Article publié le 17 janvier 2008
Je n’ai pas atteint le Nirvana ni la sagesse ultime, mais je suis arrivé à une point où diverses idées commencent à s’imbriquer, telles les pièces d’un puzzle, pour former une grande image.
Cette image est encore floue et fluctuante, mais sa mise à plat et surtout sa simplification sont nécessaires à l’élaboration d’une vision.
Age d’or
Depuis quelques millions d’années, des hominidés au cerveau développé
ont eu pas mal de succès sous diverses appellations : pithécanthrope,
néandertal, cro-magnon, etc. Les versions modernes ont vécu plusieurs
dizaines de milliers d’années, voir centaines de milliers pour les
néandertals, en menant une vie tranquille de chasseur-cueilleur.
Révolution agricole
Il y a 12-13 mille ans, certains ont commencé à se sédentariser et à
dépendre de plus en plus de l’agriculture. Cela a produit des surplus
de nourriture, qui a permis une expansion de la population, qui a
permis de produire encore plus de surplus, etc. C’est allé de pair avec
une spécialisation du travail, la hiérarchisation de la société, le
patriarcat et les inégalités. La nourriture fut mise sous clé et il
fallut se mettre à travailler pour manger. Les plantes, les animaux et
les humains furent domestiqués.
Valse des empires
Les tribus sont devenues des chefferies, puis des royaumes, puis des
empires qui ont assimilé ou détruit leurs voisins. Cette nouvelle façon
de vivre n’était pas aussi pérenne ni aussi satisfaisante que la
précédente, l’Histoire est parsemée de vestiges d’empires. Beaucoup de
peuples ont disparu sans laisser de traces. Les raisons sont diverses :
guerres avec un voisin, destruction de l’environnement, abandon des
cités. A ce jour, presque tout le monde a été assimilé ou détruit.
Consommation du capital
Ce processus d’expansion rapide a été rendu possible par l’utilisation
du capital ressource-énergie : fertilité dans le sol, biodiversité,
métaux, bois, charbon, pétrole, uranium, etc. Même l’utilisation de
ressources renouvelables est généralement faite plus rapidement que le
taux de renouvellement, c’est ainsi que les forêts précèdent les
civilisations et les déserts les suivent.
Religions
Il y a plus ou moins deux mille ans, les religions du salut, celles qui
sauvent (bouddhisme, hindouisme, christianisme, islam), se
sont développées pour soulager et/ou justifier cette incroyable
violence infligée aux humains, aux animaux et à la nature.
Actuellement, le libéralisme économique et la foi en les technosciences
ont remplacé partiellement ces religions, dans le même but : nous donner
espoir et nous faire supporter l’insoutenable.
Surchauffe
Depuis
quelques décennies, les humains ont, chaque année, consommé, brûlé et
pollué plus que ce que la planète est capable de fournir ou
d’assimiler. Nous en sommes au stade de la détérioration irréversible.
Il n’y a qu’un mot pour résumer cette convergence de crises
multi-sectorielles : surchauffe.
Effondrement
Le dogme de la croissance sans fin nous force à consommer, à nous
endetter, utiliser des ressources et polluer de façon exponentielle.
Depuis 10-12 mille ans, des gens prédisent que le système n’est pas
soutenable et qu’il va s’effondrer. Ces gens ont eu raison, l’histoire
le prouve. Notre civilisation mondiale va également s’effondrer, dans
pas longtemps car nous sommes au siècle de la vitesse.
Acteurs
Les gens qui font que ce système perdure depuis plusieurs millénaires
sont les dirigeants, l’élite, la noblesse, les rois, les hyper-riches :
une minorité. Les moutons écervelés et domestiqués qui constituent la
classe moyenne ne rêvent que de les imiter et sont terrorisés à l’idée
de tomber plus bas. Les autres sont des esclaves.
Révolutions
Les révolutions n’ont généralement pas eu d’autres buts que d’effectuer
des rotations au sommet de la hiérarchie : remplacer un chef par un
autre, des nobles par des fonctionnaires. Les prisons survivent aux
révolutions. Les pauvres sont toujours aussi pauvres. Les démocraties
donnent l’illusion au peuple de contrôler son destin.
Du pain et des jeux
Pendant ce temps, tout est fait pour que la masse servile ne relève pas
la tête, on la noie dans une masse d’information futiles, on veille à
ce qu’elle dispose des derniers gadgets et que les divertissements ne
perdent pas d’intérêt. Les anti-dépresseurs viennent au secours de ceux
qui ne le supportent plus. Le suicide paraît être la seule porte de
sortie.
