On a tendance à considérer comme naturel le fait d’ouvrir son robinet
et de voir de l’eau couler. Ce n’est pas moins de 4,5 milliards de m3
qui sont passés par les tuyaux d’eau potable de France en 2006 (rapport BIPE/FP2E 2008) et ça n’a rien de naturel !
Si l’enjeu de santé publique d’accès à l’eau potable, qui doit rester
sous une attention constante, semble maîtrisé en France (en quantité et
en qualité) il n’en demeure pas moins que de très importants enjeux
restent à mieux prendre en compte, et pas qu’en France d’ailleurs, loin
s’en faut !
Alors sans parler de la protection des points de captage d’eau potable,
ou même des masses d’eau qui sont autant d’objectifs réglementaires,
qu’il est très difficile de protéger des pollution diffuses
(perturbateurs endocriniens, pesticides, nitrates etc…) la gestion des
eaux pluviales d’une part et de l’assainissement le sont tout autant.
Pensez que certaines habitations en France ne sont pas raccordées au
réseau d’assainissement et pas même à une fosse sceptique. Leurs eaux
usées sont directement rejetées dans le milieu naturel. Si elles
n’apparaissent pas dans les statistiques je pourrais pourtant en citer
une dizaine d’exemples. Encore bien des investissements s’avèreront
nécessaires. Mais plus encore peut-être, la gestion à la source
s’impose : responsabilité des producteurs de polluants de l’eau qui
produisent eutrophisation, modifications sexuelles etc…
Evidemment tout cela a un coût. Mais ce coût est aussi une occasion de
rappeler que l’eau n’est pas un bien uniforme et mondial, mais relatif
à un écosystème, chaque fois différents. D’une commune à l’autre le
prix change, parce que la nature de la ressource, la géographie du
site, ou la quantité d’eau change. Par ailleurs, les méthodes de
gestion de l’eau les plus en pointe (nano filtration par exemple) sont
aussi plus chères évidemment. Alors parfois entre le prix du service et
la qualité la question peut se poser.
Finalement la facture d’eau est bien l’une des seules à nous rappeler
que nous vivons dans des lieux différents et si le prix de
l’électricité ou même des aliments nous donne l’impression inverse,
nous devons nous souvenir que les mêmes habitudes de consommation dans
des environnements différents n’ont pas les mêmes impacts.
Dernier point qu’il semble bon de rappeler : on ne paie pas l’eau.
L’eau est un bien commun et elle est gratuite. Mais alors, se
dira-t-on, qu’est ce qu’on paie avec sa facture d’eau ? Et bien c’est
le coût du service de l’eau : le captage et la distribution de l’eau
potable, la collecte et le traitement des eaux usées.
D’ailleurs c’est un vrai problème parce que le mode de facturation ne
reflète pas cela. La facturation est encore indexée aux volumes
consommés alors que comme tout « service en réseaux (télécoms,
énergie…), l’activité des services d’eau et d’assainissement génère des
coûts fixes, qui représentent entre 80 et 95 % des frais de
fonctionnement. » écrit Catherine Barucq, experte du BIPE dans l’étude FPE2/AMF/BIPE.
Ces coûts c’est la construction et le fonctionnement des réseaux, des
usines d’eau potable ou d’épuration par exemple. Alors pourquoi
facturer aux volumes au lieu de payer un forfait ? D’une part, pour
instaurer une certaine proportionnalité parmi les abonnés, mais aussi
pour inciter à limiter ses consommations.
Mais cette baisse de la consommation rencontre un tel succès que le
prix du m3 doit être parfois révisé à la hausse pour que le coût fixe
total soit encore couvert… cet aspect est mal perçu par l’usager, mais
peut être et surtout parce qu’il est mal expliqué ?
Pour approfondir les questions que posent une facture d’eau voir :
L’économie des services publics de l’eau et de l’assainissement
Thèmes
Une petite correction : ce n’est pas parce qu’une habitation n’est pas connectée au réseau d’assainissement que ses eaux usées sont aussitôt rejetées dans le milieu naturel. Et la fosse Septique n’est vraiment pas une très bonne solution. Je crois même que l’un comme l’autre sont à éviter dans la mesure du possible.
