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Marseille, Bleu comme un Soleil, d'une politique énergétique à l'échelle de l'aire urbaine

Article publié le 29 mai 2009

Marseille, Bleu comme un Soleil, d'une politique énergétique à l'échelle de l'aire urbaine

C’était il y a plus de deux ans, le Pacte Ecologique de Nicolas Hulot était dans l’air du temps, et la Ville de Marseille adoptait au Conseil Municipal du 19 mars 2007 une délibération lançant le Plan Climat Municipal. Historique, Marseille allait s’engager pour lutter contre l’effet de serre.

2 ans, c’est normalement assez long pour commencer à agir, pour établir une stratégie et l’éprouver dans la réalité concrète de l’action.

Mais 2 ans, c’est court, surtout avec une élection municipale en 2008, une nouvelle équipe à la Mairie et une autre à la Communauté Urbaine de Marseille, de familles politiques opposées pour tout arranger… 2 ans, le temps que le Grenelle de l’Environnement s’enlise dans les sables des travaux législatifs, que la volonté d’urgence pour le Pacte écologique s’émousse, que la crise économique s’installe, …

Alors, où en est le Plan Climat de la ville de Marseille ? Au-delà des discours, des promesses et des effets d’annonce, qu’en est-il ? Comme à Marseille, on aime parler et surtout s’écouter, il est difficile de faire la part des choses entre l’engagement pavé de virtuel, et ce qui est vraiment engagé.

En 2007, le Plan Climat marseillais voulait développer l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toitures de bâtiments communaux, mettre en place une gestion optimisée de la température des piscines et des bâtiments scolaires,…

En septembre 2008, Bernard Susini - adjoint au maire de Marseille délégué au développement durable et urbain - jouait encore l’ambition, qu’on ne voit plus guère depuis. Quand on lui demandait comment une municipalité sensibilise les acteurs de l’économie au développement durable ? Il répondait « Par l’exemple d’abord… même si nous ne sommes pas encore exemplaires à tous points de vue, nous nous devons de le devenir ! Nous allons afficher les progrès que nous comptons réaliser, et affirmer notre volonté d’entraîner et d’aider tous les acteurs à travers notre futur “ Plan Climat Territorial ”. ».

En avril dernier, lors de l’ouverture de la 25ème édition du festival Science Frontières, Jean-Claude Gaudin a fait le point sur les engagements de la municipalité. S’il en a profité pour resservir la coquille vide d’actions de son Plan Climat Territorial, le cher Jean Claude s’est un peu emballé. Car s’il annonce que "par exemple, chaque fois que nous le pouvons, nous installons des panneaux photovoltaïques sur le toit des établissements scolaires et municipaux ", cela en est encore aux vœux pieux des études et à l’inventaire des surfaces de toitures qui pourraient devenir actives. Seules celles de la Friche de la Belle de Mai et Palais de la Glisse et de la Glace devraient être solarisées à court terme. Le solaire à chaque fois que l’on peut à la Mairie de Marseille, ce n’est pas très souvent, loin s’en faut !

A la date de fin mai 2009, la ville de Marseille n’a semble-t-il, pas encore dépassé le niveau de l’engagement de principe dans un Plan Climat. Tout juste si un modeste cahier de recommandations environnementales pour l’acte de bâtir nommé « Charte Qualité Marseille » a été pondu. Mais on en reste au niveau de la recommandation, faudrait pas effrayer le promoteur avec des contraintes environnementales ou énergétiques.

Un plan d’actions est annoncé pour cette année, pour hiérarchiser un certain nombre de projets en fonction de leur efficacité (sic). La mi-temps de 2009 arrive et pas la moindre queue de cerise d’un début d’action contre l’effet de serre. Si le photovoltaïque tourne en ritournelle pour verdir la parole des élus, les électrons solaires demeurent conceptuels ! Le bilan 2014 ne se justifiera pas de concepts, ni ne se paiera de mots…

Si pour la Ville de Marseille, les résultats sont absents très discrets, qu’en est-il de la lutte contre l’effet de serre à la sauce rose d’Eugène Caselli, à l’échelle de la Communauté Urbaine de Marseille ?

Premier cruel constat, cette ambition n’apparaît pas clairement  sur le (triste) site internet de Marseille Provence Métropole. La compétence énergie et son corollaire de lutter contre l’effet de serre, n’existe pas dans les missions de la CUM qui sont en ligne !!! Cruel oubli des priorités politiques sans doute.

En cherchant, j’ai trouvé Pierre Sémériva, vice-président de la Communauté Urbaine de Marseille délégué « au développement durable, aux énergies renouvelables, au plan climat et à la haute qualité environnementale ». Titre ronflant, qui n’empêche pas la lucidité : « Je dirai juste que notre prise de conscience est tardive car pour exemple le Grand Lyon est doté de son agence locale de l’énergie depuis 1992. Bordeaux, Paris, Lyon, Nantes, Rennes, Grenoble… ont déjà un agenda 21. »

L’information, c’est que la Communauté Urbaine « envisage » la création d’une agence locale de l’énergie sur le modèle de Lyon. Celle-ci aura pour objectif de mettre en œuvre de la politique énergétique de la CUM : promotion de la sobriété énergétique et développement des énergies renouvelables. L’agence, toujours pas créée, est annoncée pour être opérationnelle en 2009.

Pierre Sémériva, qui est généreux en annonces, veut bien entendu « déclencher un Plan Climat » pour la communauté urbaine de Marseille. L’Agence Locale de l’Energie en serait le bras armé. Ce Plan Climat est lui aussi annoncé pour être mis en place courant 2009.

En résumé, la Communauté Urbaine de Marseille en est au début du chemin, là où en était la Ville de Marseille en 2007. Remarquez que Gaudin et Caselli étant sensés aller dans le même sens, ça devrait faciliter les choses. De là à ce que ça aille vite, on peut toujours rêver. La lutte contre l’effet de serre n’est pas encore entrée dans l’émulation politique locale. Il faudra beaucoup d’énergie et de conviction politique, pour déplacer l’inertie et bâtir une politique énergétique et ses outils opérationnels à partir 2010. Pour la CUM aussi, l’heure du bilan sonnera en 2014. La responsabilité climatique n’attend pas.

Ces décideurs marseillais, de la ville et de l’aire urbaine, de gauche comme de droite, devront sans nul doute prendre le TGV pour aller à Lyon, où le Plan Climat est exemplaire, où le solaire n’est pas une ritournelle de greenwashing du discours des élus. Et qu’Eric Diard, député de la XIIème circonscription des Bouches-du-Rhône, Secrétaire National UMP en charge de l’Écologie et du Développement durable et élu à la Communauté Urbaine de Marseille, soit aussi du voyage.

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Tous ces forts en bouche marseillais sont invités à Lyon le 11 juin 2009 pour inaugurer la Cité de l’Environnement. C’est l’Agence Locale de l’Energie de Lyon qui invite pour découvrir un nouveau bâtiment bioclimatique 4200 m² à énergie positive. Immeuble tertiaire moderne, il accueille entre autre le pôle « Solere » qui regroupe les compétences environnementales d’urbanistes, d’architectes, et d’aménageurs de la qualité environnementale. Cette Cité de l’Environnement est un écrin de l’économie moderne et verte, véritable vitrine technologique conforme aux exigences de 2020. Le soleil brillerait-il plus à Lyon qu’à Marseille ?

Pour finir avec du rire, le Plan Climat de Marseille avec Marc Jolivet :

 

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Politique Solaire Local

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par sappphalneden1976 (IP:xxx.xx6.56.156) le 31 mai 2013 à 16H11

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