Article publié le 4 septembre 2007
Dans le souci quotidien de réduire la faiblesse des économies des pays du tiers monde,de nombreuses instances internationales en sont venues à penser une autre forme de commerce,une forme qui permette aux producteurs à la base de pouvoir jouir pleinement des fruits de la vente de leurs produits sur le marché international.
La réduction des écarts de développement entre les pays riches et ceux du tiers-monde est devenue au fil des dernières décennies une préoccupation de plus en plus sérieuse. Nombreuses sont les instances internationales qui en ont plus ou moins fait un cheval de bataille.
Que ce soit les E.U., le G8, les bailleurs de fond, ou encore les multiples organismes internationaux qui gèrent le monde, tous s’emploient à développer quotidiennement des stratégies de redressement plus ou moins adaptées à la lutte contre la pauvreté. Augmentation de l’aide au développement, rééchelonnement ou annulation de la dette, ajustement structurel, etc..., sont autant d’initiatives porteuses ou non qui ont souvent été déployées en faveur du tiers-monde en général et de l’Afrique en particulier.
Et justement à ce propos, un concept qui fait l’actualité depuis quelques
années maintenant est celui du commerce équitable, une notion économique qui
quoique portée vers l’humanitaire reste bien critiquable sous certains aspects.
- Qu’en est-il en réalité ?
Le commerce équitable est une initiative socio-commerciale dont le but est de palier à l’inégale répartition des revenus tirés des transactions du commerce mondial. Il se présente sous la forme d’un label pour les produits des pays pauvres. Ce label garantit la production dans le respect de l’environnement et une distribution équitable aux producteurs. Par là, ils obtiennent un revenu suffisant pour assurer leur subsistance et soutenir leur effort de développement.
Le concept de commerce équitable est soutenu par les institutions onusiennes à l’instar de la CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement), ainsi que les pays occidentaux . Il s’impose comme une tentative d’échanges égalitaires entre le Nord et le Sud. Actuellement, un nombre croissant de pays pauvres tels que le Brésil, le Mexique, le Niger, le Mali, le Sénégal, l’Inde etc... en bénéficient.
L’innovation du concept est la réduction de la filière, avec l’intégration en même temps des objectifs sociaux. D’ailleurs, ce concept trouve son origine dans la longueur et la complexité de la filière commerciale. Une filière est le circuit que traverse un produit pour aller du producteur au consommateur final. Elle compte une large panoplie d’intermédiaires (acheteurs, revendeurs, commissionnaires, représentants, etc.)
Par ailleurs, la réduction de la filière permet de diminuer les coûts, car chaque intervenant majore le prix du produit pour son revenu. Dans le cadre du commerce équitable, il est conseillé aux producteurs de se réunir en coopératives. Celles-ci s’occupent du regroupement de la production, de la transformation éventuelle des matières premières et du conditionnement du produit. Les produits sont exportés et distribués par un seul intermédiaire qui pourrait être une ONG ou un partenaire commercial. A la vente, hormis le bénéfice des espaces de distribution, le prix du "produit équitable" se compose du prix réel du produit et de primes liées à l’environnement et au développement. Ils sont reversés à la coopérative qui distribue alors les revenus aux producteurs et effectue les actions de développement (construction des infrastructures, par exemple.) au sein de la communauté rurale. L’impact du commerce équitable est surtout important dans les pays africains. Il couvre les produits de base ( coton, cacao, café...), les produits d’artisanat ( bijoux, textiles, maroquineries etc.) ainsi que ceux de consommation courante.
Mais cependant, est-ce que pour autant, le commerce équitable mérite t-il que les pays africains prient le Père Eternel pour sa perpétuation ?
- Le lavabo du capitalisme
Accusé d’être le sponsor officiel de notre "Stag-développement" et acculé par le poids croissant de l’aide sous toutes ses formes, l’Occident se doit d’agir. Aussi, le concept du commerce équitable lui donne l’occasion de se laver les mains face au fiasco qu’est le gigantesque retard du développement africain. De plus, il est important de noter que la réussite du commerce équitable repose sur la générosité de la ménagère occidentale. En bref, l’Afrique retombe par là dans la mendicité commerciale. Ce détail revêt une importance capitale dès que nous savons que le commerce à l’étalage ne représente presque rien devant le commerce des multinationales qui, elles, ne consomment pas équitable. En effet, le concept ne leur propose pas assez de rentabilité comme les spéculations et négociations liées aux filières normales. D’autre part, ce concept pérennise les partenariats commerciaux occidentaux face à l’émergence de nouveaux pays industrialisés (Corée du sud, Singapour, Taiwan, Brésil, Grèce...) et la montée de la Chine et de l’Inde .
