Article publié le 19 juin 2007
Un proverbe togolais dit « L’eau salie ne se lave plus jamais ». Renforcé par la taxe sur l’assainissement de l’eau instaurée dans la nouvelle loi sur l’eau voté en fin d’année dernière en France, les pouvoirs législatifs et exécutifs se tournent résolument vers les usagers de l’eau pour en faire payer le traitement.
On pourrait reprocher de considérer l’eau comme une marchandise, mais faire payer le prix de l’eau potable à ceux qui en utilisent permet de faire prendre conscience de sa rareté. L’incitation fiscale favorisant les personnes souhaitant s’équiper de récupérateur d’eau de pluie, comme c’est le cas avec le nouveau crédit d’impôt en France, va également dans ce sens. Mais ce qui est anti-écologique n’est pas tant la consommation d’eau que son traitement. Il serait donc éducatif et écologique de dissocier le prix de la consommation et le prix du traitement. Par ailleurs, il serait écologiquement plus équitable de taxer les fabricants de produits polluants afin que leur prix reflète le coût réel supporté par les particuliers du traitement de leur rejet dans l’eau. In fine, cette taxe serait répercutée dans le prix de vente et serait payée par le particulier, mais uniquement le particulier utilisant des produits nocifs.
C’est le fameux principe du pollueur- payeur. La taxe d’assainissement fait actuellement supporter la même pénalité financière indépendamment de la pollution de cette eau : un particulier utilisant des produits ménagers chimiques et un particulier utilisant du vinaigre et du savon de Marseille pour son ménage sont traités de manière identique !
L’usage de l’eau et son économie sont totalement à repenser en France afin d’aboutir à une logique économique et écologique compatible avec le principe du pollueur - payeur.
Pour en savoir plus : Rappel du feuilleton du crédit d’impôt concernant les équipements de récupération d’eau de pluie
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Ahhh trop bon t’en parle !
Ca me donne l’occasion de rechercher à nouveau et trouver ce truc génial sur le net :-)
http://fr.gizmodo.com/2007/03/14/ev...
Pourquoi remplir la cuvette des chiottes avec de l’EAU POTABLE hein ?!
sinon ya à quasi tout sur ce pdf :
Merci beaucoup pour les liens. Celui de Gizmodo est particulièrement intéressant, mais il n’y a pas la référence au produit, où on peut le trouver... Si vous avez des détails, je suis preneur.
Votre lien vers le crédit d’impôt concernant l’eau de pluie ne fonctionne pas alors voici le mien : http://www.mres-asso.org/eie/index....
A noter que la loi d’incitation a été grandement dénaturée quant à sa première mouture législative : l’eau de pluie doit être destinée à un usage uniquement extérieur.
Quant à la pollution de l’eau : je ne vois que des problèmes surgir dans l’éventualité d’une discrimination financière relative à la qualité rejetée de l’eau. Comment faire dans un immeuble, tout d’abord. Et comment faire tout court pour décider du prix à la pollution ? C’est quoi, une eau polluée, une eau noire ? Une eau chargée en déchets solides ? En déchets chimiques ?
Il me semble que l’une des voix les plus prometteuses qu’on puisse envisager serait une taxation progressive, en fonction du nombre d’habitants d’un ménage. Plus le ménage consomme par habitant, plus il paye. Parce qu’au final, dans les ménages, la grande part "inutile" de consommation des ménages reste les jardins, les machines à laver, le nettoyage de la voiture. Et c’est là qu’il faut inciter à utiliser l’eau de pluie, en rendant beaucoup plus avantageux l’utilisation de l’eau de pluie que l’eau du robinet.
Patrick Beaudouin, coauteur de l’amendement, a répondu à nos questions : http://www.econo-ecolo.org/spip.php... Il parle de l’amendement et de son histoire. Deux entrevues de Michel Raison et Françoise Branget seront également bientôt incluses.
Le but n’est pas tant de taxer "à la sortie" l’eau en fonction de sa nocivité, mais à "l’entrée" en taxant les produits dangereux qui finiront au mieux dans nos égouts et au pire dans nos rivières.
Oups, désolé, j’ai dû lire trop vite. Je suis resté sur l’idée de taxe à l’assainissement, alors que tu évoquais clairement la taxation à l’achat.
Et merci pour l’interview de Beaudouin, elle est excellente. Et démontre bien la difficulté de faire évoluer les mentalités vis-à-vis de l’eau de pluie. Je rectifierais seulement ses mots sur la Suisse, car la Suisse est encore plus en retard (oui, c’est possible) que la France en matière d’implantation de systèmes de gestion d’eau de pluie. En dehors d’immeubles hi-tech ou d’éparses actions étatiques low-tech, le pays est à traîne... énormes ressources en eau à disposition oblige, il est encore plus difficile de faire évoluer les mentalités, de ce côté-ci du Jura.










