Article publié le 27 août 2008
Hier, nous avons changé de marque de céréales en faisant nos emplettes et ce matin, horreur, je m’aperçois que j’ai accidentellement acheté une marque que j’avais décidé de boycotter (Nestlé, des choco crunch).
Je ne vais pas jeter le paquet, ce serait ridicule, mais je ne peux pas m’empêcher d’y penser à chaque bouchée …
Comment consommer chaque jour avec ses convictions ? Comment
trouver le juste milieu entre ce dont on a réellement besoin, ce dont
on a envie, ce qui va nous embellir la vie ou finalement nous
encombrer, ce qui est bon pour la nature, bon pour nous ?
Je ne mange presque que des fruits et des légumes donc j’essaie de
les acheter bio. Mais entre des pêches bios d’Espagne et des pêches pas
bios de France, je choisis de manger local. C’est bon
pour l’environnement, mais pas forcément pour ma santé… Je m’habille
équitable pour aider les peuples des pays en développement, en revanche
mon pantalon « made in Népal » a parcouru la moitié du globe …
Et côté plaisir ? Si j’ai renoncé au Nutella pour
prendre de la pâte à tartiner au chocolat et noisettes équitable c’est
parce que le goût ne me déplait pas, mais dans le cas contraire est-ce que nous devrions nous priver systématiquement des choses qui nous font plaisir pour être en accord avec nos convictions ?
Comme nous dirait Noam Chomsky, les gens qui n’ont
pas le choix ne se posent pas ce genre de questions. Alors est-ce que
c’est une tare de privilégiés que de se mettre la rate au court
bouillon ainsi pour une histoire de pate à tartiner ? Certains
diront que nous, au moins, nous avons le choix alors il faut en profiter par
respect pour ceux qui ne l’ont pas. Ça veux dire quoi ça ? Qu’il ne
faut pas hésiter à manger des tomates en février, qu’il ne faut pas
réfléchir quand on prend sa voiture pour faire 1km, qu’il faut changer
de portable tous les ans et ne pas s’inquiéter des conditions dans
lesquelles sont fabriquées les choses que l’on achète ? Je ne suis pas du tout d’accord avec ça.
Nous avons le choix et c’est ce choix qui peut faire la différence et
par respect pour ceux qui ne l’ont pas, nous devons faire le bon.
Alors, justement c’est ce que je vous dit , on ne peut pas toujours faire LE bon choix, car il n’y en a pas un systématiquement !
Certains ne mangent pas de thon rouge parce qu’ils y sont allergiques,
d’autres parce qu’ils n’aiment pas et d’autres comme moi par conviction
(même si j’adore les sushis).
Pour synthétiser ma pensée, je dirais que l’on se doit de consommer, ou même de ne pas consommer d’ailleurs, en accord avec ses convictions mais il ne faut pas non plus systématiquement se priver. La privation, dans l’éthique, comme dans les régimes mène aux abus. On est frustré, on est vexé de s’imposer ça, à soi-même ou aux autres, alors que certains s’en tamponnent le coquillard. On fini par penser que la vie est injuste, « merde » aux convictions et on fait n’importe quoi ! tssss …
Comme le dit si bien Hubert Reeves, « nous sommes des habitants de la Terre par obligation et des citoyens du monde par conviction ».
Thèmes
Vous êtes en odeur de sainteté. Que la déesse Gaïa soit avec vous (et avec votre esprit. amen)
Je vous avouerais qu’après 20 ans de végétarisme, je suis toujours stupéfait de voir et d’entendre qu’en consommant mieux (local, équitable, bio) on va sauver la planète ou la rendre moins moche. On oublie toujour cette mise à mort programmée de la nature qu’est le régime fortement carné qui tend à se banaliser encore un peu plus et qui est insoutenable. Il faut 1500 à 2500m2 pour nourrir un végétarien et 15000m2 pour un occidental moyen... Vous savez combien nous sommes ? Sortez la calculette. Quand le moindre espace naturel, la moindre forêt seront convertis en champs de maïs ou soja, en terre à pâturage pour répondre à notre régime alimentaire de bourrins, nous aurons clairement mis à mort des millions d’espèces (l’essentiel de la biodiversité) et tout cela non pour un besoin mais pour une préférence alimentaire... Qui pense faire partie d’une race supérieure autorisée à tout détruire pour son bon plaisir, sinon la plupart d’entre nous ?... Sans doute, il faut manger bio, local, équitable, mais ce sont des ajustements à la marge. Vous en parlez joliment certes. J’aurais préféré que vous en profitiez pour nous rappelez l’essentiel et non l’accessoire...
Vous savez, chacun a ses raisons de consommer de telle ou telle façon. L’important ce n’est pas toujours le résultat, mais plusieurs chemins mènent au végétarisme et il faut tous les prendre en considération car ils s’accumulent et se complètent. Moi, je mange peu de viande car je veux respecter mon environnement, d’autres parce qu’ils ne supportent pas de consommer des êtres vivants, d’autres parce qu’ils n’aiment pas le goût ... Plusieurs raisons vont au même but.
