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Dessalement de l'Eau de Mer : un domaine de pointe pour l'industrie française

Article publié le 17 juillet 2007

Dessalement de l'Eau de Mer : un domaine de pointe pour l'industrie française

Un domaine dans lequel l’histoire des relations Industrie/Communautés locales en France, souvent décriées, a placé nos grands industriels nationaux en positon de leadership mondial est celui des services aux communautés, fourniture d’eau et assainissement, gestion des déchets et propreté auxquels nos industriels essayent de rajouter de nos jours les transports publics ou la fourniture d’energie.Mais le domaine dans lequel nos industriels sont le plus en pointe est un domaine très technique et spécifique, celui du dessalement de l’eau de mer.Vous connaissez leurs noms,il s’agit de nos duétistes bien connus de la Générale des Eaux et de la Lyonnaise des Eaux, devenus depuis Véolia et Suez.

La pénurie d’eau est en effet de deuxième probleme majeur du monde nouveau qui se profile à l’horizon avec celle de l’énergie. L’eau n’est pas rare à la surface du globe mais par contre l’eau douce l’est et est surtout mal repartie à la surface du globe.Depuis des decennies, les précipitations, l’utilisation des eaux pompées dans les rivières, lacs naturels et artificiels ou dans les nappes phréatiques et le traitement des eaux usées avant rejet dans les rivières, ont suffis pour satisfaire les besoins des humains pour l’agriculture, très grosse consommatrice, et pour les usagers familiaux et la proprété. Malheureusement, l’accroissement de la demande de populations elles mêmes en forte augmentation, les besoins croissant d’une agriculture devenue de plus en plus d’irrigation et l’accroissement des températures et des sècheresses nous font atteindre maintenant les limites du recours à l’eau douce.

Il existe bien sur une solution radicale pour entrer dans le domaine de l’eau sans limite : c’est celle du dessalement de l’eau de mer pour la rendre buvable et utilisable.Seul problème cela coute bien plus cher que l’utilisation de l’eau du ciel ou des rivières, de 0.7 à 1.8 euros contre 0.25 pour l’eau de rivière. Pourtant, c’est d’autant plus attractif que 40 pct de la population mondiale vit à moins de 100km des cotes !

Il existe deux méthodes de dessalement, la distillation de l’eau de mer qui permet de séparer l’eau des sels minéraux qu’elle contient mais qui coute très cher en énergie et donc de plus en plus en prix. C’est Véolia qui est le leader de cette voie dite thermique. L’autre est l’osmose inverse qui est une filtration de l’eau au travers de membranes poreuses spéciales sous forte pression(80 bars) et à grande vitesse qui est particulièrement maitrisée par Dègremont, la filiale de Suez dans le traitement des eaux.Par contre le themique offre l’avantage, si on le couple à des centrales, en particulier nucléaires, existantes, de pouvoir récuperer des calories qui y sont perdues.Celles que vous voyez surmonter d’un panache de vapeur blanche les échangeurs des centrales.

Quels sont les pays les plus demandeurs ? Les plus arides bien sur comme les pays riverains du golfe persique, Arabie Seaoudite, Oman, Koweit,Qatar et les plus peuplés dans des zones à climat chaud comme l’Australie qui en ait à sa 6ème année de sècheresse, la Chine ou même...l’Espagne.

Suez par exemple a installé une usine de dessalement de 62 millions de M3/an à Fujaraih sur le golfe persique et participe aux appels d’offres en cours pour la distribution d’eau à Abou Dhabi( 500 000habitants) et à Ryad en Arabie Seaoudite(5millions d’habitants). En Oman c’est dans le port de Sohar qu’elle opére une usine de dessalement couplée à un centrale de 585 MW et la société fourni 50pct des besoins du sultanat.Enfin Suez vient de remporter l’appel d’offre pour la construction d’une usine de dessalement de 200 000M3/jour à Barcelone, la plus grande d’Europe.