A titre illustratif, l’empire du milieu est quasiment devenu le premier fournisseur de l’Afrique noire francophone. Et encore, la portée du commerce équitable se limite aux communautés rurales. Concrètement, le concept ne nous permet pas de générer des profits aptes à capitaliser notre industrialisation. A ce moment, alors que l’Occident trouve un nouveau contexte pour plaider coupable face à ces crimes anti-développement, que devient l’Afrique
- Le dindon de la farce
Une fois de plus, l’Afrique souffre de son absence de veto face aux grandes décisions du commerce mondial, car la question de la mauvaise distribution des revenus reste d’actualité. A titre d’exemple, les producteurs mondiaux n’ont touché que 7% des 62 milliards d’euros générés par la vente du café en 2005. Comme quoi, le commerce équitable dans le commerce mondial est telle une mare dans le pacifique. De plus, les réalisations sommaires du commerce équitable (écoles, dispensaires, borne-fontaines, etc. ) masquent mal la lenteur de l’avancée du concept. Par dessus tout, il conforte la stagnation productive de l’Afrique. Dommage que les Africains semblent se complaire encore dans le handicap de ne pas pouvoir produire à grande échelle. En fait c’est dans cette situation que nous ne pouvons pas approvisionner les grandes entreprises, limitant ainsi la valeur de nos produits à celle du petit artisanat. Nous nous satisfaisons de quelques miettes en négligeant les bienfaits d’une coopération positive Sud-Sud. Pourtant, l’Afrique doit persister dans la revendication du droit fondamental de fixer par elle-même ses prix sur le marché international, afin de garantir le développement aux générations futures.
- La grande question
L’ Afrique est-elle vouée à la mendicité ? Tendre la main et toujours tendre la main à l’Occident, se faire incessamment exploiter, voilà le cycle infernal. Faut-il y rester enfermé ? Sûrement pas. L’Afrique dispose d’une large panoplie de matières premières et d’une créativité inexploitée. Ici, la question ne se limite pas à intensifier une coopération Sud-Sud, nous marchant les uns sur les autres. Il s’agit ici de faire évoluer positivement les mentalités et l’appareil productif de chacun de nos pays. Si la Chine a pu se lever malgré la suprématie occidentale, si le Japon peut fixer ses propres prix, cela signifie que nous sommes autant aptes. Et nous ne devons rester ni figurant, ni victime de la mondialisation, mais plutôt des acteurs dynamiques. A nous d’en profiter, car cette ère économique pourrait aussi être celle de l’Afrique.
PEREM A MENOUNG Ghislain, Elève en Terminal B ( 2005-2006) - Lycée technique de Douala-Koumassi
CENTRALE PANAFRICAINE DE RECHERCHES
SCIENTIFIQUES ET CULTURELLES ( C. P. R. S. )
S/C B.P. 3583 DOUALA
Cel : 00 (237) 99 87 74 59
Email : kombernar@yahoo.fr
"L’Afrique dispose d’une large panoplie de matières premières" : oui, mais elle se laisse piller. Quand donc les africains porteront-ils au pouvoir leurs Chavez et Morales ? Ca ne sera pas suffisant, mais ça m’apparaît nécessaire...
Am.
L’Afrique a été très meurtrie par trois siècles d’esclavage et plusieurs décennies de colonialisme,et il faut comprendre qu’un tel mal ne peut être exorcisé en seulement cinquante ans de pseudo-indépendance. L’Afrique est passé de une à cinq places en coupe du monde de football,l’Afrique est en quête d’une place au conseil de sécurité des Nations Unies,l’Afrique s’est engagée dans l’espace depuis peu,et tout cela n’est pas nul comme étapes intermediaires dans la longue marche qui l’attend.
@ l’auteur,
Sur le constat, tout le monde peut s’accorder. L’Afrique est un mendiant assis sur un tas d’or. Les ressources naturelles sont absolument fabuleuses et pourtant ! Pourtant,...
Il n’y a qu’un seul moyen pour l’Afrique de s’en sortir : que chaque Etat africain soit suffisamment fort pour assurer la sécurité sur son territoire, suffisamment respecteux de ses voisins pour ne pas lui faire la guerre, et que ceux qui sont ou arrivent au pouvoir ne passent pas leur temps à remplir leurs comptes en banque à l’étranger.
Tous les africains devraient prendre exemple sur la Russie. Ce n’est pas forcément la patrie des Droits de l’Homme, la démocratie est muselée, mais au moins les ressources sont réinvesties pour le développement du pays et Poutine défend avant tout les intérêts de son pays avant les siens.
Toute autre porte de sortie est illusoire, et les multinationales continueront de diviser pour régner et s’enrichir. Je suis assez d’accord avec l’exemple de Morales ou Chavez.
