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Non, le label AB ne rime pas avec écologie

Article publié le 7 avril 2009

Non, le label AB ne rime pas avec écologie

Puisque d’habitude, ce blog promeut des initiatives en faveur de l’environnement, je profite de cette Semaine du Développement Durable pour pousser un coup de gueule contre le label AB (Agriculture Biologique).

Le label AB est supposé certifier un "aliment composé d’au moins 95% d’ingrédients issus du mode de production biologique, mettant en œuvre des pratiques agronomiques et d’élevage respectueuses des équilibres naturels, de l’environnement et du bien-être animal". La communication faite autour de ce label ne se prive d’ailleurs pas de faire croire au consommateur qu’un achat estampillé "AB" est un geste écologique. C’est faux, archi faux. Et plutôt qu’un long discours, jugez la photo.

C’est la première fois de ma vie que je vois des avocats ainsi emballés individuellement et ce, d’une épaisse couche de plastique non recyclé. Ah ça, c’est ce que j’appelle faire preuve d’un vrai respect de l’environnement !!! A quoi bon faire des efforts en amont pour réduire l’utilisation de pesticides s’il faut ensuite des bidons de pétrole pour fabriquer l’emballage avant que le produit n’atteigne nos assiettes ???

Cet exemple n’est malheureusement pas unique, et c’est particulièrement le cas avec le label AB. La meilleure parade ? Restez vigilants ! Ne jurez pas que par les labels (même s’ils certifient le respect de certains critères qui peuvent rester intéressants) :

  • Lisez les ingrédients, fuyez les produits chimiques, regardez si la mention "sans OGM" est présente
  • Lisez la provenance, évitez au maximum les produits qui parcourent 10.000 km pour atteindre le supermarché
  • Observez le packaging : y a-t-il suremballage inutile ? Les matériaux sont-ils recyclables et/ou nécessitent-ils beaucoup d’énergie de fabrication (la fabrication du carton est moins énergivore que le plastique ou l’aluminium). La forme de l’emballage est-elle optimisée (si oui, on transporte plud de produits pour un même volume, nécessitant moins de transports) ?
  • Scrutez le prix au kilo (ou litre) et non celui de l’article lui-même... et comparez également le nombre d’usages (ex. à volume égal, les lessives bio, plus concentrées, permettent plus de lavages que des grandes marques classiques et s’avèrent moins chères par lavage)
  • Privilégiez les produits de saison
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Bio Consommation Emballages

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63 votes

commentaires
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par sobriquet (IP:xxx.xx2.55.232) le 6 avril 2009 à 21H48

Très juste, et pour aller plus loin, le label AB n’est pas synonyme d’agriculture biologique.

Il est possible d’obtenir le label AB en utilisant des produits dits "naturels" en quantités dangereuses pour l’environnement.

L’agriculture biologique est fondée sur l’importance de l’humus. Chez les quelques agricultueurs AB que j’ai pu rencontrer, il n’y avait pas davantage d’humus que chez des agriculteurs conventionnels, c’est à dire presque pas.

L’agriculture biologique revendique une vision globale du cycle de vie du produit, de l’ensemencement à la consommation. Je doute fortement que cela soit pris en considération dans les produits AB vendus en grande surface.

Le label AB n’empêche par d’avoir une culture en totale contradiction avec l’écosystème local.

etc.

Ce label a de nombreux avantages car il participe d’une mutation dans les modes de production et de consommation, mais ce n’est pas la panacée. Il est bon de favoriser ces produits, mais pas de se contenter de ce label.

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par zygomar (IP:xxx.xx9.180.186) le 7 avril 2009 à 17H22

A B

Attrape Bobos.....

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par mr-bienetre (IP:xxx.xx5.191.200) le 15 mai 2009 à 13H16

Zygomar : Zygoto !

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par alex75 (IP:xxx.xx7.108.64) le 8 avril 2009 à 09H44

Article mal documenté et très mal argumenté, pour tout dire un exemple parfait de manipulation et de mauvaise foi.

