Article publié le 26 mars 2007
Assistant à une réunion sur le developpement durable, j’ai écouté quelques spécialistes de l’environnement. L’intervention de Nicolas Hulot m’a vraiment permis de comprendre tout ce que les reportages de trois minutes sur le petit écran ne peuvent pas faire passer. Aujourd’hui donc la Green Informatique vient compléter le pacte écologique.
Le « pacte écologique » de Nicolas Hulot est un appel lucide et altruiste pour une solidarité inter-générations. Aider l’environnement, c’est aider sa fille ou son petit fils. C’est lui construire un avenir moins austère ou plus serein. C’est lui transmettre une démocratie forte. Oui, démocratie car on sait tous que l’environnement est un facteur fragilisant des sociétés. Lorsque tempêtes et cyclones s’abattent sur un pays, on sait que les réflexes de survies sociétales sont de limiter les libertés. La politique passe alors dans des mains autoritaires... on sait toutes les tournures que cela peut prendre. Aussi, écoutant le discours récent (mars 2007) de Nicolas Hulot donné au Club Conviction (1), j’ai pu voir l’homme qui a vu « la planète dans ce qu’elle a de plus beau et de plus fragile » (Hulot). J’ai senti la valeur intrinsèque de ce « bac+3 mois », qu’il se proclame par autodérision. J’ai saisi l’expérience et la culture assez impressionnante de cet homme en vieux pull col roulé... Il a donc vu cette planète en danger, il a compris que notre société se prépare à des moments difficiles, il a réalisé que nous n’étions pas forcément de ceux qui sauront faire face au mieux à des dangers climatiques. Il y a en effet des sociétés plus aguerries aux sécheresses et aux extrêmes. Aussi reprenant les idées de René Dumont (2) et René Dubos (3), Nicolas Hulot s’est fait apôtre d’une nouvelle économie plus respectueuse. Il a également montré aussi l’intelligence d’une idée de la « décroissance » voire sa conception d’une « société de la frugalité ». En quelques mots... Demain, nous devrons partager plus et mettre en commun plus par désir ou nécessité. En tout état de cause, nous ne pourrons pas consommer plusieurs planètes. Nous serons rapidement limités par des frictions autour du partage de l’eau, de l’énergie... Des populations seront brusquement obligées de quitter leur terre pour se réfugier dans un ailleurs improbable afin d’éviter des inondations, des montées du niveau de la mer, la désertification, la ferratillisation des sols, la podzolisation sous l’action combinée de pluies intenses et de la déforestation... Pour nous même, le changement des mentalités consuméristes sera donc une obligation, sauf évidemment si nous reprenons à notre compte le célèbre « après nous le déluge » (Louis XV).
Dans cet esprit, et sous la logique de ce pacte, il faut mettre en exergue les initiatives qui vont dans le bon sens. En effet, l’innovation peut apporter des solutions durables à des sociétés qui pourront alors adopter des postures économiques moins recroquevillées que prévues. Ainsi, concernant l’industrie et l’informatique, on peut saluer les prémices d’une révolution verte. Ceci est crucial. En effet, avec l’ère de l’Internet, les sociétés ont vu s’installer une nouvelle donne au même titre que le fut l’imprimerie au XVième siècle vis-à-vis du commerce, de l’échange entre les hommes. Il apparaît donc impensable ou douloureux de se passer d’un outil de communication et de partage des savoirs. L’homme a goûté à ces libertés d’un nouvel ordre et il ne pourra pas s’en désaccoutumer. Pour éviter un « black-out » de la Toile, la Green Californie et des professionnels d’aujourd’hui s’engagent dans la voie de l’éco-informatique de masse, ce qui permettra de sauvegarder le « WWW » durablement.
Avant tout, cette révolution verte est basée sur du bon sens et des technologies. Pour le bon sens, il faut rappeler à l’homme qu’il est tout à fait capable, grâce aux milliers d’années d’évolution, d’appuyer sur un bouton d’ordinateur pour l’éteindre. Couper un engin informatique permet d’économiser une grande quantité d’énergie. Ainsi rappelons qu’un ordinateur laissé en fonction 24h/24 cumulera une dépense d’environ 130 euros par an. On devine les économies faites sur plusieurs milliers de postes informatiques qui sont ici et là allumés pour rien. Au delà de ce seul geste citoyen, on sait que l’attirail électronique qui est contenu dans l’habitacle « design » de notre ordinateur n’est pas inactif même éteint. En effet, même si l’internaute coupe son « computer » consciencieusement, ce dernier consomme toujours de l’énergie. Le bon sens appelle donc à utiliser des multiprises classiques avec interrupteur. Soit une économie encore d’une centaine d’euros selon des calculs savants d’informaticiens écolos... En deux gestes simples, on constate qu’on peut remplacer une carte-mère rien qu’en économies faites par conscience écologique. Cet argument parlera aux petits débrouillards de l’informatique...
