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Péage

Article publié le 29 juillet 2008

Péage

Sur la route des vacances, ça finit par couter cher, tous ces péages. A ajouter au prix de l’essence, et il ne reste plus rien pour le restau à l’arrivée. Il reste heureusement la Bretagne, et ses lois anciennes qui, dit-on, y interdisent le péage, merci à la Duchesse Anne !
Que l’on n’aime pas les péages, comme les impôts[1], c’est bien normal, mais n’est-ce pas une bonne formule, malgré tout ? Ils ont pour vocation de faire payer par l’usager le coût du service rendu par un équipement donné, comme une route. A défaut, c’est la collectivité qui doit payer, c’est-à-dire tout le monde, vous et moi. Nous payons à ce moment-là d’une manière forfaitaire, sans aucun lien direct avec l’objet de la dépense. Cette formule convient assurément pour les services publics qui doivent être assurés pour tout le monde, indépendamment des revenus et des activités. La rue que j’empreinte tous les jours pour aller faire mes courses, conduire les enfants à l’école, et touts sortes d’autres choses encore, est payée par la collectivité, qui l’entretient, la nettoie, l’éclaire, et l’améliore de temps en temps avec son budget propre. C’est un service dont chacun dispose, et qui est payé par l’impôt, de manière anonyme et forfaitaire. Si j’y gare ma voiture, je consomme une surface de cette rue, et depuis quelques années, un péage a été institué en contrepartie, avec des parcmètres. On peut admettre que ceux qui n’ont pas de voiture, ou qui se sont dotés d’un garage pour leur voiture, n’ont pas à payer pour ceux qui en ont une sans place de parking.

Pour les routes[2], il y a la route ordinaire, la base, à laquelle chacun a droit gratuitement, et celle qu’il faut payer, l’autoroute, du fait de ses qualités particulières, en termes d’efficacité pour la circulation et des services disponibles. Pour les avions[3], tout le monde paye un droit pour atterrir, pour l’usage de l’aéroport et de ses services, de sécurité par exemple. Un droit d’usage, qui irait bien avec le développement durable, même si ce n’est pas très populaire, dans la mesure où il responsabilise chaque utilisateur à la consommation de ressources et de services qu’il provoque.

Le problème est que ce péage est calculé très partiellement. Pour les avions, on aurait pu penser que le péage permet de financer l’ensemble des frais occasionnés par l’atterrissage ou le décollage. Et bien non, car le coût des nuisances provoquées par le mouvement de l’avion n’entrent pas dans le cadre légal. Ce n’est que l’usage de l’infrastructure au sens strict, amortissement et fonctionnement, qui est pris en compte, et non les coûts indirects, qui se manifestent autour. Il a fallu un dispositif spécial, créé par une loi, pour introduire une taxe spécifique pour le bruit des avions. Avec le produit de cette taxe, on finance des travaux d’insonorisation. Il aurait été plus facile d’instaurer un péage calculé pour compenser tous les coûts, directs et indirects, mais pourquoi faire simple ? On aurait pu imaginer une formule analogue pour le bruit des voitures, camions[4] et motos d’une part, celui des trains d’autre part. Ça sera peut-être possible d’ici quelques années. Le concept même de péage évolue. D’une simple redevance pour service rendu, il devient un instrument de prise en compte de tous les coûts engendrés par un mouvement. Le coût de la pollution, du bruit, et de la congestion vont pouvoir être intégrés dans le prix du péage, su le projet de directive que propose la Commission européenne est adopté[5]. Le constat suivant, extrait de l’exposé des motifs, résume la philosophie du projet : Si un droit de péage peut être prélevé sur un camion empruntant une autoroute traversant une zone rurale, ce même camion ne paiera aucune redevance s’il traverse une zone densément peuplée alors même que son coût du point de vue de la pollution et de la congestion sera généralement cinq fois plus élevé. Il s’agit donc d’une double avancée. D’une part, l’objet du péage s’enrichit, et d’autre part, l’idée d’une application ailleurs que sur des autoroutes apparaît, comme au Grenelle de l’environnement avec le projet d’éco taxe. La pollution n’est pas émise que là où les péages actuels sont perçus !

Voilà donc le péage devenu instrument de responsabilisation des transporteurs et de leurs clients. Il pourra être modulé selon les lieux, plus ou moins peuplés, et les heures, pour mieux traduire la gêne occasionnée. La formule en œuvre pour les avions semble faire école, mais avec l’avantage d’intégrer l’ensemble des coûts en une taxe, plutôt que de les payer en plusieurs fois. Pour faire encore plus simple, le télépéage est appelé en renfort. Déjà utilisé en Allemagne depuis le 1er janvier 2007, il résulte d’une combinaison d’un émetteur embarqué dans le véhicule et d’un système de navigation satellitaire comme le GPS. L’itinéraire parcouru par tel camion est ainsi connu, avec les horaires, ce qui permet le calcul automatique du péage. En Allemagne, le taux varie en fonction du type de véhicule avec déjà des classes de pollution. Il semble bien que ces mesures ont déjà eu des conséquences, notamment sur les camions qui roulent à vide, dont le nombre aurait fortement chuté. L’ingéniosité des opérateurs n’attendait qu’un peu de pression pour s’exprimer !

