Aujourd’hui, dernier week-end de
novembre, avait lieu comme chaque année la journée sans achat. Cette journée internationale a pour but d’interpeller
les consommateurs à l’approche de Noël et de les faire réfléchir au cours de leur frénésie d’achats.
A Toulouse, cette journée a été célébrée Place de la Trinité par
une messe en hommage à la Très Sainte Consommation.
Une prêtresse ornée d’une aube aux couleurs de nos marques préférées a
entonné des louanges au Grand Capital tandis que la Croissance
Eternelle était acclamée par une communauté de fidèles consommateurs.
Il y avait pourtant dans le lot quelques brebis égarées mais elles
ont pu se confesser de leurs actes ignobles tel aller acheter son pain
à pied ou ne pas fréquenter les hypermarchés. Les fidèles avaient par
ailleurs pu exprimer auparavant leur désir de pollution et de
possession au cours d’une petite manifestation comme c’est la mode en
ce moment. "Du pétrole pour nos bagnoles", "consommer plus, polluer plus", "des 4X4 pour tous" a-t-on pu
entendre comme slogans revendicatifs.

Les passants étaient ainsi interpelés avec le sourire. Quelques
panneaux explicatifs, des brochures et un grand don leur permettaient d’aller au-delà de l’amusement provoqué par ce simulacre de
messe et de discuter avec Chiche et Toulouse Décroissance,
organisateurs, autour du goûter.
Ces petits moments de second degré et de provocation ne sont pourtant
guère éloignés de ce que nous servent quotidiennement les médias sur la
croissance économique, le "moral des ménages", la consommation, à grand
renfort de publicités. Pour ma part il s’agit également d’un écho à mon
propos du dernier billet sur les manifestations de la fonction publique au sujet desquelles je faisais part de ma déception
de voir le pouvoir d’achat brandi comme revendication, de manière simpliste, égoïste et sans recul.
Cette action symbolique a donc pour but de susciter la réflexion à l’approche des fêtes. Les cadeaux de Noël
sont en effet un grand moment de gâchis, de gaspillage, de pollution,
d’achat de gadgets inutiles et souvent jetables. J’espère ainsi que les
personnes amusées en assistant à la messe se poseront la question sur
l’utilité de l’objet au moment de l’acheter, son impact social et
environnemental. Fabriquer soi-même, recycler, créer donnent naissance
à des cadeaux plus touchants pour le créateur et le recevant que
l’objet acheté dont le seul mérite aura été la composition d’un code de
carte bancaire... .
Bien entendu, ami internaute, ce message s’adresse aussi à toi et toute l’année !
Thèmes
Ce qui est un peu ballot, c’est que le dernier week-end de novembre il y a la banque alimentaire, où des bénévoles récupèrent à la sortie des magasins des boîtes de conserve et autres denrées non périssables, que les gens achètent en plus de leurs courses, et qui seront distribués à des gens qui en ont besoin...
Je trouve que cette journée sans achat est une très bonne idée, mais le choix de la date est contestable... en décembre, plus près de la frénésie des achats de Noël où le pousse-à-la-consommation atteint son paroxysme, ça aurait peut-être plus d’impact ?
Si les gens n´achetaient pas en un coup par an mais un plusieur fois dans l´annee, consommeraient-ils moins ?
Combien de familles, en ete, disent : "on achetera ca pour noel..." ? Vous parlez d´une frenesie...