Déjà, l’usage de toilettes sèches permet de supprimer le traitement des eaux vannes et simplifie énormément les mesures d’assainissement à prendre. Pour en savoir plus sur les solutions à préférer, on peut jeter un coup d’œil ici : http://www.eautarcie.com/Eautarcie/...
Tout à fait d’accord sur les toilettes sèches et le site de Mr Orzagh.
On ne pose pas une fois encore la bonne question.
45 milliards de M3 d’eau par an pour la France, soit !
Cela fait 750 m3 d’eau par français par an.
On sait qu’un français consomme 54m3 par an pour ses besoins ménager, il y a donc 700m3 qui sont utilisés par d’autres processus : cf agriculture, industrie (merci les composants electroniques de l’Alliance à Grenoble avec ses 500m3 à 700m3 d’eau par heure !!!!! sous pénalités de retard si les mairies ne fournissent pas l’eau en quantité ) et autres.
Mais on dira que ces 700M3 d’eau ne sont pas le problème, qu’il faut que le quidam moyen y fasse attention... (mais je suis le premier à dire qu’il faut aussi que nous y fassions attention)...
Dans les 150 litres d’eau utilisée par personne et par jour, il y a 3 litres d’eau "vitale", nécessaire à la vie de l’humain qui la boit : tout le reste n’est que commodité !
Bref elle sert à laver le linge, la vaisselle, les sols et au pire la voiture ou arroser le jardin (bio j’espère !).
Alors arrêtons la distribution : récupération des eaux de pluie et filtrage "naturel" des eaux pour la consommation et au pire si on a un peu peur de l’eau de pluie filtrée pour sa consommation vitale, l’économie ainsi faite permettra peut-être d’acheter quelques bouteilles d’eau en bon plastique pour se rassurer...
Il faut que je calcule, mais je pense que le jeu en vaut la chandelle.
Néanmoins il ne faut pas oublier la seconde partie du débat à savoir l’épuration. Juste quelques chiffres : 54% des eaux re traitées ne le sont pas du tout . Elles sont relachées telles quelles dans la nature, en étant passées directement par une infrastructure que l’on paye et qui ne fonctionne pas. Je pense que le rejet "direct" dans la nature, avec un traitement phyto épuratif serait largement plus efficace que ces infrastructures onéreuses et franchement inadaptées.
Alors la phyto épuration nous ramène à la toilette sèche...
Je boucle là, non ?
Eco Intelligence
Bonjour.
Je ne suis pas concerné par le problème, buvant l’eau de mon puits, mais ai le recul suffisant pour comprendre le votre. L’EAU est bien l’or noir que mamellise l’Etat " qu’il est très difficile de protéger des pollution diffuses (perturbateurs endocriniens, pesticides, nitrates etc… " Vous touchez là un point extrêmement sensible.
Dans mon village, une administrée s’est un jour plaint lors de trois réunions qu’elle a organisé dans la salle des fêtes, pour y réunir toute la commune. Elle était infestée par le manganèse qui noircissait son linge et avait pourri sa chaudière. Celui-ci provenait des conduites souterraines et elle était en fin de réseau...Elle est morte du cancer l’année d’après !
Sur cette même commune, j’ai un jour découvert une fontaine naturelle bouchée d’une grosse pierre de près d’une tonne. L’ayant restaurée, j’ai pu apprendre comment, au début du siècle dernier, les Autorités obligeaient les lieux-dits et hameaux isolés à se raccorder au réseau ( et à l’abonnement ). Pour ce faire, ils usaient souvent de mensonges plus ou moins grossiers en fonction de l’endroit, quitte à faire boucher des puits et des paisibles fontaines.
La Safer et le remembrement ne sont pas innocents, ayant maintes fois remplacé des trous d’eaux alimentés ou des sources sauvages, en bouche d’égoût anonymes.
Pour information, cette eau que je pompe moi-même pour m’alimenter, me coûte 1 fr du mètre cube et pour un peu plus enfoncer le couteau dans la plaie qui fait mal, elle est aussi nettement meilleure...
