La mort … Une conséquence inévitable de la vie, un contraire, une contrainte, une évidence, une arrogance … Vous allez dire que c’est vachement gonflé de ma part, d’aborder ce sujet. Je suis jeune, en pleine santé, je ne devrais pas y penser et pourtant !
Si je ne pense pas tous les jours à la fin de ma propre vie, je pense en revanche à celle des objets.
Et vous aussi ! A chaque fois que vous triez, ou simplement que vous
jetez un objet à la poubelle ou que vous mangez quelque chose (si l’on
extrapole notre raisonnement), vous pensez indirectement à la fin de la
vie de quelque chose ou de quelqu’un, (un animal, un être humain ??
non, vous n’êtes pas cannibales … ). Bien sûr, il y a des gens qui n’y
pensent pas et c’est bien dommage car nous sommes tous concernés, mine
de rien …
Lorsque l’on fabrique un objet, disons un stylo, il y a plusieurs étapes qui jalonnent la vie de cet objet. Ces
étapes ont des impacts, mesurables ou non, mesurés ou non. Lorsque l’on
prend la peine de s’intéresser à une chose dans son ensemble, on appel
cela « faire un écobilan ». On va alors analyser le cycle de vie, de la
naissance de l’idée de cette chose à sa destruction complète.
Détaillons ces étapes en gardant à l’esprit notre beau stylo :
- La réflexion, l’étude de marché, la définition du cahier des charges, les plans, la validation …
La mise en place de l’extraction des matières premières
nécessaires à la construction du beau stylo, l’achat et le regroupement
de ces matériaux.
La production, la chaîne d’assemblage, l’emballage, l’impression …
Le transport dans les centres de distribution (supermarché, distributeurs intermédiaires …)
La promotion !!
La distribution, l’achat par l’utilisateur final qui va le rapporter chez lui et …
L’utilisation de l’objet, la mise à mal, le mâchouillement du manche du stylo, la mise à la poubelle …
Le transport dans les centres de tri ou de valorisation ou de stockage ou de destruction de notre produit …
Il n’est pas toujours facile de trouver des indicateurs précis pour mesurer l’impact de ces étapes sur l’environnement, cependant on peut regarder :
- La consommation de ressources naturelles non renouvelables
La consommation de ressources naturelles renouvelables
La consommation d’énergie
L’effet de serre (les émissions de CO2 par exemple)
L’acidification atmosphérique (l’émission de produits qui vont accentuer l’effet pluies acides)
La pollution des eaux
La pollution des sols
Le transport
Les déchets créés
Bien entendu, cette liste d’indicateurs n’est pas exhaustive et il faudrait rajouter par exemple : la pollution visuelle, la pollution sonore, la pollution olfactive, les émissions d’ondes …
Une fois les chiffres mis à plat, on pourra alors comparer plusieurs objets, décider de faire des améliorations, pour baisser le coût environnemental de notre stylo par exemple.
Pourquoi j’ai choisi un stylo ? J’aurai pu prend
une carte de fidélité de grand magasin ou une coupe/couleur/brush chez
le coiffeur. L’écobilan marche aussi avec les services ! Notre stylo
est intéressant car à toutes les étapes de sa vie on peut l’améliorer
et on ne peut pas vraiment dire que ceux que l’on utilise actuellement
soient globalement très écologiques … Pensez-y la prochaine fois que
vous en jeter un.
-Imaginez un stylo à bille-
D’où vient l’encre ?
Et le plastique mou qui sert à fabriquer la tige d’encre du stylo ?
Et la bille ?
Le corps en plastique, le colorant ?
Où s’est fait l’assemblage ?
Et d’où vient l’emballage, qui l’a moulé, imprimé ?
Et la distribution ?
Est-ce que l’usine est loin du point de vente ?
Y-a-t-il beaucoup d’intermédiaires ?
Comment est organisée la promotion de mon objet ? Dans des magasins
spécialisés ? Une promotion physique par impression de papiers et
d’affiches ?
Qui va l’acheter, est-il optimisé pour être utilisé jusqu’au bout ?
Qui a pensé à la fin de vie de mon stylo ? Quand il n’écrit plus bien
alors qu’il reste la moitié de l’encre dans la tige mais que la bille
est rouillée ou l’encre séchée, qui a pensé à la manière dont je vais
en disposer ?
Je le jette à la poubelle, que va-t-il lui arriver ? Brulé ? Enfoui ? Valorisé ?
Et maintenant réfléchissons, nous pourrions :
Penser
un objet simple, conçu à partir de matériaux biodégradables et/ou
recyclés. Penser un objet réutilisable, éviter le jetable ou s’arranger
pour valoriser le déchet et lui permettre une seconde vie.
Imaginer un objet qui soit conçu avec des matériaux provenant
approximativement du même lieu pour limiter le transport des
marchandises. Assembler tout l’objet dans un seul endroit et limiter
l’utilisation de matières ou composants toxiques.
Penser dès sa conception à la façon dont on va s’en débarrasser, dont
il va se dégrader. Nos stylos actuels sont en plastique mais ne sont
pas recyclables du tout ! Il existe en revanche des stylos sont le
corps est fait de papier recyclé, cela ressemble à du carton. Une fois
le stylo jetté, s’il est destiné à être brulé il faudrait que sa
combustion ne dégage pas de matières toxiques. S’il va-t-être enfoui,
il faudrait que son plastique soit biodégradable (amidon de maïs ou
plastique végétal autre).
Vous voyez, il y a tant à penser pour améliorer le coût environnemental d’un objet. Malheureusement, tout cela n’améliore pas toujours le coût purement économique … Mais si personne n’investit jamais dans ces objets responsables et écologiques, qui continuera à les produire ? Souvent, les produits éco-conçus sont fait pour durer et sont originaux. Nous n’avons pas toujours le choix lorsque nous consommons, mais lorsque nous l’avons, faisons le bon ! Pour Noël, si vous souhaitez par exemple acheter un joli sac pour maman, pourquoi ne pas regarder du côté des sacs recyclés à partir de voile de bateau, de bâches publicitaires, d’emballages industriels ? Si vous souhaitez offrir un weekend à votre frère, regardez du côté des weekends dans un gîte écolo …
Bravo pour cet article qui rappelle qu’un simple petit objet de la vie quotidienne a un impact écologique. Est-ce que des tomates bio en provenance d’espagne sont si écologiques que ça ??? A méditer.