Reste le train, qui fait aussi beaucoup de bruit. Les compagnies de chemin de fer versent, en France, une redevance à Réseau ferré de France, mais toujours sans possibilité de discriminer selon le niveau de gêne occasionné. Un vieux wagon de marchandises très bruyant ne paye pas plus qu’un autre flambant neuf et silencieux comme on sait faire aujourd’hui. Pas très incitatif pour la modernisation, ce système. Et bien la Commission européenne pense également au train. Un « paquet » ferroviaire se prépare, où il sera proposé une modulation des tarifs en fonction du bruit émis par les trains, en complément de la mesure poids lourd.

Alors vive le péage, mais le péage intelligent, instrument du développement durable !


Prochaine chronique : Sénior


[1] Impôt, chronique du 03/05/2006

[2] Route, chronique du 31/05/2007

[3] Avion, chronique du 28/05/2007

[4] Camion, chronique du 21/03/2006 et n°10 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com)

[5] Projet 2008/0147 (COD) présenté par la commission le 8 juillet 2008

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commentaires
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(IP:xxx.xx1.20.156) le 29 juillet 2008 à 16H09

Voila, il manquait celle là !

C’est vrai que sur naturavox, site pretendant defendre la nature, mais helas investi par une nuée de sectaires, voici revenir la haine viscerale de l’automobile et celles qui vont avec du train et des avions.

Des siècles d’evolution civilisatrices consacrant la liberté au sens large, mais surtout l’intelligence vont disparaitre. Retour au moyen age, avec octroi, gabelle etc. demain, pour rentrer en ville il faudra payer, puisque notre presence même entrainera surplus de consommation d’eau, d’electricité et usage plus intesifs des equipements publics.

Public, le mot est laché. je vois tres bien cette bandes de minables qui ne veulent pas partager le coût de la route, et qui au quotidien se battent pour ne pas partager le coût de la police, de l’armée et de tous les moyens collectifs qui font la structure même de nos pays avancés sur le chemin de la civilisation.

Ce mot d’ailleurs ne doit pas avoir de sens pour eux, qui pronent un retour a la nature par privation plutôt que par amélioration. Combien cela semble jouissif de se dire qu’on ne veut pas payer pour des equipements collectifs qu’on n’utilise pas ! je vous reconnais, vous là... vous êtes le même qui refuse de payer sa quote part d’entretien de l’ascenceur au syndic parcequ’il habite au premier en oubliant que la valeur de l’immeuble, donc de son appart, il la doit a ces equipements.

Est-ce que la secu ne paye pas l’hopital que vous n’utilisez pas ? est-ce que vous ne payez pas les facs dans laquelle vos enfants n’iront pas... combien d’exemple a l’avenant... plus rien de public ne sera construit parceque le pouvoir de la collectivité se reduira a ceux qui sont directement impliqués.

Tout un pan de notre civilisation va s’effondrer. Qui va chercher contre la maladie d’akzheimer si seuls ceux touchés payent ? qui va investir dans l’espace, dans les telecoms, dans l’energie ?

Vous n’êtres que de retrogrades egoïstes et seulement l’idée de faire payer ne devrait pas vous effleurer. Le venin de la marchandisation commence a faire son effet sur des esprits déjà pervers : tout payer, voila votre credo...

Lamentable.

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(IP:xxx.xx1.20.156) le 29 juillet 2008 à 16H20

Sans attaque personnelle, autre que pour le débat.... plantons un fonctionnaire, il en pousse un impôt ou une taxe.

Sans citer votre nom, sachez monsieur, que vous êtres une mauvaise caricature de cet état que nous voudrions généreux et efficaces mais qui se révèle pervers, privatif et au final predateur pour sa population.

Ceux qui ont voté pour NS ont sans doute cru que les choses allaient changer, que la responsabilité allait prendre le pas sur la contrainte... ils sont déjà deçus, vous êtes toujours là.

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(IP:xxx.xx3.65.100) le 30 juillet 2008 à 18H11

Article grossièrement orienté.

Rien concernant la part importante de péage allant dans la poche du concessionnaire.

Les systèmes de péage basés sur la reconnaissance des plaques minéralogiques constituent une atteinte à notre liberté de déplacement. Qu’en pensez vous.

Un système de modulation de la tarification du péage est bien plus efficace. Ce système testé en région parisienne et encouragé par l’Europe est très efficace. Il incite sans contraindre.

Les fonctionnaires et technocrates de tout poil ont une fâcheuse tendance à tout vouloir traiter par des règlements et des contraintes. Cela embête tout le monde en étant totalement inefficace.

Nos voisins agissent différemment. Vous nous parlez des Allemands. Vous pourrez constater si vous circulez sur leurs autoroutes (gratuites en passant) que des véhicules circulent sur la troisième file à des vitesses jugées en France comme criminelles.

Résultat, 64,8 morts par millions de conducteurs en Allemagne, 87,9 en France malgré l’acharnement réglementaire dont les automobilistes font l’objet.

L’excès réglementaire au delà de la privation de liberté qu’il induit a une conséquence plus grave et plus profonde. La déresponsabilisation.

Pour revenir à la comparaison avec l’Allemagne, les automobilistes qui roulaient à 180 ou 200 lorsque la voie était libre retombent rapidement à 80 en cas de danger, chantier, accident. Cela est loin d’être le cas en France.


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