AB ne veut pas dire "écologique" mais "produit selon les méthodes de l’agriculture biologique". Ainsi on peut importer des fraises bio par avion, c’est bio, ce n’est pas écolo.

Donc, les deux concepts ne se recouvrent pas totalement. Mais il vaut mieux manger des fraises bio importées que des fraises non bio importées, tout est relatif. Cette obsession française de la perfection est assez agaçante.

On peut tenir le même argument à ceux qui déplorent qu’une grande partie des produits bio soient importés. Ce fait n’est pas la faute du consommateur, mais est dû au retard des pouvoirs publics et de l’agriculture française dans le développement des filières biologiques. On peut penser que c’est provisoire et que quand les agriculteurs français ne trouveront plus de clients pour leur production chimique, ils passeront au bio.

Enfin au sujet de l’argumentation lamentable de l’emballage plastique, il faut savoir que c’est une obligation qui est faîte à la grande distribution. de vendre les fruits et légumes bio sous emballage. Pourquoi ? Tout simplement pour qu’il n’y ait pas de mélange et de confusion entre les fruits bio et les non-bio (et surtout que les consommateurs indélicats ne se "trompent" pas de touche ne pesant leurs achats…).

Aussi, je conseille à l’auteur de cet article d’acheter ses produits bio ailleurs que dans un supermarché.

Mais là encore, tout est relatif : il vaut mieux acheter du bio sur-emballé que du non bio, un film plastique étant beaucoup moins polluant qu’un épandage de pesticides en pleine nature.

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par Angelie (IP:xxx.xx8.37.162) le 8 avril 2009 à 12H47

>Alex75 : avant de critiquer, il faudrait peut-être lire l’article correctement. Je n’ai jamais dit qu’AB voulait dire ’écologique", mais que la communication faite autour de ce label le laisse sous-entendre. Faites une enquête auprès des consommateurs, vous verrez...

Quant à la notion de produit bio et le fait qu’il peut venir de l’autre bout du monde, quand vous dite "il vaut mieux manger des fraises bio importées que des fraises non bio importées", vous avez tout faux. Le pétrole ainsi gâché ne vaut pas mieux que des pesticides déversés. Et désolée, mais je me refuse à acheter un produit bio qui a parcouru 10.000 km, justement pour inciter à produit bio localement. Sinon, s’il suffit d’inonder le marché de produit bio importés, tant que les consommateurs achètent, le changement ne se fera pas.

Quant à l’obligation d’emballer individuellement les produits en grandes surfaces, et bien non, le supermarché où je vais ne verse pas dans le suremballage systématique, d’où mon étonnement et la photo que j’ai prise. Quant à la peur de mélanger des produits, pas besoin de bio pour cela.

Enfin, vous affirmez qu’un film plastique très épais est mieux que des pesticides : sur quelle étude vous basez vous ? Parce que si vous faites une analyse du cycle de vie d’un gros morceau de plastique non recyclé (pas de filière) et des pesticides utilisés (ramenés par unité de produit), personne ne peut affirmer ce qu’il y a de moins pire sans étude approfondie, tant les paramètres sont délicats à analyser.

Evidemment, si vous disposez de telles analyses, je suis preneuse...

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par Tleilaxu (IP:xxx.xx5.122.68) le 13 avril 2009 à 20H33

Jusqu’à preuve du contraire, le label AB concerne la non utilisation de pesticides et d’engrais chimiques. Il n’a aucun rapport avec le fait que la nourriture soit emballé ou non. C’est vous qui faites une confusion. Donc, ce n’est pas la peine de taper sur le label qui n’y est pour rien dans le suremballage. C’est au consommateur, et lui seul, de rster vigilant au produit qu’il achète.

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par Charles (IP:xxx.xx1.121.226) le 14 avril 2009 à 11H17

Un point qu’il me semble important de souligner quant aux limites du label A.B. : son système et surtout son coût de certification.

Avec un coût (bien) élevé de certification, beaucoup d’agriculteurs refusent d’accéder au label quand bien même ils produisent "bio". D’ailleurs, si l’on regarde en face, c’est le fameux principe bien énoncé du "non pollueur, payeur" ! Cherchez l’erreur...