Veolia, quant à lui, vient de remporter le contrat de la plus grande usine thermique au monde en Arabie Séoudite qui fournira pas moins de 800 000M3 par jour d’eau dessalée. Elle y sera couplée à une centrale électrique gérée par ...Suez. Au moins il sauront une langue commune.

C’est dire que le marché du dessalement progresse considérablement dans le monde à un rythme de 15 à 20 pct tous les ans.Dans les 10 ans à venir elles serviront à alimenter pas moins de ...300 millions de personnes dans le monde ;

Merci donc aux collectivités locales qui en surpayant sans doute un peu leur eau depuis des années ont permis l’édification d’une industrie d’avenir chez nos industriels du secteur.

A suivre dans un message prochain

 

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commentaires
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par fafou0 (IP:xxx.xx6.174.4) le 20 juillet 2007 à 21H55

Voilà enfin une bonne nouvelle : j’y avais déja pensé vu les avancées technologiques en tous genres mais je ne savais pas que cette initiative était déja en cours. "L’Homme sauvait..." par "les eaux".

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par karva (IP:xxx.xx6.129.247) le 30 août 2007 à 16H49

Monsieur "ca derange" a des interventions remarquables sur ce site. Je suis plutot un "scientifique", et je voudrais completer un peu le dossier. On peut distinguer 2 grands moyens de faire de l’eau douce avec l’eau de mer :

- ceux bases sur la distillation, a 80% au moyen orient, car elle nécessite beaucoup de chaleur, et elle est trop chère, sauf si le pays a du gaz/pétrole à gaspiller. Il faut de l’ordre de 20 Kwh/m3, et au moins 2-3 Kwh électriques pour actionner les pompes...On essaie de faire d ela cogénération pour diminuer le gaspillage. Semble en perte de vitesse ???

- ceux basés sur l’osmose inverse : elle se développe le plus vite, car elle se contente de 4-5 KWh/m3, mais il faut que ce soit électrique (on peut combiner cela avec un faible préchauffage de l’eau). Mais il faut des centrales électriques. En Espagne et ailleurs, ce sont des centrales au fuel ou surtout au gaz naturel. Le prix dépend du prix de l’électricité (40 % du prix si le MWh est autour de 50 dollards), mais l’amortissement des investissements est de l’ordre de 40% aussi, et le prix est autour de 0.6-0.7 dollars/m3. Bien que cela émette globalement moins de CO2, ça reste assez peu ecologique.

C’est dans ce dernier créneau que se placent les centrales nucléaires telle que l’EPR que la France se propose de construire en Lybie. C’est la manière la moins chère et la plus écolo de produire de l’électricité, et ça va être un très gros marché, marché que les Américains, les Japonais et les Russes nous contestent...Vouloir faire fonctionner ces centrales au solaire me parait illusoire : le solaire peut être utilisé en électricité, et le photovolatique coute 10 fois plus cher que le nucléaire, ou en thermique, et ça coute au moins 5 fois plus cher : il faut près de 10 m2 de panneaux pour faire un m3/jour d’eau, et une centrale comparable à l’EPR (>30000 MWh/jour) permet au maximum de faire une rivière de 8000000m3/jour, de l’ordre de 100 m3/S ! Cela veut dire 80 Km2 de panneaux solaires ! Bien entendu, dans tous les cas, l’usine de dessalement sera mahouze, MAIS LE SOLAIRE NE PEUT S’ALIGNER !

Bien entendu, un tel accord ne contente pas les Allemends qui font un énorme effort pour investir dans le "renouvelable" et ça explique leur irritation devant les poepleries Sarkosiennes !

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par karva (IP:xxx.xx2.144.34) le 21 septembre 2007 à 00H17

J’ai trouve meilleure information sur les installations de dessalement avec des capteurs thermiques solaires : On vend de petites unites, et ca peut convenir par exemple a un village de pecheurs cotiers. Ca revient vers 10 $/m3, et ca couvre a peu pres 50m2 pour produire un m3/jour. Il y a des compagnies alelmandes qui proposent ce type de systeme. Cependant, ca ne peut convenir a de grandes villes, ou a un pays qui, comme la Lybie, organise un reseau de distribution d’eau...


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