Article publié le 28 juillet 2008

National Geographic a commandé début 2008 une étude sur les
habitudes de consommation et la connaissance en matière d’écologie de
14 pays dans le monde : le Greendex. Cet échantillon représente 55% de
la population mondiale et se compose de pays développés et émergeants.
Vous pouvez télécharger le rapport ICI , il fait 103 pages, alors permettez-moi d’essayer de vous en donner la quintessence.
Comme vous devez vous en douter, les mauvais élèves sont les pays développés : Les Etats-Unis, le Canada et la France méritent le bonnet d’âne. Mais détaillons un peu plus …
Les
résultats globaux attestent que les habitants des pays en développement
(Inde, Brésil, Chine) subissent plus les conséquences des problèmes
environnementaux (raréfaction de l’eau, des denrées nourricières,
déforestation, pollution, problèmes de déchets …) que ceux des pays
développés, ils se sentent donc plus concernés et sont prêts à adapter leurs comportements et habitudes.
Ces mêmes habitants privilégient la consommation de produits naturels ou « green »
dans la mesure du possible, alors que ceux des pays développés y
accordent moins d’intérêt bien qu’ils aient à leur disposition une plus
vaste gamme de produits. L’abondance serait-elle le masque des
valeurs environnementales ? Quand vous êtes face à un rayon de 10
mètres de large de marques et de types de yaourts, choisissez-vous
selon le critère écologique ? Je suppose que la plupart des
consommateurs prennent leur marque favorite sans se soucier de la
composition (qui agit directement sur leur santé ) ni de l’impact sur
l’environnement. Il faut que ça change !
Une partie du sondage porte sur les questions de sociétés : Les
pays développés sont focalisés sur les problèmes économiques et sur
leur pouvoir d’achat, les pays en développement sont touchés par les
questions gouvernementales et la gestion sociale. L’Australie et le
Canada se distinguent par leur volonté de mettre les questions
environnementales et de changement climatique en tête de leurs actions.
Rien de surprenant à ces résultats, même s’il est déplorable de
constater que plus on bénéficie d’un confort matériel et de
l’assouvissement de ses besoins primaires, plus on veut du pouvoir
d’achat …
Plus surprenant, il semblerait que 3 personnes sur 4 soient d’accord avec l’affirmation : « Nous allons devoir consommer beaucoup moins pour préserver l’environnement pour les générations futures ». Surprenant parce-que je pensais que l’idée du « après moi le déluge » était inconsciemment dans la plupart des esprits.
Un point cependant pour modérer ce résultat, nous n’avons souvent pas
conscience de la nocivité de nos actions. Combiens de fois m’a-t-on dit
: « Regarde, je suis écolo je tri mes poubelles et j’ai acheté une carafe Brita »
C’est un très bon début, mais vous utilisez des lingettes nettoyantes,
vous prenez votre voiture pour aller chercher le pain, vous achetez des
produits importés et manufacturés … Non, ce n’est pas facile d’être
écolo, même si la plupart des recommandations sont évidentes.
En ce qui concerne les habitudes alimentaires,
le logement et les transports, pas de surprises non plus, c’est le
Brésil, l’Inde, le Mexique qui arrivent en tête des habitants les plus
écolos. Le Japon, l’USA et l’Angleterre en dernière position. Pourquoi
? C’est simple, nous avons du pouvoir d’achat, donc des véhicules
individuels, des maisons bien équipées et de taille plutôt importante,
nous voyageons, nous mangeons des produits importés des quatre coins du
monde et beaucoup de viande. Est-ce que la richesse d’une nation doit
toujours être synonyme de projets énergivores, d’utilisation luxueuse
des ressources naturelles et de je-m’en-foutisme à l’égard des produits
consommés ?
Ne devrions-nous pas faire une introspection positive : Si les
Mexicains sont plus écolos que les Français, c’est surement parce
qu’ils n’ont pas les moyens de se payer le même niveau de confort que
nous, c’est alors peut-être par obligation. Mais demain ? Quand les
économies mondiales seront bouleversées, quand les pays en
développement atteindront un niveau équivalent au nôtre, devrons-nous
leur donner comme modèles les individus égoïstes et matérialistes que
nous sommes devenus ? Ne devrions-nous pas plutôt faire volte face et
utiliser notre formidable technologie, notre progrès, nos capitaux à la
construction de villes saines, à l’utilisation d’énergies propres, au
partage des biens de consommation… A méditer !
Dernier
chiffre dans cette catégorie : 57 % des Américains n’utilisent JAMAIS
(même pas une fois par an) les transports en commun (et 29% des
français !) : avons-nous peur les uns des autres ?
Il est maintenant temps de distribuer les baffes ! Le
Brésils et l’Inde sortent en tête du classement Greendex, suivis par la
Chine, Le Mexique, la Hongrie, la Russie. On retrouve ensuite
l’Angleterre, l’Allemagne, l’Australie, l’Espagne et le Japon suivis
comme je vous le disais de la France, du Canada et des Etats-Unis…
Les recommandations (qu’on a déjà entendu) du Greendex pour les pays développés (surtout les trois derniers !)
Mangez moins de viande, manger des produits locaux et naturels,
dépenser moins d’énergie notamment dans l’habitation en optimisant son
logement (fenêtres, isolation, ampoules, énergies renouvelables …),
laver à l’eau froide (utilisez des balles de lavage !), minimiser
l’utilisation des voitures individuelles, diminuer l’achat de produits
sur emballés, diminuer la consommation de produits électroniques (use
only what you need), recycler, réutiliser, ...
Une remarque sur cette étude, j’aurais personnellement aimé voir apparaître la Suède dans les pays sélectionné. On dit et on vérifie (notamment sur le blog de Grégoire !) qu’ils ont un style de vie différent du nôtre et beaucoup plus de considérations environnementales sur des petites choses simples mais quotidiennes. Pour l’édition 2009, peut-être ?
Etude intéressante. Pour avoir vécu au Mexique et au Brésil, je confirme ces conclusions. Cependant, il y a, comme c’est noté, parfois des classements ou des conclusions surprenantes. On retrouve la même chose dans le classement des pays dans l’indice de performance environnementale élaboré par de prestigieuses universités américaines. La France s’y trouve devant l’Allemagne, grâce à la part du nucléaire dans son énergie (supposée sans émission de CO2).
en quoi est ce etonnant de voir la France devant l’Allemagne ?










