Petite chronique du Venezuela
Imaginez-vous en pleine ville de Mérida (Venezuela), à 500 mètres à peine de la place Bolívar, au lieu-dit La Cruz Verde. Vous descendez la rue, négociez le virage, et tout à coup des dizaines de zamuros, ces sympathiques vautours aussi appelés urubus, se présentent à vos yeux. Ils s’affairent tranquillement autour de sacs d’immondices amoncelés auprès d’une baraque jaune.

Ne croyez pas qu’ils s’effraient de votre arrivée : ils décollent au
dernier moment pour atterrir quelques mètres plus loin. Leur butin est
trop beau pour l’abandonner d’un coup d’un seul. Selon leur habitude,
en cas de visite impromptue, ils se placent simplement en sécurité à
quelques mètres de là, pour revenir aussitôt dès que le danger sera
passé. Tranquilles, je vous dis. De vrais vautours.
Devant cette vision et surtout cette odeur presque apocalyptiques, vous vous posez tout de même des questions : pourquoi tant d’immondices à cet endroit ? Et quelle est la fonction de cette petite construction jaune ?
Mauvaise gestion d’une bonne idée
Je m’informe : il se fait que la construction jaune est destinée au dépôt des immondices du barrio (un quartier pauvre, à la limite du bidonville) situé à proximité de l’endroit. Construit sans planification, le barrio a des ruelles trop étroites pour y laisser passer le camion récollecteur et l’administration communale a construit cet abri pour que les habitants y déposent leurs immondices. Excellente intention.
Oui mais… il y a tout de même deux hics : premièrement, des personnes qui n’ont rien à voir avec le barrio
passent en voiture et viennent déverser là leurs propres immondices.
C’était même le cas, jusqu’il y a peu, du McDonald local ! Cela
multiplie évidemment la quantité d’immondices dans un lieu qui n’est
visiblement pas conçu pour cela. Et deuxième hic : le passage du camion
municipal est plutôt irrégulier, provoquant une accumulation
d’immondices dans une rue passante.
Bref, il s’agit de la typique mauvaise gestion d’une bonne idée –ce qui est assez fréquent par ici.
Les zamuros, eux, sont satisfaits. Et, tout bien réfléchi, ils ont raison. Non seulement ils se nourrissent à bon compte, mais encore ils peuvent s’enorgueillir de faire le travail que les humains ne font pas : nettoyer la ville !
PS : Pour en savoir plus sur les zamuros (urubu noir en français, dont le nom scientifique est Coragyps atratus), voyez la page qui leur est dédiée sur le site oiseaux.net.
Thèmes
Ces vautours joue le role qu’il ont dans la nature : eboueurs des restes carnés









