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Les toilettes sèches : pourquoi et comment s'équiper ?

Article publié le 21 avril 2008

Nos WC, gros consommateurs d’eau, pourraient bientôt devenir écolo. La preuve avec les toilettes sèches.

Pipi, caca, c’est tabou, même si ça fait rire... Les pratiques à travers le monde sont très différentes, de ceux qui s’accroupissent à ceux qui s’assoient juste et ne veulent même plus y mettre les mains à base de jet auto-nettoyant. Pour nous européens, les toilettes, ça reste sale. On comprend alors mieux que le sujet des toilettes sèches soit encore aujourd’hui un domaine sur lequel les gens restent dubitatifs !

Et bien Neomansland met aujourd’hui les deux pieds dedans pour vous expliquer pourquoi c’est mieux de les utiliser.

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Point n°1 : l’eau

Une chasse d’eau, c’est 10 à 12 litres d’eau "potabilisée" qui sont gaspillés pour diluer nos excréments (pour être poli). Certains mettent une double chasse, d’autres une bouteille ou une brique pour en économiser partiellement, mais au final, pour une commune de 3000 habitants, c’est 150 000 litres d’eau par jour pour nos besoins pressants. A la sortie, les boues de stations d’épuration sont saturées, et on retrouve des molécules actives type médicaments dans les océans...

Point n°2 : les odeurs

Voilà une idée reçue sur les toilettes sèches... Car en effet, c’est le mélange exclusif urine + excrément qui crée l’oxyde d’ammoniaque qui nous dégoute, alors que dans les toilettes sèches, on trouve des copeaux qui absorbent le tout et favorise leur dégradation pas les bactéries naturellement présentes.
J’en veut pour meilleure preuve les toilettes cabines bleues que l’on trouve encore sur la majorité des festivals. Etant un mec, et sentant l’odeur 10 mètres à la ronde, on peut toujours aller se trouver un copain arbre, mais imaginez le sort des pauvres filles obligées de s’enfermer dans ces caissons répugnants.
Dans le cas des toilettes sèches, il y a des copeaux de bois, et qui en plus parfois sentent bon. On a donc une sorte de litière et le bois retient l’humidité et l’air, permettant à la fermentation de se faire "aérobie", donc avec carrément moins d’odeurs nauséabondes comparé à des fosses sceptiques.

Point n°3 : ça fait un des meilleurs engrais

Nos sols meurent et deviennent de plus en plus pauvres suite aux pratiques de l’agriculture moderne . Plus d’engrais, ou de pesticides, c’est au final moins de biodiversité et une perte de l’humus qui fait la richesse du plancher des vaches. Les toilettes sèches, grâce aux bactéries aérobies vont se développer et chauffer le compost jusqu’à 70°C. Aucune station d’épuration ni même fosse sceptique ne peut fournir un traitement aussi efficace. C’est littéralement une "pasteurisation", avec dégradation de tous les germes pathogènes. L’azote, très présent dans les excréments est ainsi équilibré par le carbone des copeaux de bois, et on obtient en quelques mois un engrais équilibré que les Monsanto&Cie rêveraient de vous vendre s’ils le pouvaient.

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Voilà, alors, c’est vrai que l’on a du mal à imaginer ce type de toilettes en ville dans des R+4 ("Chérie, tu descend le compost ?), mais pour ceux qui construisent sur leur petit bout de terrain, ou encore plus sur tous types d’évènement, la pratique va tendre à se développer. Alors à ceux qui n’ont jamais essayé, le jour où vous tomberez dessus, au moment de plonger la pelle dans le bac à sciure, pensez que votre geste est bien plus rationnel que celui de tirer une chasse, avec qui plus est les odeurs en moins...

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Voir aussi
Wikipedia
Monter ses toilettes sèches soi-même
"Eco-toilettes", du "clé en main" pour les évènements
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commentaires
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(IP:xxx.xx9.50.118) le 21 avril 2008 à 14H45

BRAVO pour l’article . Pour les photos...il y a un progrès a apporter car au moins une des deux cabines est toujours à risque + la photo sur l’intérieur est assez lugubre ! ils ont pourtant plus de gout de vivre les vrais utilisateurs que je connais +++ la décoration n’est pas interdite dans les toilettes sèches ’ M.... alors’ . On en est pas au robinet en or et pour cause...mais , la vie continue .

