Réflexion sémantique
On parle parfois de décroissance. Ce mot a le mérite de choquer, de provoquer, et mettre à mal des croyances bien établies, et il est toujours bon de se remettre en question. Mais il est dur à entendre pour la partie de l’humanité qui crève de faim, qui vit au dessous des seuils de pauvreté, et qui sait bien que le transfert des richesses des nantis vers les pauvres n’est pas pour demain. Est-ce la croissance, d’ailleurs, qui est en cause, et la croissance de quoi ? Du PIB, de la valeur ajoutée par les économies, de la masse monétaire en circulation ? La croissance à condamner est celle des prélèvements anarchiques de ressources naturelles, celle des rejets d’une société de consommation qui fabrique du déchet en quantité industrielle. Ce n’est pas la croissance du nombre et de la qualité des services rendus aux habitants de notre planète. Le slogan de la décroissance traduit l’hypothèse qu’il n’est pas possible d’offrir plus de service sans consommer plus de ressources, alors que le développement durable propose, à l’inverse, de faire plus avec moins, de découpler, pour prendre un mot codé, la croissance économique de la pression sur l’environnement. C’est bien sûr un défi, celui de l’efficacité, du rendement de la moindre ressource, qui est bien illustré par le facteur 4, à savoir faire quatre fois plus de bien avec la même quantité de ressource. La définition du développement durable qui figure dans le rapport Brundtland précise clairement que les limites des capacités de production sont liées à un état des techniques et des organisations sociales. Ce sont ces limites qu’il faut repousser, pour faire face aux besoins.
Améliorer le rendement des ressources utilisées, c’est bien sûr en consommer moins. Les exemples d’économies de matières premières sont nombreux. On sait, par exemple, que les emballages, toujours très critiqués, font l’objet de travaux intensifs : le poids d’un pot de yaourt à fortement diminué. On gagnerait sans doute plus encore si le yaourt en question était fabriqué à proximité des lieux de consommation. Moins de matière et moins de kilomètres, voilà des moins qui sonnent plus pour la planète. La presse de l’environnement présente fréquemment des initiatives dans ce sens. Environnement magazine rapporte qu’un fabricant de café annonce avoir réduit de 10% l’épaisseur de l’emballage, constitué de trois couches combinées. Par ailleurs, un meilleur dimensionnement des cartons pour le transport des dosettes souples a permis d’économiser 167 palettes par an, soit 7,5 tonnes de CO2. La forte progression des dosettes, emballage particulier consommateur de matières et d’énergie, ne vient-elle pas réduire à néant ce gain durement acquis ? Dans le calcul du moins, il faut tout intégrer, tout comme les dégradations que l’on appelle externes devraient l’être dans le calcul du plus.
Le même magazine présente une autre piste, bien intéressante. Il s’agit d’économies d’électricité, et de l’électricité la plus défavorable à l’effet de serre, celle des pointes de consommation, souvent couvertes par des centrales thermiques. Grâce à Internet, un petit boitier placé à côté de votre compteur est informé des pointes et pilote votre chauffage et votre chauffe eau. Quelques minutes d’interruption, sans nuire au confort, suffisent à lisser les courbes, tant l’effort est réparti entre de nombreux foyers. Une production négative, en quelque sorte, qui bénéficie à tout le monde, et en premier lieu aux ménages, indemnisés pour les coupures en plus des économies d’énergie. L’objectif des fabricants des boitiers est d’en placer un million d’ici quatre à cinq ans, ce qui représente l’équivalent d’une puissance de 5 tranches nucléaires. Un vrai bénéfice, ce moins.
lien image : http://images.google.fr/...
Aie Aie Aie
Facteur ce n’est pas faire 4 fois plus avec autant de ressources, c’est faire autant avec 4 fois moins de ressources.
Ne mélangez pas tout.
Le problème que nous avons est de conserver une croissance (d’ailleurs, pourquoi donc ?) à n’importe quel prix.
Ce que l’on impacte pas c’est que cette croissance est due à 100% à certaines ressources qui ne sont pas à nous.
Nous pillons le sol et en particulier des sols étrangers qui ne créent pas de valeur si ce n’est comptable dans nos livres.
Notre valeur est celle de notre énergie humaine uniquement. Les ressources sont nécessairement finies (pétrole, minerais, argent).
La balance des paiements en est l’exemple... on suit cet indicateur comme un signe de notre croissance.
Et là où nous sommes coincés c’est que nous trouvons plus propre de faire faire ailleurs (Chine, Inde, Afrique...) notre création de valeur, au détriment de la vraie valeur, celle de nos compétences et de nos ressources humaines.
Nous devons donc assumer notre consommation, en étant responsable du lieu où doit être distribué la valeur : pour notre café du matin, nous transférons la valeur chez les récolteurs africains ou brésilien, alors que la chicorée locale est tout à fait valable... Donc consommer local et assurer une baisse de cette consommation est un acte de notre militantisme pour notre propre valeur ajoutée...
Nous ne pouvons pas continuer à consommer la valeur des autres pays, souvent au détriment des valeurs locales (Afrique Asie) qui n’ont pas les moyens de se "payer" ce qu’ils fabriquent pour nous... La décroissance passe par le local uniquement. Regardez, cela change énormément ce que l’on consomme...
Eco Intelligence
Le seul développement qui soit durable c’est peut-être celui des consciences.
Article qui sent bon les amalgames dans tous les sens. Le lecteur lambda va repartir en sachant moins après qu’avant ... :/-)









