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Oppulente gratuité de la Nature

Article publié le 30 juillet 2008

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J’avais presque éludé cette propriété de la nature, parfaitement étrangère à nos conventions. Alors que nous nous promenions dans les bois, nous avons été plus audacieux que d’habitude en nous écartant des sentiers principaux pour nous aventurer le long d’un ruisseau asséché dont le lit serpente sur les collines parfois abruptes bornant le Sud de Paris.
Au fond du bois, une clairière en forme de corridor totalement masquée par les futaies environnantes était couverte d’énormes ronciers.
Affreusement gourmand, je n’ai pu manquer l’infinité de grappes de mûres que ces plantes portaient. Cette profusion faisait terriblement envie et mon premier élan fut de me retenir me demandant à qui elles pouvaient bien appartenir. La commune ? La collectivité locale ? Un service d’exploitation forestière ? Peut-être même un délégataire ou que sais-je encore… Après cette fraction de seconde juridico-conformiste la gourmandise a fait taire les réflexes acquis et je me suis affairé à la cueillette. D’ailleurs avec un peu trop de zèle puisqu’au passage mes compagnons de promenade m’ont semé et je ne les ai pas retrouvé par la suite. Heureusement, Olivier a su me rejoindre à la croisée des chemins en haut de la colline.
Quoi qu’il en soit, j’ai cueilli suffisamment de mûres pour faire une tarte que nous avons dégusté hier soir…
Ne vivant plus à la campagne depuis bien des années, ce fut un sentiment étrange de se souvenir que l’opulence de la fructification était gratuite. Il suffisait de tendre la main et de saisir l’objet de gourmandise, sans en avoir à passer par le porte-monnaie. Comme dans un défi à monoprix, j’ai pu minimiser de quelques euros le coût global de la fabrication de notre tarte aux mûres maison.

Après ce ressouvenir grisant de la gratuité, teinté d’un sentiment de liberté recouvrée, je m’inquiète d’autant plus de la monétarisation à tout venant de la nature laissant croire que toute chose a un propriétaire.
Dans les nombreuses discussions de café que nous entretenons parfois avec nos amis, je veux dire loin du sérieux et du calme du discours académique ou professionnel, lorsqu’on se laisse aller aux passions, l’une de nos proches n’a de cesse de mettre en avant la notion de «  biens communs ». Jusqu’ici j’avoue que je ne voyais pas très bien en quoi cette notion pouvait être plus importante que les autres qui peuplent nos échanges.
En fait, cette notion permet de reconsidérer la relation à la nature non plus comme une expérience individuelle et de propriétaire, mais comme l’immersion dans un ensemble collectif (aux humains comme aux autres espèces) dont nous pouvons faire usage, mais qui ne nous appartient pas.
En filant la métaphore nous pourrions alors considérer que nous ne somme ni maître et possesseur de la nature (le propriétaire), ni gestionnaire avisé de la nature (l’écolo, sorte de fermier qui sert de relais aux générations suivantes, ou de conservateur du patrimoine), mais nous sommes bien plutôt des invités à un banquet. La nature nous admet par accident à sa table et l’humanité n’y est qu’un convive parmi tant d’autres, qui en tant qu’invité se doit de faire honneur à son hôtesse sans déranger sa demeure.

photographie : Olivier Martin Delange 

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Nature Homme Prix

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commentaires
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(IP:xxx.xx3.123.218) le 25 août 2008 à 09H42

Waaoouuu ! Quel bonheur de trouver un tel article et le matin svp !

L’Abondance est présente et c’est l’Homme qui par son égoïsme est en train de tout saccager. Par son : " Moi d’abord " !

J’en suis certain également mais...comment faire comprendre à ces superdiplomés qui ne veulent même plus s’installer à leur compte ? Il y a trop de papiers administratifs et trop de soucis à aider leur prochain par leur intelligence qui dépasse la normale humaine. Ce sont des "phares" ! Et, ils veulent profiter pour eux et eux seuls de leur vol de biens publiques en vivant, en attendant leur retraite imméritée mais payée par la société, sur le rythme de la succession des ponts et départs en week-end si possible avec un jour d’avance ou bien deux heures quitte à l’acheter à leurs collègues ou leurs subordonnés qui eux aussi...etc...on arrive au départ le jeudi vers 16 heures !...etc...

J’ai osé le mot ’vol’ car ils ont l’air d’en être conscients, ils le disent en parlant de l’inutilité non de leur place dans leur service mais du service entier dans lequel ils puisent leurs ressources ; Mais des gens triment pour leur payer ces avantages. Sur Agoravox , ils osent même menacer les entreprises qui leur refuseraient ces avantages ! Il faut à tout prix que quelqu’un leur fournisse leur privilèges ! Même au prix d’une révolution disent certains.

Et quand les ’ " phares, les exemples..." ’ déconnent avec leur suffisance ...les autres suivent et l’Abondance s’éloigne ... !!! Nous sommes invités dans une belle nature à nous perfectionner ...OUI, oui....un jour je serai un être qualifiable de " Bien " ... !...et il faudrait au moins la maintenir cette bonne Nature sinon tenter de l’améliorer elle aussi .


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