Une bonne nouvelle en ce moment : voici la finance au service d’une initiative très verte J
Nous savons qu’une bonne part des produits alimentaires bios dans les rayons de Biocoop ou de la grande distribution sont importés - ce qui va à l’encontre d’une supply chain courte et éco-efficiente, pour produire et consommer local, blabla...
Eh bien certains ont peut-être le début de la solution pour dynamiser l’amont de la filière bio en France : cela passe par une forme juridique originale, et des logiques financières hors norme.
Labellisée Finansol, la Foncière Terre de Liens vient de lancer un Appel Public à l’Epargne.
TdL se décrit comme le premier outil financier d’investissement solidaire appliqué à la gestion du foncier et du bâti rural. Elle permet de lever l’obstacle du prix du foncier pour installer des paysans et des acteurs qui portent des projets respectueux de l’environnement.
TdL propose des actions qui ne vous rapporteront rien - mais qui ne chuteront sans doute pas non plus : vous pouvez encore y souscrire pendant les quelques mois qui viennent (1). Pour les amoureux de la finance pure et dure, vous avez ici le prospectus complet.
TdL est une société en commandite par actions. Via la Sarl TdL (associé commandité, gérant de la foncière), elle est liée à l’association nationale TdL et à la NEF, véhicule de finance coopérative alternative bien connu.
TdL souhaite permettre à des agriculteurs bio n’ayant pas de fonds suffisant pour l’achat d’une exploitation de lancer de leur activité. En achetant terres et bâtiments, TdL les loue ensuite à l’exploitant sous forme de baux environnementaux.
En limitant la liquidité des actions - non cotées sur les marchés - et en ne promettant aucun dividende sur les actions, TdL souhaite limiter la spéculation sur la valeur des terres agricoles.
Les investissements de TdL sont étudiés par un comité d’engagement multi-compétences. Le programme d’investissement pour 2008-2009 est déjà assez fourni : TdL cherche donc des petits porteurs aux quatre coins de France.
On est là devant un modèle qui va à l’encontre du fonctionnement des marchés, et qui demande des investisseurs d’un nouveau genre.
La motivation par l’espérance de gain (maladie courante des actionnaires de foncières) est remplacé par l’idée d’un changement de modèle pour l’agriculture et l’alimentation. Il ne s’agira pas de croissance verte au premier sens (un verdissement qui améliore la performance financière aujourd’hui et demain), mais plutôt d’un moyen de croissance du marché du bio.
Sans remettre en cause le sérieux et l’intérêt de la méthode TdL, voici quelques interrogations :
§ les exploitants agricoles bio, locataires non-expulsables, à petit revenu, soumis aux risques énergie et matières premières, aux caprices du climat, des insectes et des champignons, aux pollutions d’exploitations voisines, pourront-ils à se créer un coussin financier pour leurs familles pour traverser les périodes de vaches maigres ?
§ En dépit du renforcement de modèles de type « louer est plus intelligent qu’acheter », est-on très à l’aise avec l’idée de louer leur terre à des paysans ? Autrement dit, qui sont les propriétaires terriens du futur, qui pourront s’alimenter en bio…
§ La Foncière aura-t-elle les moyens de financer les rénovations du bâti, de s’adapter à toute nouvelle réglementation agricole, thermique, fiscale, et de faire son trou parmi les géants de la spéculation immobilière et les puissants lobbies agro-alimentaires (2) ?
§ Côté consommateurs frileux aux poches un peu vides, le marché du bio va-t-il pouvoir grossir en ces temps pourris ?
§ Sans retour financier à espérer, il y a toujours prise de risque par l’investisseur (c’était bien l’idée des actions au départ…). Quel pari fait-on vraiment ? Celui que les modes de production et de consommation pourront radicalement changer dans les années à venir ?
§ Finalement, y a-t-il beaucoup de volontaires pour gagner peu, presque rien ou rien du tout ?
Ne plus céder à l’appât du gain - ne plus gagner d’argent : un prix à payer pour préserver la nature et notre santé physique (et mentale), et ne plus être victime des sirènes de la finance.
Thèmes
Bonjour,
Je suis allé à une réunion où terre de liens exposait ses principes d’aides, en nous expliquant que cette structure se porterait acquéreur de terre pour installer des fermiers.
Pour cette opération, Terre de liens s’est associée à la NEF (une banque), qui elle même est associée aux Crédit Coopératif, qui lui-même fait partie du groupe Banque Populaire.
Question : qu’en sera-t-il si Terre de lien, associée à la NEF, arrivait à acheter beaucoup de terre ?
