L’environnement et le réchauffement climatique sont de plus en plus au centre des préoccupations des gens. En ce moment, on est littéralement envahi par des publicités vantant des produits respectueux de l’environnement. On voit même des sociétés se vantant d’être écologiques, sans expliquer comment elles procèdent. Il y a un véritable engouement pour l’écologie et c’est très vendeur. Les industriels utilisent l’impact hautement émotionnel du réchauffement climatique pour vendre.
Voir des produits écologiques envahir les magasins n’est pas mauvais en soi et c’est au moins un pas en faveur de l’environnement, à condition d’être certain que ces produits soientt vraiment écologiques. La société de consommation, face au réchauffement climatique, réagit selon son mode de fonctionnement, c’est-à-dire, par la consommation. Puisque les produits étaient pollueurs et gourmands en énergie, autant les rendre "propres" et économiques. Mais, on ne parle pas des problèmes de déchets. Comment résoudre le problème de nos déchets ? En recyclant ? Mais tous les produits ne se recyclent pas forcément. On a bien vu apparaître une éco-taxe. Bien, mais taxer les produits peut-il les rendre moins polluants ? Et si la solution se trouvait ailleurs ?
On entend quelques voix qui s’élèvent et qui disent que la solution peut venir de la décroissance. En effet, notre société surconsomme et de ce fait, crée une consommation importante d’énergie et des tonnes de déchets. Dans le temps, nos grand-parents utilisaient ce qu’ils avaient, jusqu’à usure complète. Sans aller forcément jusque-là, peut-être devrait-on se débarasser de ce réflexe de consommateur, de jeter un objet dès qu’il ne convient plus tout à fait… A-t-on besoin de posséder toujours plus et autant ?
En ce moment, avec l’arrivée de produits écologiques sur le marché (même si je reste sceptique sur leur réel impact soit-disant respectueux), on occulte totalement le problème de fond, qui est le comportement de l’homme et de notre société de consommation. Seulement, pour aller vers une décroissance, c’est-à-dire consommer moins et devenir responsable de son impact, il est nécessaire d’aller vers une transformation intérieure profonde et changer en profondeur nos comportements. Quand on sait à quel point l’humain peut rester figé dans ses habitudes et peut devenir un véritable maître pour ne pas aller vers une remise en question, quand on voit ça, on se dit que c’est pas gagné.
Peut-être, finalement, est-ce le problème de la recherche du bonheur ? Depuis longtemps déjà, l’homme pense trouver son bonheur dans les possessions et dans le monde extérieur. Si c’est vrai qu’il est important de vivre dans une certaine sécurité extérieure, c’est évident, il faut savoir calmer son angoisse face à l’avenir et comprendre qu’on n’a pas besoin de continuer le processus d’acquisition lorsque la sécurité a été trouvée. La peur de manquer crée un surplus d’acquisitions. On entre alors dans une logique absurde qui mène au résultat qu’on connaît actuellement sur notre planète. A trop vouloir avoir, l’homme risque de tout perdre. Peut-être finalement que son instinct de survie lui permettra d’ouvrir les yeux.
Tant que l’humanité, et particulièrement la société occidentale, ne sera pas capable d’aller vers une profonde remise en question, d’aller vers une transformation intérieure bouleversant ses anciens repères et ses anciennes valeurs matérielles, l’humanité continuera son processus d’autodestruction. Quand on voit l’urgence de la situation et la résistance de l’esprit humain au changement, l’avenir n’est pas très lumineux.
la décroissance est possible. Il faut que les politiques arretent de créer cette insécurité permanente (on appelle ca la concurrence)qui nous poussent à accumuler comme des ecureuils de peur de manquer au rique d’abattre toute la foret. De la à penser que le chomage est voulu...
Dernièrement, j’ai vu un passant se faire interviewer à la télé. Je résume son propos : "L’écologie c’est vraiment quelque chose d’important. Il faut que l’on [sous entendu : les politiques] trouve le moyen de préserver la nature sans changer nos habitudes". Voilà, faites un voeux, et "on" l’exhaussera pour vous !
Point de vue très intéressant, je n’y avais pas pensé de cette manière. C’est une analyse entièrement perso ou pouvez-vous me donner des liens pour en lire plus sur le sujet ? En tout cas, merci :)
C’est une analyse personnelle, influencée par ce que je vois autour de moi et la pratique du yoga. Je m’intéresse particulièrement au comportement humain et il me semble que le problème majeur qu’on est en train de rencontrer provient de notre attitude. Celle-ci est malheureusement motivée par de vieilles habitudes, notre conditionnement et notre résistance au changement. Donc, je pense que le problème est aussi intérieur, en soi.
Amicalement,
Yog
Bonjour,
Consommer ne doit pas vouloir dire gaspillage. Aujourd’hui, certains facteurs de production coûtent si peu chers qu’il est préférable de jeter que de réparer. Certains services ou produits ne coûtent rien comme cette publicité récente pour de futurs voyage en avion vers New-York au prix d’appel de 10 €.
Il ne sera pas possible d’empêcher les populations chinoises, indiennes, ou africaine d’aspirer à cette prospérité "occidentale". Ce n’est pas le renoncement de la société occidentale à celle-ci qui la sauvera d’elle-même ou aidera la planète. le gaspillage naît aussi de la perte de la notion de valeur des choses. On peut vouloir résoudre la question par une approche philosophique, il me semble qu’elle se résoudra trivialement par l’acceptation de coûts plus élevés, implicites ou explicites.
Bonjour,
1- tout ramené au yoga est... rigolo... mais pas bête !
2- le thème de la décroissance est d’une complexité monumentale :
Il est inconsciemment délicat pour nous d’accepter une telle remise en question.
Si les notions d’empreinte écologique et de nombre de planètes qu’il nous faudrait pour survivre nous font pencher vers l’obligation de décroissance... il faut aussi se demander si nos pays développés pourront un jour, dans la paix civile, s’orienter vers cette solution.
Sur ce thème, il est primordial que de nombreux économistes s’expriment et que les médias puissent relayer l’information sans tourner ce thème à la dérision (...et oui les sphères financières ne sont pas forcément pour la décroissance... !!! et elles dirigent nos journaux !!!).
Il est facile d’appeler à la décroissance lorsque l’on est riche... ce sera plus difficile à faire lorsqu’il faudra partager sa richesse... et oui : la décroissance risque d’augmenter le nombre de pauvres... qui dans notre société trouve le "bonheur" (comme les riches d’ailleurs) dans la consommation... c’est pour cela que le thème de décroissance va de pair avec le refus de la publicité (cf. les casseurs de pub...)...
Enfin, certains pensent que plus le PIB augmente, plus on atteint un plateau de pollution et puis quand le PIB augmente encore, la pollution finit par baisser : cela signifie que la science permet une diminution de la pollution !! C’est par exemple la vision clairement exprimée de l’UMP. Objectif donc : croissance le plus vite possible, pour augmenter au plus vite le PIB et polluer moins !!! je vous invite sur ce sujet à rechercher sur le net : "courbe environnementale de Kuznets")... beaucoups de sont pas d’accord...
bref, pour abréger : la question est au finale très politique.
Peut-être arriverons nous à la décroissance... mais dans plusieurs plusieurs décennies... car en attendant il va falloir préparer les populations... et c’est au pied du mur que l’on voit le mieux le mur !!!
En attendant : abimons le moins possible la planète en faisant du développement durable (deux termes antinomique si l’on en croit la thèse de la décroissance) !
à bientôt.
olivier.









