Plusieurs villes du Burkina ont observé 72 heures de grève pour exprimer leur colère face à la hausse des prix de produits de première nécessité. Malgré l’appel du gouvernement pour suspendre la grève, les travailleurs du privé et du public étaient des milliers à arpenter les rues des grandes villes du pays à travers des marches et meetings.
Depuis plusieurs mois le Burkina traverse une crise liée à l’explosion
des prix des aliments de base notamment le riz. Cette hausse vertigineuse des prix a suscité une vive protestation des populations.
Bobo Dioulasso, la capitale économique, a été la première à subir le courroux des populations très remontées. Le 20 et 21 mars derniers cette
ville d’ordinaire calme a été le théâtre de violents manifestations
contre la vie chère. Des commerces, des biens appartenant à l’Etat ont
été incendiés. Les feux tricolores, des biens publics et privés sont
partis en fumés. Après le passage des manifestants Bobo ressemblait à
une ville fantôme. Malgré la réaction du gouvernement et le déploiement
d’un important dispositif sécuritaire Ouagadougou subira le même sort.
La réaction des autorités sera cette fois musclée. Plusieurs
arrestations de manifestants dans les deux grandes villes sont
opérées. Les auteurs des casses seront jugés et condamné à des peines
lourdes. Dans la même foulée une série de mesures sont prises par le
gouvernement pour baisser les prix des produits de grande consommation.
Il s’agit de la suspension des taxes sur les droits de douane pour 6
mois. Des négociations ont été engagées avec les commerçants pour la
réduction des prix. C’est ainsi le sac de riz a été fixé à 13000 f cfa.
Mais sur le terrain la réalité est tout autre. Le sac de riz se vend
actuellement au Burkina entre 18000 et 22500f cfa. le litre d’huile vendu
à 600 f est passé à 1000 ou 1200 f cfa. Les prix ont été multipliés
entre 75% à plus de 100%. Face à l’incapacité du gouvernement de
trouver des solutions, les syndicats sont montés au créneaux par deux
fois pour mettre la pression sur les décideurs. A travers marches,
grèves et bientôt des opérations villes mortes, ils espèrent se faire
entendre. En tout cas ils l’ont indiqué le 13, 14 et 15 mai derniers. "Il
vaut mieux se battre et mourir que de se coucher et mourir. Lorsque des
enfants n’ont plus à manger et à se soigner, la lutte est une nécessité
et même obligatoire", feront savoir les responsables syndicaux.
Les femmes étaient les plus nombreuses lors de cette marche. Elles sont
sorties avec des casseroles et des sacs vides pour montrer qu’il n’y a
rien à la maison. "Le panier de la ménagère n’existe plus même si on achète les condiments avec quoi on va préparer ",
se plaint Nicole, une des marcheurs. Un inscrivait sur sa pancarte : la
vie chère veut notre chaire. La majorité des burkinabés ont un salaire
de misère. "Avec 40000 f cfa je ne sais plus comment faire pour
m’en sortir, on ne mange qu’une seule fois par jour. Les enfants ne
peuvent pas comprendre", se lamente Adama employé dans une entreprise privée.
Dans les campagnes la situation est plus catastrophique. La saison
écoulée n’a pas été bonne. Pour cette population qui represente 90% du
pays disposant de moins 1 dollar par jour la vie est un véritable
calvaire.
La fronde s’annonce chaude dans les prochains mois si rien n’est faire
pour offrir aux peuple de quoi manger, à en croire les syndicats.
Abdoul Razac Napon (Burkina)
Crédit photo : Indymedia Lille
Thèmes
Les règles de l’OMC et le cycle de Doha suppose que les habitants ne doivent plus se nourrir eux-même mais produire pour le sacro-saint commerce international, prélude au pouvoir totalitaire mondial.
Les socialistes de tous bords (PS et UMP) ont forgé les règles de l’OMC. Trés prochainement, les produits agricoles du monde entier vont rentrer en Europe sans taxes.
Le problème de la faim en Afrique est exactement le même que le problème de l’alimentation en France. A cause des politiques socialistes et européennes, la France a cessé d’être autonome sur le plan alimentaire et dépend maintenant du commerce international pour manger. Comme elle a les moyens de payer, les rayons des supermarchés sont pleins et le problème posé par les députés ne se voit pas. En Afrique, comme ils n’ont plus les moyens de payer et qu’ils ont détruit le peu d’agriculture vivrière qu’ils avaient au nom du dogme de l’ouverture au monde, ils meurent de faim.
Ne nous croyons pas à l’abri. La famine en France aura lieu dès que nos fournisseurs extérieurs cesseront de nous vendre pour x raisons.
Il n’y a que des politiques résolument nationalistes qui peuvent nous sortir de l’ornière. Il faut modifier les règles du marché pour que la paysannerie française puisse nourrir les habitants. Produire du maïs qui assèche nos eaux pour faire du profit à l’exportation est un non sens économique.
La faim du monde est une tragédie, et il faut se réveiller pour qu’elle n’empire pas... les abeilles pollinisatrices, responsables de 35 % de notre diversité alimentaire, sont en train de disparaître :