En fait il suffirait, pour faire simple, de délocaliser ce coût avec une bonne vieille taxe du côté de l’agriculture intensive (y a que ça qui marche sur cette planète !)... qui permettrait de subventionner la certification.

Alors une petite question me taraude : pourquoi n’est-ce pas déjà mis en place ?

- sic -

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par Jacques C (IP:xxx.xx4.94.100) le 29 avril 2009 à 17H37

Sur la pression répétée de la FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France, à laquelle 60% des agriculteurs bio français sont adhérents, chiffre considérable au sein d’une profession donnée), le Ministère de l’Agriculture a fini par ... faire ce que vous demandez.

Depuis 2006, il existe un "crédit d’impôt" pour les agriculteurs bio certifiés, qui dépasse le coût de la certification (sauf quelques cas particuliers de certification très coûteuse). Il a même été doublé suite au Grenelle de l’environnement - c’est l’une des rares bonnes nouvelles avérées de ce machin. Ce crédit d’impôt n’est pas la panacée, mais au moins il existe.

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par mathieu hangue (IP:xxx.xx1.196.141) le 28 avril 2009 à 10H27

Le label AB est clairement défini. Il faut respecter certains critères pour l’obtenir et ce label ne vous garantit que ces critères. Ce qui est déjà pas mal !

Il n’est pas parfait et certains agriculteurs se sont imposés d’autres contraintes bios et écolos, voir le cahier des charge de Nature et Progrès (http://www.natureetprogres.org/)

Par contre, personne ne parle d’un autre aspect : Est-ce que des tomates bios produites en Espagne par des Marocains travaillant dans des conditions innommables sont écolos ?

Est-ce que des produits bios vendus dans des chaînes de supermarchés nationales ou internationales exploitant sans vergogne leurs employés ou leurs fournisseurs sont écolos ?

Le bio sans une forte dose d’éthique et d’équité n’a pas d’avenir.

MH

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par Jacques C (IP:xxx.xx4.94.100) le 29 avril 2009 à 17H30

Tu fais là, cher Fabien, un certain nombre d’amalgames - pas faux, mais seulement à moitié justes.

En particulier, tu dénonces les avocats sous plastique. Certes. Mais si tu en as trouvé ainsi, c’est que tu as fait tes courses en supermarché, pas en magasin bio ! Car cet emballage absurde n’est pas un vice sournois, c’est une obligation qu’ont les grandes surfaces qui vendent des produits conventionnels et des produits bio en même temps : l’emballage permet d’éviter que les consommateurs ne prétendent "conventionnel" un avocat bio et ne trichent sur le prix lors du passage à la caisse. C’est tout. Dans les magasins spécialisés (type Biocoop), il n’y a aucun emballage de ce type, puisqu’il n’y a que des avocats bio.

Alors avoue, où as-tu été faire tes courses, honteux vendu aux supermarchés capitalistes :-) ?

De toute façon, aucun label ne garantie le produit parfait, et tu le sais bien (le contraire serait même assez dangereux). Alors, oui pour dire "ne vous contentez pas du label AB, vérifiez la provenance, l’emballage, etc.". Bref, oui pour dire qu’il faut aller plus loin. Mais de là à taper sur ce système qui permet de structurer peu à peu des filières alternatives, c’est scier la branche sur laquelle nous sommes assis.

Le label AB est insuffisant, mais il est la première marche nécessaire d’une alimentation et surtout d’une agriculture transformées (l’agriculture ne se transformera pas sans un minimum de démarches collectives et progressives). Et si tu veux y ajouter des marques complémentaires comme "Nature & Progrès", "Demeter" ou la future marque des associations françaises (portée par la FNAB), bien sûr, c’est une bonne chose.

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par gabeu (IP:xxx.xx2.130.52) le 23 juin 2009 à 17H07

Il y a pleins de chose autour du bio ! Manger bio c’est mangé sain mais pas forcément écologique nous le savons bien... Acheter local en AMAP reste la meilleure solution.

Des bons gestes à avoir : http://www.ekologeek.org/docasso/ca...

A+

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