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Pas tous égaux face aux dépenses énergétiques

Article publié le 17 avril 2008

La part des dépenses en combustibles fossiles dans le budget est 6 fois plus importante pour un rural pauvre que pour un citadin fortuné. C’est ce que révèle l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) dans sa lettre « Stratégie et Etudes » du 3 avril 2008. Des disparités de plus en plus importantes.

Pas tous égaux face aux dépenses énergétiques

En cette période où le thème du pouvoir d’achat est présent dans tous les esprits, la lettre de l’ADEME met en évidence les difficultés grandissantes des plus pauvres. S’appuyant sur les résultats de l’enquête Budget des ménages de l’Insee, l’ADEME montre que depuis 5 ans, les inégalités face aux dépenses énergétiques n’ont cessé de croître. Les prix des combustibles fossiles (hydrocarbures, pétrole, gaz naturel et charbon) ont augmenté depuis 1995 de 3% par an en euro constant. Cette hausse devrait se poursuivre jusqu’à 2020. Après cette date, la croissance des prix des combustibles fossiles devrait être exponentielle.

Du fait de ces augmentations, les dépenses énergétiques prennent de plus en plus de place dans le budget des ménages les plus pauvres, passant de 10% en 2001 à 15% en 2006. L’enquête de l’ADEME prend en compte l’ensemble des fournisseurs d’énergie. L’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie ne fait donc pas de distinction entre le fournisseur historique EDF ou d’autres fournisseurs plus récents comme Direct Energie, Enercoop ou Poweo (fournisseur principal d’électricité verte) pour la réalisation de sa lettre.

L’une des raisons de la croissance des inégalités sociales est l’augmentation des revenus des plus riches qui a été plus rapide que celle des prix des combustibles. La part des dépenses énergétiques dans leur budget a ainsi diminué. L’Ademe précise que « La part des achats de combustibles fossiles dans le revenu des ménages peut être multiplié par 6 entre un riche citadin et un rural pauvre ».

15% du budget des ménages les plus pauvres est consacré aux dépenses énergétiques

Ainsi, les ménages les plus pauvres voient la part des dépenses énergétiques croître dans leur budget. Représentant 15% du budget des ménages les plus pauvres, la part des dépenses énergétiques n’est que de 6% pour les ménages les plus fortunés, soit 2,5 fois moins.

Concernant les seules dépenses en électricité, la part est de 5,9% pour les moins aisés et de 2,2% pour les plus riches. L’écart représente encore une fois plus du double entre les deux catégories.

Le lieu d’habitation influe sur les dépenses énergétiques

Dans la lettre de l’ADEME, il apparaît clairement que la part des dépenses énergétiques dans le budget des citadins est moins importante que celle des ruraux. En général, les habitants des grandes villes ont une part des dépenses énergétiques dans leur budget 1/3 inférieure aux ruraux.

En effet, en milieu rural, les personnes sont plus dépendantes de leur voiture et les logements, souvent individuels, ont besoin davantage d’énergie pour être chauffés. Les ménages ayant des dépenses énergétiques représentant la part la moins importante dans leur budget sont les parisiens. Cette part est inférieure de 44% par rapport à une personne habitant dans un village de campagne. Ce fossé s’explique par le fait que le réseau de transport en commun est très développé à Paris, par les habitations collectives, mieux isolées et par les revenus des parisiens, plus élevés que la moyenne nationale. Cependant, les différences sont moins importantes si on prend en compte les frais de transports collectifs, même si l’écart reste significatif (les dépenses des habitants des grandes villes restent ¼ inférieures aux ruraux).

Selon l’ADEME, seuls les ménages pouvant réaliser des investissements pour maîtriser l’énergie dans leur habitation et ceux qui ont des véhicules à faible consommation échapperont à la hausse du poids des énergies dans leur budget.

Thèmes

Energie Economie

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commentaires
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par algunet (IP:xxx.xx5.195.90) le 17 avril 2008 à 11H43

Autre inégalité : la situaution géographique. En effet un P3 au bord de mer méditérranée avec clim et c’est 150 € de chauffage... par an avec vue sur la mer en option !

Les inégalités existent, c’est un fait. Faudrait-il pour autant créer un taxe "égalité" et payer des fonctionnaires pour collecter cette taxe des plus riches ou énergetiquement favorisés et redistribuer aux plus démunis sous forme d’aides aux économies dont on imagine les dérives dans l’application et à qui profitera le "crime"...

On sait maintenant que l’éolienne sponsorisé par l’état bénéficie surtout aux fabricants et auxcollectivités touchant la taxe professionnelle pour un bénéfice écologique nul, en France du moins. Mais bon faut avoir bonne conscience écologique !

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par sacado (IP:xxx.xx9.62.50) le 17 avril 2008 à 12H47

En gros, l’ADEME a mené une enquête dont la conclusion est que, à la campagne, il y a moins d’immeubles et de transports en commun qu’en ville, c’est ça ?

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par impots-utiles.com (IP:xxx.xx6.83.241) le 17 avril 2008 à 16H56

et que dire des mensonges de Gaz De France qui a augmenté le prix du gaz de près de 10% en à peine 3 mois alors que la société vient d’engranger un chiffre d’affaire record pour 2007 ... la facture de gaz pour le contribuable a augmenté de plus de 400 euros par an depuis 2004... http://www.impots-utiles.com/augmen...

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par algunet (IP:xxx.xx4.30.52) le 18 avril 2008 à 20H26

Impots,

Il faut dire que le prix du gaz est indexé à celui du pétrole, donc pas de surprise pour son augmentation...

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(IP:xxx.xx3.65.100) le 9 juin 2008 à 20H18

Il n’y a pas uniquement des ’pauvres’ dans les zones rurales ceinturant les métropoles régionales, mais beaucoup d’habitants recherchant une fiscalité avantageuse. Pendant des décennies, ils se sont accommodés des trajets, profitant des infrastructures de santé, service, loisir, transport, principalement payées grâce aux impôts locaux des urbains. Aujourd’hui les urbains se contentent de profiter des investissements qu’ils ont financé par leurs impôts, tout en continuant à vivre dans un environnement toujours aussi pollué par les véhicules venant des zones périphériques. Au lieu de cautionner les lamentations des ruraux, l’ADEME ferait mieux de promouvoir des mesures leur permettant d’adapter leur situation aux nouveaux prix de l’énergie. Réduction de la surface habitée en hiver, chauffage au bois, covoiturage,... les solutions ne manquent pas. L’article fait l’impasse sur une différence importante entre urbains et ruraux qu’est la taille de leur logement. Ramenés à une même unité de surface habitable par personne, les résultats seraient très différents.

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par yunhe (IP:xxx.xx7.72.69) le 10 novembre 2009 à 09H26

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