" dans ce livre m’attendant à découvrir de formidables initiatives pour la planète... Et bien comme toi j’ai été plutôt déçue de voir que finalement ce n’était pas "80 hommes pour changer LE monde" mais bien "80 hommes pour changer LEUR monde" comme tu dis. J’ai trouvé bien sûr certaines initiatives très intéressantes (comme celle du riz et des canards qui m’a marquée aussi), mais pour la plupart j’ai trouvé que ça n’allait pas suffisament loin dans la démarche. De plus, j’ai trouvé un peu dommage que le livre fasse le portrait de grands groupes (comme Lafarge par exemple), certes ayant fait des efforts au niveau de leur impacts écologiques mais qui ne sont pas à mon avis les meilleurs exemples. Je regrette un peu que les auteurs ne se soient pas plus concentrés sur des actions peut-être moins médiatisées mais en tout cas plus en accord avec les principes de développement durable. Je ne comprends donc pas vraiment pourquoi il y a eu autant de témoignages aussi enthousiastes à propos de ce livre..Pour ma part je reste plutôt mitigée.