Les ambulanciers
Plusieurs se sont
levés pour atténuer les peines, soigner les dégats, freiner la machine
dévorante. Ils ont proposé de nouvelles lois, ont manifesté, ont
sacrifié leur vie, ont imposé de nouvelles politiques, mais cela est
vain : le système en ressort à chaque fois intact, quand il n’est pas
encore renforcé. La justice crée l’injustice, le système de santé rend
malade, l’éducation abruti. Triste résultat malgré toutes les
"améliorations" qu’on y amène sans cesse.
Sortir du piège
La question fondamentale est maintenant de savoir comment nous allons
sortir de ce piège, éviter d’être asphyxiés par nos déjections ou être
nettoyés par les élites. Comment sortir de la cage souvent dorée ?
Comment échapper à tout l’appareil qui veut nous faire réintégrer notre
niche ? Comment survivre dans l’en-dehors ?
Retour aux cavernes
Il
n’est pas possible de retourner dans les cavernes ni de remonter sur
les arbres. Les cavernes contiennent maintenant des déchets toxiques et
les arbres ne sont plus assez nombreux. Ce qui reste de nature est bien
incapable de nourrir 7 milliards de chasseurs-cueilleurs. En puis, si
nous sommes si intelligents, nous devrions pouvoir inventer un futur primitif différent.
Quitter la civilisation
On ne sait pas quel mode de vie nous est favorable, nous l’avons
oublié. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut que la civilisation
cesse, du moins telle que nous la concevons. On ne peut la faire tomber
du jour au lendemain, mais c’est un géant aux pieds d’argile, elle est
condamnée. On peut l’aider à tomber, mais on peut aussi s’en éloigner,
la vider de son sang, notre sang. Il ne s’agit pas de faire une
révolution pour mettre une nouvelle équipe à la place de l’ancienne, il
s’agit de faire une révolution culturelle individuelle. Briser le tabou
ultime "il n’y a rien de mieux que la civilisation". Cette révolution
est déjà en marche. Tout le monde peut la faire : en disant non, en
résistant, en n’achetant pas, en connaissant son voisin, en
privilégiant le local, en faisant la paix avec la nature, en découvrant
la vraie valeur des choses. Il y a mille manières.
Utopies
je rêve d’un monde où les humains revivraient en tribus hétérogènes,
égalitaires, et où le "travail" ne consisterait qu’à assurer la
subsistance et la survie de tous ses membres. Un monde où les moyens de
subsistance seraient fournis gratuitement par la nature. Un monde où
les états, les banques, les prisons et les multinationales
n’existeraient plus. Un monde ou chacun serait son maître. Un monde où
nous pourrions vivre et ressentir de nos cinquante sens sans artifices.
Ce monde a existé, ce monde est possible.
Ce qu’il nous faut maintenant, c’est une nouvelle VISION, le genre de vision qui a porté la révolution agricole, l’essor des grandes religions ou la révolution industrielle.
Note : en fonction des commentaires, je redirigerai vers des ouvrages particuliers ou développerai le thème.
Image : http://www.tsl.state.tx.us/ld/proje... ;
Thèmes
"Le Contrat" :
Extra ! Cette vidéo est à voir absolument.
Elle est perfectible au niveau image / montage, mais le contenu est effectivement très bien. Elle ne propose pas de porte de sortie donc on peut dire que c’est pas "constructif", mais en même temps cela laisse libre de trouver sa voie.
Je dis simplement merci, car peu de choses me font rever, et au contraire beaucoup (plus de 6 milliards) me font carrement gerber... A quand un retour au respect de l’etre vivant (pas seulement les humains ou les animaux domestiques meme si ceux ci sont parfois les pauvres defoulloirs de pauvres malades).
Pour ma part, j’approuve, et ressens la meme chose. Mon projet : prendre patience et realiser un reve : construire mon propre chalet dans la montagne, eloigne de villes et entre temps, apprendre comment m’auto satisfaire et jouir de choses simples.
C’est ma vision, j’espere qu’elle entrera en adequation avec l’environnement auquel je me predestine (si jamais je ne l’etais pas encore).
Bonne chance a chacun dans la recherche d’un bien etre en communion avec une planete que l’on salit plus tous les jours pour les "besoins" d’une humanite, non pardon, d’une servilite...