Plus bas sur cette page,vous avez ma réaction à votre commentaire.
Cher Bernard, je suis désolé mais votre article comporte certaines incohérences et contradictions notoires. Relevons au passage :
" Que ce soit les E.U., le G8, les bailleurs de fond, ou encore les multiples organismes internationaux qui gèrent le monde, tous s’emploient à développer quotidiennement des stratégies de redressement plus ou moins adaptées à la lutte contre la pauvreté. Augmentation de l’aide au développement, rééchelonnement ou annulation de la dette, ajustement structurel, etc..., sont autant d’initiatives porteuses ou non qui ont souvent été déployées en faveur du tiers-monde en général et de l’Afrique en particulier. "
Où avez-vous donc lu ou vu que le G8, l’UE et les autres institutions financières internationales faisaient de la lutte contre la pauvreté leur cheval de bataille ? L’augmentation de l’aide au développement ? Elle baisse au contraire (à part les pays nordiques, aucun pays n’arrive aux promesses initialement fixées à 0.7% du PIB), et on y introduit de nombreux artifices comptables... dont les fameuses annulations de dette dont vous parlez. Les ajustements structurels ? Les seuls que je connais sont ceux du FMI et ils ont eu des résultats désastreux (ce n’est pas moi qui le dit, le FMI a fait son propre demi mea-culpa en la matière)
http://www.cncd.be/pages/actu_artic... http://www.agoravox.fr/article.php3...
" Ce détail revêt une importance capitale dès que nous savons que le commerce à l’étalage ne représente presque rien devant le commerce des multinationales qui, elles, ne consomment pas équitable. En effet, le concept ne leur propose pas assez de rentabilité comme les spéculations et négociations liées aux filières normales. "
Tout faux Bernard. La grande distribution lorgne vers le commerce équitable, de la même manière que les multinationales sont lancées dans une course à la surenchère pour se donner une image toujours plus "écolo". Au fait, Nestlé a lancé sa propre gamme de commerce équitable (ce qui ne manque pas de sel connaissant les antécédents de la boîte...).
http://www.lecourrier.ch/index.php?...
Mais surtout, là où votre confusion semble totale, c’est que le commerce équitable est initialement le fruit d’une initiative citoyenne, pas étatique. Encore aujourd’hui, les états ne contrôlent pas une miette de ce réseau, ce serait plutôt le privé qui cherche à l’assimiler.
" Tendre la main et toujours tendre la main à l’Occident, se faire incessamment exploiter, voilà le cycle infernal. "
Pour tenter de s’en extraire, il faudrait d’abord éviter de médire sur le commerce équitable en le confondant avec ce qu’il n’est pas (un nouvel outil institutionnel de domination du nord sur le sud) que vous y arriverez...
Malgré tout,le commerce équitable reste l’une des dernières nées les plus prisées des initiatives de développement en faveur de l’Afrique. D’autre part,les initiatives sont bien signalées dans l’article,comme étant porteuses ou non. Dans votre exemple à propos des multinationales, réalisez vous-même que celles-ci ne consomment donc pas l’"Equitable africain",mais elles lui font pluôt la concurrence en s’engageant elles aussi dans la vente de l’équitable. Aussi,il n’est point question de médire sur le commerce équitable ici,mais simplement de faire constater que c’est pas la panacée,ni même une solution sérieuse au problème du développement africain.Merci.
Non effectivement, je vous rejoins quand vous dites que le commerce équitable n’est pas la solution pour l’Afrique (ni pour réduire les inégalités d’une manièreplus générale).
Il s’agit d’un mécanisme (de faible impact) de correction aux inégalités qu’ont engendrées des décennies de libre-échange, mais c’est le système économique dominant lui-même qui doit être entièrement transformé (vaste chantier, vaste débat...).
J’insiste sur le fait que le commerce équitable partait d’initiatives citoyennes tout-à-fait louables et généreuses, mais malheureusement il est en train d’être assimilé par l’économie réelle, un peu par la faute des organisations de commerce équitable qui ne semblent pas pouvoir (vouloir ?) se donner les moyens d’un contrôle sérieux de leurs pratiques.
PS : essayez de répondre plus vite aux commentaires la prochaine fois, je suis repassé sur cet article tout-à-fait par hasard...
A la fin,il faut se dire simplement qu’il est normal que les initiatives économiques(pour l’Afrique) venues d’occident se soldent en général par des échecs.Un occidental entrera toujours assez difficilement dans la peau de l’Africain lui-même,de façon logique tout juste. En fait,il restera que l’Afrique devra bien se prendre en charge elle-même à la longue,tant sur le plan économique que sur bien d’autres.
