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Un décret contre les nitrates

Article publié le 7 septembre 2007

Le gouvernement français, menacé d’une forte amende, prend des mesures localisées contre les nitrates.

Dans un décret daté du 30/08/07, le gouvernement a décidé de rendre « obligatoires, à compter du 1er janvier 2008, les mesures des programmes d’actions qui seront arrêtés par les préfets pour les zones de protection des aires d’alimentation des prises d’eau suivantes :
- dans le département des Côtes-d’Armor, prises d’eau du barrage de l’Arguenon à Pléven, du Bizien à Hengoat, du Gouessant à Saint-Trimoël, du Guindy à Plouguiel, de l’Ic à Binic et de l’Urne à Trégueux ;
- dans le département du Finistère, prises d’eau de l’AberVrac’h à Kernilis et de l’Horn à Plouénan ;
- dans le département d’Ille-et-Vilaine, prise d’eau des Echelles à Montours (Quincampois). »

L’association S-Eau-S a mis en ligne le contenu de l’arrêté préfectoral pris en Finistère (ceux de Côtes-d’Armor et d’Ille-et-Vilaine devraient être ... de la même eau).

Il s’agit d’une part de fixer des limites d’apports azotés, d’autre part de prévoir les aides qui compenseront partiellement les efforts de limitation.

Selon Gérard Borvon, de S-Eau-S, « on sent une grande amertume parmi les agriculteurs visés. Beaucoup ont le sentiment d’être abandonnés à la fois par l’Etat et par leurs collègues.

Abandonnés par l’Etat : Les mesures ne vont concerner que les agriculteurs installés sur les seuls bassins versants des rivières pourvues d’un captage pour l’eau potable.

Autour, leurs collègues, qui sont aussi leurs concurrents, pourront continuer à produire sans modifier ni leurs effectifs animaux ni leur plan d’épandage.

Plus dur encore à avaler : sur le bassin versant de la rivière visée seules seront concernées les exploitations situées en amont de de la prise d’eau !

Abandonnés par leurs collègues :

Il était facile de dresser les agriculteurs concernés contre les écologistes, il est plus difficile de dénoncer un pouvoir qui a flatté leurs dirigeants depuis de si longues années. Un pouvoir pour lequel ils ont voté aux dernières élections.

Le moins qu’on puisse dire est que la violence des Présidents des Chambre à l’égard de ’Eau et Rivières’ et de ’S-eau-S’ contraste avec les propos embarassés qu’ils tiennent vis à vis du gouvernement.

Cette situation n’a rien de sain. Dans les organismes sociaux du monde agricole on craint des réactions de désespoir. Le gouvernement et les directions agricoles jouent avec le feu. On ne fait pas se succéder sans risque des dizaines d’années de laxisme et une brutale mise au pas. »

Pour S-Eau-S, cette action, qui vise l’eau potable, est beaucoup trop ciblée. Elle risque de provoquer de graves blessures sociales, mais elle n’est pas à la hauteur du problème.

« En 2015 c’est le bon état écologique de l’ensemble des eaux de surface et souterraines qui devra être atteint. C’est moins de 15mg/l de nitrates qui seront la norme pour sortir du problème des algues vertes. C’est donc à l’ensemble de la Bretagne et en particulier aux cantons classés en excédents structurels que les mesures prises à l’encontre d’une minorité devraient dès à présent s’appliquer, » conclut Gérard Borvon.

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commentaires
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par nicolette (IP:xxx.xx3.37.121) le 8 septembre 2007 à 09H07

Toutes les résolutions et projections dans l’avenir sont très intéressantes, et vitales. !

Je suis juste profondément étonné : il y a déjà eu des décrets, arrêtés et lois édictés pour les limitations des nitrates depuis une dizaine d’années, surtout en Bretagne, mais le problème reste le même !

Pour cela il faut aller discuter avec les agriculteurs, surtout les petits, qui sont un peu plus bavards....

Le céréalier leur vend le grain avec un rendement minimal assuré qui, en dessous de ce qui est annoncé, donne droit à des indemnités... ...à condition de se servir des engrais livrés en même temps. Sinon aucune assurance de rendement... Et comme les agriculteurs vivent déjà plus que chichement... !

D’ailleurs il n’y a même pas le choix pour respecter l’environnement dixit la loi : D’abord pour des raisons pécuniaires et Même s’il n’epend pas les produits livrés, pour des raisons écologiques, comment s’en défaire. (Ils vont "pourrir dans un coin, mais aussi contaminer le sol...)

Comment agir ? Les agriculteurs sont conscients du problème, mais il y va de leur survie...

Il faudrait alors édicter des lois pour les céréaliers..... Mais là nous tombons encore sur des super multinationales américaines, qui ne se sentent pas concernés par ce problème mineur. Rappelons que leur moteur de fonctionnement n’est pas l’écologie, mais le rendement financier !

À nous la pollution pour la survie des agriculteurs qui non plus le choix d’exploiter comme leurs ancêtres ! et helas, cette situation est totalement règlementé par l’argent ! je suis certaine que ces memes agriculteurs, s’ills n’etaient pas pris en otage par l’argent, respecteraient l’environnement et pour eux-meme et pour les generations à venir !

Mais continuons à nous battre !

Le poids fait la force !


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