Bravo cher jeune Loïc pour ton article. J’ai vécu 60 ans dans une vallée vosgienne (Guebwiller) et ai été témoin de quelques faits caractéristiques. Dans ma vallée il y avait une commune ayant la meilleure eau potable, et un beau jour un intellectuel fut élu Maire de la commune en ayant monté la tête à ses concitoyens "que l’on ne pouvait plus tolérer d’être la seule commune où l’on ne javellisait pas l’eau." Tous les habitants furent donc raccordés au réseau de la sous-préfecture dont l’eau était maintenant potable et puait le chlore. Le député-maire de la sous-préfecture (de bonne foi, M. Haby) m’invita à aller voir ces installations ultra-modernes qui nous avaient coûtés dix millions dans les années 70. L’eau était prise dans le torrent (Lauch) descendant des Vosges et une astucieuse prise d’eau était dérivée sur 4 canaux où nageaient à contre-courant 4 truites, et en cas de mort simultanée de deux truites, les vannes étaient fermées automatiquement, ce qui n’arriva jamais, la qualité vitale de l’eau étant parfaite. Puis l’eau était traitée automatiquement par un système "Degrémont" avec pas moins d’une dizaine de produits différents, dont bien entendu l’eau de javel (chloration). Avant d’ateindre le réseau.Dans une magnifique salle blanche, elle passait dans un aquarium sensé contenir des truites pour faire voir la bonne qualité de l’eau à d’éventuels visiteurs, lors des portes ouvertes. Quand je m’y rendis il n’y avait pas de truites, et le responsable me dit qu’ici elles ne survivaient pas une journée. Je voulu la goûter, chose qu’on me déconseilla, et les personne sur place me montrèrent même une bouteille d’eau minérale utilisée pour leur café personnel ! Je pense que les choses sont restées en l’état. Et je vous invite à voir ci-dessous quelles sont les véritables critères d’une eau réellement bonne à boire : http://www.bevincent.com/principe06.php Une autre fois, rapporté par le journal "L’Alsace" voilà l’histoire suivante : un camp de scout s’installa au "Val du pâtre" vers Soultzmatt où il y a une fontaine d’une bonne eau en face de la chapelle. Un responsable envoya un échantillon pour analyse à un labo de Colmar. Hélas le flacon se renversa dans la voiture et le jeune alla dans une épicerie acheter une bouteille d’une eau commerciale connue, qui fut déclarée impropre à la consommation : motif ne contient pas le chlore obligatoire. Donc, cher commentateur de plus haut : ne claironnez pas d’avoir un puits et de boire sa "bonne " eau , vous risquez de devoir le combler ! Voilà où nous en sommes.
C’est d’accord, Eugène, je vais suivre votre savant conseil : Javel dire à personne !
C’est pas demain la veille que çà va se démocratiser un eau comme celle-là. On peut toujours rêver, et puis çà occupe les neurones....
naturavox, le site qui greenwash plus vite que son ombre. j’espère que c’est remboursé par la sécu : parait qu’il faut rire une fois par jour ...
Interressant, interressant...
Lorsque j’ai décidé de revenir "chez moi" et construire ma maison, j’ai,dans la foulée installé un forage. Suite a une demande d’agrandissement faite apres 78, apres l’apparition du "plan d’occupation des sols" de la ville j’ai du me raccorder au reseau... sauf au tout a l’egout, bien sur (trop loin, relevage necessaire etc)
Il n’empeche, je bois de l’eau de bonne qualité que je controle et fait controler regulierement. Le reseau, avec son eau javellisée ne me sert qu’a laver la voiture, histoire de consommer un peu.
Le systeme d’assainissement fonctionne parfaitement et l’evacuation des eaux sert a alimenter une "zone humide" où les plantes terminent le travail.
Effectiment, vivre hors de la ville a des avantages. J’ai juste un peu peur, actuellement, que les normes aveugles me demandent une fosse "sceptique agréee" qui polluera le sous sol....
une fosse "sceptique.....
Encore une déclaration "douteuse", non ? Peut être que, si votre fosse était "septique" au lieu d’être "sceptique", aurait-elle plus de chances d’être agréée ? Qui sait ?
Bonjour ! Je viens de recevoir un courrier me proposant une couverture financière, assurance, si j’avais un Pb de fuite de la limite de ma propriété au compteur. Ce n’est pas moi qui est posé le compteur et ce n’est pas moi qui est ammené l’eau au compteur. Ceci est peut être un courrier qui ne vous concerne pas, mais je ne sais plus ou m’adresser. Dois-je payer pour mon "confort". Une réponse serait la bien venue. Merci Sincères salutations