Les gens qui ne s’intéressent ni à l’écologie ni à la protection des animaux (c’est à dire surement 70% des gens ? Peut-être même plus ? ) ont besoin d’explications concrètes sur pourquoi la consommation de viande nous fait aller droit dans le panneau. Je vous dis ça, mais j’ai déjà fais moultes démonstrations aux miens qui ne comprennent toujours pas pourquoi je boude le jambon le mardi, le poulet le mercredi, le carpaccio le jeudi ... "Mais non c’est pas de la viande, c’est juste un petit morceau !!" Qu’est-ce que vous voulez répondre à ça ? :D
Bonne soirée Nathalie J-
Je pense qu’il ne faut pas cesser de remercier la majorité des habitants de cette planète pour l’avoir largement mutilée et avoir oeuvré au quotidien pour que l’environnement futur dans lequel vivront leurs enfants soit le plus dégeulasse possible... Il faut surprendre la pensée commune sans être trop mordant pour être efficace.. La consommation de viande étant pire que les rejets de CO2, je pense comme Johan Hary (un chroniqueur de "L’independent") que "We’ll save the planet only if we’re forced to". Lui préconise pour préserver le climat des mesures impopulaires pour empêcher un "troupeau aveugle" d’envoyer le climat dans le décors avec des conséquences pour des dizaines (voire centaines de générations). Un système de bonus/malus alimentaire ferait bien mieux et bien plus vite que toute tentative de convaincre. Comme pour le climat, il n’y a pas assez d’individus de bonne volonté capables de convaincre suffisamment de gens réceptifs en suffisamment peu de temps pour changer la donne. La majorité des gens se serait contenté d’une terre plate avec un soleil tournant autour. Tout ce qui fait notre monde fût créé par des minorités (voire quelques individus) qui changèrent "la mode" pour le meilleur ou le pire. A nous d’inspirer un changement de cadre conceptuel que la majorité ne découvrira jamais toute seule...
Que votre article est un bel article ! Je ne peux m’empêcher de penser que nous ne sommes pas tous égaux...je suis très loin de la beauté d’un Sacha Distel dans les années 1970 ou d’une Brigitte Bardot (ce sont mes années de jeunesse)....nous sommes donc avec nos différences et il me semble de plus en plus normal qu’il y ait des différences aussi dans nos niveaux ce conscience. L’ équité serait donc un mot préférable à égalité et je le crois de plus en plus. Pourquoi cette grossière erreur en invoquant l’égalité plutôt que l’équité ? à l’époque, déjà des gens voulaient profiter d’un système ! ou bien étaient ’ils trop occupés et n’ont -ils pas assez réfléchi ? Ainsi, en va de la consommation dans un pays où nos parents ont su se sacrifier pour nous comme le montre la courbe de mortalité...la moyenne de vie était de 64 ans en 1974 avec la retraite à 65 ans....si ce n’est pas du sacrifice ? ...et nous avons tout ruiné en trois ans, vers 1982...De plus, nous n’avons pas compris que sachant que nous perdions le grenier à blé de l’Europe en partant d’ Algérie, il nous fallait redresser la barre une fois que nos cultivateurs Français avaient retrouvé le moyen de nous nourrir ! Nous avons oublié ce fait primordial en voyant notre population augmenter de façon impensable...( voir les chiffres de population...je n’ose les écrire) . Il est certain que le peuple Algérien n’a pas su reprendre la culture de leur merveilleuse terre qui actuellement ne produit plus rien. Elle est comme stérile ce qui a crée comme une panique en France.... Nous ne sommes donc pas tous égaux mais nous sommes complémentaires et en chemin de progression sur notre niveau de conscience. Il faut donc consommer en fonction de nos besoins qui sont très différents puisque certains ne mangent jamais de viande durant leurs très longues et très belles vies et d’autres en mangent deux fois par jour parait-il... certains ne mangent jamais de fruits et très peu de légumes et tout semble aller pour le mieux. Moi- même , j’ai besoin d’un bon lièvre à la royale une fois par an et un voisin laisse son premier faisan plus d’une semaine dans son grenier et il reprend ses forces...je ne parle pas de mes nombreux amis qui refont leur maroil et même un vieux Lille... dans leurs caves avec tous les microbes désirés en cachette des ayatolas de l’hygiène alimentaire qui semblent en véritable détenteur de vérité nous imposer leur connerie de monde stérile, heureusement bien impossible à atteindre. Alors, consommer avec conviction semble être un des meilleurs conseils à fournir. Pourquoi vouloir empêcher certains individus d’avoir leur microbe ??? Seul un bon salaire avec ses gros avantages peut expliquer ce fait....Nos fonctionnaires semblent avoir repris les recettes anciennes de nos grands profiteurs de petits épiciers de quartier !