N.B.:Merci tout de même pour votre remarque vis-à-vis du retard que j’ai mis à réagir.C’était un peu indépendant de ma volonté.A la prochaine.
C’est assez comique pour ne dire risible l’informations que l’Europénnes ont de l’Amérique Latine. Sinon voyons,pourquoi les africains ne portent-ils au pouvoir leurs Chavez et Morales ? réponse:car,l’un et l’autre pratiquent la anti-démocratie(prototype de dictateurs) et les africains ont le cerveau au-dessus de le cou et savent utiliser la tête et non,le corps. L’infrastructure petrolier de Chavez ce trouve en hailons !Aprés la gréve,Chavez a démisioné tous les meilleurs technique,plusieurs sont actuellement dans l’Arabi-saudite et l’autres pays.Avec l’asnerie de le drapeau du "Socialisme du siécle XXI" Qui vivre vera !.
Quant à Morales,l’infrastructure de la Bolivie c’est pire !tous les deux n’ont know-how ! et Morales nécessite d’aide de Chavez,plutôt ils seront tôt dans un carrefour.
Quant moins la main de l’Etat,meilleur marche les pays... !
L’Afrique, c’est une histoire de matière première.
Quand la croissance mondiale est là, l’Afrique en profite. C’est le cas aujourd’hui, ou dans le passé (la Côté d’Ivoire s’est beaucoup développée durant les années 70). Par contre, quand la croissance mondiale n’est plus là, l’Afrique, trop dépendante des matières premières comme source de richesse, s’apauvrie plus vite que les autres (cas encore de la Côte d’Ivoire).
Le commerce équitable, c’est le concept de la richesse. Quand les cours mondiaux des matières premières sont très élevés (cacao, café, riz, ...), tirés par la croissance mondiale, alors les producteurs et les consommateurs peuvent réfléchir à une solution alternative pour améliorer la qualité sans augmenter les prix.
C’est là le paradoxe ! La croissance mondiale induit des cours de matières premières élevés, ce qui offre l’opportunité d’une alternative avec le commerce équitable, qui remet alors en cause la supériorité du consumérisme occidental, et donc au final la croissance...
Le problème n’est donc pas là, dans une alternative aux filières existantes, mais plutôt dans le manque d’immersion des pays africains dans la filière. Pour le cas du cacao, 75% de la production mondiale vient d’Afrique. Les négociations se font au LIFFE ou au NYBOT ; les broyages (la demande) se fait essentiellement en occident (europe). Il y a donc un problème de représentativité de l’Afrique dans la filière globale. Chercher une alternative ne réglera rien au problème de fond... C’est le problème des africains qui n’arrivent pas à rentrer plus solidement dans la filière.
Enfin sur le rôle des multinationales.
Se passer des multinationales est bien sur du court terme car il libère une très -trop- grande place dans la filière. Toutefois, c’est négliger les effets structurants des multinationales : investissements dans les réseaux de transports, développement des infrastructures portuaires. Qui le fera ? les coopératives ? des exemples dans le passé ont montré que les coopératives africaines, souvent mal gérées, n’arrivent pas à se montrer à la hauteur. Quand aux Etats ...
Mais rassurez-vous, le croissance mondiale finira par baisser, et avec elle, toutes les questions sur le commerce équitable.
Il y a certes une quasi absence d’immersion des pays africains dans les filières classiques,comme vous le faites si bien remarquer. Pour ce qui est des multinationales,elles ne sont pas délibérément mises à l’écart.Elles ne consomment pas l’équitable africain,mais lui font plutôt concurrence dans certains cas.
quant a moi ,les refuges sont des gens qui ont fuit leur pays a cause de la gueure ,de trouble politique ...alors ces gens sont sence d’etre soutenue
Les pays pauvres (ou mieux appauvris) en général et l’Afrique en particulier ont plutôt une forte probabilité de rester en guerre.Leur chance d’assurer leurs sécurités intérieures ou extérieures sont assez faibles, car non seulement les "Grands" sont là pour diviser,mais en plus ils assurent en permanence un certain impérialisme financier que peu perçoivent.La faiblesse des ressources financières ne suffit-elle pas à établir un climat d’enfer dans une société ? D’autre part,pourquoi les banques suisses ne peuvent-elles pas en retour refuser les sommes faramineuses apportées par les dictateurs du tiers monde, au titre d’argent sale ? Pourquoi les bailleurs de fonds,qui en ont les moyens,ne pourraient-ils pas interdire les versements exorbitants d’argent dans les banques occidentales,lorsque ceux -ci proviennent du tiers monde ? La faute enfin n’est-elle pas bien aussi celle des occidentaux ? A vous de réfléchir.