Outre ce détail énergétique, ceux qui s’affairent à construire de leur main leur propre machine, ceux qui ont besoin de se plonger dans les nappes, les cartes sons, mères et disques, ceux-la doivent comprendre qu’on peut économiser de l’énergie en achetant des composants « écolos ». En effet, une alimentation classique ou de premier prix vous occasionnera des dépenses importantes sur une année d’utilisation... oui, le composant peu onéreux peut se conduire en cannibale énergétique ou glouton écologique. La réponse des constructeurs écolo est donc là. Les alimentations nouvelles générations pourront respecter des normes plus compétitives énergétiquement parlant. Il en va de même pour les écrans plats qui sont moins gourmands que nos anciens standards « CRT »...
Aujourd’hui, la Green Californie va plus loin. Dans un souci environnementaliste, la Silicon Valley, qui est à la technologie ce que Venise fut à l’art, a accouché de nouvelle boîtes innovantes. Cette dynamique vaste a conduit à des produits « Free Carbon ». Ils réduisent les émissions de CO2 efficacement. Ainsi, quelques processeurs révolutionnaires (notamment ceux de la Société VIA technologie Inc) sont mis au moins pour atteindre les capacités les plus représentées sur le marché sans un inconvénient quelconque. Dans un rapport paru septembre 2006 (4), Graig Simons a fait un calcul savant pour évaluer le coût énergétique de ces nouveaux processeurs par rapport aux plus représentés sur le marché. Graig Simons corrèle ce coût à une valeur de CO2 qui elle-même est équivalente à celle stockée par un arbre durant toute sa vie (on sait qu’un arbre séquestre environ 730 kg de CO2 au cours de sa vie... ce qui conduit à un chiffre assez parlant de consommation énergétique). Alors que les processeurs les plus répandus consommerait plus de 35 arbres c’est-à-dire un petit bosquet, on est surpris de voir que ces processeurs verts (le PC-7 VIA par exemple) n’en consument que 4... pour les campagnards qui liront ce message, ils sauront l’énergie musculaire qu’on a besoin pour planter un seul arbre et ils imagineront très bien ce que 35 plantations représentent... en terme de temps, d’espace et de sueur pour creuser des cubes de 60 par 60 dans des terrains parfois assez rocailleux.
Ainsi, la Silicon Valley est en train de mener l’industrie informatique vers une nouvelle ère à dimension environnementale. Ce miracle conceptuel s’accompagne aussi de nouvelles créations. Ainsi, ces entreprises ont conçu des dispositifs d’alimentation en énergie renouvelable. Certains portables ont des panneaux solaires sur leur « capot » et ceci permet une optimisation de leur mobilité et autonomie. En outre, les entreprises se sont appuyées sur le fait que le coût des panneaux solaires est passé de 27$ à 4$ entre 1980 et 2005. Ceci les a poussé à définir des projets d’ampleur internationale pour créer des pôles informatiques écologiques. Dans les Iles Samoa, lors d’une campagne récente, des dispositifs alliant des ordinateurs « écologiques » et des sources d’énergies solaires ont permis une aide locale importante notamment d’écoles ou d’entreprises. Sans le savoir, ces start-up ont fait le premier pas de l’informatisation rurale décentralisée. Curieuse formule vous direz... il s’agit donc de la future création de zones informatisées en pays en voie de développement comme il existe depuis les années 90 l’ERD (Electrification Rurale Décentralisée).
Ainsi, de la prise multiple avec interrupteur, de l’alimentation écologique au processeur « vert », l’informatique prend conscience de l’enjeu de Kyoto et propose des réponses. Néanmoins, on peut tout de même mettre un bémol à cette dynamique, Windows Vista serait plus « énergivore » que jamais. L’attitude consumériste des populations doit aussi être réduite dans les prochaines décades. En effet, dans une société qui pousse par la publicité à jeter plus vite qu’elle ne consomme, dans une société qui galvanise l’achat compulsif et l’endettement des ménages pour créer de l’emploi, il faudra plus que des sparadraps technologiques pour sortir de l’enfer climatique qui se prépare. Pour reprendre une idée des proches de Nicolas Hulot, si nous ne voulons pas que des régimes totalitaires nous poussent à changer nos consommations et nos comportements, il faut modifier nos attitudes et suivre les « bonnes voies ». En attendant, réjouissons nous de la génération montante de la « Green PC ».
1- www.convictions.org
2- http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3...
3- http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3...
(Les dieux de l’écologie- Ed Evene)
4- http://www.via.com.tw/en/downloads/...
5- http://www.via.com.tw/en/initiative...(processeurs VIA C7®-M)
Thèmes
Il aurait fallu traiter aussi des circuits de dépollutions de déchets à maximiser...
Si ce sujet vous intéresse, vous trouverez plus d’information ici : www.greenit.fr