A cette question, la représentante de Terre de lien n’a su que me répondre des engagements solidaires, auxquels j’ai répondu qu’une banque (on le voit en ce moment), n’a rien d’une entité solidaire en quoi que ce soit.
Si Terre de lien se contente d’apporter une aide financière, sans se porter acquéreur, c’est pas un problème. Mais si elle se met à acheter de grande surface de terre, alors oui, cela devient un problème, aussi noble soit les idéaux de départ. Ne pas oublier que les banques sont extrêmement voraces et ne recule devant rien pour se rassasier, même devant le plus grand des cynismes !
Je pense au contraire que l’adossement à un organisme bancaire est obligatoire afin de faire appel à l’épargne publique et sans avoir à passer par la bourse (ce qui serait franchement à l’encontre de l’attente de TdL et de ces actionnaires).
Et ce n’est pas parce que l’on est adossé à la banque que l’on doit se laisser faire.
Si le capital reste bien dans la main de gens comme vous et moi, il n’y a pas de raison pour voir venir les requins de la banque.
Pour ma part j’y vois une réponse franchement séduisante à la course à l’exploitation industrielle qui doit faire vivre - chichement - un agriculteur hyper mécanisé sur mini 400ha... dans le cas de production céréalières.
Là nous avons la possibilité en tant que citoyens de décider de l’agriculture, sans se faire doubler par les Pac et autres européeanetés (european nettetés ?) que nous désirons faire vivre sur notre territoire.
Je pense que c’est réellement une opportunité fantastique d’investir son capital dans un sujet qui a du sens (vous savez que pour ma part c’est ma démarche depuis maintenant 4 ans d’investir mon capital dans une forme d’autonomie participative).
Maintenant les interrogations mises en avant par Croissance Verte sont très justes.
Je pense qu’en tant qu’actionnaire il devient alors possible de faire évoluer le schéma en proposant de faire prendre en charge une démarche plus globale encore :
OK vous êtes financés par TdL et la contre partie est :
sur la bati : rénovations écologiques uniquement et performances maximales
sur l’entreprise : Bilan Carbone co financé par TdL et Ademe afin d’améliorer votre indépendance à l’énergie fossile. Mise en oeuvre de solutions de méthanisation en co énergie...
Sur l’environnement : Etude d’impact et reboisement, étude sur l’eau (eau de pluie, gestion des effluents....)....
Sur la production : Bio nécessaire à minimum, puis évolution vers d’autres modes plus autonomes (naturel, BRF, semis direct...).
Bref accompagner un entrepreneur - qui lui prend le plus grand risque :-/ - à se prémunir des risques extérieurs afin de ne pas dépendre de l’énergie si peu chère à notre porte monnaie mais tellement chère à notre planète.
Faire face aux spéculateurs fonciers par une approche de ce type est un bon moyen pour sauvegarder l’agriculture, sans compter que cela poussera une production bio enfin locale.
Je commence à être très fâché de consommer Bio (et ce malgré mes maigres ressources) qui vient de si loin, à tel point que j’envisage de m’acheter un bout de terre, et de produire pour moi et quelques autres selon les méthodes naturelles de type Fukuoaka ou Jeavons/Ecology Action. Mais peut être devrais-je me faire aider par TdL... :-))
Personnellement, je prends la décision de prendre part à ce projet, il a un vrai sens et est une vraie opportunité d’un nouveau capitalisme.
Eco intelligence
Bonjour, Depuis bientôt un an, j’essaie d’obtenir que la nef indique précisément combien touchent en totalité chaque année, chacun des principaux dirigeant ainsi que le salaire annuel du salarié du plus bas de l’échelle. Pour toute réponse, je ne reçois que des documents "passe partout" assimilables à de la pub. Dans le même temps, la presse donne périodiquement le revenu exact et précis des plus hauts dirigeants des plus grandes entreprises et banques de France. ALORS ??????
bonjour, j’ai entendu hier un reportage sur une radio (France Info) présentant Terre de Liens. à l’écoute j’ai été séduit par l’idée (voire très séduit) mais à la lecture de vos avis de "connaisseurs" je suis plus réservé. sur le site de terre de lien (pas très clair selon moi) je ne vois pas (ou j’ai mal regardé) ne serait-ce qu’un petit bilan, des témoignages (je vais mieux regarder). bref, avez vous un avis (mis à jour car vos contribution datent d’octobre 08) sur terre de liens. Y-a-t-il d’autres projets similaires où un particulier (citadins) peut apporter une petite contribution pour voir un projet naître et se développer. bien à vous, benoît