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(IP:xxx.xx3.65.100) le 21 avril 2008 à 19H07

Les molécules actives type médicaments du point 1 arriveront si je ne m’abuse dans l’engrais du point 3. La main du jardinier les dirigera vers les plants de tomates ou de carottes, et les pluies vers la rivière et l’océan. Où est la nouveauté, où est l’invention. Nos grands parents ou arrière grands parents avaient au fond du jardin des cabinets qu’ils vidaient régulièrement dans un coin de leur propriété. Ils étaient mois sensibles que nous aux odeurs. Mais surtout, ils ne se bourraient pas comme nous le faisons de médicaments et produits chimiques en tous genre. L’écologie a plus besoin de bon sens que d’inventions.

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par sobriquet (IP:xxx.xx7.219.178) le 21 avril 2008 à 19H29

Je ne sais pas comment s’y prenaient vos grands-parents, mais chez les miens, avant que les toilettes à eau n’arrivent, leurs excréments s’entassaient dans un grand trou que l’on vidangeait quand il était plein.

La décomposition se faisait donc de manière essentiellement anaérobie, avec un rapport carbone/azote inadapté, et la faune et la flore requises pour la constitution d’un bon compost n’intervenaient quasiment pas. Pas grand chose à voir avec les toilettes sèches, donc.

Au bon d’un an, les antibiotiques et autres produits chimiques ont quasiment disparu d’un tas de compost de toilettes sèches, même s’ils restent détectables. En revanche, l’expérience montre que le compost des fumeurs est de moins bonne qualité que celle des non fumeurs :-/

Pour mieux comprendre l’intérêt des toilettes sèches, voilà un site vraiment éclairant : http://www.eautarcie.com/Eautarcie/...

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par mjmb (IP:xxx.xx1.84.43) le 22 avril 2008 à 08H17

Chez mes grands-parents, à flanc de montagne, le petit endroit était une section de canal d’évacuation des eaux de ruissellement, partiellement couverte de lauzes. Le canal était à sec, sauf lors des fortes pluies méditerranéennes, ou le courant descendait cent mètres plus bas dans une rivière bien alimentée par l’orage .

Cordialement.

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par mjmb (IP:xxx.xx8.112.48) le 21 avril 2008 à 23H00

Il y a une chose qui me tourneboule : Vous nous proposez de remplacer l’eau "potabilisée" par des copeaux. Mais le copeau, c’est de l’arbre en poudre !

Les massifs forestiers peuvent ils fournir 50g de bois sec par humain et par jour ?

cordialement.

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par sobriquet (IP:xxx.xx7.219.178) le 22 avril 2008 à 02H17

Si je me base sur les informations de Wikipedia ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Bois#.... ), on produit plus de 680g de copeaux par personnes et par jour dans le monde :-)

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par mjmb (IP:xxx.xx1.84.43) le 22 avril 2008 à 07H53

Parfait ! Il n’y a plus qu’à éviter de fumer dans les toilettes.

Cordialement.

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par D.legrandjacques (IP:xxx.xx3.144.117) le 24 avril 2008 à 09H45

Très bien à la campagne ....que l’on se charge de se vider doucement au profit des villes. Vous me direz ... si déjà tout les propriétaires de pavillons avaient leurs cabanes au fond du Jââârdin... ça le ferait déjà bien ;-) PS/ Plus de papier mais de la sciure, bien ...Carrefour au rayon litière pour chat ?

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par GPN07 (IP:xxx.xx9.253.209) le 23 novembre 2008 à 18H27

J’ai une question qui me travaille. On sait aujourd’hui que certains médicaments, après avoir été consommés, se retrouvent dans nos toilettes, puis dans l’eau de nos toilettes, puis dans celle de nos robinets car ils ne sont pas tous traités. N’y a t’il pas un risque également, à ce qu’il se retrouvent dans notre compost ?


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